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vendredi 16 mars 2012

A tous ceux qui râlent que les féministes ont mieux à faire que faire interdire le "Mademoiselle"...

Ces derniers temps, on accuse les féministes, en gros, d'enculer les mouches juste pour faire chier le monde. Plutôt que de se mobiliser pour des futilités comme l'usage de "Mademoiselle", de râler sur des bodys pour bébés, elles feraient mieux de lutter contre les vraies causes : les inégalités de salaire, les violences conjugales, l'excision...

C'est une accusation profondément injuste.

Les féministes luttent pour ces causes. Citons en vrac la campagne contre le viol d'Osez le Féminisme, la campagne Pas de justice, pas de paix, les actions de la Fédération GAMS, la campagne du Laboratoire de l’Égalité pour l'égalité salariale...
Merde, il y a des choses qui se font ! Accuser les féministes de ne se préoccuper que de futilités, c'est cracher à la gueule de toutes celles qui se bougent au quotidien, qui se battent bec et ongles pour la liberté, la dignité et le bien-être de celles-là mêmes qui les montrent du doigt sans pour autant prendre la peine de militer elles-mêmes.

mardi 20 décembre 2011

Pourquoi elle ?

Anne Sinclair est  femme de l'année la femme qui a le plus marqué les Français, selon un sondage réalisé par l'institut CSA pour Terrafemina. Eva Joly trouve ce choix "consternant", les Nouvelles News y voient l'effet des médias.

Pourquoi Anne Sinclair ? Qu'a-t-elle fait cette année pour marquer les esprits ? Une oeuvre caritative avec son paquet de thunes ? Des interviews marquantes ? Des articles pertinents ?
Non. Elle a soutenu son mari.
Bon, s'il est vraiment innocent (ahem), c'est pas rien. A-t-elle créé un comité de soutien ? A-t-elle témoigné ? Cherché des témoins ?
Non, mais elle est restée avec lui. Elle a été "forte, "courageuse", "digne".
Ah ouais. C'est vachement marquant, ça, dis-donc.

lundi 21 novembre 2011

Tag - Portrait chinois

Avec un peu de retard, je réponds au tag de Cléophis. Il s'agit d'établir un petit portrait chinois. Et franchement, j'ai eu du mal à trouver des réponses ! ;-)
Allonzy... Si j'étais :

  • un animal, je serais une petite souris blanche. Une de celles qu'on dissèque en labo ou qu'on donne à bouffer aux serpents domestiques. Mais j'aurais de la chance, j'aurais été adoptée par un enfant qui me laisserait gambader sur son bureau pendant qu'il ferait ses devoirs.
    Et la nuit, je mettrais en place des plans pour... dominer le monde ! Ha ha ha.

mercredi 21 septembre 2011

Le tabac, c'est tabou...

... on en viendra tous à bout !

Je suis une ex-fumeuse. A en croire la nouvelle campagne :



avant, j'étais moche, seule et triste, mais depuis que j'ai arrêté, je suis belle, désirable, au point de trouver quelqu'un qui voudra bien m'engrosser. Et puis après, l'accouchement, c'est comme qui rigole, hein.

C'est Don Draper, la clope à la main, qui l'a faite, cette pub ?
C'est un type qui pense que l'important, pour une femme, c'est d'être belle, de se trouver un mec, et de faire des mômes ?
C'est un type qui n'a jamais arrêté de fumer, en tout cas.

lundi 19 septembre 2011

Faute morale ???

Je ne m'attendais pas à ce que DSK nous dise "ben ouais, j'ai violé Diallo, je me suis bien marré, j'ai échappé à la justice, et je vous ai bien niqués". Evidemment qu'il allait tout nier au 20h. Evidemment que ça allait être glauque, indécent, voire insupportable à écouter et à regarder pour les plus sensibles d'entre nous. D'ailleurs, j'ai vite zappé sur Hell's Kitchen (quand Gordon Ramsay balance la sauce à la figure de ses cuistots, il assume, au moins).
Je m'attendais à ce que DSK nie tout en bloc avec un regard de cocker pour apitoyer ceux qui le croient innocent, victime d'un complot, injustement menotté et retenu dans une prison sordide pendant que ses accusatrices se bourraient la gueule au champagne avec les politiciens français bien contents de le voir hors course. Mais ça... non, je n'aurais pas imaginé qu'il nous sortirait des excuses pour une "faute morale", même si son ballet au FMI avant son départ de New York aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

dimanche 5 juin 2011

Qui suis-je ?

Je suis un être avec un double personnalité. Une pour le jour, une pour la nuit. Un être mi-humain, mi-animal.

