<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529</id><updated>2012-02-14T18:06:37.813+01:00</updated><category term='Blanc : Cinéma'/><category term='Blanc : Média'/><category term='Noir : Nos amis les politiques'/><category term='Blanc : Famille'/><category term='Noir : Société'/><category term='Noir : Violences sexistes'/><category term='Noir : Clichés sexistes'/><category term='Noir : Actions pour les femmes'/><category term='Blanc : Sciences'/><category term='Blanc : Voyages'/><category term='Blanc : Littérature'/><category term='Blanc : Enseignement'/><category term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Journal en noir et blanc</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>125</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-9183555783378092776</id><published>2012-02-13T22:06:00.000+01:00</published><updated>2012-02-13T22:06:22.366+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>On n'est pas finies. 1. Le traumatisme du talon aiguille</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://urbandud.files.wordpress.com/2011/08/michelle-pfeiffer-catwoman-2.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="179" src="http://urbandud.files.wordpress.com/2011/08/michelle-pfeiffer-catwoman-2.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;C'est &lt;a href="http://aldebaran.eu.org/index.php?2012/02/06/583-la-beaute-mysterieuse-des-femmes" target="_blank"&gt;la mode de la gaine&lt;/a&gt;, il parait. C'est pour sublimer Lafâme, il parait. Tu te serres les bourrelets, engoncée dans un truc&amp;nbsp; chiant à mettre et à porter, quoi qu'ils en disent, pour faire la belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca réveille mon traumatisme du talon aiguille.&lt;br /&gt;Oui, oui, je suis traumatisée par les talons. Quand l'adolescence a transformé mon visage en calculatrice Hello Kitty (avec les boutons bicolores rouges et blancs), ne pouvant compter sur mon sourire qui rappelait vaguement le pont de Tancarville (j'en profite pour saluer mon orthodontiste, en espérant qu'elle boive la tasse dans la piscine que j'ai contribué à lui payer, cette sadique), j'ai plutôt misé sur mes jambes. Je me suis donc mise aux jupes assorties de talons. Attention, pas n'importe quels talons, 10 cm minimum, histoire qu'enfin je puisse aller dans la cour du lycée sans que le pion me dise de retourner dans celle du primaire.&lt;br /&gt;J'ai donc claqué une partie non négligeable de mon argent de poche à la Halle aux Chaussures, au lieu d'acheter les bouquins dont j'avais envie. Je me suis retrouvée avec des jolies bottines en daim, toute fière. Je me voyais déjà en Catwoman, avec ces trucs. Mais quand je les ai enfilées, j'ai fait une autre gueule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Forcément, je suis allée chialer chez ma mère.&lt;br /&gt;- Mamaaaaan, mes godasses toutes neuves c'est de la merde, elles me font super mal aux panards. Je me suis faite avoir, j'aurais mieux fait d'acheter le second tome de l'intégrale d'Euripide*.&lt;br /&gt;- Mais non, ma chérie, c'est normal, ça fait ça au début.&lt;br /&gt;J'ai caressé le monosourcil que j'épilais en chialant, convaincue qu'un jour ça ferait moins mal. Quoi, les godasses &lt;b&gt;aussi&lt;/b&gt; ça fait mal au début ? Il n'y a pas que l'épilation ?** Maman a caressé mes cheveux gras et a poursuivi :&lt;br /&gt;- A force de porter des talons, tes pieds vont se déformer et après ça ne te fera plus mal. Tes pieds vont conserver une belle courbe, ajouta-t-elle en exhibant son pied gracieux comme celui d'une poupée Barbie. A ton âge, je portais des talons tout le temps, je courais avec. Tu fais comme tu veux, si tu veux porter des talons, accroche-toi, tu t'habitueras, sinon c'est pas grave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://ybocquel.free.fr/images_histoire/010_documentation_herge_1.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="232" src="http://ybocquel.free.fr/images_histoire/010_documentation_herge_1.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Le mot "déformer" m'a choquée. C'est un mot violent, tout de même.&lt;br /&gt;Le hasard a voulu que cette conversation aie lieu juste après des vacances au cours desquelles j'avais relu tout Tintin. Et l'idée de déformer mes pieds m'a fait penser avec effroi à une case du Lotus Bleu*** (ci-contre). Celle où un Chinois explique à Tintin que les Européens voient les Chinois comme des barbares qui torturent les petites filles. J'y avais découvert la tradition des &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pieds_band%C3%A9s" target="_blank"&gt;pieds bandés&lt;/a&gt;, chose qu'aujourd'hui encore, je ne peux évoquer sans avoir envie de vomir. Ce n'était donc pas vraiment le bon moment de me dire que pour être belle, je devrais me déformer les pieds.&lt;br /&gt;Evidemment, c'est pas pareil. Les pieds bandés, c'est une grosse déformation. Les talons, c'est une petite déformation. Mais ça reste une déformation, faut appeler un chat un chat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, j'étais désespérée. Petite, porteuse de culs de bouteille, j'étais loin de l'image que je me faisais de la féminité. On me disait d'attendre, que ça viendrait, que mon corps n'avait pas fini d'évoluer, mais les quelques années qui se déroulaient devant moi me paraissaient une éternité.&lt;br /&gt;Je n'avais pas peur de déformer ce corps si imparfait, pas terminé, de le forcer à évoluer dans le bon sens. J'ai serré les dents et j'ai mis les chaussures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques mois plus tard, après de belles gamelles dans la rue (oui, je vous ai pas dit, en plus je suis maladroite), après avoir subi les moqueries de mes camarades de classe devant ma démarche hésitante, après avoir épuisé la réserve de pansements pour couvrir mes ampoules, j'ai pu contempler mes pieds délicatement courbés. Suivant les conseils de ma mère qui ne m'a jamais encouragée que pour suivre la voie que j'avais choisie moi-même, j'ai abandonné mes baskets sauf pour les cours de sport (au cours desquels, de toute manière, quelles que soient les chaussures que je portais, je finissais toujours par me vautrer).&lt;br /&gt;J'apprenais avec ahurissement à devenir une femme. J'ai appris à me maquiller, j'ai refait ma garde-robe. A cette époque, j'ai aussi appris que les femmes de la Rome antique utilisaient des maquillages cancérigènes et je me demandais si les produits utilisés couramment se révéleraient dans quelques années dangereux. Les sous-vêtements inconfortables et les pantalons trop serrés ("mais non, ça serre pas", avait dit la vendeuse avec mépris) laissaient sur ma peau des marques rougeâtres qui me rebutaient. J'épongeais avec incrédulité le sang perlant de ma peau fraîchement passée sous un épilateur un peu trop agressif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On me disait qu'il fallait souffrir pour être belle, et je voulais tellement l'être... Les jolies filles, dans ma classe, attiraient les louanges, et les autres les moqueries. Avoir un bulletin de notes plutôt positif, admirer Baudelaire et connaître par cœur la généalogie d'Héraklès n'apporte aucune popularité. Il faut être belle pour être aimée.&lt;br /&gt;C'est ça, mon traumatisme du talon aiguille. C'est le souvenir cuisant du moment où j'ai réalisé que, pour faire ce que les adultes faisaient avec aisance et naturel, je devrais passer par une période de souffrance et de modifications portées à mon propre corps. Quand j'ai réalisé que, telle quelle, je n'étais pas finie, et que je devais passer à l'usinage pour être acceptable aux yeux d'autrui. Et quand j'ai senti, tout au fond de moi, une vague d'indignation et de refus se soulever, aussitôt brisée par mon désir d'être comme les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://content6.flixster.com/question/44/70/93/4470936_std.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="221" src="http://content6.flixster.com/question/44/70/93/4470936_std.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;J'ai renoncé en chemin. Talons et fringues inconfortables ont peu à peu rejoint le maquillage dans la poubelle. Je suis revenue aux baskets, et finalement, je n'ai aucun regret. J'ai rencontré un homme qui appréciait plus ma connaissance encyclopédique des vannes de la &lt;i&gt;Cité de la Peur&lt;/i&gt; que la courbe de mes petons, et qui reconnait qu'on ne danse pas la Carioca en escarpins. &lt;br /&gt;J'avoue me sentir un peu seule, quand je fais les magasins de chaussures et que je constate combien il est difficile de trouver des chaussures plates. Je n'entends personne se plaindre. Des fois, on tombe sur &lt;a href="http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/01/26/feminite-les-talons-hauts-sont-ils-dangereux-pour-la-sante/" target="_blank"&gt;une étude qui rappelle qu'il y a des risques&lt;/a&gt;... mais c'est tout. Je suis peut-être bizarre, je suis peut-être trop sensible. Mais je m'en fous. J'en mettrai pas, épicétou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Ouais, je me la pète, je lisais du classique grec à l'époque. Ma conversation était d'un chiant...&lt;br /&gt;** Pour le reste, j'étais déjà prévenue, et pas pressée. En même temps, les candidats ne se bousculaient pas au portillon. Je me demande pourquoi, tiens.&lt;br /&gt;*** Je ne suis pas la seule à penser à cet album en ce moment, quoique pour d'autres raisons : voir &lt;a href="http://www.cultivetonjardin.eu.org/?post/2012/02/10/Cette-admirable-civilisation-occidentale" target="_blank"&gt;ce billet de Cultive ton Jardin&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-9183555783378092776?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/9183555783378092776/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2012/02/on-nest-pas-finies-1-le-traumatisme-du.html#comment-form' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/9183555783378092776'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/9183555783378092776'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2012/02/on-nest-pas-finies-1-le-traumatisme-du.html' title='On n&apos;est pas finies. 1. Le traumatisme du talon aiguille'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-3465340427887893329</id><published>2012-01-02T16:53:00.001+01:00</published><updated>2012-01-02T17:44:55.115+01:00</updated><title type='text'>L'étrange Noël de Mme Jacques</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il était presque six heures quand Aurélie, Stéphane et leur fils de six mois sonnèrent à la porte de Cécile et Julien. Aurélie ne comprenait toujours pas comment elle avait pu accepter de passer Noël avec sa sœur et sa mère. Comme tous les ans, elle se promettait de passer les fêtes de l'an prochain à l'étranger. Comme tous les ans, elle savait qu'elle ne tiendrait pas sa promesse.&lt;br /&gt;Matthieu ouvrit la porte. Stéphane avait visiblement du mal à supporter ce petit garçon agressif, bruyant, malpoli et turbulent. Cette fois encore, il fit la grimace quand Matthieu ouvrit la porte grimé en pirate, avant de s'enfuir sans même un bonjour en hurlant en direction de la cuisine "ça y est, c'est fait !". Il disparut dans sa chambre. Chloé passa sa tête surmontée de boucles blondes par la porte de la cuisine et se précipita vers sa tante. De ses petites mains potelées couvertes de farine, elle prit leurs manteaux, et les guida vers le salon orné d'une myriade de décorations de Noël toutes plus mièvres les unes que les autres. Chloé s'assit sagement sur le canapé en contemplant bébé Louis.&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Cécile rejoignit bientôt sa sœur et son beau-frère, s'excusant de son retard, "mais vous comprenez, il y a tant à faire..." Stéphane sortit les cadeaux et s'affaira à les déposer sous le sapin. Aurélie, un peu contrariée de voir Stéphane l'abandonner avec Cécile, répondit avec désintérêt aux multiples questions de sa grande sœur sur l'alimentation du bébé, sur la fréquence à laquelle il remplissait ses couches, sur la marque de celles-ci, sur la cicatrisation de la vulve de la jeune mère... Elle parvint finalement à faire cesser la discussion en se dirigeant vers la cuisine pour saluer sa mère, qui, les mains occupées dans le croupion de la dinde, réclamait à grands cris son petit-fils. Aurélie songea brièvement qu'elle tombait de Charybde en Scylla : si Cécile donnait volontiers des conseils, Josiane Jacques, née Renaud, excellait dans la délivrance de reproches. Cette fois, petit Louis avait trop grossi aux yeux de sa grand-mère : il fallait le nourrir moins. Pour ne pas devoir répondre, Aurélie prétexta devoir vérifier la couche du bébé ; Cécile se proposa pour le faire, et elle saisit le bébé qu'elle emporta dans sa chambre où elle avait préparé spécialement pour son neveu adoré une table à langer. Aurélie se trouva chargée par sa matriarche de mère de beurrer la dinde.&lt;br /&gt;Lorsqu'elle parvint à s'extraire de la cuisine, elle trouva Stéphane et Julien assis dans le salon, sirotant un Martini et commentant l'actualité de l'automobile. Aurélie s'affala dans un fauteuil et, voyant que personne ne le lui proposait, elle se servit un Martini. Stéphane, d'un air coupable, lui tendit le bol de chips. &lt;br /&gt;Comme Josiane appelait à l'aide, Cécile passa en courant dans le salon, posa le bébé dans les bras de sa mère, et courut en cuisine. Ne voyant arriver que son aînée, Josiane lança, d'un ton furieux : "tu pourrais aider !". Stéphane, les yeux pétillants de malice, lui répondit : "oui, c'est vrai, belle-maman, que puis-je faire ?". Josiane haussa les épaules et referma la porte de la cuisine. Aurélie sourit à son compagnon avec tendresse.&lt;br /&gt;Louis s'agita sur les genoux de sa mère. Aurélie, machinalement, ouvrit son chemisier, ignorant délibérément le regard de Julien où se lisait une gêne teintée d'un dégoût mal dissimulé. Cécile s'était étonnée qu'Aurélie allaite son fils, elle qui n'avait aucun instinct maternel, et avait conçu une certaine jalousie en la voyant exécuter cette tâche avec aisance et naturel, elle qui n'avait pu, malgré les conseils empressés de Josiane, allaiter que quelques mois avec de grandes difficultés.&lt;br /&gt;La dinde ayant été enfournée tard, on décida d'ouvrir les cadeaux pour patienter avant de passer à table. Josiane et et Cécile quittèrent la cuisine, pour de bon cette fois. On appela les enfants qui quittèrent leurs chambres en criant de joie. Matthieu se jeta sur les paquets, tandis que sa petite sœur, un peu en retrait, les contemplait avec bonheur.&lt;br /&gt;"C'est vrai, c'est pour moi ? bredouillait-elle en rougissant. Tout ça pour moi ?"&lt;br /&gt;Aurélie sourit.&lt;br /&gt;"Mais oui, mon petit cœur, tout ça, c'est pour toi. Regarde, il y a ton nom sur ce paquet."&lt;br /&gt;C'était un paquet soigneusement emballé de papier coloré, orné d'une masse de boucles de bolduc doré évoquant vaguement un tas de choucroute, portant une étiquette de carton ivoire sur lequel on pouvait lire, tracées à l'encre pailletée dans l'écriture impeccable de Cécile, les lettres C.H.L.O.E. La petite fille tenta d'ouvrir le paquet en prenant garde de ne pas trop déchirer le papier, n'y parvint pas, céda, et déchiqueta avec frénésie le paquet confectionné par sa mère pendant ses heures d'insomnie. Elle y trouva une charmante poupée qu'elle caressa avec satisfaction. Derrière elle, Matthieu avait déjà ouvert le cadeau de sa grand-mère, des livres qu'il avait abandonnés avec déception, et s'attaquait à celui de sa tante et de son oncle. Aurélie tendit à Chloé le cadeau qu'elle lui avait choisi : la petite fille y trouva un jeu de construction et ses yeux s'arrondirent.&lt;br /&gt;"C'est vraiment pour moi ?&lt;br /&gt;- Mais oui, ma puce. C'est marrant, de construire des maisons, des voitures...&lt;br /&gt;- Tu sais, murmura Chloé, j'en avais envie, mais Maman m'a dit que c'était un jeu de garçon...&lt;br /&gt;- Non, ma chérie, j'ai joué avec ça quand j'étais petite, et tu vois... Je suis devenue une grande fille !"&lt;br /&gt;Chloé embrassa sa tante avec effusion, bientôt remplacé par Matthieu que ses parents avaient sommé de remercier les généreux donateurs d'une panoplie de docteur.&lt;br /&gt;"Ben oui, Matthieu, docteur c'est un beau métier !" lança Stéphane, pharmacien de profession.&lt;br /&gt;Cécile leva les yeux au ciel en silence. Sa sœur et son beau-frère, pour elle, étaient des gens aux idées bizarres, et elle avait renoncé à dire quoi que ce soit pour éviter les conversations interminables. Comme d'habitude, elle saurait bien faire comprendre à ses enfants que certains jouets devaient être dédaignés.&lt;br /&gt;Le bébé ne fut pas oublié. Il reçut des vêtements en tailles variant du 9 au 18 mois, bleus, bruns, ocre, portant des messages qui se voulaient mignons. Aurélie sourit avec lassitude devant le pyjama bleu "je suis fort comme papa". "Ben il est pas dans la merde !" commenta Stéphane en riant franchement.