dimanche 1 avril 2012

Jour de cours

Un jour d'hiver, en région parisienne...

6h00. Je me lève péniblement, en veillant à ne réveiller personne dans la maison. J'avale un café vite fait et je file en direction de ma station de RER dans le froid, non sans avoir jeté un œil attristé aux portes des chambres des enfants que je ne pourrai embrasser ce matin. Aujourd'hui, je donne deux cours d'électronique dans mon IUT de banlieue "chaude".
Je prends le RER avant l'heure de pointe. La rame est quasi vide. Je fais partie de la France qui se lève très tôt et qui fait des heures sup'. Pas pour gagner plus, si je voulais du fric je ne ferais pas ce métier, mais pour la satisfaction d'avoir apporté quelques connaissances à des gamins de banlieue qui pourront peut-être, s'ils travaillent bien, obtenir un emploi et sortir de la misère. Je n'exagère pas : certains n'ont pas les moyens d'acheter du papier pour travailler, et rendent leurs compte-rendus sur des feuilles récupérées en examen.

vendredi 16 mars 2012

A tous ceux qui râlent que les féministes ont mieux à faire que faire interdire le "Mademoiselle"...

Ces derniers temps, on accuse les féministes, en gros, d'enculer les mouches juste pour faire chier le monde. Plutôt que de se mobiliser pour des futilités comme l'usage de "Mademoiselle", de râler sur des bodys pour bébés, elles feraient mieux de lutter contre les vraies causes : les inégalités de salaire, les violences conjugales, l'excision...

C'est une accusation profondément injuste.

Les féministes luttent pour ces causes. Citons en vrac la campagne contre le viol d'Osez le Féminisme, la campagne Pas de justice, pas de paix, les actions de la Fédération GAMS, la campagne du Laboratoire de l’Égalité pour l'égalité salariale...
Merde, il y a des choses qui se font ! Accuser les féministes de ne se préoccuper que de futilités, c'est cracher à la gueule de toutes celles qui se bougent au quotidien, qui se battent bec et ongles pour la liberté, la dignité et le bien-être de celles-là mêmes qui les montrent du doigt sans pour autant prendre la peine de militer elles-mêmes.

jeudi 8 mars 2012

Le mystère féminin

En cette journée internationale de lutte pour les droits des femmes, parmi les initiatives lancées, ma préférence va évidemment à celle de Sandrine Goldschmidt et Muriel Salmona. C'est une campagne utile, intelligente, et bien menée.
Moins intelligentes mais beaucoup plus efficaces sont les tentatives de transformer la journée de lutte en une journée de célébration de l'Eternel féminin, de cette Essence féminine magnifique et mystérieuse, bâtie par les hommes pour les hommes.

La féminité, c'est un mode d'emploi universel de la femme. Si nous relevons toutes du même mécanisme, nous pouvons être appréhendées globalement, convaincues en masse de consommer les mêmes produits, manipulées à la chaîne par des hommes habiles qui  gagneront en prestige.
Pourtant, l'un des volets les plus populaires de cette Essence est le mystère féminin. Les hommes ne comprennent rien aux femmes.

Même Stephen Hawking (ci-contre, dans les Simpson), qui a donné au New Scientist une interview pour laquelle les explications de ses réponses sont plus longues que l'interview elle-même, n'y comprend rien :

"Women. They are a complete mystery."

Pour la journée que les médias proclament "journée de Lafâme", j'ai envie de faire un cadeau à ces hommes. Je vais donc lever un coin du voile.