Le jour, je suis une personne reconnue pour son charme et son élégance.
Je travaille beaucoup, je cumule plusieurs postes, en fait. Je gère un groupe de personnes. Même si on me prend fréquemment pour un imbécile, on me confie des tâches variées. Mais il faut avouer que, pour les choses vraiment sérieuses, je laisse ma place à des personnes plus compétentes que moi. Ce n'est pas moi qui prends les décisions les plus importantes pour le groupe, en fait.
Je prête beaucoup d'attention à ma tenue. Mon apparence est toujours plus commentée que ce que je fais. On me prête volontiers un caractère frivole.
Je passe aussi pour quelqu'un de fragile, qui ne peut pas se débrouiller tout seul.
On me tient pour une personne gentille et généreuse. Je protège les faibles en exploitant mes propres ressources pour assurer leur confort matériel. Comme tout le monde sait que je possède ces ressources, on attend naturellement de moi que je prenne soin des autres.

La nuit, je me transforme. La part d'animal qui sommeille en moi se réveille.
Ma tenue change alors. Je porte volontiers du noir, du cuir, du latex, du vinyle.
Je porte un masque, car j'incarne un principe. Je n'ai plus d'identité propre, je ne suis plus qu'un corps agissant pour la liberté des autres.
Quand mon talent ne suffit pas, j'utilise des gadgets.
Mes actes sont influencés par les traumatismes de mon enfance. Je me mets en danger pour rendre service aux autres. Je m'oublie pour eux. Je me damne pour leur rédemption. Mais je ressens quand même un frisson lorsque je suis en pleine action, j'aime l'aventure, j'aime tenter de nouvelles choses. Je tente, par mes actes toujours plus fous, toujours plus dangereux, de combler un vide ; mais quand tout est fini, le vide est toujours là, alors il faut recommencer... A chaque fois, j'y crois, à chaque fois, je crois que ça suffira à me combler. A chaque fois je suis déçu, et un peu plus abîmé, à chaque fois, le vide se creuse.
Je suis sans cesse menacé par des être diaboliques. Ils sont déjantés, ils n'ont rien d'humain, bien sûr. La violence ne peut être qu'exercée par des fous furieux, pas par des gens normaux.

Je n'existe pas. Je suis un personnage de fantasme créé par les humains.
Je suis érigé en exemple éducatif. Certains veulent me ressembler, d'autres veulent m'avoir à leurs côtés. J'ai été décliné en jouets, en poupées, en figurines.
On m'a souvent dessiné. Les acteurs les plus cotés m'ont incarné au cinéma et à la télévision. J'ai même inspiré des musiques, quelquefois déjantées. Mon côté caricatural, exagéré, a été exploité autant que mon côté grandiose.
Mon image est utilisée couramment pour vendre des objets. Mon apparence est massivement exploitée dans le commerce.



Non, je ne suis pas Batman.
Je suis la femme parfaite. Lafâme, comme dirait Mademoiselle. Celle qui est maman le jour, putain la nuit. Celle qui est perpétuellement menacée par le Grand Méchant Loup.
Comme Batman, je n'ai pas de super-pouvoirs, mais j'ai de grandes responsabilités. On lui demande de veiller sur la ville, on me demande de veiller sur ma famille.
Comme les citoyens de Gotham n'arrivent pas à imaginer Bruce Wayne en costume de Batman, on a du mal à concilier l'image de la gentille Maman et de la vilaine Putain qui pimente les nuits de Papa. Pourtant, comme le dit Val Kilmer à la fin de Batman Forever, je suis les deux.
Je suis comme Batman : une créature imaginaire. Mais, alors que tout le monde s'accorderait pour reconnaître qu'un homme qui se prendrait pour Batman serait fou, nous nous accordons pour penser qu'une femme qui ne me ressemble pas est folle. On ne demande pas aux enfants de ressembler à Batman, alors qu'on demande aux petites filles de me ressembler, et aux petits garçons de me rechercher.

Cette comparaison est tordue ? Oui. Mais faut avouer que le modèle féminin qu'on nous impose est tordu aussi. Il n'a rien à envier à Batman, si on y réfléchit. La différence, c'est qu'on a appris à ne pas le remettre en question.

vendredi 15 avril 2011

Top cheffe

Quelle est la différence entre un cuisinier et une cuisinière ?
Un cuisinier, c'est un type dont le métier est de faire la cuisine. C'est un métier noble et exigeant.
Une cuisinière, c'est un appareil électroménager.

C'est marrant, tout de même, dans les familles, ce sont en majorité les femmes qui font la bouffe, mais quand ça devient sérieux, professionnel, ça devient un truc de mâles.

Heureusement, la profession se féminise. Et cette année, les deux finalistes de l'émission Top Chef étaient des femmes. Comble du bonheur, elles ont été présentées comme des pros et non comme des gonzesses arrivistes, mesquines et leur physique n'a pas été mis en avant.