&lt;br /&gt;Matthieu brancha sa nouvelle console de jeu avec l'aide de son père, tandis que Chloé, les yeux brillants, empilait ses blocs dans un coin du salon. La voie était libre pour que les adultes échangent leurs présents. Cécile reçut de son mari un ensemble de verrines qui la fit glapir de joie. Feuilletant le livre de recettes qui lui rappelait les dînettes de son enfance, elle observa du coin de l’œil Aurélie et Stéphane échanger un casque de moto (pour elle) et une écharpe en cachemire (pour lui). Elle était on ne peut plus heureuse de constater que sa petite sœur, malgré le handicap de son absurde refus de se comporter comme une vraie femme, ait trouvé en Stéphane un compagnon qui lui convenait (et d'ailleurs, tant mieux pour lui, cette femmelette n'aurait pas pu se caser ailleurs), mais elle craignait que Louis n'en pâtisse.&lt;br /&gt;Josiane avait fait simple : des bouteilles de vin pour les hommes, des chocolats pour les femmes ; Aurélie et Stéphane échangèrent un clin d’œil, se promettant de partager leurs cadeaux devant un bon film. Les deux sœurs s'échangèrent des présents qui, leur semblait-il, seraient utiles pour soulager leurs maux : Cécile reçut un livre expliquant les différences entre les cerveaux de filles et de garçon, et Aurélie un bon pour une séance de relaxation dans un spa réputé. Cécile se réjouit de pouvoir trouver une explication scientifique à ses observations de mère attentive, sans savoir à quel point le livre la bouleverserait ; Aurélie se surprit à trouver qu'une heure de massage la tentait furieusement, bien qu'elle ait toujours pensé que c'était une perte de temps. Elles se remercièrent sincèrement.&lt;br /&gt;Josiane déballa ses paquets avec détachement : encore des babioles inutiles, songea-t-elle, qui allaient prendre la poussière dans ses placards. Aurélie avait fait réaliser un album photo sur un site internet quelconque avec des photos de famille. Le résultat était très joli. Cécile, elle, avait trouvé un livre présentant des photographies de mode des années 60 à 90. Sur la couverture trônait un mannequin pulpeux qui ferait tomber en syncope un styliste des années 2000, posant dans un maillot de bain à rayures. Josiane aurait aimé ressembler à une telle femme, être admirée, aimée. Au lieu de cela... Elle feuilleta l'album photo et vit défiler sa vie. A 19 ans, son mariage avec un homme qu'elle croyait aimer, abandonnant son rêve d'ouvrir une boutique de vêtements, car Bernard ne voulait pas qu'elle travaille. A 20 ans, la naissance de Cécile puis, à 22 ans, celle d'Aurélie. Les biberons, les couches, et le mari qui travaille tard. Des photos montraient Bernard souriant avec Cécile sur les épaules, Josiane épuisée avec Aurélie dans les bras, Cécile imitant sa mère avec un poupon. Puis les vacances, offertes par Bernard qui lui assurait que Josiane allait enfin pouvoir se reposer. Une photo prise par Bernard montrait Josiane et les filles pique-niquant sur une aire d'autoroute devant la 205 blanche pleine à craquer. Puis, Josiane revit Bernard dormant sur la plage, et la caravane où elle avait effectué les mêmes tâches qu'à la maison, mais sans l'aide de l'électroménager. C'était au retour de ce séjour que Bernard l'avait insultée pour la première fois. Elle n'était jamais contente, elle l'avait poussé à bout. Josiane referma l'album, et ses yeux se posèrent sur le livre qu'Aurélie feuilletait machinalement. Les photographies les plus récentes présentaient des femmes dénudées dans des poses lascives. A côté de Stéphane, Chloé était revenue s'occuper de sa poupée, pendant que Matthieu pilotait une voiture virtuelle pétaradante en vociférant. Julien se moquait de Cécile qui plaçait sur la table des décorations aussi brillantes qu'inutiles. La manière dont il haussa les épaules donna à Josiane une furieuse envie de le gifler. &lt;br /&gt;Cette colère était familière à Josiane. Comme à chaque fois, elle l'ignora, songeant qu'elle s'inventait encore des problèmes pour rien. Si les autres ne disaient rien, pourquoi dirait-elle quelque chose ? Seule Aurélie semblait relever le comportement de Julien à l'égard de sa famille et l'inertie de celle-ci, mais Josiane savait que sa fille en rajoutait. D'où venait cette haine de la féminité qui rongeait sa fille, Josiane n'en savait rien, mais elle avait sans doute raté quelque chose et elle s'en voulait.&lt;br /&gt;La sonnerie du four tira Josiane de ses méditations. La dinde à la peau dorée et luisante, les pattes charnues ouvertes, décapitée et offerte lui rappela furieusement les mannequins du livre de mode. Quelle étrange Noël, songea-t-elle. Aurélie est devenue une mère allaitante, Chloé construit des avions en Légo et Stéphane porte des écharpes en cachemire. Et moi, poursuivit-elle, je vieillis en regardant Cécile commettre les mêmes erreurs que moi, sans même savoir comment l'en empêcher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-3465340427887893329?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/3465340427887893329/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2012/01/letrange-noel-de-mme-jacques.html#comment-form' title='18 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/3465340427887893329'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/3465340427887893329'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2012/01/letrange-noel-de-mme-jacques.html' title='L&apos;étrange Noël de Mme Jacques'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>18</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-9040239197959883057</id><published>2011-12-24T12:46:00.000+01:00</published><updated>2011-12-24T12:46:21.793+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Joyeux Noël à toutes !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Bolas_navide%C3%B1as.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="155" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Bolas_navide%C3%B1as.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui vont se taper &lt;a href="http://femininlemporte.blogspot.com/2011/12/en-apparte-my-life-non-feministe-mais.html" target="_blank"&gt;tout le boulot des fêtes&lt;/a&gt; ! Il n'y a pas de trêve hivernale pour les ménagères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui ont couru faire les courses juchées sur des talons qui leur abîment le dos et leur mettent les pieds en feu, se gelant les miches en minijupe malgré les leggins d'hiver (qu'ils disaient). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui&amp;nbsp; vont rater l'apéro, occupées qu'elles seront à fourrer la dinde (en attendant que Gérard fourre la sienne, ha ha ha ! - ouais, des fois, on est mieux dans la cuisine).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui devront subir les réflexions de la famille sur leur condition maritale ("quand-est ce que tu te cases ?" ou "c'est pas comme ça que tu trouveras un mari") ou l'état d'usure de leur utérus ("quand est-ce que tu te décides à nous en faire un ?").&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël aux mères allaitantes à qui on reproche de mal faire, et aux non allaitantes à qui on reproche de ne pas nourrir leur enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à celles qui n'ont pas eu d'augmentation cette année même si elles ont bossé comme des dingues, alors que Raoul, lui, même s'il n'a rien fait, il l'a eue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui&amp;nbsp; vont recevoir en guise de cadeau un accessoire de beauté ou de mode, paske c'est bien connu, le plus important pour une femme, c'est d'être belle à regarder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui vont recevoir en guise de cadeau un appareil électroménager "pour les aider" pendant que leur mec se gratte les couilles devant le bêtisier de l'année au lieu de bouger son gros cul de feignasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles dont le cœur saignera en voyant leurs enfants déballer sous le sapin des jouets sexistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes les petites filles qui recevront une  poupée quand elles auraient voulu des jeux de construction, et à tous  les petits garçons qui vont recevoir des armes quand ils auraient voulu  une dînette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui ne pourront pas offrir les jouets de leurs rêves à leurs enfants, par manque d'argent, parce qu'un temps partiel subi ça ne permet pas de vivre décemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui devront se contenter d'une soupe surgelée pour réveillonner à cause de leur retraite de misère. Toute leur vie on leur a dit que leur but c'était de faire des mômes, elles n'ont pas bossé, et maintenant...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui seront insultées par leur compagnons qui ne manque jamais une occasion de leur rappeler qu'elles sont nulles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui vont se prendre une claque parce que la dinde a brûlé, ou juste comme ça, pour remettre les choses en place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui vont subir un &lt;a href="http://www.contreleviol.fr/" target="_blank"&gt;viol &lt;/a&gt;dans la journée. En France, elles seront plus de 200.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui vont profiter des vacances pour découvrir &lt;a href="http://www.federationgams.org/mf.php" target="_blank"&gt;le mari que leurs parents ont choisi pour elles&lt;/a&gt;. Si, si, ça existe encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui sont victimes de &lt;a href="http://www.federationgams.org/msf.php" target="_blank"&gt;mutilation génitales&lt;/a&gt; dans l'indifférence générale. Elles sont juste une centaine de millions, pas de quoi fouetter un chat. Et puis c'est pas comme si on leur avait retiré un organe utile à l'homme, comme la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël aux familles des victimes de &lt;a href="http://www.crepegeorgette.com/2011/12/18/juarez-et-sa-police/" target="_blank"&gt;féminicide de Ciudad Juarez&lt;/a&gt; et d'ailleurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noël à toutes celles qui ont réussi à naître dans les pays, de plus en plus nombreux, où &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/04/le-sexisme-nest-pas-lapanage-du-pauvre.html" target="_blank"&gt;on élimine massivement les filles&lt;/a&gt;. Comme il y a maintenant plus de garçons que de filles, elles devraient avoir le choix, non ? Hé ben non. Un longue vie d'abus sexuels les attend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et enfin, joyeux Noël aux femmes et aux hommes qui se battent pour l'égalité, la dignité et l'intégrité de tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-9040239197959883057?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/9040239197959883057/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/12/joyeux-noel-toutes.html#comment-form' title='20 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/9040239197959883057'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/9040239197959883057'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/12/joyeux-noel-toutes.html' title='Joyeux Noël à toutes !'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>20</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-2598230141534485949</id><published>2011-12-20T17:44:00.000+01:00</published><updated>2011-12-20T17:44:38.377+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Média'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Pourquoi elle ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://s.plurielles.fr/mmdia/i/69/8/montage-presse-sinclair-charlene-carla-10500698ehshv_2041.jpg?v=1" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://s.plurielles.fr/mmdia/i/69/8/montage-presse-sinclair-charlene-carla-10500698ehshv_2041.jpg?v=1" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Anne Sinclair est&amp;nbsp; femme de l'année la femme qui a le plus marqué les Français, selon un sondage réalisé par l'institut &lt;a href="http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2011/opi20111207-la-femme-de-l-annee-2011.pdf" target="_blank"&gt;CSA &lt;/a&gt;pour &lt;a href="http://www.terrafemina.com/societe/france/articles/9588-anne-sinclair-sacree-femme-de-lannee-devant-christine-lagarde-et-martine-aubry.html" target="_blank"&gt;Terrafemina&lt;/a&gt;. &lt;a href="http://www.francetv.fr/info/anne-sinclair-femme-de-l-annee-un-classement-consternant-pour-eva-joly_40757.html" target="_blank"&gt;Eva Joly trouve ce choix "consternant"&lt;/a&gt;, les &lt;a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouillage/42-cafouillage/1572-et-revoila-la-femme-courage" target="_blank"&gt;Nouvelles News&lt;/a&gt; y voient l'effet des médias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi Anne Sinclair ? Qu'a-t-elle fait cette année pour marquer les esprits ? Une oeuvre caritative avec son paquet de thunes ? Des interviews marquantes ? Des articles pertinents ?&lt;br /&gt;Non. Elle a soutenu son mari.&lt;br /&gt;Bon, s'il est vraiment innocent (ahem), c'est pas rien. A-t-elle créé un comité de soutien ? A-t-elle témoigné ? Cherché des témoins ?&lt;br /&gt;Non, mais elle est restée avec lui. Elle a été &lt;a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouillage/42-cafouillage/1322-anne-sinclair-retour-femina-dolorosa" target="_blank"&gt;"forte, "courageuse", "digne"&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Ah ouais. C'est vachement marquant, ça, dis-donc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Je note également que les personnalités médiatiques (Anne Sinclair, Nolwenn Leroy, Carla Bruni) font de meilleurs scores chez les femmes que chez les hommes qui ont choisi de préférence des personnalités politiques (Christine Lagarde, Marine Le Pen, Martine Aubry). Les femmes sont d'ailleurs bien moins nombreuses à reconnaître l'impact de Marine Le Pen.&lt;br /&gt;Pourquoi cette disparité ? Il n'y a pas à chercher bien loin. je suis certaine que ces chiffres recouperaient des statistiques sur la place de ces femmes dans les médias féminins et généralistes (c'est-à-dire préférentiellement destinés aux hommes). A force de prendre les femmes pour des connes en leur servant un tissu d'âneries au lieu de faits d'actualités, leur sens des priorités est biaisé. La montée du FN ? La situation économique mondiale ? Le choix d'un candidat susceptible de contrer Sarkozy parmi les éléphants du PS ? Mouais, bof. Ca ne fait pas rêver. C'est pas glam'. Mais une femme dans la tourmente, ça oui, on kiffe. On se demande ce qu'on aurait fait à sa place. Sanctifiée par la souffrance, anoblie par l'Amûr, Anne Sinclair éblouit les foules. On veut du rêve, pas faire avancer le schmilblick. On veut des femmes décoratives, pas des casse-burnes qui font réfléchir.&lt;br /&gt;On va se marrer, à la présidentielle, tiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, si on me demandait mon avis dans cette liste (on s'en fout, de mon avis, mais je vais le donner quand même, c'est mon blog, merde), j'aurais dit Tristane Banon, car son combat concerne toutes les femmes. Et ça me fait franchement mal de la voir classée derrière Nolwenn Leroy qui a fait un album de reprises (si encore elle les avait écrites...) et Carla Bruni qui a accouché (moi aussi, et personne ne me considère comme une personnalité marquante... ah oui, c'est vrai, mon mari n'est pas président... ouah la vache, se taper le président, ça rend importante, dis-donc*) d'une petite dont le prénom doit faire tortiller Guéant sur sa chaise de sinistre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moralité, si tu veux marquer les gens, ne fais pas de scandale, même pour la bonne cause, ne fais pas de film acclamé par la critique, ne milite pas pour un monde meilleur. Tu peux à la rigueur surprendre en endossant un rôle non féminin : la politique. Mais pour être sûre d'être remarquée, ferme ta gueule, subis en silence, soutiens ton mari qui, lui, fait des trucs utiles (ou pas), promeus le folklore populaire (quoi ? créer des trucs ? surtout pas, malheureuse !).&lt;br /&gt;Bienvenue au XXIème siècle. Tout va bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* OK, je suis mauvaise langue. Mme Bruni a aussi été mannequin (profession essentielle s'il en est), chanteuse aphone, héroïne malgré elle &lt;a href="http://www.evene.fr/livres/livre/justine-levy-rien-de-grave-10742.php" target="_blank"&gt;d'un livre charmant&lt;/a&gt; la montrant sous son meilleur jour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Illustration :&lt;br /&gt;&lt;a href="http://people.plurielles.fr/news-people/anne-sinclair-charlene-wittstock-et-carla-bruni-sarkozy-ce-sont-6593045-402.html" target="_blank"&gt;Montage photo plurielles.fr&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-2598230141534485949?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/2598230141534485949/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/12/pourquoi-elle.html#comment-form' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/2598230141534485949'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/2598230141534485949'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/12/pourquoi-elle.html' title='Pourquoi elle ?'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-3328017423188028463</id><published>2011-11-25T16:56:00.001+01:00</published><updated>2011-11-25T16:57:28.343+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><title type='text'>Une impardonnable cruauté</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ceci n'est ni une analyse fouillée, ni une démonstration rigoureuse. Je voudrais juste que vous laissiez votre imagination vagabonder, en gardant l'esprit ouvert, et que vous vous demandiez, sans mauvaise foi, ce que vous penseriez en lisant ce journal fictif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Imaginons qu'un homme tue son labrador.