mercredi 8 juin 2011

L'après-DSK, le rapport Grésy : des espoirs

Les choses bougent. L'actualité nous fournit des raisons de croire en une amélioration significative de la condition des femmes. Pourtant, je suis pessimiste.

Bien qu'elle soit sordide, l'affaire DSK pourrait forcer les gens à réaliser à quel point notre société est machiste. On rêve donc d'un "après-DSK".
Après l'affaire DSK, les gens reconnaîtront enfin que le viol, c'est grave.
Après l'affaire DSK, les journalistes parleront enfin des affaires de harcèlement sexuel commis par les politiques.
Après l'affaire DSK, le grand public aura saisi l'ampleur du sexisme ordinaire.
Après l'affaire DSK, les femmes victimes de viol oseront porter plainte, même si leur agresseur est riche, et puissant.
Grâce à l'affaire DSK, "Beaucoup de certitudes ont volé en éclats", d'après Chantal Jouanno.
L'affaire DSK aurait rendue possible une prise de conscience de la gravité et de la fréquence du harcèlement sexuel.
Les politiciens harceleurs et violeurs sont menacés d'exclusion par leurs partis.

Oui, il y a eu beaucoup d'articles dans les journaux, sur le web, à la télé. Des femmes politiques ont pu s'exprimer sur leur vécu quotidien. Les blogs ont relayé. Les chiffres ont été redits. 75000 viols par an, en France. 10% des viols entraînent une plainte et peu de plaintes entraînent un procès aux Assises. Les violeurs appartiennent à toutes les classes sociales, mais les prolos sont majoritaires parmi les accusés aux Assises. On ne peut que se réjouir de voir la loi du silence brisée, et la réalité du viol enfin exposée.
C'est des choses qu'on sait depuis longtemps mais que les médias semblent découvrir. Alors, comme viol et agression sexuelle sont des sujets susceptible de faire vendre (bah oui, il y a du sexe et de la violence !), ils en parlent. Et après ?
Après, les médias parleront d'autre chose. Une catastrophe écologique ? La famine ? Un accident ? Un attentat ? C'est pas les occasions qui manquent. Et les chiffres, on les oubliera. Ce ne sont que des chiffres. Tant que l'une des victimes n'est pas une personne qu'on connait, les violences restent abstraites. Evidemment, il y a les victimes qui pleurent à la télé, mais ce qui passe à la télé est toujours exceptionnel, c'est pas la vraie vie. On entendra encore le "rhoooo, tu te rends compte, quand même ?" de Germaine à la machine à café, mais elle parlera d'autre chose.

Les inégalités salariales sont connues, mais rien ne bouge. L'ampleur des violences conjugales sont connues, des lois passent, mais cessent-elles pour autant ? Les lois antiracistes et la médiatisation des faits divers liés au racisme ne l'ont pas éradiqué. La loi du silence a été momentanément brisée, mais il ne faut pas se leurrer, il en faudra plus pour que le système sexiste soit ébranlé. En parler, c'est bien, sévir contre les agresseurs, c'est nécessaire, mais pour que cela cesse, nous avons besoin d'une réflexion de fond, d'une prise de conscience collective. Il faut que chacun se sente concerné.


Le rapport de Brigitte Grésy génère, lui aussi, des espoirs.
Le congé d'accueil de l'enfant est le point le plus commenté du rapport. Les papas auront un mois à passer avec leur enfant. Ceci devrait créer un lien plus fort entre le père et l'enfant, lien qui perdurera et permettra d'atteindre l'égalité de partage des tâches. Je connais énormément de pères (dont mon cher et tendre époux) qui auraient aimé avoir plus de temps avec leur bébé, aussi je me réjouis de cette proposition. C'est une bonne nouvelle et je crois fermement qu'il faut suivre le conseil de Brigitte Grésy.
En revanche, je refuse de croire que cette mesure résoudra comme par magie le problème de l'égalité hommes-femmes au travail et celui du partage des tâches domestiques. C'est pas parce que les papas passeront un mois à la maison avec leurs enfants qu'ils passeront plus l'aspirateur. Je suis même prête à parier que, chez les couples ne partageant pas les corvées, pendant le congé de papa, maman rentrera le soir pour trouver papa jouant à la Playstation, et devra ranger le bordel qu'il aura semé pendant toute la journée, faire la vaisselle de midi, s'occuper du gamin dont la couche est restée pleine, et faire le ménage. En moyenne, peut-être que les pères auront créé un meilleur lien avec leurs enfants et passeront un temps de meilleure qualité avec eux (c'est toujours ça de gagné !). Mais pour que le partage des tâches soit égalitaire, il faut rééduquer les hommes et les femmes : que les femmes oublient leurs réflexes inculqués à coup de dînette et de poupons, que les hommes apprennent à avoir ces réflexes. Là encore, nous avons besoin d'une réflexion de fond, à laquelle doit participer la société dans son ensemble. C'est tout un conditionnement qu'il faut détruire.