Le hasard a voulu que je revoie Ratatouille juste après la finale de Top Chef. J'adore les films de Pixar et Ratatouille est un de mes favoris (il a contribué à me donner envie de me mettre à la cuisine). Je n'ai jamais été objective avec ce film, et je n'avais pas remarqué, jusqu'alors, à quel point le personnage de Colette était stéréotypé. Au contraire, elle exerce un métier d'hommes et fait de la moto, ça a suffi à me convaincre. Mais les clichés se glissent partout. On dénonce souvent les stéréotypes sexistes dans les livres pour enfant et les magazines, mais les dessins animés sont gratinés aussi.
Colette est jolie, d'abord. Sa première apparition charme le héros. Son tablier seyant épouse ses formes en bouteille de Coca toutes droites issues des fantasmes d'un geek de chez Pixar.
Mais elle n'est pas commode. Lors de sa première discussion avec le héros, elle est terriblement agressive. "Combien de femmes tu vois ici ? Je suis la seule !" Colette a réussi parce qu'elle a une volonté de fer et qu'elle a travaillé dur. On est en plein dans le bon vieux cliché qui veut qu'une femme ne peut réussir dans un métier d'hommes sans être une harpye arriviste. Son caractère est souligné par le fait qu'elle soit motarde.
Colette forme le héros : forcément, l'éducation est affaire de femmes ! Elle avoue être bavarde : lorsque le héros la remercie pour ses conseils, elle lui répond "merci de m'avoir écoutée !".
Pire que tout, lorsque le héros l'embrasse de force, elle se défend mollement pour finalement céder. Ce baiser imposé lui révèle ce qu'elle voulait "vraiment"...
Enfin, Colette ne sait pas créer. Elle ne fait que reproduire "au mot près" les recettes du chef Gusteau (un homme, forcément), sans s'autoriser la moindre fantaisie. Lorsque le héros improvise, elle s'oppose à lui avant de l'accompagner comme une bonne petite compagne. Elle défend la mémoire de Gusteau, au contraire du chef nain dont je ne me rappelle jamais le nom, transmet les habitudes et traditions du métier, mais n'apporte rien d'autre qu'un savoir-faire appris pas coeur.

Bon, ce n'est pas le seul cliché du film. Pourquoi toutes les bagnoles du film sont-elles antédiluviennes alors que la moto rutilante de Colette prouve que la scène a lieu au XXIème siècle ?

Ce film a quand même du bon, quelque part : mon hobbit est fou de cuisine, il ne voit pas ça comme un truc de filles. On passe de super moments à faire des pizzas et des gâteaux, tous les deux !

lundi 20 décembre 2010

10 clichés sur l'accouchement à la télé et au cinéma

Les scènes d'accouchement me manquent pas dans les films et les séries. Qu'apprend-on en les regardant ?
  1. Un accouchement commence toujours par la perte des eaux. Elle est immédiatement suivie de contractions ininterrompues extrêmement douloureuses.
  2. Après cette perte des eaux, on n'a que quelques minutes pour aller à l'hôpital. Et il y a toujours des embouteillages.
  3. Même dans une série/film qui n'est pas une série/film historique, la femme qui accouche n'a jamais droit à la péridurale. D'ailleurs, on ne le lui propose même pas, et elle ne le réclame pas. Il faut qu'elle souffre et qu'elle hurle, sinon ce n'est pas un accouchement. Si c'est une comédie, elle enchaîne les gros mots.
  4. La femme qui accouche sue comme une truie. Mais pas de panique, il y a toujours une main secourable avec une ch'tite compresse pour lui tamponner maternellement le front.
  5. Le père, s'il est présent, a l'air d'un crétin.
  6. Le bébé nait tout rose, même s'il avait le cordon autour du cou. Il est de plus tout propre et il met du 3 mois.
  7. Le bébé crie tout de suite, sauf s'il s'agit d'une série médicale, où il a obligatoirement besoin de soins de la part du jeune héros.
  8. Ce premier cri remplace immédiatement la grimace crispée de douleur et d'inquiétude sur le visage de la parturiente par une expression extatique débile. Même si elle pisse le sang.
  9. Après un accouchement, il n'y a jamais besoin de délivrance ni de recoudre la jeune maman. Ou alors ça se passe mal et elle meurt tragiquement.
  10. Quelques minutes après l'accouchement, la maman est fraîche comme une rose, coiffée, maquillée (et surtout lavée, vu qu'elle a beaucoup sué). Au bout d'une heure, elle est capable de courir un marathon. Elle est mince et n'a pas la peau du ventre qui pend.
Conclusion : l'accouchement est une aventure extrêmement douloureuse qui se déroule dans la panique totale. Le père ne sert à rien, et on s'en remet tout de suite, comme si de rien n'était.

vendredi 3 décembre 2010

Merci les filles !... d'hier et d'aujourd'hui

Grâce à la page Facebook de l'association La Barbe, j'ai appris que le documentaire "Encore elles !", qui a été diffusé sur France 3 et que j'ai honteusement raté, est peut être visionné en ligne sur le site de la chaîne. Le documentaire revient sur la lutte féministe des années 70, ce qui fait toujours du bien, et donne quelques clés sur les aspects les plus noirs de la situation des femmes aujourd'hui. Les Chiennes de Garde, Osez le féminisme, la Barbe et Ni Putes Ni Soumises sont citées pour montrer que le féminisme est de retour, et rappelle qu'on en a bien besoin. Hé oui, encore elles !
Pour mes lecteurs et lectrices qui s'intéressent à l'histoire du féminisme, je recommande au passage le brillant Merci les Filles ! de Virginie Berthemet, Juliette Joste, et Valérie Ganne sorti il y a quelques mois.