&lt;br /&gt;Lu dans le journal : "Samy remuait la queue quand elle croisait le voisin, faisait la fête à la boulangère, et faisait la tronche à la maison. Son maître, qui l'aimait passionnément, craignait que le labrador choisisse un nouveau maître. Incapable de supporter l'idée qu'un autre ait ce chien, il l'a abattu."&lt;br /&gt;C'est un fou, celui-là, me direz-vous. Personne ne dirait qu'il s'agit d'un &lt;a href="http://sandrine70.wordpress.com/2011/03/09/fini-de-rigoler/" target="_blank"&gt;"crime passionnel" ni d'un "drame de la passion"&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginons qu'un homme batte son caniche.&lt;br /&gt;Lu dans le journal : "Whisky était têtu. Son maître tenait à le faire obéir, à le dresser. Le caniche ne voulait pas ramener ses pantoufles. Son maître l'ayant violemment battu, Whisky  a fini chez le vétérinaire, les côtes fracturées, de multiples hématomes témoignant de la violence de l'agression."&lt;br /&gt;C'est un malade, ce type, me direz-vous, faut pas lui rendre son caniche. Personne ne dirait que l'animal "l'a cherché" ni que son maître a malencontreusement dérapé, que c'était un geste malheureux, un geste de trop imputable à une vie stressante, ni que c'était un pétage de plomb qui peut arriver à tout le monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginons qu'un homme torture un chat.&lt;br /&gt;Lu dans le journal : "Mistigri était sorti à quatre heures du matin, pour se balader. Un homme l'a vu sur le côté de la route, s'est emparé de lui, l'a mis dans le coffre, avant de s'arrêter quelques kilomètres plus loin pour le torturer. On n'a retrouvé le corps mutilé de Mistigri  que quelques jours plus tard."&lt;br /&gt;C'est un sadique, ce gars, me direz-vous, faut qu'il se fasse soigner. Personne ne viendrait dire que &lt;a href="http://www.crepegeorgette.com/2011/02/16/cest-a-cette-heure-ci-que-tu-rentres/" target="_blank"&gt;les maîtres du chat auraient dû le garder à la maison&lt;/a&gt;. Qu'il traîne dehors ne permettait pas qu'on lui fasse subir cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginons qu'un chien cherchant des victimes dans les décombres d'un séisme soit violenté par un inconnu l'ayant entraîné à l'écart.&lt;br /&gt;Lu dans le journal : "Rintintin fouillait consciencieusement un parking sous-terrain, quand son maître l'a perdu de vue. Il a suffi de quelques secondes. Il a disparu plusieurs heures et a été retrouvé plusieurs mètres plus loin, baignant dans son sang."&lt;br /&gt;Quel salaud, me direz-vous. L'animal ne faisait que son travail, pour le bien commun. Personne ne viendrait dire qu'&lt;a href="http://t.co/4pkCf1eS" target="_blank"&gt;il était absurde d'envoyer&lt;/a&gt; un animal sans défense &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/marie-claude-lortie/201102/17/01-4371186-un-crime-abject-point.php" target="_blank"&gt;dans un tel endroit&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginons qu'un groupe de copains dévore vivant un lapin.&lt;br /&gt;Lu dans le journal : "Coco passait par là, le gang l'a trouvé appétissant. Ils l'ont attrapé, l'ont tabassé, dépecé, découpé vivant, et l'ont englouti. Le tout en se filmant avec des téléphones portables, riants, moqueurs, le sang dégoulinant de la bouche, le lapin frétillant pathétiquement entre leurs mains."&lt;br /&gt;Ce sont des barbares, ces mecs, me direz-vous. Personne ne viendrait dire que le lapin aime ça ni qu'&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/03/quand-le-grand-mechant-loup-faim.html" target="_blank"&gt;il l'a cherché&lt;/a&gt; en faisant frétiller sa petite queue blanche. Nous serions stupéfaits d'entendre les carnivores prétendre avoir été victimes d'une pulsion irrépressible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginons que, dans les troupeaux de France, les vaches soient massivement maltraitées par les agriculteurs.&lt;br /&gt;Lu dans le journal : "Une vache sur dix est maltraitée par les agriculteurs, entraînant un décès tous les 3 jours. "&lt;br /&gt;Une vache sur dix, ce n'est plus une juxtaposition de cas isolés, me direz-vous. Il y a un phénomène social sur lequel il faut s'interroger. D'où cela vient-il ? Peut-être que ces agriculteurs (qui ne forment pas la majorité, loin de là) se croient tout permis. Il faut faire de la prévention, informer les jeunes agriculteurs qui se lancent, et il faut punir sévèrement ceux qui traitent ainsi les vaches.&lt;br /&gt;Et quand vous entendrez une vache meugler désespérément, vous serez inquiet, vous chercherez à savoir si tout va bien, vous préviendrez les autorités, en cas de doute. Ca a beau se passer dans le champ d'un autre, on ne peut pas laisser faire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De quelle impardonnable cruauté ont fait preuve ces monstres, me direz-vous, refermant votre journal, la larme à l’œil. Tout ceci est absurde !&lt;br /&gt;Si encore il ne s'agissait que de femmes, on pourrait &lt;a href="http://www.egalite-infos.fr/2011/11/24/comment-la-presse-maltraite-les-violences-conjugales/" target="_blank"&gt;laisser dire&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.lemonde.fr/international/article/2011/11/25/la-violence-contre-les-femmes-est-l-un-des-crimes-les-moins-poursuivis_1609041_3210.html" target="_blank"&gt; laisser faire&lt;/a&gt;, laisser souffrir, laisser mourir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes &lt;a href="http://blog.plafonddeverre.fr/post/25-novembre-2011-%3A-journ%C3%A9e-internationale-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-femmes" target="_blank"&gt;le 25 novembre 2011&lt;/a&gt;, et l'an dernier &lt;a href="http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Mauvais-traitements/Actualites/La-lutte-contre-les-violences-conjugales-en-France-doit-s-intensifier-3994" target="_blank"&gt;146 femmes ont été tuées par leur (ex-)compagnon&lt;/a&gt;. Tous les cas que j'ai transposés à des animaux (dont la situation n'est pas non plus très brillante, j'en conviens) sont inspirés de cas relativement récents.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.lexpress.fr/actualite/societe/violences-faites-aux-femmes-ce-qu-il-faut-savoir_1053706.html" target="_blank"&gt;Les violences faites aux femmes, on en parle aujourd’hui&lt;/a&gt;, on en reparlera l'année prochaine, on en reparlera tant qu'une réelle prise de conscience n'aura pas eu lieu. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-3328017423188028463?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/3328017423188028463/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/11/une-impardonnable-cruaute.html#comment-form' title='16 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/3328017423188028463'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/3328017423188028463'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/11/une-impardonnable-cruaute.html' title='Une impardonnable cruauté'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>16</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-5822646324188259488</id><published>2011-11-21T10:44:00.001+01:00</published><updated>2011-11-21T10:48:44.584+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Média'/><title type='text'>Tag - Portrait chinois</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec un peu de retard, je réponds au tag de &lt;a href="http://worldofcleophis.blogspot.com/2011/11/portrait-chinois.html" target="_blank"&gt;Cléophis&lt;/a&gt;. Il s'agit d'établir un petit portrait chinois. Et franchement, j'ai eu du mal à trouver des réponses ! ;-)&lt;br /&gt;Allonzy... Si j'étais :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_rHXisCfeiXA/SZw737FbMeI/AAAAAAAAAfA/FI1qxCH0Nzg/s320/minus_cortex.gif" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/_rHXisCfeiXA/SZw737FbMeI/AAAAAAAAAfA/FI1qxCH0Nzg/s320/minus_cortex.gif" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;li&gt;un &lt;b&gt;animal&lt;/b&gt;, je serais &lt;i&gt;une petite souris blanche&lt;/i&gt;. Une de celles qu'on dissèque en labo ou qu'on donne à bouffer aux serpents domestiques. Mais j'aurais de la chance, j'aurais été adoptée par un enfant qui me laisserait gambader sur son bureau pendant qu'il ferait ses devoirs.&lt;br /&gt;Et la nuit, je mettrais en place des plans pour... dominer le monde ! Ha ha ha.&lt;/li&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;&lt;li&gt;un &lt;b&gt;film&lt;/b&gt;, je serais &lt;a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=4593.html" target="_blank"&gt;&lt;i&gt;Les Liaisons Dangereuses&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Parce que c'est la seule adaptation de livre (en plus, un livre que j'idolâtre) pour lequel j'ai rien trouvé à redire. C'est une histoire intelligente, cruelle, bouleversante, et il y a même de la violence et du sexe. Que demander de plus ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;un &lt;b&gt;pays&lt;/b&gt;, je serais les &lt;i&gt;Etats-Unis&lt;/i&gt;. Parce que c'est un pays ou les gens sont capables du pire (souvent) comme du meilleur (des fois). &lt;/li&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/81/Catherine_Parr,_attributed_to_Master_John.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/81/Catherine_Parr,_attributed_to_Master_John.jpg" width="180" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;li&gt;une &lt;b&gt;personnalité historique&lt;/b&gt;, je serais &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Parr" target="_blank"&gt;&lt;i&gt;Catherine Parr&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Parce que c'est celle qui a survécu à Henry VIII. Parce qu'elle était une femme instruite et assez maligne pour ne pas se laisser prendre comme hérétique. Parce qu'elle a vécu une histoire d'amour avec Thomas Seymour, et mon p'tit coeur ne peut résister à ça.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;un &lt;b&gt;accessoire de maquillage&lt;/b&gt;, je serai... bien emmerdée pour vous répondre, puisque &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/peau-de-peche-et-oeil-de-biche.html" target="_blank"&gt;je ne me maquille jamais&lt;/a&gt;. Disons... &lt;i&gt;du démaquillant&lt;/i&gt; !&lt;/li&gt;&lt;li&gt;un &lt;b&gt;auteur&lt;/b&gt;, je serais &lt;i&gt;Isaac Asimov&lt;/i&gt;. Un scientifique qui a écrit des super bouquins, il y a besoin que je développe ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;une &lt;b&gt;matière scolaire&lt;/b&gt;, je serais la &lt;i&gt;physique&lt;/i&gt;. Nan, j'essaie même pas d'être originale.&lt;/li&gt;&lt;a href="http://www.torrentfrancais.com/images/films/pkfy5mtb9hq0eahmzik958mi92o.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://www.torrentfrancais.com/images/films/pkfy5mtb9hq0eahmzik958mi92o.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;li&gt;une &lt;b&gt;série/émission télévisée&lt;/b&gt;, je serais &lt;a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;amp;rct=j&amp;amp;q=la%20fete%20a%20la%20maison&amp;amp;source=web&amp;amp;cd=6&amp;amp;ved=0CEkQFjAF&amp;amp;url=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FLa_F%25C3%25AAte_%25C3%25A0_la_maison&amp;amp;ei=phrKTr6fKIKXhQe0xeS9Dw&amp;amp;usg=AFQjCNGz_92WYYfIrnESQik83vetqgUcLQ&amp;amp;cad=rja" target="_blank"&gt;&lt;i&gt;La Fête à la Maison&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Je suis fan, je regarde en ce moment tous les soirs la redif sur AB1, avec toute ma famille qui craque. OK, ça date un peu, mais au fond, quand on fait abstraction des fringues et des coiffures, les histoires restent jolies et marrantes. J'en ai profité pour jeter un œil sur les bios des acteurs, ne serait-ce que pour savoir ce que les enfants sont devenus, et j'ai eu des surprises...&lt;/li&gt;&lt;li&gt;un &lt;b&gt;dieu ou une déesse grecque&lt;/b&gt;, je serais &lt;i&gt;Athéna&lt;/i&gt;, parce qu'elle est chouette. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;Voilà voilà !&lt;br /&gt;Je ne sais pas trop qui serait intéressé pour être taggué à on tour... Des volontaires ?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-5822646324188259488?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/5822646324188259488/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/11/tag-portrait-chinois.html#comment-form' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/5822646324188259488'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/5822646324188259488'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/11/tag-portrait-chinois.html' title='Tag - Portrait chinois'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rHXisCfeiXA/SZw737FbMeI/AAAAAAAAAfA/FI1qxCH0Nzg/s72-c/minus_cortex.gif' height='72' width='72'/><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-214104860488427956</id><published>2011-11-10T15:10:00.000+01:00</published><updated>2011-11-10T15:10:22.025+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Le dialogue lambda</title><content type='html'>C'est vrai ? Tu tiens un blog ?&lt;br /&gt;- Ouaip. Je ne suis pas trop inspirée en ce moment, et je le regrette. Ca me manque.&lt;br /&gt;- C'est sur quoi, ton blog ? Cuisine ? Scrapbooking ?&lt;br /&gt;- C'est un blog féministe.&lt;br /&gt;- ...&lt;br /&gt;- Tu reprends une bière ?&lt;br /&gt;- Oui, volontiers. Bon, tu sais, j'ai rien contre les féministes, je les aime bien même, tant qu'elles ne sont pas anti-hommes.&lt;br /&gt;- De qui tu parles ?&lt;br /&gt;- Ben, tu sais... Celles qui veulent que les femmes dominent les hommes...&lt;br /&gt;- Ouais, je vois l'idée, mais tu as des noms ?&lt;br /&gt;- Bah euh... Tout le monde sait ça, quoi.&lt;br /&gt;- Tu sais, il y a quelques siècles, tout le monde "savait" que la Terre était plate...&lt;br /&gt;- Oh, chipote pas, tu sais très bien ce que je veux dire. De toute façon, vous les féministes, vous allez trop loin.&lt;br /&gt;- Ah ouais ? Refuser de se faire taper dessus, c'est aller trop loin ?&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;- Nan mais ça, tout le monde est d'accord, on n'a pas besoin du féminisme pour être contre les violences !&lt;br /&gt;- Le savoir, c'est une chose, mais agir, c'en est une autre ! Tu connais les chiffres...&lt;br /&gt;- Oui, oui, les chiffres, toujours les chiffres... Ca va évoluer naturellement, tout ça. Tu sais de quand ça date, l'autorisation de signer un chèque sans le consentement du mari ?&lt;br /&gt;- Oui, mais si personne ne pointe du doigt les inégalités, rien ne bougera.&lt;br /&gt;- A condition de ne pas aller trop loin. Là, ça prend des proportions ridicules ! Le mouvement se discrédite de lui-même !&lt;br /&gt;- Eh ben vas-y, reprends des cacahuètes, et explique-moi.&lt;br /&gt;- (Crounch, crounch) Cha ne chert à rien de vouloir l'égalité. (Gloup) On est foncièrement différents. On est complémentaires, même, et c'est beau. Vous, les féministes, vous voulez gommer les différences entre les sexes. Seulement c'est pas possible ! On ne peut pas être tous pareils.&lt;br /&gt;- Tu confonds égalité et uniformité. La question n'est pas d'être tous pareils, mais d'avoir les mêmes droits.&lt;br /&gt;- Mais vous les avez, les droits !&lt;br /&gt;- Oui, mais ils ne sont pas appliqués ! Sinon il n'y aurait pas tant de violences...&lt;br /&gt;- Admettons...&lt;br /&gt;- Ensuite, il n'est pas question de gommer les différences entre les sexes. Je ne vais pas t'arracher les couilles, sauf si tu me le demandes gentiment.&lt;br /&gt;- Ne sois pas si vulgaire.&lt;br /&gt;- Je préfère être vulgaire qu'hypocrite. J'en étais où... Ah oui. Il y aura toujours deux sexes. Mais c'est pas parce que nos organes génitaux sont complémentaires dans une optique de reproduction qu'il faut penser toute la société de manière binaire.&lt;br /&gt;- Hein ?&lt;br /&gt;- Tu connais le genre ? La plupart de ce que nous appelons des caractéristiques féminines et masculines sont en fait induites par la société.&lt;br /&gt;- Mais il y a des différences innées, c'est évident. Nos cerveaux ne fonctionnent pas pareil.&lt;br /&gt;- Les études montrent qu'il y a, en moyenne, plus de différences entre des cerveaux de deux individus de même sexe qu'entre des individus de sexe différent. Je te conseille de lire Catherine Vidal, si ça t'intéresse.&lt;br /&gt;- N'empêche, moi je &lt;i&gt;crois &lt;/i&gt;que les hommes et les femmes sont foncièrement différents. Et que c'est tant mieux.&lt;br /&gt;- C'est peut-être tant mieux pour toi, peut-être que tu y trouves ton compte.. Mais c'est loin d'être le cas de tout le monde. Pourquoi vouloir à tout prix faire rentrer les gens dans des cases ? Pourquoi imposer un modèle ? Si &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; je ne veux pas me conformer aux canons féminins, ça gène qui ? Si je ne souhaite pas perdre mon temps à me pomponner ?&lt;br /&gt;- Ben c'est ton problème, si tu veux être moche. C'est ton mari qui doit être content, tiens !&lt;br /&gt;- C'est mon mari qui doit décider de mes tenues, de la fréquence à laquelle je dois m'épiler, du temps que je dois passer dans la salle de bains ? C'est &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; corps, quand même !