Pour que chacun se sente concerné par les violences sexistes, pour que les conditionnements soient détruits, on a besoin d'une volonté forte des gouvernements. Il faut informer, éduquer, par un matraquage médiatique s'il le faut. Ca passe par une éducation à l'école, par une responsabilisation du marketing (jouets, cadeaux pour la fête des mères ou la fête des pères...). On n'a pas conditionné et déresponsabilisé les foules facilement : c'est tout un système qu'il a fallu mettre en place. C'est un système alternatif, plus juste, qu'il faut aujourd'hui créer et installer.


Edition du 12 juin : Les Nouvelles News viennent de publier une chronique de Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre, sur les conséquences de l'affaire DSK.
"Il serait sage de tempérer l’enthousiasme de ceux qui pensent que la triste affaire DSK va changer du jour au lendemain la place des femmes dans notre société. En effet, pour que la féminité soit enfin prise au sérieux, il faudrait un véritable bouleversement des mentalités, une révolution au sens littéral du terme. Cela signifierait un changement radical des repères et donc un effort considérable de la part personnes qui les véhiculent et les valorisent. Cela vaudrait pour la politique, mais également dans la vie quotidienne aussi bien professionnelle que privée. Les habitudes sont bien trop solidement ancrées pour que cette mutation soit rapide."
La suite * ici * !

Illustrations :
Des femmes de ménage venues huer DSK (source)
Brigitte Grésy (source)

dimanche 5 juin 2011

Qui suis-je ?

Je suis un être avec un double personnalité. Une pour le jour, une pour la nuit. Un être mi-humain, mi-animal.

Le jour, je suis une personne reconnue pour son charme et son élégance.
Je travaille beaucoup, je cumule plusieurs postes, en fait. Je gère un groupe de personnes. Même si on me prend fréquemment pour un imbécile, on me confie des tâches variées. Mais il faut avouer que, pour les choses vraiment sérieuses, je laisse ma place à des personnes plus compétentes que moi. Ce n'est pas moi qui prends les décisions les plus importantes pour le groupe, en fait.
Je prête beaucoup d'attention à ma tenue. Mon apparence est toujours plus commentée que ce que je fais. On me prête volontiers un caractère frivole.
Je passe aussi pour quelqu'un de fragile, qui ne peut pas se débrouiller tout seul.
On me tient pour une personne gentille et généreuse. Je protège les faibles en exploitant mes propres ressources pour assurer leur confort matériel. Comme tout le monde sait que je possède ces ressources, on attend naturellement de moi que je prenne soin des autres.

La nuit, je me transforme. La part d'animal qui sommeille en moi se réveille.
Ma tenue change alors. Je porte volontiers du noir, du cuir, du latex, du vinyle.
Je porte un masque, car j'incarne un principe. Je n'ai plus d'identité propre, je ne suis plus qu'un corps agissant pour la liberté des autres.
Quand mon talent ne suffit pas, j'utilise des gadgets.
Mes actes sont influencés par les traumatismes de mon enfance. Je me mets en danger pour rendre service aux autres. Je m'oublie pour eux. Je me damne pour leur rédemption. Mais je ressens quand même un frisson lorsque je suis en pleine action, j'aime l'aventure, j'aime tenter de nouvelles choses. Je tente, par mes actes toujours plus fous, toujours plus dangereux, de combler un vide ; mais quand tout est fini, le vide est toujours là, alors il faut recommencer... A chaque fois, j'y crois, à chaque fois, je crois que ça suffira à me combler. A chaque fois je suis déçu, et un peu plus abîmé, à chaque fois, le vide se creuse.
Je suis sans cesse menacé par des être diaboliques. Ils sont déjantés, ils n'ont rien d'humain, bien sûr. La violence ne peut être qu'exercée par des fous furieux, pas par des gens normaux.

Je n'existe pas. Je suis un personnage de fantasme créé par les humains.
Je suis érigé en exemple éducatif. Certains veulent me ressembler, d'autres veulent m'avoir à leurs côtés. J'ai été décliné en jouets, en poupées, en figurines.
On m'a souvent dessiné. Les acteurs les plus cotés m'ont incarné au cinéma et à la télévision. J'ai même inspiré des musiques, quelquefois déjantées. Mon côté caricatural, exagéré, a été exploité autant que mon côté grandiose.
Mon image est utilisée couramment pour vendre des objets. Mon apparence est massivement exploitée dans le commerce.