Curieuse coïncidence, juste après avoir vu le documentaire où l'on voyait le magazine Elle fustigé par le MLF, j'ai appris, par le blog de Sandrine, que les résultats du prix des blogueuses Elle étaient tombés. Pas de catégorie "féminisme", évidemment, mais tous les blogs ne parlant pas de godasses ou de cuisine étaient répertoriés sous "société". Et dans cette catégorie, c'est un blog féministe qui l'emporte : Olympe et le plafond de verre. Félicitations à elle ! A dire d'elle était aussi sélectionné, et si je l'avais découvert plus tôt, j'aurais été bien en peine de choisir entre elles.
C'est un beau pied de nez, n'empêche, de voir un blog féministe sacré par un magazine aussi cliché. Et si ça faisait réfléchir la rédaction ? Ou au moins les lectrices...

En parlant de documentaires, les abonné-e-s de Canal + auront le plaisir de découvrir La Domination Masculine de Patric Jean ce mois-ci. J'en au entendu beaucoup de bien et il sera diffusé le 14 décembre en seconde partie de soirée. On y parle, entre autres, de la tuerie de l'école Polytechnique de Montréal, événement totalement inconnu en France et pourtant si dramatique, dont on "fêtera" les 21 ans le 6 décembre prochain.

mardi 23 novembre 2010

Ca ne passerait pas ?


Parmi les liens qui circulent sur Facebook, je viens de tomber sur celui-ci : le top 48 des pubs qui ne seraient jamais autorisées aujourd'hui (en anglais). Elles sont classées en plusieurs catégories, sexisme (catégorie particulièrement fournie), tabac, alcool, racisme, bébés/enfants et autres.
En ce qui concerne le tabac et l'alcool, les pubs font apparaître le produit d'une manière tellement positive, utilisant quelquefois des enfants ou le Père Noël, que c'est très choquant. Merci la loi Evin.
Celles concernant les bébés et les enfants sont particulièrement atroces. Ma fibre maternelle patiemment tissée par le matraquage publicitaire des jouets pour p'tites filles en rose a du mal à s'en remettre.
Je suis très contente, en voyant les pubs racistes, de constater à quel point on a avancé. On en rigolerait presque, en se demandant comment les gens ont pu être aussi bêtes. Ce qui ne veut pas dire que le racisme est éteint, loin s'en faut.

Quant aux pubs sexistes... A première vue, les choses ont bien changé. Vraiment ? Les vieilles pubs présentaient les femmes comme des ménagères, des objets à séduire, légitimaient la violence à notre encontre ? Que dire alors des publicités (quelquefois même financées par les instances publiques, comme en particulier dans le cas du Cantal) dénoncées sur le blog d'Emelire ? Elles sont peut-être moins directes, camouflent leur violence sous un esthétisme qui se veut travaillé, mais le fond du message est le même. Une différence notable : on verra plus de pubs présentant les femmes comme des objets sexuels qu'autrefois, certes. Comme progrès, on fait mieux.


Tout ceci m'amène une question : pourquoi donc a-t-on pu progresser socialement contre le racisme, mais pas contre le sexisme ? Est-ce parce que les femmes ne se bougent pas autant que les victimes de racisme ?

samedi 18 septembre 2010

La guerre des sexes version TF1


Même la question la plus sérieuse prend une dimension ridicule lorsque TF1 l'aborde. Surtout quand c'est dans une émission aussi intellectuelle que Koh-Lanta. Le contenu de telles émissions ne me parait cependant pas anodin, étant donné la quantité impressionnante de personnes qui les regardent fidèlement en éteignant les cerveaux (Coca-Cola vous dit merci, chers téléspectateurs !). Les messages publicitaires qui s'infiltrent dans les esprits rendus disponibles des travailleurs épuisés le vendredi soir ne sont pas la seule pollution distillée par la chaîne : la vision rétrograde et simpliste de la société et de l'humain en général, construite pour ne pas heurter les certitudes de la ménagère de moins de 50 ans et de son époux friand de divertissements à peu de frais, qui est proposée dans ce type de programme, n'est pas moins abrutissante.
Je n'ai pas honte de le dire : je suis depuis quelques années une fidèle de Koh-Lanta. Je me tamponne de leurs épreuves à deux balles comme de mon premier soutif, et je ne prétendrai pas m'intéresser au paysages qu'on aperçoit vaguement au générique ni aux sociétés locales dont on distingue quelquefois un spécimen entre deux plans sur les singes et les lézards. J'aime voir les candidats galérer sur la plage pour bouffer deux moules et un citron pas mûr, et je l'assume. La survie me fascine depuis que j'ai dévoré Robinson Crusoë au collège, j'ai toujours rêvé de me construire ma cabane et de trouver mon dîner dans la nature (quoique dépendre du Auchan de Cergy-Pontoise pour assurer sa subsistance, c'est aussi une belle expérience de survie, dans son genre). Je suis une fanatique de Raphaël, Grégoire et Freddy, tandis que les bisbilles entre les candidats m'emmerdent prodigieusement.