&lt;br /&gt;- Tout de suite les grands mots ! Tu commences par parler de maquillage et tu finis par parler du droit à disposer de son corps... C'est pas la même chose !&lt;br /&gt;- Mais &lt;i&gt;tout &lt;/i&gt;est lié ! Ce sont les petites discriminations qui conduisent aux grandes violences ! Les maris qui battent leurs femmes le font parce qu'ils pensent en avoir le droit, parce que pour eux, elles leur appartiennent, et cette impression est soutenue, entre autres, par le changement de civilité lors du mariage ! C'est pour ça que certaines féministes se battent pour éliminer les discriminations du type Madame/Mademoiselle !&lt;br /&gt;- Mais arrête, c'est un combat d'arrière-garde !&lt;br /&gt;- Ca ne le serait que si on ne se battait que pour ça, ou si c'était uniquement pour le plaisir de faire comme les hommes. Mais non ! Il faut tenir compte des implications de tous les actes de la vie quotidienne...&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;Tous&lt;/i&gt; les actes ? Ah ben voilà, encore un travers typique des féministes : tu vois le mal partout ! &lt;br /&gt;- Et si il était effectivement partout ?&lt;br /&gt;- Donc, ce que tu veux, c'est tout envoyer balader ? Il faut interdire le rose aux filles et le foot aux garçons ! C'est liberticide, ton truc ! Et si je veux que les femmes aient le droit de choisir entre "Madame" et "Mademoiselle" ? Et si je veux qu'elles aient le droit de porter des jupes ?&lt;br /&gt;- Au contraire ! Tu te crois libre,aujourd'hui ? Tu crois qu'on a le choix entre "Madame" et "Mademoiselle" ? Mais non,c'est le statut marital qui l'impose. Tu crois qu'on est libres de porter des jupes ? Non, nous sommes poussées à porter des jupes, parce que c'est plus "joli", et qu'on nous fait croire, dès le plus jeune âge, qu'on ne sera aimée que si on est agréable à l’œil. Les filles ne choisissent pas le rose, on les persuade que c'est la couleur qui leur convient le mieux. Si on cessait d'éduquer nos enfants pour qu'ils collent à un modèle tout fait, ils serait libres de choisir la forme et la couleur de leurs vêtements. Il ne s'agit pas d'interdire le rose aux filles, mais de cesser de le leur imposer. Celles qui le désirent, alors, peuvent choisir le rose, si ça leur plait. On ne ferme aucune porte, au contraire, on en ouvre !&lt;br /&gt;- Alors chacun ferait ce qui lui plait ? On fait table&amp;nbsp; rase des règles et des traditions ? Pourtant, il faut des règles pour qu'une société fonctionne ! On a des lois !&lt;br /&gt;- Rien ne nous interdit d'examiner les lois et de les remettre en cause ! La démocratie, c'est aussi ça : le peuple élit les législateurs et les législatrices. Les lois nous appartiennent. Les traditions, la culture, sont un héritage que nous pouvons nous approprier, examiner, triturer, avant d'en transmettre les clés à nos enfants.&lt;br /&gt;- Tu veux &lt;i&gt;tout &lt;/i&gt;chambouler, alors !&lt;br /&gt;- Tout ce que je demande, c'est qu'on réfléchisse aux motivations de nos actes. C'est un point de départ, pour améliorer le monde. C'est aussi une question d'honnêteté. Par exemple, si on fait une vanne sexiste, ça peut être le révélateur d'une pensée sexiste sous-jacente... Cette même pensée qui permet les violences les plus rudes.&lt;br /&gt;- Encore une fois, tu exagères ! On peut déconner quand même ! Et puis c'est du second degré, ces vannes...&lt;br /&gt;- Tu peux me définir le terme "second degré", s'il te plait ?&lt;br /&gt;- Euh... Elles sont où les cacahuètes, déjà ?&lt;br /&gt;- Ben voilà. Tu ne fait que répéter ce que tu as entendu ailleurs sans avoir réfléchi à la question et sans t'être renseigné avec des sources fiables. Sur le féminisme, sur le sexisme... Mais il est passé où ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-214104860488427956?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/214104860488427956/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/11/le-dialogue-lambda.html#comment-form' title='23 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/214104860488427956'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/214104860488427956'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/11/le-dialogue-lambda.html' title='Le dialogue lambda'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>23</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-7935203307683814162</id><published>2011-11-06T11:39:00.000+01:00</published><updated>2011-11-06T11:39:49.541+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Littérature'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Ainsi soit-elle, Benoîte Groult</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgArticle/LgfLivreDePoche/2008/9782253016052-G.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgArticle/LgfLivreDePoche/2008/9782253016052-G.jpg" width="197" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je poste peu en ce moment, mais je lis pas mal. &lt;br /&gt;Je me suis enfin décidée à entamer la pile de livres à lire qui prend la poussière sur mon étagère. J'ai donc ouvert, puis dévoré, &lt;i&gt;Ainsi soit-elle&lt;/i&gt; de Benoîte Groult.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Benoîte Groult, je ne connaissais que la fameuse &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/p/citations.html" target="_blank"&gt;citation &lt;/a&gt;&lt;i&gt;le féminisme n'a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours&lt;/i&gt;. C'est simple, concis, clair et pertinent, comme ce livre.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Ainsi soit-elle&lt;/i&gt; est paru en 1975, en pleine vague féministe. C'est une époque que je n'ai pas connu et que je n'aurais pas aimé connaître : je suis bien contente, aujourd'hui, de profiter de ma liberté. J'avais donc posé le livre sur ma pile en me disant que ce serait bien intéressant de lire un témoignage d'un passé révolu, mais que je ferais ça un jour où je n'aurais rien de plus important à lire. Et puis finalement, le sourire de Benoîte Groult sur la couverture m'a convaincue de m'installer dans le RER avec ce petit volume.&lt;br /&gt;J'ai pris une baffe monumentale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;J'ai souri, j'ai jubilé, j'ai tremblé. Et surtout, j'ai été secouée de constater que ces mots, écrits il y a plus de trente ans, sont toujours terriblement d'actualité.&lt;br /&gt;Je ne ferai ici ni résumé, ni analyse. Je ne peux que vous dire de le lire, parce que ça fait du bien, parce que c'est un livre nécessaire. Il ne convaincra sans doute pas un détracteur du féminisme, mais il soulage et blesse à la fois. &lt;br /&gt;Un passage, en particulier, m'a bouleversée : Benoîte Groult énumère les violences faites aux femmes sur de nombreuses pages, décrivant avec précision ce qu'est une excision (au point que j'ai dû reposer le livre, l'estomac retourné). La longue liste dévoile crûment la haine de certains hommes envers les femmes mieux que le zapping entre les articles publiés sur le net. Ca force à être réaliste.&lt;br /&gt;J'aime son sens de la formule, son langage, le choix des mots, la pertinence et la concision des phrases. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici quelques passages que j'ai relevés. Je donne les pages auxquelles le lecteur pointilleux, soucieux de remettre les citations dans leur contexte, les trouvera (j'ai à ma disposition l'édition du Livre de Poche n°4915).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Puisque le peuple et les femmes (décidément souvent réunis) sont difficiles à éduquer, ne les éduquons pas ; on pourra alors prouver qu'ils sont ignorants." p.49&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"A ceux qui refusaient toute promotion aux femmes sous prétexte de leurs servitudes physiologiques, Condorcet, un émouvant personnage que nous devrions admettre dans notre Panthéon à nous, répliquait : "Pourquoi des êtres exposés à des grossesses et à des indispositions passagères ne pourraient-ils pas exercer des droits dont on n'a jamais songé à priver des gens qui ont la goutte ou qui s'enrhument facilement ?"" p.51&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors qu'on nous fasse grâce de la galanterie, brandie comme un privilège exquis de notre condition féminine : il ne s'agit que d'une manifestation de l'instinct sexuel. La vraie chaleur humaine naît d'un sentiment plus franc et plus rare et qui n'a rien à voir avec le sexe." p.67"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il faudrait beaucoup d'humour, mieux, beaucoup de mauvais esprit pour nous tirer de là. Or, ce sont les deux "défauts" qui nous manquent le plus. On rêve d'un &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; pour dames qui jonglerait enfin avec notre auréole et nos valeurs les plus sacrées, ces sacrées valeurs ! Non pour les détruire mais pour le bon rire libérateur. Un revêtement longue durée pour la peau et qu'on nous parle enfin d'autre chose." p.85&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Celle qui attend un homme pour commencer à vivre et la maternité pour trouver un sens à son existence, celle à qui l'on a dénié tout autre besoin que l'amour ou la satisfaction sexuelle, qui ne se projette jamais à l'extérieur, au nom de sa féminité, celle-là risque de perdre le sens de son identité et de sombrer dans la résignation ou le ressentiment "qui exploseront un jour, car l'histoire ne cesse de proclamer que tôt ou tard le besoin de liberté de l'homme doit débouche au grand jour" (May, &lt;i&gt;L'Existence - Une nouvelle dimension en psychiatrie et en psychologie&lt;/i&gt;)" p.143&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos d'un article intitulé &lt;i&gt;50 trucs pour plaire à sa femme&lt;/i&gt; lu dans un magazine féminin :&lt;br /&gt;"Je vous épargne les 46 autres trucs nauséeux proposés à un homme, qui ne peut être qu'un médiocre s'il les emploie, pour séduire une femme qui ne peut être qu'une débile si elle marche.&lt;br /&gt;Ces manigances qui se font passer pour des échanges normaux et adultes entretiennent chez la femme une coquetterie bêlante et chez l'homme un paternalisme guilleret qui les empêcheront toujours l'un et l'autre de déboucher sur le vrai rapport, passionnant et dangereux, du couple. Sans fierté de soi-même et sans respect de l'autre, il n'y a pas de couple. Et la fierté de l'un ne se construit pas sur l'abaissement de l'autre. Cette sinistre habitude de pensée a été la plus grande cause des malheurs que les hommes et les femmes ont trouvé à vivre ensemble. C'est plus qu'une faute : c'est un mauvais calcul. Mais la vanité d'une part, une peur ancestrale et obscure de la féminité d'autre part, ont conduit l'homme à vouloir une femme faible et insipide plutôt qu'égale et excitante, malgré les déprimantes résultats de ce genre d'alliance." p.149&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Cette variété des zones érogènes, pour employer le langage des sexologues, cette richesse d'expériences que comporte une vie de femme pleinement vécue, y compris la grossesse, l'accouchement et l'amour maternel qui est, au début du moins, un phénomène quasi sexuel, auraient dû convaincre les femmes qu'elles n'étaient pas, comme Freud l'a prétendu après tant d'autres "une image dégradée de l'homme". Ce sont les hommes qui auraient dû l'envier. Mais quand on tient par la force le pouvoir, on ne le partage jamais. Faute de pouvoir supprimer ces richesses - mais non pas faute d'avoir essayé -, il ne restait qu'une solution logique : discréditer les fonctions féminines, en faire des phénomènes imposés par la nature, des fatalités biologiques à supporter ou à apprécier en silence." p.152&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est toujours la même alternative : le respect mystificateur ou l'injure ; on passe sans transition de la mère à la putain. [...] Il ne faut donc plus espérer qu'une politique d'hommes résoudra nos problèmes, ni nous laisser enfermer dans les sections féminines de quelque parti que ce soit, sections aussitôt transformées en bureaux d'études marginales préposés aux tâches traditionnellement féminines. Il faut nous mettre à compter sur nous-mêmes et d'abord cesser d'avoir peur du mot féministe auquel on a habilement réussi à donner une nuance si péjorative que personne n'ose plus se poser en défenseur des femmes sous peine de mériter cette étiquette." p.170&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de la littérature érotique, en particulier &lt;i&gt;Eden, Eden, Eden&lt;/i&gt; de Pierre Guyotat :&lt;br /&gt;"La révolution, ça ? La subversion ? C'est très exactement le monde bourgeois qui continue, où quelques obsédés de violence virile qui se croient des prophètes conchient les femmes, leur écartèlent la moule et les font mourir en les baisant tant ils les haïssent d'avoir envie d'elles." p.185&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Car ce qui opprime les femmes, ce n'est pas seulement le système masculin, c'est la réponse féminine, c'est ce qu'il a réussi à faire de nous. C'est ce sentiment d'incompétence et de faiblesse qu'il a réussi à nous donner, doublé de culpabilité si nous nous dérobons au rôle qu'il nous assigne et que nous devons accepter avec enthousiasme. Car là est la malignité, le détail subsidiaire qui, comme dans les concours radiophoniques truqués, vient tout remettre en question : il faut que nous soyons ravies d'être vouées à des fonctions dites sublimes, mais que les hommes se refusent à exercer." p.205&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour finir, ma préférée, à la fin du livre : &lt;br /&gt;"Je ne peux pas croire que si Freud se promenait aujourd'hui au rayon fillettes de Galeries Lafayette, il ne tomberait pas d'accord avec Simone de Beauvoir pour reconnaître qu'on ne naît pas femme, mais qu'on le devient. &lt;b&gt;De gré ou de force.&lt;/b&gt;" p.209 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-7935203307683814162?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/7935203307683814162/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/11/ainsi-soit-elle-benoite-groult.html#comment-form' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7935203307683814162'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7935203307683814162'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/11/ainsi-soit-elle-benoite-groult.html' title='Ainsi soit-elle, Benoîte Groult'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-5521805635436347151</id><published>2011-10-22T14:24:00.000+02:00</published><updated>2011-10-22T14:24:13.059+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Cinéma'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Famille'/><title type='text'>Un heureux événement</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/09/un-heureux-evenement-affiche.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/09/un-heureux-evenement-affiche.jpg" width="235" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Vous savez que, côté &lt;a _blank""="" href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/search/label/Blanc%20%3A%20Cin%C3%A9ma%20target="&gt;cinéma&lt;/a&gt;, je suis un peu fleur bleue. Je suis plutôt bon public, j'aime les jolies histoires même quand elles sont un peu neuneu, un peu cliché. J'aime quand il y a un peu de provoc', quand ça mène quelque part. &lt;a href="http://www.allocine.fr/film/casting_gen_cfilm=138273.html" target="_blank"&gt;Un heureux événement&lt;/a&gt; est typiquement le genre de film qui me va bien.&lt;br /&gt;J'ai lu le livre juste après la naissance de mon premier enfant. A ce moment-là, j'étais en colère d'avoir découvert certaines réalités de la maternité sans que personne ne m'aie prévenue. Forcément, le livre m'a fait du bien, je me suis sentie moins seule. Quand le film est sorti, j'ai tout de suite voulu aller le voir. Coup de chance, j'ai gagné des places &lt;a href="http://www.crepegeorgette.com/2011/09/26/un-heureux-evenement/" target="_blank"&gt;grâce à Crêpe Georgette&lt;/a&gt; (merci encore, d'ailleurs !). J'ai donc réservé mon baby-sitter et emmené mon mari, toujours content de sortir de la maison, voir le film. J'ai même relu le bouquin la veille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etre parent, ou pas, c'est vivre un cheminement très personnel. On arrive devant ce film avec sa propre vision de la parentalité, avec sa propre expérience, ses propres aspirations. Et puis il y a le poids des clichés, les choses qu'on nous a appris à aimer voir, et les autres. Comment critiquer de manière objective un film qui touche à quelque chose d'aussi intime ?&lt;br /&gt;On peut juger la technique cinématographique, la cohérence du scénario ou la qualité de l'adaptation, le jeu des acteurs. Ne connaissant rien à la technique, je passe mon tour. Le jeu des acteurs, en revanche, m'a conquise : on a beaucoup parlé de Louise Bourgoin, mais Pio Marmaï, Anaïs, Firmine Richard et Thierry Frémont offrent également une excellente prestation. J'ai été un peu déçue par Josiane Balasko dont la diction ne m'a pas parue naturelle, mais son regard en dit plus que sa voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/82/69/19793358.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="212" src="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/82/69/19793358.