Non, je ne suis pas Batman.
Je suis la femme parfaite. Lafâme, comme dirait Mademoiselle. Celle qui est maman le jour, putain la nuit. Celle qui est perpétuellement menacée par le Grand Méchant Loup.
Comme Batman, je n'ai pas de super-pouvoirs, mais j'ai de grandes responsabilités. On lui demande de veiller sur la ville, on me demande de veiller sur ma famille.
Comme les citoyens de Gotham n'arrivent pas à imaginer Bruce Wayne en costume de Batman, on a du mal à concilier l'image de la gentille Maman et de la vilaine Putain qui pimente les nuits de Papa. Pourtant, comme le dit Val Kilmer à la fin de Batman Forever, je suis les deux.
Je suis comme Batman : une créature imaginaire. Mais, alors que tout le monde s'accorderait pour reconnaître qu'un homme qui se prendrait pour Batman serait fou, nous nous accordons pour penser qu'une femme qui ne me ressemble pas est folle. On ne demande pas aux enfants de ressembler à Batman, alors qu'on demande aux petites filles de me ressembler, et aux petits garçons de me rechercher.

Cette comparaison est tordue ? Oui. Mais faut avouer que le modèle féminin qu'on nous impose est tordu aussi. Il n'a rien à envier à Batman, si on y réfléchit. La différence, c'est qu'on a appris à ne pas le remettre en question.

mercredi 1 juin 2011

Rien de grave

De quoi se plaint-on ? On a le droit de vote, on peut travailler, gérer notre argent comme nous l'entendons, on a la contraception, l'avortement, des lois qui nous protègent contre les violences... Alors pourquoi les femmes politiques viennent-elles pleurnicher pour quelques blagues ? On a le droit de rigoler, quand même ! Et même quand la vanne clairement insultante, une blague n'a jamais tué personne. Les petites remarques ? C'est jamais méchant, un peu lourd, d'accord, mais faut pas se formaliser pour si peu. Les femmes françaises ont de la chance, regardez les Afghanes !

On pourrait penser que cette ambiance est propre à la classe politique. Les politiciens ne sont pour la plupart plus tout jeunes, ils fonctionnent encore avec une mentalité d'un autre âge ; les hommes craignent de partager le pouvoir, les femmes de pouvoir font peur ; les hommes politiques sont connus pour leur libido dévorante, ils deviennent cons quand une nana leur passe sous le nez. Pour Najat Vallaud-Belkacem, si le sexisme en politique est "plus insidieux qu'ailleurs", il est surtout l'expression d'"un des travers les mieux partagés de la société française". Le succès du livre et du site Vie de Meuf soutiennent cette affirmation. Les petites vannes, les petites phrases, c'est tous les jours, et pour toutes les femmes. Avec le temps, on ne s'en rend même plus compte.

Voilà un petit florilège de ce que j'ai pu entendre dans mon milieu professionnel. Les auteurs de ces petites phrases sont tous titulaires d'un diplôme d'ingénieur et/ou d'un doctorat. Des gens intelligents, quoi. Ils sont jeunes, ils font partie des hommes qui sont censés partager les tâches ménagères et tout ; ce sont ces "nouveaux pères" dont nous parlent les médias. En crochets, j'ajoute ce que j'aurais répondu si je n'étais pas restée muette comme une conne (ben oui, j'ai beaucoup plus de gueule à l'écrit, chez moi, qu'à l'oral sur le coup, bizarre, non ?).