Je ne sais pas si c'est le casting, le montage et la mise en scène qui font ça ou si c'est une véritable tendance qui transparait dans ce programme comme partout, mais le comportement des femmes de Koh-Lanta est dans la plupart des cas complètement stéréotypé. Prétextant leur manque de force physique, elles glandent sur la plage en attendant que les hommes leurs ramènent la bouffe. Elles se chargent de la popotte mais ne s'occupent pas du feu (pourtant, souffler sur trois braises, c'est pas le bout du monde), elles chialent quand il pleut, braillent dès qu'une vilaine bébête pointe le bout de sa patte velue ou griffue... On se croirait dans un manuel scolaire sur la préhistoire dicté par un vieux schnock barbu à sa secrétaire docile en se grattant les roubignoles.
Les mecs, présentateur et voix off inclus, n'ont d'ailleurs pas tellement de considération pour elles (qu'elles la méritent ou non) : dès qu'il y en a une qui gagne une épreuve ou pêche une palourde, elle gagne le qualificatif d"Amazone" tellement ça surprend tout le monde ; un comportement volontaire parait si surprenant qu'il les aide souvent à gagner. De toute manière, le nombre de plans sur leurs nichons tressautant ou leurs petits culs se trémoussant pendant les épreuves montre bien ce que la production attend d'elles.
Même si je sais bien qu'il faut pas s'attendre à autre chose de la part de TF1, ça me fait râler à tous les coups. Remarquez, râler sur des dindes le vendredi soir, ça fait du bien. C'est ainsi avec une joie mauvaise teintée d'une appréhension bien légitime que j'ai accueilli le premier épisode de Koh-Lanta : Vietnam hier soir, où les deux équipes seront non mixtes (c'est pas que je sois pour la non-mixité, hein, bien au contraire, le pseudo-débat sur la mixité à l'école qu'on nous fait subir en ce moment m'insupporte). Enfin, me disais-je, elles vont devoir se bouger, allumer le feu, se chercher à bouffer toutes seules ! Je l'ai déjà dit ici, qu'on se batte pour que les machos nous laissent une place au soleil, c'est une normal, mais c'est inutile si les femmes continuent à se comporter comme des poupées dociles et faiblardes. L'égalité ne se mendie pas, elle se gagne au prix d'une remise en question.
Dès que les candidats ont été mis au courant de ce qui les attendait, ça n'a pas loupé : sous le regard goguenards de ces messieurs, les gonzesses se sont demandées ce qu'elles allaient devenir, et la casse-burnes de service a commencé à faire la tronche, pasque les nanas, ça piaille, c'est faible et ça fait des histoires. A l'arrivée sur les plages, tout de même, une surprise attendait les deux équipes : une femme (Véronique, plus toute jeune et sympa) dans le camp des hommes, un homme (Boris, jeune et vachement bien gaulé) dans le camp des femmes. La première épreuve a été offerte aux dames pour faire croire qu'elles avaient une chance (je parie que la poutre des mecs a été savonnée). Mamie Véronique s'est chargée de la bouffe au grand plaisir de ces messieurs appréciant une présence féminine (je serais curieuse de voir comment ils auraient réagi s'ils avaient hérité d'un top model anorexique), Boris le preux a allumé le feu. L'enquiquineuse geignarde qui, je suppose, ne pouvais simplement pas se passer d'hommes et était bouffée de jalousie devant toutes des nanas bien plus jolies qu'elle, s'est faite virer à l'unanimité après son accrochage avec la seule qui se bougeait sérieusement. Je m'attendais franchement à plus trash.
Reste que j'ai toujours l'espoir, étant donné les personnes qui ont été sélectionnées (la coiffeuse hyper-active, l'hôtesse de l'air sous acides ou la lutteuse taciturne), de boire du petit lait en voyant, enfin, des candidates qui servent à autre chose qu'à empêcher le riz d'attacher au fond de la casserole. Enfin, je ne m'attends pas à des miracles, non plus : quand on mate des conneries à la télé, faut pas se plaindre que le débat ne vole pas haut.