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;b&gt;L'adaptation du livre&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;L'adaptation du livre a été plutôt bien menée, mais certains aspects des personnages ont été effacés, menant à des incohérences.&lt;br /&gt;Dans le livre, la famille est juive. Le récit se voulant universel, la religion des personnages n'est pas vraiment importante. Le film n'évoque jamais la judéité, ce qui ne manque pas, mais nous prive de l'atmosphère du Marais. Je ne peux pas m'empêcher de soupçonner que ce choix a été fait pour éviter les remarques antisémites, et je trouve ça un peu lâche.&lt;br /&gt;Les remarques antisémites n'auraient pas manqué lors du déménagement et du changement de job de Nicolas. On sent bien, dans la bouquin, que cela est permis grâce à son réseau de connaissances. Le Nicolas d'Abécassis tient une galerie d'art, ce qui lui permet de croiser plus de beau monde que le Nicolas de Bezançon qui est employé dans un vidéo-club. &lt;a href="http://www.patchouliblog.fr/article_commentaire_cine.php?art_ID_cine=66" target="_blank"&gt;Certains se sont étonnés de voir&lt;/a&gt;, dans le film, Nicolas trouver un grand appartement à Paris et un nouveau job bien payé en claquant des doigts. Pour éviter le cliché du Juif-qui-a-un-réseau-dans-Paris, on tombe dans l'incohérence. Dommage.&lt;br /&gt;Le scénario tente aussi d'alléger le côté intellectuel de la famille en faisant de Nicolas un employé de vidéo-club, au lieu d'un homme ayant fait de grandes études et ayant choisi de tenir une galerie d'art, pas pour se faire du fric mais pour promouvoir de jeunes artistes. Les deux Nicolas sont des rêveurs, des idéalistes amoureux d'art qui se trahissent en prenant un job costard-cravate qu'ils détestent. Mais dans le film, on ne peut pas mesurer l'ampleur du renoncement de Nicolas, et on est surpris de le voir trouver si facilement un nouveau job, alors que le Nicolas du livre a tous les diplômes nécessaires pour y arriver. Le vidéo-club permet en outre d'assister à une scène de rencontre digne d'une comédie romantique avec Hugh Grant : c'est rigolo, c'est mignon, mais pas très réaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A part ça, le film suit globalement le déroulement du bouquin (avec quelques liberté sur la fin, mébon, je me suis juré de ne pas vous la dévoiler !). J'ai donc retrouvé dans le film tout ce que j'ai aimé dans le livre. Certaines scènes ont fait écho à mon propre vécu de manière assez bouleversante. D'autres mères relèveront sans doute d'autres aspect du film, je pense.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/70655/date/2011-09-27/article/un-heureux-vnement/" target="_blank"&gt;Le critique des Inrockuptibles&lt;/a&gt; a reproché au scénario de manquer de cohérence et de proposer une juxtaposition de tranches de vie. C'est assez vrai, mais c'est aussi ce qui fait la force du film : rappeler ces scènes vécues par les parents. Le film ne génère pas l'émotion, il offre un écho à cette émotion tapie dans nos souvenirs épisodiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/82/69/19793359.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="212" src="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/82/69/19793359.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;b&gt;La découverte du bébé&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Après une grossesse rigolarde et une scène d'accouchement mi-cliché (le mec qui tombe dans les pommes) mi-réaliste (belle vision de la péridurale et du cordon, merci !), Barbara doit faire connaissance avec sa fille tout en se remettant de son explosion de foufoune. Premiers regards, éblouissement de voir que ce petit bout sait déjà téter... J'ai adoré ce passage d'Abécassis :&lt;br /&gt;"A ma grande stupéfaction, mon bébé de quatre heures savait parfaitement comment il allait téter, et elle s'appliquait à le faire avec une force et une détermination phénoménales, les yeux rivés sur le téton, concentrés, la bouche voracement accrochée au mamelon, elle puisant dans le sein ce qu'il lui fallait pour vivre. Elle n'avait pas besoin d'explication. Elle n'avait pas besoin de mode d'emploi ni de cours. Elle marchait toute seule, sans notice..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais passé la joie, la peur apparait. La peur de ne pas savoir comment s'occuper du bébé, de ne pas pouvoir l'aimer, la peur de ne pas s'en sortir. C'est énorme, un bébé.&lt;br /&gt;C'est plus facile quand on est sûre de ne pas être seule. Mais, même quand les pères sont hyper impliqués, on finit toujours par être seule. On finit seule à la maternité parce que le papa est à la mairie, parce qu'il fait la lessive des pyjamas tachés de lait, de vomi et de sang, parce que les heures de visite sont terminées, parce qu'il est en train de fixer ce putain de siège auto avec la notice en coréen pour la sortie de la maternité, parce qu'il ne trouve pas de place pour se garer... On finit seule à la maison parce que le papa a dû reprendre le boulot après les 11 trop courts jours de congé paternité... Seule avec cette responsabilité gigantesque et ces images de mères heureuses auxquelles on n'arrive pas à ressembler.&lt;br /&gt;C'est pour ça que le vue de Barbara-Louise Bourgoin en larmes dans sa chambre d'hôpital, le bébé dans son couffin, mais bouleversée et soulagée. Le souvenir de ces nuits, désemparée et seule avec l'enfant, me hante encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/82/69/19777463.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="161" src="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/82/69/19777463.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;b&gt;Les suites de l'accouchement&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Que la grossesse ne soit pas toujours fun, ça commence à se savoir. Que l'accouchement puisse être apocalyptique, certaines ne se gênent pas pour le dire, si possible à celle qui doivent y passer bientôt. Mais après l'accouchement ?&lt;br /&gt;J'ai ri en voyant Barbara marcher en canard dans les couloirs de la maternité. Parce que c'est vrai ! Après l'accouchement, on a la touffe explosée, le bide en vrac, on pisse le sang, et en plus, il faut s'occuper du môme (presque seule, comme je le disais plus haut). Ca, on ne vous le dit pas, on ne le montre pas, les images de mamans béates sont plus jolies et rassurantes. &lt;br /&gt;Et puis ce petit caillot de sang que Barbara trouve dans son bain... Ca, on ne vous le dit pas, non plus. J'aurais même aimé en voir plus dans le film, mais alors il aurait été interdit aux moins de 16 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;La sexualité après l'accouchement&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Valérie a déjà soulevé la sottise cette scène de sexe glaçante. Je ne vais pas revenir dessus, mais je suis tout à fait d'accord avec elle : c'est une grave erreur du film.&lt;br /&gt;J'ai en revanche relevé avec bonheur une scène parfaitement réaliste chez le kiné : ce dernier demande à Barbara si elle n'a pas mal pendant les rapports sexuels. Barbara n'avait pas du tout cela en tête. C'est aussi ça, l'après-accouchement : vous avez à peine fini de saigner, vous êtes à peine cicatrisée qu'il faut se faire baiser. On vous rappelle vite que satisfaire les besoins de votre bébé ne suffit pas, il faut aussi satisfaire ceux de votre conjoint. Evidemment, personne ne vous demandera si votre désir est intact.&lt;br /&gt;Le désir, justement, chez Barbara, est éteint. Son corps a été si longtemps une machine à pondre, tripotée, examinée, déshumanisé, qu'elle voit son sexe comme "un lieu de passage". Si je n'adhère guère à sa vision de la sexualité qui perdrait tout intérêt sans interdit, je ne peux pas nier que les événements médicalisés et si fortement anatomiques qui bouleversent le corps ne facilitent pas le désir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/82/69/19777465.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="212" src="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/82/69/19777465.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;b&gt;La philosophie &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Là encore, le film a fait écho à un vécu très personnel.&lt;br /&gt;Barbara effectue une thèse de philosophie quand elle tombe enceinte. J'étais en thèse de physique. J'ai donc pu expérimenter, dans une moindre mesure, le décalage que l'on ressent lorsqu'on jongle avec des concepts obscurs avant de changer une couche. Devant son PC, on se sent puissante. Devant son enfant, on est démunie. Je peux résoudre des équations aux dérivées partielles sans hésiter, mais quand bébé pleure, je ne sais plus quoi faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;L'amour&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Peut-on s'aimer quand on a un enfant ? Je ne suis pas d'accord avec la vision apocalyptique d'Abécassis. Je ne crois pas que le père de mes enfants en moi-même nous leurrions, ni que les couples que je connais fassent semblant. On peut s'aimer en dépit des enfants qui prennent une place immense entre les parents.&lt;br /&gt;A condition d'être prêts. L'enfant change ses deux parents. Nicolas prend conscience de ses responsabilités et renonce à ses rêves, Barbara se mue en mère maternante. Peut-on s'aimer quand on a changé ? Oui, si on ne renie pas ce qui, dans nos caractères, a séduit l'autre. &lt;br /&gt;Le film met l'accent sur l'incompréhension et la fatigue dans le couple. Sans compréhension, communication ni partage, sans respect de l'autre, le couple est voué à l'échec. Dans ce cas, c'est l'enfant qui fait tout exploser, mais ça aurait très bien pu être autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Un film à voir ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;C'est à vous de décider. Ce film est loin d'être parfait, mais il fait plaisir, il fait sourire, il fait du bien.&lt;br /&gt;En ce qui me concerne, j'ai passé une très bonne soirée. C'est déjà ça. Merci encore Valérie,je n'oublie pas que c'est à toi que je la dois !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-5521805635436347151?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/5521805635436347151/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/10/un-heureux-evenement.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/5521805635436347151'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/5521805635436347151'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/10/un-heureux-evenement.html' title='Un heureux événement'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-5958993944541647514</id><published>2011-10-09T10:45:00.000+02:00</published><updated>2011-10-09T10:45:04.990+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Enseignement'/><title type='text'>Souvenirs d'étudiants</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/Jacopo_de%27_Barbari_-_Portrait_of_Fra_Luca_Pacioli_and_an_Unknown_Young_Man_-_WGA1269.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="263" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/Jacopo_de%27_Barbari_-_Portrait_of_Fra_Luca_Pacioli_and_an_Unknown_Young_Man_-_WGA1269.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;J'inaugure une nouvelle catégorie sur mon blog : l'enseignement.&lt;br /&gt;J'ai déjà annoncé que j'avais pris, à la rentrée, mes fonctions d'enseignant-chercheur dans une Université de la région parisienne. &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/10/il-etait-une-porte.html" target="_blank"&gt;J'ai parlé du changement de labo&lt;/a&gt;, mais pas encore de mon arrivée dans mon nouvel établissement d'enseignement.&lt;br /&gt;Je manque encore de recul pour dire si je m'y sens bien ou pas. J'ai donné mon premier cours mardi, et j'ai accompagné les étudiants en sortie. Pour l'instant, je suis heureuse d'y être. Ces jeunes gens sont en situation quelque peu difficile, et ils ont 18 ans à peine. Les former, c'est tout un métier. Bien que je ne sois pas arrivée là par choix, mais parce que c'est le seul job que j'ai trouvé, je suis enthousiaste. Et je ne dis pas ça parce que certains risquent de me lire ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Pour obtenir un poste, il faut montrer qu'on a acquis un peu d'expérience. J'ai derrière moi 4 ans dans une autre Université. Cet établissement accueille à la fois des fils à papa qui sont là pour passer le temps en attendant qu'il leur décroche un poste, et des jeunes issus de la banlieue voisine. C'est avec ces derniers que j'ai eu les échanges les plus enrichissants, et je chéris ces souvenirs. C'est eux qui m'ont donné envie de continuer à faire ce métier. Les étudiants ne sont pas un groupe uniforme, ce ne sont pas des moutons identiques qu'il faut gaver de connaissances en attendant la paye à la fin du mois. C'est un groupe de personnes distinctes, chacun avec son caractère, et il faut construire une relation humaine avec chacun.&lt;br /&gt;Pour un enseignant-chercheur, il faut mener de front recherche et enseignement, ce qui ne nous donne pas toute la latitude qu'on voudrait pour prendre en main ces jeunes gens et construire une relation durable. Quand on est à temps partiel ou en monitorat, on a encore moins d'heures à faire, et on croise ces étudiants plus qu'autre chose. Ca ne m'a pas empêchée de garder de certains jeunes gens un souvenir très marquant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Ahmed&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;C'était ma première année d'enseignement, j'avais peur de mal faire. On n'est pas formés à ce métier: le monitorat, qui a été ma première expérience, est aussi nommé "formation à l'enseignement par l'enseignement". En somme, pour vous apprendre à enseigner, on vous colle devant une classe. Je me suis donc retrouvée devant des élèves ingénieurs de niveau M1 sans rien d'autre que les précieux conseils de ma directrice de thèse et les corrigés des exercices que je devais leur faire faire. Comme c'était une discipline que je ne connaissais pas, j'avais soigneusement préparé mes interventions : une séance de 2h me demandait 4 à 6h de préparation.&lt;br /&gt;J'avas 30 étudiants, tous motivés et dynamiques, mais de niveau inégal. Et parmi eux, il y avait Ahmed. Ahmed voulait avoir son diplôme et il bossait comme un fou. Il n'aurait pas toléré que je fasse une erreur dans un calcul et ses vérifications de mes démonstrations frisaient l'impertinence. Comme j'avais dit à mon groupe que j'avais peu d'heures à faire et qu'ils pouvaient profiter de ma relative disponibilité pour me poser des questions à mon bureau, Ahmed est passé un matin, juste avant l'examen final, pour revoir ce qu'il n'avait pas compris. Ca a pris la matinée.&lt;br /&gt;La difficulté, avec Ahmed, c'est qu'il ne cherchait pas à comprendre par lui-même. Il apprenait tout par coeur, tous ses cours, tous les corrigés d'exercice. Il a ainsi prononcé une phrase qui m'a effarée "répétez-moi le raisonnement pour que je l'apprenne". Jamais il n'a prononcé le verbe "comprendre". Je suis restée démunie devant son manque de recul et surtout son refus catégorique d'en prendre.&lt;br /&gt;Ahmed a appris les raisonnements, il a eu une bonne note. Deux ans plus tard, je l'ai croisé dans le RER en costume : je pense qu'il a trouvé du boulot. Il fera un très bon exécutant, mais je doute qu'il puisse innover. Chacun son boulot, après tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5f/La_Le%C3%A7on_d%E2%80%99astronomie_de_la_duchesse_du_Maine_-_Fran%C3%A7ois_de_Troy.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="230" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5f/La_Le%C3%A7on_d%E2%80%99astronomie_de_la_duchesse_du_Maine_-_Fran%C3%A7ois_de_Troy.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;b&gt;Sébastien&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;J'ai également, au cours de cette année, encadré des étudiants en projet. Je ne me sentais pas capable de faire moi-même ce que faisaient mes étudiants, et j'étais inquiète de ne pas savoir comment les aider. Ca s'est tout de même bien passé. &lt;br /&gt;Dans la même salle, d'autres étudiants préparaient d'autres projets. Au contraire de leurs enseignants expérimentés, j'étais souvent là, pour ne louper aucune erreur de mes étudiants qui n'avaient pas tant besoin de moi mais partageaient mon humour. Les autres étudiants profitaient de ma présence pour me poser des questions. J'ai ainsi pu sympathiser avec Sébastien.&lt;br /&gt;Deux ans plus tard, j'ai retrouvé Sébastien en thèse dans mon laboratoire. Nous avons analysé en riant le passage d'une relation prof/élève à une relation de travail. J'ai suivi ses difficultés de thésard (et lui, il a morflé). Et puis je suis partie.&lt;br /&gt;Il y a un mois, je l'ai croisé avec ses trois enfants et sa femme dans un magasin. Les choses s'arrangeaient pour lui comme pour moi. Mais j'ai pris un sacré coup de vieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Idriss&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Lors de ma seconde année, on m'a confié un groupe de 16 étudiants de L2&amp;nbsp; pour leur enseigner les bases de l'électronique. C'est un cours un peu rébarbatif, et je tentais de le rendre vivant. Certains avaient néanmoins des difficultés ou un manque de motivation contre lesquels je ne pouvais pas grand-chose.