"Quoi ? Tu ne collectionnes pas les sacs à mains ???"
"Tu fais ta valise ? Ca va être lourd, avec toutes les chaussures que tu vas prendre !" [J'ai qu'une paire, et elle va bientôt atterir dans tes roubignoles]
"Femme au volant, mort au tournant !"
"Nesp*esso a sorti une capsule rose, t'es contente ?"
"Regarde, il y a un troupeau de meufs à la table d'à côté !"[meuh !]
"Pourquoi tu ne mets pas une jupe ? C'est plus joli !"[t'as un pot de fleurs sur ton bureau, ça te suffit pas ?]
"Les femmes entre elles, c'est l'horreur, toujours à se tirer dans les pattes !" [dixit le mec qui n'hésite pas à marcher sur la gueule des collègues]
"Tu sais à quoi on reconnait qu'une blonde a utilisé un ordinateur ?" [elle te l'a déplanté ?]
"Ah non, je ne prends pas de sucre dans le café, chuis pas une gonzesse !"
"Ma femme va s'arrêter de bosser pour s'occuper des gamins. Comment ça, pourquoi pas moi ? Tu te fous de ma gueule ?"
"Les femmes, vous voulez l'égalité, faut commencer par porter les packs d'eau !"
"Ah ! Les hormones !" [Tu veux qu'on cause des effets de la testostérone ?]
"Maintenant qu'on a trois femmes dans le service, elles vont vouloir discuter pipole !" [dit dans une service de 15 personnes par un mec qui impose quotidiennement des discussions sur le foot]
"Hé, les filles, pourquoi vous ne faite jamais de gâteau ?"[et pourquoi tu te sors pas les doigts ?]
"Pourquoi tu ne lui offres pas une dînette, à ta nièce ? C'est bien, une dînette, pour une fille..."
"Tu vas offrir un PC portable à ta femme ? C'est cher, comme cadeau, quand même, surtout pour ce qu'elle va en faire !"
"Ta fille a 13 ans ? Tu vas voir, elle va bientôt te ramener des garçons !" [trop jeune pour être maman, elle sera putain, forcément !]
"Tu sais lire une carte ??? C'est pas possible !"
"T'as vu comment elle est habillée, aujourd'hui, Claudine ? Elle le cherche ! Mais avec sa tronche..."
"Salut la [nom de métier de l'interlocuteur mis au féminin] !"
"Faut balayer le bureau..." Il me tend le balai.
"Ton mec part bosser à *** ? Il n'y a pas de boulot pour toi, là-bas ! Prépare-toi à faire femme au foyer !" [ouaf ! ouaf ! elle va le suivre comme une bonne petite chienne !]
"Attends, qu'est-ce qu'elle faisait dehors à 4h du matin, aussi ?" [il y a un couvre-feu, pour les femmes ?]
"Tu pars 3 jours ? Ce sera le bordel, quand tu vas rentrer chez toi !" [justement, pour une fois, ce sera rangé. Mais toi, c'est le bordel dans ta tête.]
"Mets une jupe quand tu présenteras ton travail !"
"T'as pas beaucoup bronzé, cet été !" [c'est pas dans les musées qu'on bronze, par contre, toi, t'es toujours aussi con !]
"Le football féminin, c'est nul, c'est lent. Par contre, c'est bien quand elles enlèvent le maillot à la fin !" [dédicace spéciale à Gabrielle !]
"Tu prends encore des frites ? Mais tu ne fais pas attention à ta ligne ?" [j'ai aussi pris du chou et du Coca, tu vas être content qu'on bosse en open space !]
"Tiens, j'ai ramené le journal ! Pour les filles, il y a un supplément féminin !"
"Ah, les gonzesses ! Vous voulez absolument un jardin, mais quand il faut tondre il n'y a plus personne !"
"T'as trois filles ! La vaaaaaaaaache ! C'est pas trop dur, pour toi, à la maison ?"

Et puis il y a ces comportements.
Ces réunions au cours desquelles les femmes sont silencieuses pendant que les hommes parlent ; quand elles ouvrent la bouche, c'est pour poser une question, quelquefois en s'excusant. Ces discussions à la machine à café où seules les hommes parlent, plastronnant, pendant que les femmes écoutent en souriant. Ces dialogues où, quoi qu'elle dise, la femme qui a donné son avis est contredite sur un ton péremptoire. Ces hommes qui donnent des conseils non sollicités. Ces hommes qui courent littéralement régler les appareils électroniques avant vous.

Rien de grave.
Juste des petites remarques faites par des beaufs.
Juste des photos de femmes à poil accrochées au-dessus de la machine à café, "pour déconner".
Juste des petites blagues, pas toujours très drôles.
Juste des types qui veulent rendre service, pour aider la petite dame.
Juste des petits surnoms.
Juste des petites généralisations.
Juste le sexisme ordinaire.
Rien de grave.

Mais au bout du compte, vous souffrez. Pas parce qu'on a été violent un jour avec vous, mais parce que la violence a été distillée patiemment, tous les jours, pendant des années. Votre résistance est sapée, votre moral est usé.
Alors vous la mettez, cette foutue jupe. Vous le faites, ce foutu gâteau. Vous ne parlez plus en réunion. Vous l'achetez, ce GPS qui lira la carte que vous n'avez pas le droit de savoir lire, et vous le faites régler par votre compagnon, parce que vous ne pouvez pas savoir utiliser un appareil électronique. Vous perdez confiance en vous. Vous vous écrasez. Vous allez faire du shopping et vous commencez un régime pour que les remarques sur votre physique et votre tenue s'arrêtent. Vous évitez les sujets où on vous contredira (politique, économie, actualité...).

Rien de grave.
Juste du shopping, juste un régime.
Juste un léger changement de comportement.
Juste quelques concessions.
Juste quelques arguments pas exprimés, juste quelques silences.
Juste votre fierté ravalée, juste votre orgueil piétiné.
Rien de grave.

Vous êtes solide. C'est pas parce que vous faites un régime que vous finirez anorexique. C'est pas parce que vous perdez un peu confiance en vous que vous finirez dépressive. C'est pas parce que vous vous mettez un peu en retrait que votre carrière en prendra un coup.
Et celles qui s'écroulent pour si peu, c'est de leur faute, pas de celle des beaufs triomphants qui les ont minées. Ne changeons rien, surtout, on risquerait de ne plus avoir le droit de blaguer.