Allez, courage. Canal+ nous annonce à grand renfort de publicité sexy sa nouvelle série, "Maison close". Vous pariez combien qu'on va se retrouver devant un programme racoleur, rabâchant des poncifs sur l'identité de genre et renforçant les clichés sur la prostitution ?

vendredi 16 octobre 2009

Souvenirs de fan


J'avais à peu près deux ans quand Thriller est sorti. Mes parents ont acheté l'album sans trop hésiter et ma mère, une danseuse immobilisée par le handicap, le passait d'autant plus souvent qu'il me faisait sautiller sur mes petites jambes. Je me revois affalée sur un fauteuil de velours, contemplant avec étonnement le jeune homme s'étalant sur la pochette du disque, ces énormes pochettes cartonnées que j'avais tant de peine à tenir dans mes petites mains. Avec son bébé tigre sur la jambe, il me paraissait un peu fou (mes livres d'enfant m'avaient appris à redouter l'animal) et terriblement élégant.
Michael Jackson est le premier artiste dont j'ai reconnu le visage, puis le nom. Thriller est la première chanson que j'ai identifiée entre toutes les autres à la radio, et la première que j'ai fredonnée (pas chantée, Dora n'existait pas encore pour apprendre l'anglais aux enfants). Je n'ai jamais mesuré le succès de Thriller, je l'aimais tant qu'il me paraissait absolument normal de l'entendre tous les jours à la radio. Cette musique faisait partie de ma vie comme le centre commercial derrière chez moi, les tours multicolores de mon quartier et les Pierrot de mon papier peint.
Je ne connaissais pas non plus les scandales qui commençaient à poindre. La chirurgie esthétique, les caissons à oxygène et les folles dépenses ne retentissaient dans les média que lorsque j'étais couchée ou perdue dans un livre. Rien ne semblait souiller l'ange de blanc vêtu et son jeune tigre.
Bad est sorti sans que mes parents achètent l'album. Des amis leur avaient dit qu'il était nul et ils les avaient cru... J'ai d'autant plus de regrets que Bad comprend quelques chansons que j'adore aujourd'hui.


C'est Dangerous qui a fait de moi une vraie fan. J'étais une pré-ado pur jus, acnéique, renfermée, suivant la mode pour ne pas avoir à identifier mes propres goûts. Cet album, qui fut d'ailleurs le premier CD qui entra chez nous, devint rapidement un objet d'adoration, au point d'apprendre par cœur la majorité des paroles (je commençais à peine l'anglais), d'examiner à la loupe la pochette pour identifier la myriade de dessins et extrapoler leur signification à partir des innombrables articles qui remplissaient les colonnes de mon journal télé. Le journal de Mickey que je lisais assidûment me procura une biographie épurée de mon idole dans un dessin réaliste qui jurait avec les canards en barboteuse coutumiers de la revue, où Joe Jackson était un guide attentif. J'y découvris la Motown, Diana Ross et tout un pan de l'histoire musicale qui, jusque-là, ne m'avait pas intéressée.
Cette passion me tint plusieurs années. Je me fis offrir successivement un lecteur CD, puis Bad, Thriller en version CD (reléguant notre bon vieux vinyle au grenier), et Off The Wall. Je perfectionnai mon anglais, compréhension écrite, orale, et prononciation, en écoutant et braillant Billie Jean dans ma chambre, au grand désespoir de mes parents qui ont néanmoins regretté cette époque quand j'ai commencé à écouter de la techno.
Les scandales ont finalement tempéré mon enthousiasme. Je soutins bec et ongles que, si les accusations pesant sur lui avaient été vraies, les parents n'auraient jamais fait marche arrière pour de l'argent. Les moqueries dont sont capables les adolescents m'obligèrent toutefois à taire mon fanatisme. J'achetai sans m'en vanter History qui ne m'a guère transportée, puis Blood on the Dance Floor. Je tentai vainement de convaincre mes parents, qui ne croyaient plus à mon objectivité en la matière, que ce dernier album contenait quelques excellentes chansons.
Je passai mon bac, me lançai dans les études, et détestai Invincible. Les scandales s'empilèrent et pour moi Michael Jackson n'avait plus rien d'un ange. Il n'était plus qu'un fou que je plaignais pour son enfance et la pression des médias. J'en devins indifférente, et laissai mes CD prendre la poussière.

En 2007, alors que j'attendais mon fils, l'envie de renouer avec les passions de mon enfance et de mon adolescence devint irrésistible. Je me remis à regarder du catch, et à écouter ces vieilles musiques poussiéreuses, Polnareff, Simply Red, Cock Robin, Genesis, et Michael Jackson. Je fus séduite de nouveau. L'énergumène ne faisait plus guère parler de lui, même les médias s'étaient lassés de ses frasques, et dans leur silence sa musique paraissait de nouveau belle. Il n'y eut plus de moqueries, et s'il y en avait eu, je ne les aurais pas écoutées. Il me paraissait plus important que mon fils découvre cette musique. Je me réconciliai avec moi-même, je n'avais plus honte d'être une fan.