&lt;br /&gt;Idriss avait de bonnes notes, mais il était clair que la discipline ne lui plaisait pas. Il bossait pour avoir son module, il était sympathique et agréable mais je voyais bien qu'il aurait préféré être ailleurs. Ses notes ont commencé à chuter au milieu du semestre.&lt;br /&gt;Il est venu me voir à la fin d'un cours pour parler de ses difficultés naissantes.&lt;br /&gt;"Madame, est-ce que ce que vous nous racontez, ça sert en électrotechnique ? (mettez la syntaxe maladroite sur le compte de la timidité maladive d'Idriss)&lt;br /&gt;- Euh, oui, quand même beaucoup. Pourquoi ?&lt;br /&gt;- Parce que je vais faire de l'électrotechnique l'an prochain.&lt;br /&gt;- Ah bon ? Ca te plait l'électrotechnique ? &lt;br /&gt;- Je ne sais pas, j'en ai jamais fait.&lt;br /&gt;- Ben pourquoi tu veux en faire ?&lt;br /&gt;- Parce que j'ai vu le conseiller d'orientation de la fac, il a vu mes notes et il m'a dit d'en faire.&lt;br /&gt;- Euh... Mais toi, qu'est-ce qui te plait ? Tu veux faire quoi de ta vie ?&lt;br /&gt;- Moi, je veux avoir un diplôme et rentrer au Maroc pour aider à développer mon pays. Et puis j'aime bien la mécanique."&lt;br /&gt;Je lui ai dit de regarder quels étaient les besoin du Maroc, en lui citant l'exemple des télécommunications. Je lui ai dit de suivre son rêve et de s'accrocher, et de ne pas foncer dans une discipline qui ne l'intéressait pas. Il m'a remercié avec des étoiles dans les yeux et il est parti, pendant que je m'interrogeait sur la santé mentale du personnel du service orientation de la fac.&lt;br /&gt;Idriss s'est planté à l'examen final, il a redoublé et s'est planté de nouveau. Je n'ai plus eu de nouvelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Stéphane&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Stéphane était dans le même groupe qu'Idriss. Il avait 25 ans et une histoire compliquée. Il voulait son diplôme pour travailler dans les ondes, sa passion.&lt;br /&gt;J'adore les étudiants qui ont un projet. Jusqu'à mes 23 ans, mes projets ont été flous et je peux comprendre qu'un étudiant de L2 hésite. Je soutiens de mon mieux ceux qui ont déjà un objectif. J'ai donc pris Stéphane sous mon aile en me jurant de faire de mon mieux.&lt;br /&gt;Je ne crois pas que l'échec d'un étudiant soit imputable systématiquement à son manque d'intelligence. Ca peut être un manque de travail, à cause de sa fainéantise, d'un manque de motivation ou d'une vie compliquée. Ca peut être un prérequis pas maîtrisé, à cause d'un accident ou d'un prof précédent qui n'a pas su faire passer une notion. Ca peut être qu'il n'a pu découvrir, entraîner et maîtriser ses capacités intellectuelles, pour raisonner ou mémoriser les notions, dans l'enfance. Ca peut être de ma faute, aussi. Mais les étudiants incapables ou stupides sont rares.&lt;br /&gt;Stéphane n'est pas stupide, mais sa façon de penser reste une énigme pour moi. Je n'ai jamais pu lui transmettre plus que quelques rudiments : il était impénétrable à la logique telle que la plupart des élèves et enseignants la conçoivent. Avec lui, j'ai échoué.&lt;br /&gt;L'année suivante, il était encore en L2, dans le groupe d'un autre enseignant. Celui-ci m'a dit, quelques années plus tard, l'avoir croisé en stage dans une entreprise. Stéphane était un peu écoeuré par le système universitaire qui n'avait pu l'intégrer. Ce stage était sa dernière chance de réaliser son rêve. J'espère qu'il a réussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3c/Pierre-Auguste_Renoir_-_La_Le%C3%A7on.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="241" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3c/Pierre-Auguste_Renoir_-_La_Le%C3%A7on.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;b&gt;Mohammed&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Quelques minutes avant le début d'un cours de M1, la secrétaire, une personne admirable que j'apprécie beaucoup, est venue me voir pour discuter. Elle m'a demandé de prendre soin de Mohammed, un jeune homme adorable qui travaille beaucoup pour compenser ses difficultés. &lt;br /&gt;Mohammed bosse, c'est le moins qu'on puisse dire. Il y a des étudiants qui n'arrivent à rien parce qu'ils n'essaient pas ; lui, il essaye. Mais souvent, il se plante. Il est de ces personnes qui, clairement, ont des difficultés à enchaîner les idées. Je lui ai accordé de mon mieux le temps dont il avait besoin, en essayant de ne pas m'énerver en le voyant buter sur des choses qui me paraissaient simples. C'est fou comme en quelques années on prend de l'assurance et comme il est facile de devenir méprisant. L'avertissement de la secrétaire m'a permis de faire attention à ce jeune homme et m'a poussée à réfléchir à mon comportement.&lt;br /&gt;Deux ans plus tard, j'ai retrouvé Mohammed en M2. Son faible niveau était évident pour tous les enseignants. Cette année-là, Mohammed m'a étonnée par son comportement. Son travail de piètre qualité effectué avec une mauvaise volonté manifeste aurait mérité une note éliminatoire, mais, le jour du jury, le responsable de la formation nous a demandé d'y réfléchir. Mohammed avait reçu une promesse d'embauche de la part d'une entreprise et, sans son diplôme, le job lui filerait sous le nez. Nous étions conscients que son niveau et sa timidité l'empêcheraient de réussir un entretien d'embauche ailleurs : lui donner la note qu'il méritait le condamnerait au chômage. Nous n'avons pas hésité longtemps. Mohammed a eu son diplôme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Le trio&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Je ne me rappelle plus du nom de ces trois inséparables, toujours assis ensemble au fond de ma classe de L2. J'ai cru, au début, qu'ils n'étaient pas sérieux, mais quand j'ai vu leurs résultats tout à fait honorables, j'ai été très satisfaite. Les rires et les blagues fusaient entre les manipulations de TP réussies, ils répondaient à mes questions avec le sourire. Leur présence m'était d'autant plus précieuse que le groupe était hétérogène, certains étudiants étant totalement passifs ("Kévin ? Il tient le mur", ai-je dit le jour du jury).&lt;br /&gt;C'était ma dernière année d'enseignement dans cet établissement. Le dernier jour, je leur ai dit au revoir avec émotion. A leur demande, je leur ai parlé de mon travail de recherche, de ma soutenance de thèse toute proche. Et le jour J, je les ai vus débarquer. Je crois qu'ils ont séché un cours pour venir m'encourager. Je les ai prévenus qu'on allait parler science pointue pendant plusieurs heures, et que ceux qui ne sont pas spécialistes du domaine se font généralement chier. Mais ils sont restés jusqu'au bout. Après la soutenance, ils sont venus me voir, m'ont félicitée et m'ont posé des questions montrant qu'ils avaient un peu compris. L'un d'entre eux m'a dit qu'il voulait se spécialiser dans l'électronique grâce à mon cours, ce qui m'a beaucoup touchée. Ce jour-là, des amis électroniciens étaient venus, et je les ai présentés. Mes amis les ont encouragés et leur ont parlé de leur expérience. Mes étudiants étaient ravis.&lt;br /&gt;Et depuis, les jours où je me décourage, je repense qu'il y en a au moins un (si seulement j'arrivais à me rappeler de son nom...) qui est reparti convaincu.&lt;br /&gt;Je n'ai pas servi à rien. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Illustrations&lt;/u&gt; :&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Portrait de Fra Luca Pacioli et d'un jeune homme inconnu,&lt;/i&gt; Jacopo de' Barbari, 16° siècle.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;La leçon d'astronomie de la Duchesse du Maine&lt;/i&gt;, François de Troy, 1702-1704.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;La leçon&lt;/i&gt;, Pierre-Auguste Renoir, 1906.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-5958993944541647514?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/5958993944541647514/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/10/souvenirs-detudiants.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/5958993944541647514'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/5958993944541647514'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/10/souvenirs-detudiants.html' title='Souvenirs d&apos;étudiants'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-7393932522073362973</id><published>2011-10-02T11:10:00.000+02:00</published><updated>2011-10-02T11:10:18.217+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Il était une porte</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/21/Psyche_Opening_the_Door_into_Cupid%27s_Garden.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/21/Psyche_Opening_the_Door_into_Cupid%27s_Garden.jpg" width="201" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;C'était un bâtiment construit dans les années 60, massif, carré, fonctionnel. Il était tout en béton, pourvu dans l'entrée d'un escalier monumental donnant sur un hall résonnant. On y accédait par une porte cerclée de métal, vitrée, et très lourde. Cette porte suffisait à illustrer le principe du levier : il était absolument inutile de tenter de l'ouvrir en poussant près des gonds, il fallait pousser à l'extrémité de la porte pour qu'elle pivote lentement, difficilement, comme à regret. &lt;br /&gt;J'ai haï cette porte. Pas parce qu'elle était lourde, mais parce qu'elle menait à mon lieu de travail : un laboratoire où je m'acquittais d'une tâche peu intéressante au milieu de gens que je n'aimais pas. Leur conversation se limitait au football, aux films de zombies et à la série le Trône de Fer (parce qu'il y a du cul). Leurs perpétuelles remarques machistes ont réveillé ma conscience féministe. Ils m'ont inspiré l'un des textes dont je suis la plus fière, &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/rien-de-grave.html" target="_blank"&gt;Rien de grave&lt;/a&gt;. Je faisais partie d'un groupe de quelques filles en emploi précaire, au nombre variant au gré de nos congés maternité et des fins de contrat. Coquettes, silencieuses, riant volontiers aux vannes les plus cruelles, elles m'ont inspiré un texte qui me semble aujourd'hui un peu maladroit, &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2010/06/le-silence-des-poupees.html" target="_blank"&gt;Le silence des poupées&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Chaque jour donc, je poussais avec difficulté cette porte pour rejoindre mon bureau surchauffé et entendre les beaufs pérorant dans leur salle café décorée de cartes postales avec des filles à poil ou des vaches ("j'ai pas trouvé de cartes avec des filles, dans le Cantal, alors je vous ai envoyé des vaches !"). J'avais au ventre une boule qui a gonflé peu à peu au fil des mois. Sans mon blog pour m'exprimer, sans Twitter pour me rappeler qu'un autre monde existe, je ne sais pas si j'aurais tenu.&lt;br /&gt;Le bâtiment était grand, il y avait beaucoup de monde à l'intérieur, et l'équipe qui m'avait si mal reçue n'était pas la seule. Il m'arrivait donc souvent de passer cette porte en même temps que quelqu'un, la plupart des travailleurs du bâtiment étant des hommes. Généralement, le premier arrivé tenait la porte, et le second passait en souriant poliment.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Certains hommes étaient surpris de se voir tenir la porte, mais l'acceptaient avec le sourire, comme étonnés de trouver cela agréable. D'autres levaient un sourcil, silencieusement, comptant cet usage incongru de mes bras comme une bizarrerie de plus de ma part. Quelques hommes, enfin, ont apprécié de voir que je n'attendais pas qu'un autre accomplisse des gestes simples à ma place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois, je suis passée en même temps que Jérôme (tous les noms sont évidemment modifiés).&lt;br /&gt;Jérôme est un type galant. Il reconnait que les différences entre les hommes et les femmes sont, pour la plupart, induites par l'éducation, mais il trouve ça cool. Il aime que les hommes soient forts et que les femmes soient belles. Il apprécie qu'une femme s'habille avec soin, il adore l'été qui raccourcit le jupes. Il est beau, il fait beaucoup de sport. Marié, amoureux et fidèle, il n'est pas dragueur. Il regarde les femmes sans concupiscence, juste pour le plaisir de voir de belles choses.  Il aime qu'une femme aie besoin de lui, il court rendre service, il  adore porter les choses lourdes pour montrer qu'il est fort. Quand une femme a besoin d'un ordinateur ou d'un vidéoprojecteur, elle trouvera l'ordinateur ou le vidéoprojecteur branché, installé et câblé par un Jérôme haletant qui aura couru pour tout finir avant son arrivée. &lt;br /&gt;Ce jour-là, donc, Jérôme a couru pour arriver à la porte avant moi. Il me l'a tenue dans un geste théâtral, souriant, ravi d'incarner le bon Français, galant, prévenant, et attendant des remerciements de ma part. J'étais surprise, je n'avais pas encore pris mon café, et je ne sais plus ce que j'ai bredouillé. J'ai trouvé tellement ridicule de voir un type débouler en courant pour m'ouvrir la porte ! Elle était lourde, certes, mais pas au point de m'empêcher d'entrer.&lt;br /&gt;J'ai tenu un jour la porte à Jérôme. Bien qu'il aie été encombré par son vélo, il s'est arrêté, me l'a prise des mains tant bien que mal, et a refusé de passer avant moi. C'en était presque compulsif, comme si je remettais en question son identité même en tentant de refuser sa galanterie. Ce n'est pas que je sois faible, à ses yeux : il sait très bien que je porte des objets lourds sans rechigner. C'est plutôt que s'il ne peut être fort, il se sent inutile. Il m'a fait pitié, je suis passée et l'ai laissé dans se débattre avec la porte et son vélo ; j'ai retenu un fou rire quand, depuis le hall, j'ai entendu dans mon dos un "aïe" étouffé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis il y a eu Maxime. &lt;br /&gt;Maxime a contribué pour un bon quart à ma liste de phrases sexistes dans &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/rien-de-grave.html" target="_blank"&gt;Rien de grave&lt;/a&gt;. C'est une homme jeune, grassouillet, porté sur la bouteille, qui parle tout le temps, étalant ses connaissances et méprisant toute notion culturelle qui ne l'intéresse pas. Pour lui, toute femme qui sort du rang cherche à installer une suprématie de la femme sur l'homme et doit être remise à sa place sèchement. Il ne tolère les femmes dans les assemblées que silencieuses. Il ne faut pas donner son avis, il ne faut pas exprimer son opinion, même si elle va dans son sens, sous peine de se faire rabrouer sèchement. Il ne faut pas se montrer plus cultivée que lui ni montrer qu'on ne partage pas sa passion dévorante pour le football. Evidemment, avec lui, j'avais tout faux. Assez rapidement, je n'ai pu ouvrir la bouche sans qu'il dise exactement le contraire de ce que je venais de dire. Heureusement qu'on ne bossait pas sur le même projet, il n'aurait pas beaucoup avancé.&lt;br /&gt;Un jour, je partais manger avec Michel, un technicien adorable, et Maxime nous a suivis. Nous ne sommes pas vachards au point de le laisser manger tout seul, et nous l'avons attendu. Quand nous nous sommes trouvés devant cette porte, Michel est passé en premier, puis Maxime est passé devant moi, et l'a tenue. Comme j'avançais, il l'a lachée. Elle est passée à quelques millimètres de mon nez. Il est parti en s'excusant. Michel a levé les yeux au ciel, navré. Si nous avions dit quoi que ce soit, il aurait prétendu ne pas l'avoir fait exprès. &lt;br /&gt;Evidemment, je lui ai refait la même "blague" à la première occasion, sauf que moi, j'ai retenu la porte au dernier moment : je ne suis pas une garce. Il a ri comme s'il ne se doutait de rien.&lt;br /&gt;Au sein du groupe, Maxime est soit toléré, soit populaire. Quand on le contredit, il est bêtement soutenu par trois quarts des personnes présentes, les autres se taisant. Ne pouvant supporter le personnage, ne pouvant le contredire sans être verbalement écrasée par cinq ou six personnes, j'ai fini par ne plus me joindre à eux pour manger ou boire le café. Je me suis ostracisée peu à peu, seule, les écouteurs vissés sur les oreilles pour ne pas entendre leurs âneries, respirant à travers mon PC où Twitter me fournissait un semblant d'oxygène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout d'un an et demi, j'ai trouvé un poste fixe dans une Université et je suis partie, non sans avoir dévoilé à ma hiérarchie ce que je pensais de mes ex-camarades de bureau. Ca ne les a pas surpris. J'ai alors compris qu'il était inutile de chercher à me venger en détruisant leur réputation comme j'aurais aimé le faire, puisque&amp;nbsp; leur carrière est déjà bien assez compromise du fait de leur comportement. Ils se sont sabordés tout seuls, personne n'est dupe.&lt;br /&gt;Quand j'ai quitté le bâtiment définitivement, la porte était ouverte sur un ciel azur où brillait un soleil radieux. J'ai respiré un grand coup, et la boule que j'avais dans le ventre s'est dégonflée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain même, je prenais mes fonctions dans un nouveau laboratoire.&lt;br /&gt;J'ai été accueillie avec cordialité. On m'a donné un bureau sur lequel trônait un ordinateur non branché. Mon nouveau responsable et mon nouveau camarade de bureau ont commencé à connecter les différents câbles. Je me suis résolument jointe à eux, décidée à ne pas être la demoiselle en détresse qui ne sait pas où on branche le clavier USB. Nous avons fini la besogne ensemble, en commentant la qualité du matériel et son adéquation à mon projet.