Et puis il y a eu ce matin de juin 2009, où je me suis réveillée dans une chambre d'hôtel allemande fournissant gracieusement un radio-réveil au son de Man in the Mirror. Je me levai avec le sourire, montai le son et me dirigeai en dansant vers la douche où je ne chantai pas trop fort pour ne pas réveiller mon chef dans la chambre voisine. J'ignorai les commentaires en allemand que je ne comprenais pas et me rendis à la réunion de travail pour laquelle j'étais venue. Je repris l'avion pour Paris l'après-midi même. Les haut-parleurs de l'aéroport de Stuttgart diffusaient Rock with you et des images de Michael Jackson, sous-titrées en allemand, peuplaient les écrans plats. Je m'en étonnai ; mon chef me rappela que des concerts étaient prévus. Je désirai de tout mon cœur y croire, mais l'abondance l'images, commune aux décès, me fit douter. En rentrant chez moi, j'entendis des jeunes filles parler de moonwalk et tentai de me persuader d'une coïncidence.
A mon arrivée chez moi, la télévision était occupée par Bambi (le film, que mon fils regarde au moins une fois par semaine). Ce n'est que lorsque ce dernier devint roi de la forêt que Claire Chazal apparut pour présenter un reportage sur la carrière de Michael Jackson. Mon mari m'apprit alors la nouvelle. Je retins avec difficulté mes larmes pour ne pas effrayer Alexandre. Je chantai à tue-tête en riant pour ne pas pleurer, et mon cœur se serra d'émotion en entendant mon fils reprendre Bad, ravi.
Dans les jours qui ont suivi, j'ai pleuré sans honte. J'ai été outrée d'entendre les mêmes médias qui l'avaient traité de fou et de pervers saluer son génie. J'ai été ravie des flash mobs, des hommages des fans, et de voir le nombre de personnes qui avaient été touchés à un moment ou à un autre, par sa musique. J'ai maintenant le droit d'être fan, la mort lave tous les soupçons.

Alexandre a maintenant à peu près deux ans, l'âge que j'avais à la sortir de Thriller. Michael Jackson est le premier artiste dont il connait le nom. Il l'a si souvent entendu à la télévision... Sa nounou et moi, sans nous concerter, avons réécouté Thriller très souvent. Mon petit bout réclame souvent de la musique, il sautille sur Jam, sur Beat It, il rit avec Vincent Price comme je l'ai fait. Ses yeux brillent de plaisir quand retentissent les premières notes de Wanna be starting something, son regard devient rêveur sur Heal the World. Peut-être se borne-t-il, comme je l'ai fait, à imiter sa mère. Peut-être est-ce juste le génie du musicien.


mercredi 22 avril 2009

La Game Boy a 20 ans



En ces temps troublés de crise économique, songer à un succès commercial est, ma foi, bien agréable. Dans cette atmosphère morose, le nostalgie nous guette, et plutôt que de parler des choses sérieuses, je prefère revenir sur des souvenirs d'enfance...
La Game Boy de Nintendo fête aujourd'hui ses 20 ans. Je me rappelle comme, à sa sortie, tous mes copains de rêvaient que d'en recevoir une pour Noël... Ca ne nous rajeunit pas. J'en ai d'ailleurs reçu une, et je l'ai toujours, elle fonctionne encore. C'est increvable, ces vieux machins.
La Game Boy a connu de nombreuses évolutions (la Game Boy Color, la Game Boy Advance...) elle a changé de couleur (j'ai toujours adoré la version transparente, qui dévoile sans pudeur les puces de la machine) et d'apparence. Un adaptateur pour la Super NES a aussi existé. Mais tout ça, c'est de l'esbroufe. Ce qui reste en mémoire, c'est surtout les inoubliables jeux qui ont scotché toute une génération sur ce minuscule écran en noir et blanc habillé d'une lourde et encombrante coque grise.

Qui n'a jamais joué à Tetris ? Ce jeu, d'une simplicité bluffante était addictif au possible.
J'ai trouvé une petite vidéo d'un pro du Tetris (attention, c'est énervant) :


Autres hits incontournables, et c'est bien normal pour une console Nintendo : Super Mario Land 1 et 2. Je me souviens de heures de prise de tête et de frustration passées sur le premier opus, (j'y étais presque... mais je n'ai jamais réussi à abattre le boss) et de ma joie en finissant le second - un peu facile mais très amusant.

Super Mario Land 1

Deux jeux m'ont particulièrement marquée par leur difficulté : Paperboy et Batman. Dans les deux cas, je n'ai pas passé le second niveau (je sais, je ne suis pas douée). Pourtant, c'était des jeux sympas...

Batman (le joueur est d'ailleurs en train de louper deux bonus, en bas)

Paperboy n'était pas très moral, faisant gagner des points au joueur qui pétait des fenêtre ou renversait des pierres tombales, et par là même il était extrêmement jouissif.

Paperboy

Au contraire, je me rappelle avoir terminé avec fierté Duck Tales, ce qui m'a appris à ne jamais acheter un jeu destiné aux plus de 10 ans. Cinq mondes à visiter (les mines africaines, la transylvanie, l'Himalaya, l'Amazonie et la Lune) pour découvrir cinq trésors, et vaincre Miss Tick qui cherche à les voler. On retrouvait tout le petit monde de la Bande à Picsou qui était grave à la mode à ce moment-là.

Duck Tales

Il y avait aussi Castlevania, Kirby, Bubble Bobble, Dynablaster, Adventure Island, Gargoyle's quest, Megaman, Kick Off, Lemmings, (j'en oublie sans doute !), et bien sûr les incontournables Pokémon qui, bien qu'arrivés beaucoup plus tard, ont contribué à l'histoire de la petite console.

Voilà de bien beaux souvenirs... C'était le début de la popularisation des jeux vidéos (avec aussi la NES, la Super NES et la Mega Drive), et je suis contente d'avoir connu cette époque (si, si, je suis contente d'être pas trop jeune !). Les jeux vidéo font désormais partie intégrante de nos habitudes, et certains jeux s'intègrent à notre culture comme certains films à succès. La manipulation de jeux par les enfants les famililarise avec l'informatique et l'électronique, il paraîtrait même que ça suscite des vocations de carrière.
Quelques points, cependant, me chagrinent.
Le marketing des jeux vidéos, en premier lieu, est sexiste : il contribue à la lobotomisation des enfants en les confinant dans des rôles (baston et courses pour les garçons, chouchoutage d'animaux virtuels pour les filles) qui pèseront sur leurs choix ultérieurs, la façon dont ils se voient et dont ils voient le sexe opposé. C'est un phénomène assez général dans l'éducation, les livres et jouets classiques sont également dans ce cas, bien que les catalogues de jouet, pour se donner bonne conscience sans doute, font l'effort de placer une photo de garçon au milieu des dînettes et aspirateurs. La spécificité de ce problème, dans le cas des jeux vidéos, est que la grande majorité des jeux étant destinés aux garçons, les filles se persuadent que l'informatique et l'électronique ne sont pas pour elles et désertent les filières de formation concernées. Et après, j'entends les programmeurs se plaindre du manque de femmes parmi eux ! Comme on fait son lit, on se couche...
Le manque de surveillance de certains parents me choque également. Le temps passé par les enfants - et leurs parents quelquefois ! - devant les consoles serait mieux employé avec un livre ou un ballon, mais c'est tellement plus facile pour un parents feignant de laisser le môme devant sa console que de l'emmener au parc... C'est vrai, aussi, que certains jeux sont violents et que certains parents idiots ne font pas attention à ce que leurs (quelquefois très jeunes) enfants insèrent dans la console. Je n'irais pas accuser les jeux violents de tous les maux (faut pas exagérer non plus), mais chez des petits plus fragiles que d'autres, ça peut avoir des conséquences.

dimanche 13 janvier 2008

Pov'choupinette

Le sexisme vient décidément se cacher partout, et on n'y fait plus attention, même quand ça devrait être évident.
Ce matin au réveil, je trouve mon cher et tendre époux qui s'escrime sur la console de jeux. Pas de mal à ça, il faut bien se détendre, et j'ai monopolisé l'objet toute la soirée.
C'est un de ces jeux où on a un flingue qui fait plein de gros bruits et on tire sur tout ce qui bouge. Bon, j'ai jamais compris le plaisir qu'on pouvait prendre à (faire semblant de) tuer des gens, mais admettons. Ce qui me choque, c'est surtout le scénario. Si, si, je vous jure, il y en a un !
J'étais donc en train de prendre mon café, l'ordi sur les genoux, tranquille quoi, quand ma chère moitié s'est écrié "t'as vu, t'as vu ? ils ont enlevé ma choupinette !". Le "ils" se référant visiblement aux types qu'il essayait (vainement) de buter. Et mon compagnon, énervé maintenant, a tout fait pour la libérer.

Pov'choupinette ! C'est con ce qui lui arrive !

D'abord, je me suis dit que le scénario était bien pauvre, vu que l'enlèvement de la choupinette, ou son meurtre, est un préalable à toute histoire gavée de testostérone. Les concepteurs du jeu n'ont rien inventé, quoi. Et puis je me suis dit que, finalement, ça ne changerait peut-être rien à l'intérêt du jeu si on avait volé la mob' du héros.
J'ai toujours été gênée par cette habitude qu'avaient les scénaristes de films hollywoudiens de trucider les gonzesses au début de l'histoire. C'est sadique quand même. Mais il y a autre chose : on touche à ce que le héros a de plus cher, sa possession, son faire-valoir, la démonstration de sa puissance virile. La femme est un prétexte, non pas à faire pleurer le héros (le film deviendrait psychologique, c'est pas le but), mais à l'énerver. Cette possession, fragile, convoitée, qu'on lui enlève, quelquefois en même temps que son enfant, n'est pas un être humain à part entière, mais une chose qu'il faut protéger...

Et pendant que j'écris, mon chéri a sauvé sa choupinette, et cette gourdasse n'a rien trouvé de mieux à faire que... se laisser ré-enlever. Elle est vraiment nulle cette choupinette...