&lt;br /&gt;On m'a donné dans la journée un badge pour entrer dans le bâtiment en me conseillant de le tester au cas où. Je suis sortie, j'ai passé mon badge dans le lecteur et j'ai tiré résolument la poignée de la porte qui s'est ouverte d'un coup et a violemment heurté un mur. Qu'elle était légère !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Illustration&lt;/u&gt; :&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Psyché à la porte du jardin de Cupidon&lt;/i&gt;, John William Waterhouse, 1904.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-7393932522073362973?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/7393932522073362973/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/10/il-etait-une-porte.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7393932522073362973'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7393932522073362973'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/10/il-etait-une-porte.html' title='Il était une porte'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-1352698567751704306</id><published>2011-09-27T15:25:00.002+02:00</published><updated>2011-10-14T14:29:31.131+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Actions pour les femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Madame ou Mademoiselle ? Live blogging sur l'ouverture de la campagne</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;11h30&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Je commence à taper ces lignes à quelques minutes du lancement officiel de la nouvelle campagne d'Osez le Féminisme.&lt;br /&gt;Personnellement, sans avoir vu la forme à part les visuels qui ont été fournis, je ne suis pas contre. 20 Minutes titre avec à-propos "&lt;a href="http://www.20minutes.fr/article/794690/madame-mademoiselle-petits-riens-font-sexisme-ordinaire" target="_blank"&gt;Ces petits riens qui font le sexisme ordinaire&lt;/a&gt;" et c'est très pertinent. Devoir préciser si on est "Madame ou Mademoiselle" à EDF, son employeur, la sécu et le vétérinaire de son chat, c'est sexiste, et ça me rend dingue. On nous fait chier avec ça tous les jours, ça me fait monter la moutarde au nez petit à petit, jusqu'à ce que l'employée de banque qui refuse de me donner ma carte bancaire sous prétexte que sur le papier il y a "Mademoiselle" et je porte une alliance se fasse insulter (c'est du vécu).&lt;br /&gt;Ca va avec&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/01/nom-de-nom.html" target="_blank"&gt; le changement de nom au mariage&lt;/a&gt;, d'ailleurs. C'est discriminatoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Depuis quelques minutes, j'observe un déferlement de colère sur Twitter. "Combat d'arrière-garde", "il n'y a rien de plus important ?". C'est pas faux. Il y a des choses plus graves. Même rien qu'en France : viols, excision, meurtres. Est-ce une raison pour ne rien dire sur le sexisme ordinaire ?&lt;br /&gt;Le sexisme ordinaire et la violence sexiste sont deux manifestations d'intensité différentes du même phénomène, la domination masculine. Peut-on dénoncer l'un sans dénoncer l'autre ? Je ne pense pas. On ne fera pas cesser les violences rien qu'avec la répression : il faut aussi éduquer les gens pour qu'ils comprennent sur quel terreau ces violences ont pris racine. Quand on y réfléchit, l'obligation de dévoiler son statut marital quand on est une femme a des implications vertigineuses. A partir du moment où on considère que le statut marital des femmes est assez important pour être mis sur tous les papiers officiels, où on considère que celui d'un homme ne l'est pas, on esquisse le contours du schéma patriarcal, ce même schéma qui est le théâtre des pires violences.&lt;br /&gt;Ca ne changerait pas le monde, de supprimer l'appellation "Mademoiselle". Mais ça ferait avancer un tout petit peu les choses, c'est déjà ça de pris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui gêne, je pense, c'est que les médias résument les militantes féministes à OLF et que le grand public pourrait penser que cette association est représentative du féminisme dans son ensemble. Ajoutez à ça que l'association a des liens très forts avec le PS, ça peut faire naître des soupçons de connivence politique, de tentative de récupération du féminisme à des fins partisanes...&lt;br /&gt;A titre personnel, j'aimerais franchement qu'OLF se politise, et qu'on n'en parle plus. Comme ça, au lieu de soupçonner l'association de desseins cachés, on dirait, à chacune de ses déclarations "les féministes de gauche déclarent que..." Ce serait franc, assumé. Bien sûr, ça exclut de l'association les féministes de droite, mais rien n'empêche de dialoguer d'une association à l'autre. C'est dommage, de devoir se politiser, mais on ne peut pas fonder une association apolitique quand on est membre connu et actif d'un parti. Faut choisir, dans la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi avoir choisi de mettre en place un action sur ce thème ? Tant qu'à choisir, à mon avis, autant prendre quelque chose qui touche toutes les femmes. Ca touche à notre identité, à la façon dont on se voit, à la façon dont les autres nous voient. Ca peut être assez intime, pour certaines. Donc ça fait causer. C'est le but, je pense.&lt;br /&gt;En tout cas, pour l'instant, c'est réussi. Les tweets et les articles se multiplient à une vitesse qui donne le tournis. Je vais aller bouffer, tiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;12h30&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Ca y est, &lt;a href="http://madameoumadame.fr/" target="_blank"&gt;le site est ouvert&lt;/a&gt; ! Je m'y rue.&lt;br /&gt;Bon bon bon. Matériel de campagne avec badge, affiche etc... FAQ, liens... Textes explicatifs de pourquoi c'est pas bien de dire Mademoiselle (je lis en diagonale, vu que je suis déjà convaincue)...&lt;br /&gt;Ah, un quizz, je vais jouer un peu tiens. Oups, score de merde.&lt;br /&gt;Bon, je n'ai pas appris grand-chose, sauf que je n'y connaissais rien dans le domaine des civilités utilisées en Suisse. En même temps, comme c'est un truc qui m'agace beaucoup, je m'étais déjà un peu renseignée...&lt;br /&gt;En tout cas, ça marche. #Mademoiselle est dans les sujets les plus populaires de &lt;a href="http://twitter.com/#%21/search?q=%23Mademoiselle" target="_blank"&gt;Twitter&lt;/a&gt;. Quand je vous dis que l'identité, c'est intime, et &lt;a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouillage/42-cafouillage/1382-pour-vous-ce-sera-madame-" target="_blank"&gt;ça fait réagir&lt;/a&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;14h30&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;L'essentiel des réactions que je lis disent que c'est pas important. Les bodys Petit Bateau c'est pas important. La civilité c'est pas important.. La grammaire c'est pas important. Le droit d'entre au Fouquet's sans chaperon, c'est pas important.&lt;br /&gt;Un grain de beauté n'est peut-être pas important, mais des fois, c'est cancéreux ! Faut juste prendre la peine d'&lt;a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/197147;eram-la-famille-et-mademoiselle.html" target="_blank"&gt;examiner un peu la question&lt;/a&gt; pour réaliser qu'une chose d'apparence anodine peut cacher une maladie mortelle. &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/un-long-processus-qui-peut-etre.html" target="_blank"&gt;Ah, que c'est dur de remettre en cause ce qu'on croit savoir !&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a ceux qui disent "moi j'aime bien" ou "je préfère qu'on supprime madame" ou "je préfère qu'on utilise mondamoiseau". Ca fait vachement avancer le débat, d'afficher ses goûts et préférences personnels. Tiens, je vais demander qu'on appelle tous les hommes "sucre d'orge", et les femmes "chouquette". Parce que j'aime bien.&lt;br /&gt;Ah, ils y sont attachés, à ce "Mademoiselle"...&lt;br /&gt;C'est peut-être aussi la peur de vieillir, pour certaines femmes : quand on t'appelle "Mademoiselle", tu te sens jeune, et puis un jour tu réalises que personne ne t'a pas appelée comme ça depuis longtemps et tu déprimes... "Mademoiselle", signe de fraîcheur de la marchandise ! C'est vrai qu'une Chouquette rassise, c'est pas bon.&lt;br /&gt;C'est peut-être, pour certains hommes, la peur de ne plus pouvoir faire preuve de galanterie auprès des mignonnes jeunes filles, se sentir comme un prince charmant et dispensant généreusement ses bons services. T'inquiète pas, Mon Sucre d'Orge, tu pourras toujours me tenir la porte, si t'as envie d'être sympa. C'est toujours plus poli que me la renvoyer dans la gueule. Je n'exige pas que tu courre pour passer avant moi, et j'apprécie la politesse à sa juste valeur : ce n'est pas un dû. Je ne suis pas une princesse, j'ai des bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;15h30&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;#Mademoiselle est passé sujet n°1 sur Twitter.&lt;br /&gt;Et franchement il serait temps que Chouquette Kalista se remette à bosser.&lt;br /&gt;J'imagine que, ce soir ou demain, une floppée d'articles va sortir sur le sites d'information mainstream. J'essaierai d'éditer ce post au fur et à mesure...&lt;br /&gt;A suivre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Edit&lt;/u&gt; :&lt;br /&gt;&lt;b&gt;21h30&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Il y a du monde sur &lt;a href="http://news.google.com/news/story?cf=all&amp;amp;topic=n&amp;amp;ncl=dO-AB1nP1xgSPRMhujH2tUKzlpa4M"&gt;Google Actus&lt;/a&gt; ! Et les commentaires des articles font peur...&lt;br /&gt;Encore une fois, on nous dit qu'il y a plus important, que cette "futilité" dessert la cause des femmes, que les féministes ont mieux à faire. Qu'est-ce qu'elle doivent faire, au juste, les féministes ? Foutre à poil les porteuses de burkas ? Promouvoir les valeurs féminines ? Poser nues dans des calendriers ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-1352698567751704306?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/1352698567751704306/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/madame-ou-mademoiselle-live-blogging.html#comment-form' title='19 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/1352698567751704306'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/1352698567751704306'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/madame-ou-mademoiselle-live-blogging.html' title='Madame ou Mademoiselle ? Live blogging sur l&apos;ouverture de la campagne'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>19</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-6967817642100350569</id><published>2011-09-25T17:10:00.000+02:00</published><updated>2011-09-25T17:10:02.984+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><title type='text'>On peut rire de tout...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ee/DesprogesCropped.png/600px-DesprogesCropped.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ee/DesprogesCropped.png/600px-DesprogesCropped.png" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;... mais pas avec tout le monde, disais Desproges. Ouaip, c'est devenu un lieu commun, au point qu'on oublie à quel point c'est pertinent. Ben oui, je ne fais pas de vannes sur les Belges sur Twitter, sachant que des Belges me suivent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne pense pas être une personne qui manque d'humour. Certes, certains humoristes me laissent froide, certes, je n'ai souri qu'une fois devant l'intégrale des Bronzés, ce qui désespère mon entourage. Mais il y a pas mal de sketches, dont certains controversés, qui me font pleurer de rire. Côté cinéma, je peux vous réciter la Cité de la Peur en pétant, à condition bien sûr d'avoir prévu quelques heures auparavant l'alimentation adéquate. J'idolâtre Goscinny, Leslie Nielsen (RIP), Dany Boon et Martin Vidberg (&lt;a href="http://vidberg.blog.lemonde.fr/2010/03/08/journee-des-droits-de-la-femme/" target="_blank"&gt;p'tit plaisir&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;Je ne pense pas non plus qu'il y aie des sujets à ne pas aborder. Franck Dubosc m'a bien fait rire (enfin, les 5 premières fois) avec son "Sandy... Cent dix kilos ?" Il caricature un macho, je me moque des phallocrates avec lui, et ça fait du bien. Je peux rire du sexisme, et j'adore rire des sexistes. Je peux aussi rire des clichés, me moquer des tics féminins ou masculins absurdes, même si des fois je partage ces travers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Quand ça ne me fait pas rire, ça ne veut pas forcément dire que c'est pas drôle : il y en a qui aiment, des fois. Souvent, j'arrive à comprendre l'hilarité des autres sans la partager.&lt;br /&gt;Mais &lt;a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouillage/42-cafouillage/1360-viol-et-humour-sur-twitter" target="_blank"&gt;dans le cas du tweet de @maxime&lt;/a&gt;, non, je ne vois pas ce qu'il peut y avoir de drôle. J'ai bien cherché, pourtant.&lt;br /&gt;Rappelons, pour les lecteurs qui ne cliquent pas sur les liens que je me fatigue à donner (ouh, les vilains !) et pour que les moteurs de recherche arrivent ici, que Maxime, fondateur de Vie De Merde, a sorti "&lt;i&gt;Tristane la seule façon pour qu'elle la ferme c'est la violer&lt;/i&gt;". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cher Maxime, j'aime beaucoup votre création, j'y a perdu des heures à m'esclaffer bêtement, sans méchanceté aucune, devant les mésaventures de nos concitoyens. Je suis admirative de la forme que vous avez conçue pour le site,&amp;nbsp; et ravie la tribune que vous offrez aux dessinateurs. Je ne m'attends pas, néanmoins, à ce que vous soyiez irréprochable ni à ce que tout&amp;nbsp; ce que vous communiquez soit parfaitement pertinent J'aurais toléré une phrase maladroite, de l'humour mal senti, ça arrive à tout le monde. Mais là, franchement, je ne comprends pas comment une personne possédant plus que deux neurones peut oser sortir publiquement sur Twitter une phrase pareille, même sous couvert de l'humour. Il y a donc quelques petites choses qu'il faudrait m'expliquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'abord, pourquoi faudrait-il faire taire Tristane Banon ? Je peux concevoir qu'on ne soit pas intéressé par l'affaire en question, mais dans ce cas, il n'y a qu'à changer de chaine lorsqu'elle parle, comme je le fais quand une personnalité qui me déplait apparait. Mais pourquoi vouloir à toute force la faire taire ? N'a-t-elle pas le droit de s'exprimer autant que n'importe quel crétin sur Twitter (je ne vise personne) ? N'est-il pas important que chacun et chacune puisse porter plainte après une agression présumée sans craindre de représailles ? N'est-il pas important que les femmes victimes d'agression sexuelles puissent s'exprimer et rappeler à quel point l'acte est grave, et encourager les autres victimes à sortir de l'ombre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, si l'accusation de Tristane Banon est imaginaire, ce dont vous, cher Maxime, ne pouvez être certain à moins d'avoir une preuve formelle (auquel cas j'espère que vous témoignerez bien vite), le viol est-il un moyen raisonnable pour faire taire une femme ? Il y a des moyens plus humains, pour cela : une plainte pour diffamation, une amende, la prison. Etes-vous également pour les châtiments corporels envers les enfants et pour la peine de mort ? La torture vous parait-elle acceptable dans certains cas ? Allumez-vous vos cigarettes avec un lance-flammes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, vous vous êtes excusé auprès de ceux "qui l'auraient mal interprété". Admettons. Comment devais-je l'interpréter ?&lt;br /&gt;Est-ce l'incongruité ou l'absurdité de votre saillie qui aurait dû nous faire sourire ? Auquel cas je veux bien vous pardonner une tournure maladroite qui empêche d'apprécier le sel de la phrase. Une casse en règle de ceux qui l'ont prise au premier degré aurait été fine.&lt;br /&gt;Est-ce le comique de répétition ? Avec 75000 viols par an en France, on doit bien admettre qu'il y a une répétition avec une fréquence significative. Cherchiez-vous à dénoncer cela ? Si c'est le cas, de tout coeur, merci, et j'espère que vous continuerez votre combat.&lt;br /&gt;Dans un cas comme dans l'autre, étant donné l'impunité des violeurs en France, je crains qu'il ne faille préciser votre pensée. Comprenez qu'on soit méfiantes et sensibles sur ce sujet, étant donné le nombre de victimes qui vous lisent et la difficulté à se faire entendre. Comprenez notre émotion, qui a été exprimée par &lt;a href="http://aliceswonderverden.blogspot.com/2011/09/merci-max-mais-cest-deja-fait.html" target="_blank"&gt;Alice&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://femininlemporte.blogspot.com/2011/09/maxime-twitter-de-m-et-aux-machos-qui.html" target="_blank"&gt;Emelire&lt;/a&gt; et les &lt;a href="http://angrywomenymous.blogspot.com/2011/09b/sur-twitter-un-appel-violer-tristane.html" target="_blank"&gt;AngryWomenymous.&lt;/a&gt; Bien entendu, parmi vos followers, il y a des personnes qui savent ce qu'est un viol : &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/p/statistiques.html" target="_blank"&gt;6,8% des femmes en subissent un un jour&lt;/a&gt;, faites le compte. On ne peut pas rire du viol avec tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est vrai qu'il n'est pas toujours aisé d'expliquer en quoi l'humour, c'est drôle.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe frameborder="0" height="276" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x9ad8o" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/x9ad8o_guignols-kulunmouton_fun" target="_blank"&gt;Guignols - Kulunmouton&lt;/a&gt; &lt;i&gt;par &lt;a href="http://www.dailymotion.com/Yahren" target="_blank"&gt;Yahren&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Mais on y arrive. Dans le sketch, De Greef fait ça très bien en rappelant que Michael Kael est une caricature des journalistes d'investigation dont on écoute la parole sans la remettre en question, bien qu'il soit possible qu'ils soient des sales cons, des obsédés sexuels, voire des violeurs de moutons. C'est glauque, salé, mais ça ne me gêne pas, j'adore. Même si avec un mouton empaillé et un chapeau, ce serait plus drôle. Pouf, pouf.&lt;br /&gt;Dans votre cas, donc, il devrait vous être possible de nous expliquer en quoi votre tweet était drôle. Sinon, il n'était pas drôle, il était au mieux stupide, et au pire, odieux. C'est donc vous qui devriez vous taire, mais il ne me viendrait pas à l'idée de suggérer un moyen violent pour y parvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-6967817642100350569?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/6967817642100350569/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/on-peut-rire-de-tout.html#comment-form' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/6967817642100350569'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/6967817642100350569'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/on-peut-rire-de-tout.html' title='On peut rire de tout...'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-8540895054894681397</id><published>2011-09-21T13:52:00.001+02:00</published><updated>2011-09-21T13:58:48.356+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Média'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Société'/><title type='text'>Le tabac, c'est tabou...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;... on en viendra tous à bout !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis une ex-fumeuse. A en croire la nouvelle campagne : &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;div class="ebuzzing_box"&gt;&lt;script src="http://www.ebuzzing.com/player_blog/player.php?parametre=484019&amp;amp;vielnk=&amp;amp;afflnk=&amp;amp;clklnk=&amp;amp;shrlnk=" type="text/javascript"&gt;&lt;/script&gt;&lt;a class="wikio-widget-ebmini" href="http://www.ebuzzing.com/"&gt;&lt;/a&gt;&lt;script charset="utf-8" src="http://www.ebuzzing.com/player_blog/js/mini_share.php" type="text/javascript"&gt;&lt;/script&gt;&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;avant, j'étais moche, seule et triste, mais depuis que j'ai arrêté, je suis belle, désirable, au point de trouver quelqu'un qui voudra bien m'engrosser. Et puis après, l'accouchement, c'est comme qui rigole, hein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est Don Draper, la clope à la main, qui l'a faite, cette pub ?&lt;br /&gt;C'est un type qui pense que l'important, pour une femme, c'est d'être belle, de se trouver un mec, et de faire des mômes ?&lt;br /&gt;C'est un type qui n'a jamais arrêté de fumer, en tout cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://futuremediachange.com/wp-content/uploads/2011/06/don-draper-smoking.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="192" src="http://futuremediachange.com/wp-content/uploads/2011/06/don-draper-smoking.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Fumer n'entraîne pas toujours la solitude. J'ai fait des tas de rencontres sympas pendant la pause clope. Mon mari m'a abordée en me demandant du feu. J'ai de super photos de moi en robe de mariée avec une cigarette à la main. Faut arrêter de croire que la clope, c'est pour les looser renfermés. Quand on sort pour fumer (ce qui est bien normal), on rencontre des gens, et s'abriter du vent pour allumer une clope en rigolant, ça crée des liens.&lt;br /&gt;Que fumer rende moche, franchement, on s'en fout. Que ça tue, là, c'est un bon argument. Plutôt que nous prendre pour des cons à nous montrer une meuf dont le visage a la même couleur que son mégot (ce qui me donne juste envie de clamer mon admiration pour ce maquillage si bien appliqué), on pourrait rappeler les effets sur la santé, histoire de bien faire rentrer ça dans le crâne de tout le monde. Le fumeur est quelquefois de mauvaise foi, même vis-à-vis de lui-même, et il croit que le cancer, il passera à côté, ou que bon, c'est qu'une manière comme une autre de mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fumer n'est pas un hobby qu'on pratique pour se rendre intéressant. C'est une addiction.&lt;br /&gt;Une addiction n'est ni une honte, ni une faiblesse. C'est un état de fait qu'on n'a pas à juger. &lt;br /&gt;Une addiction, c'est un truc qui court-circuite le cerveau. Tout ce qui peut, potentiellement, gêner l'assouvissement du manque, est nié, minimisé. On ne s'avoue pas toujours accro, pour éviter une prise de conscience, et on se persuade qu'une clope, c'est pas si grave. On adopte une posture d'une mauvaise foi étonnante. C'est pas pareil pour tout le monde, j'imagine, mais je n'ai jamais vu quelqu'un qui fumait sans dire quelque chose comme :&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.lazig.com/wp-content/uploads/2010/09/FumerTue.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.lazig.com/wp-content/uploads/2010/09/FumerTue.jpg" width="213" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Mes potes me fuient quand je fume ? C'est des cons, ils ne m'acceptent pas comme je suis.&lt;br /&gt;Le cancer ? Faut bien mourir de quelque chose. Et puis c'est qu'une personne sur deux. Et puis il n'y a pas que la clope, qui donne le cancer.&lt;br /&gt;L'interdiction dans les lieux publics ? Allez, sur le quai du RER, à l'air libre, ça gêne qui ?&lt;br /&gt;Ah, mais je sors toujours du restau pour fumer, moi ! Je respecte les autres ! Vous n'allez pas me faire chier pour le nuage de fumée devant la porte !&lt;br /&gt;La suppression des wagons fumeurs ? C'est juste pour nous faire chier. On gênait personne, dans notre wagon !&lt;br /&gt;Les taxes ? C'est juste pour se faire du pognon sur notre dos ! (pas totalement faux, pour le coup)&lt;br /&gt;Les campagnes anti-tabac ? Et l'alcool, c'est encore plus dangereux, pourquoi on ne fait pas plus de campagnes anti-alcool ? Et vous avez pensé aux buralistes, ils vont devenir quoi ?&lt;br /&gt;Et puis je ne fume qu'une fois de temps en temps, c'est rien, chuis pas accro. Oui, bon, je fume même quand j'ai une angine, ça arrache la gueule, mais je ne suis pas accro, je vous jure !&lt;br /&gt;Machin est mort d'un cancer du poumon après avoir fumé 20 ans ? Si ça n'avait pas été ça, ça aurait été autre chose... Et puis il buvait, aussi, ça n'aide pas... &lt;br /&gt;Mais avec leurs conneries, on va fumer où ? Pas dans les bureaux ni dans les restaus, je veux bien, mais là, ça commence à bien faire ! Et avec leurs campagnes à la con, les non-fumeurs se croient permis de se foutre de notre gueule.&lt;br /&gt;Les photos et messages sur les paquets de clope ? Ils m'emmerdent... Je vais acheter un étui à paquet, et puis c'est tout.&lt;br /&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L372xH432/sortir-pour-fumer-22c7a.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L372xH432/sortir-pour-fumer-22c7a.jpg" width="275" /&gt;&lt;/a&gt;J'ai dit tout ça.&lt;br /&gt;Et puis le temps est venu d'arrêter. Un jour, j'ai pris ma décision. C'était pour moi, pas pour faire plaisir aux autres. C'était même pas pour ma santé. Je ne supportais plus d'être perpétuellement en manque (hé oui, j'étais sévèrement accro), et je voulais un bébé. J'ai été soutenue. J'ai été insupportable, mais personne ne me l'a fait remarquer. J'ai fait des malaises qui m'ont convaincue, au plus profond de ma chair, qu'une clope n'a rien d'anodin.&lt;br /&gt;C'était une décision mûrement réfléchie, personnelle, intime, et qui a nécessité, au préalable, une prise de conscience. Ce n'était pas les campagnes anti-tabac qui m'ont fait changer d'avis, au contraire, j'avais plus l'impression d'être agressée par ces campagnes qu'autre chose. Fumer, ça faisait partie de moi, de mon mode de vie. Fumer seule m'offrait des moments d'introspection, de méditation, fumer à plusieurs m'offrait des moments de convivialité. Ce n'était pas que du plaisir, c'était une habitude profondément ancrée. C'était personnel, intime. C'était mon corps, et j'en faisais ce que je voulais.&lt;br /&gt;J'ai arrêté parce que je le voulais, et j'ai tenu parce que j'ai remis en question mes croyances d'accro, grâce à des amis, surtout. Il ne faut pas croire que, les premiers mois passés, on est tranquille. On est accro pour des années, toute la vie peut-être. Comme un buveur abstinent, je me considère comme fumeuse abstinente, et je ne veux pas y retoucher de peur de replonger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contre le tabac, je ne vois que trois actions possibles.&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;La prévention, pour que les jeunes n'y touchent pas, ce qui implique de savoir pourquoi les jeunes commence. Je ne me prononcerai pas là-dessus, mon cas n'a rien de général.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;L'information, pour que les fumeurs sachent précisément ce qu'ils risquent et, mis au pied du mur, ne puissent plus se mentir à eux-mêmes. Arrêteront-ils pour autant ? C'est leur choix. C'est leur corps. C'est leur vie. Chercher à emporter leur décision autrement qu'en faisant appel à leur intelligence est un manque de respect, et ils s'en rendent bien compte. Ca leur sert d'argument pour nourrir leur mauvaise foi, même. Et dire que fumer n'est pas cool, qu'arrêter, c'est classe, soutient l'aspect anodin de la con-sommation de tabac.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Préserver les non-fumeurs en interdisant le clope dans les lieux publics et en punissant sévèrement les contrevenants. Mais il faut aussi informer les non-fumeurs sur le fonctionnement des addictions pour qu'ils cessent d'être agressifs ou condescendants envers les fumeurs. Pour arrêter, le soutien respectueux de l'entourage est essentiel.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une dernière chose, amis publicitaires, si vous me lisez, j'ai horreur qu'on me tutoie dans les pubs, surtout si c'est pour m'asséner une injonction. On n'a pas gardé les cochons ensemble, merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sources des illustrations :&lt;br /&gt;&lt;a href="http://futuremediachange.com/2011/06/is-don-draper-right-on-research/"&gt;Is Don Draper right on research?&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.lazig.com/faq/pourquoi-la-cigarette-electronique-est-deconseillee-aux-non-fumeurs"&gt;La cigarette électronique déconseillée aux non-fumeurs.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/dessin-du-jour/article/sortir-pour-fumer-et-partir-sans-35061"&gt;Sortir fumer et partir sans payer&lt;/a&gt; (je n'y avais jamais pensé, tiens !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-8540895054894681397?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/8540895054894681397/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/le-tabac-cest-tabou.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8540895054894681397'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8540895054894681397'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/le-tabac-cest-tabou.html' title='Le tabac, c&apos;est tabou...'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-8420640132504631216</id><published>2011-09-19T14:22:00.000+02:00</published><updated>2011-09-19T14:22:02.653+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Média'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Faute morale ???</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/57/American_Cocker_Spaniel_portrait..jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="256" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/57/American_Cocker_Spaniel_portrait..jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Je ne m'attendais pas à ce que DSK nous dise "ben ouais, j'ai violé Diallo, je me suis bien marré, j'ai échappé à la justice, et je vous ai bien niqués". Evidemment qu'il allait tout nier au 20h. Evidemment que ça allait être glauque, indécent, voire insupportable à écouter et à regarder pour les plus sensibles d'entre nous. D'ailleurs, j'ai vite zappé sur &lt;i&gt;Hell's Kitchen&lt;/i&gt; (quand Gordon Ramsay balance la sauce à la figure de ses cuistots, il assume, au moins).&lt;br /&gt;Je m'attendais à ce que DSK nie tout en bloc avec un regard de cocker pour apitoyer ceux qui le croient innocent, victime d'un complot, injustement menotté et retenu dans une prison sordide pendant que ses accusatrices se bourraient la gueule au champagne avec les politiciens français bien contents de le voir hors course. Mais ça... non, je n'aurais pas imaginé qu'il nous sortirait des excuses pour une "faute morale", même si son ballet au FMI avant son départ de New York aurait dû me mettre la puce à l'oreille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;L'un des objectifs de ce blog, c'est contribuer à décoder les stéréotypes, voir comment ils s'installent, se reproduisent, s'imbriquent les uns dans les autres, et comprendre comment, à partir de postulats machistes, le système de pensée patriarcal s'est mis en place. Je le fais avec les données que j'ai à ma disposition, sans formation en philosophie ni en sociologie, et mon point de vue candide vaut ce qu'il vaut.&lt;br /&gt;A mon sens, nous sommes tous à la fois victimes du système (même si certaines morflent plus que d'autres) et tous coupables (même si certains sont plus responsables de la situation que d'autres). Je ne souhaite pas imposer un modèle de société qui me plaise personnellement, mais que chacun-e soit conscient de ce qu'il fait, pour faire ses choix en connaissance de cause.&lt;br /&gt;Pour cela, il faut chercher à comprendre les mécanismes du sexisme.&lt;br /&gt;Et là, j'ai rien compris du tout. Soit DSK a foiré sa com', soit ma vision du système sexiste est incomplète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors c'est quoi, cette "faute morale" ?&lt;br /&gt;Il n'y a pas à tergiverser, soit il y a eu viol, soit il y a eu relation sexuelle consentie (en 9 minutes... vachement plausible... mais bon... admettons...).&lt;br /&gt;Dans le premier cas, comme je le disais au début de ce billet, il est clair que le bonhomme ne va pas le dire. Il ne va pas s'excuser d'avoir fait quoi que ce soit, ni admettre une faute. Et s'il n'a pas la conscience tranquille, il n'a pas à s'excuser pour une faute, mais à se rendre pour assumer la peine consécutive à un crime. Une faute, c'est un truc qui fait perdre un point au tennis ou au permis. Un crime, ça mène à la prison.&lt;br /&gt;Dans le second cas, il n'y a pas de mal à se faire plaisir mutuellement, et ça ne nous regarde pas. Les commentateurs ont été tellement fiers de rappeler qu'en France, la sexualité des politiques était de l'ordre du privé !&amp;nbsp; (même si, pour certains, cela sous-entendait peut-être "&lt;a href="http://www.labarbelabarbe.org/La_Barbe/Actions/Entries/2011/9/17_DSK_sur_TF1_le_18_septembre.html" target="_blank"&gt;laissez-nous violer en paix&lt;/a&gt;") S'il doit y avoir des excuses, c'est entre époux que ça doit se faire, pas au 20h (à la limite sur l'Ile de la Tentation, ça pourrait passer). Je me contrefous de savoir qui couche avec qui dans la sphère politique (quoique, je suis un peu voyeure, mais cela n'influencerait pas mon vote). Il n'y a pas de honte à avoir, et si on range son honneur dans son slip (ou celui de sa femme, de sa sœur...) faut pas s'étonner qu'il ressorte un peu humide et froissé.&lt;br /&gt;Peut-être que je n'ai pas encore assez pris de recul, mais cette "faute morale", je ne vois pas ce que ça peut être dans l'esprit de DSK, qu'il soit coupable ou innocent. Je me demande si c'est bien clair dans sa tête, d'ailleurs. Hier soir, j'ai cru voir un mauvais acteur qui ne comprenait pas le rôle qu'il jouait mais appliquait consciencieusement les consignes de son avocat-metteur en scène. Vite, ma zapette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette histoire, tout le monde s'est fait baiser.&lt;br /&gt;S'il est  coupable, il ne sera jamais puni pour son crime, sa victime ne sera  jamais reconnue comme telle et on continuera à questionner les victimes présumées au lieu de questionner les agresseurs présumés.&lt;br /&gt;S'il ne l'est pas, il paiera toute sa vie  pour une faute qu'il n'a pas commise, car un doute subsistera toujours,  doute qui plombera ses chances à chaque élection.&lt;br /&gt;Et nous, dans tout ça ? On entend des gens chouiner sur les conséquences économiques et politiques de cette situation, mais les victimes de viol et d'agression sexuelle, on ne les entend pas mieux. C'était pas faute d'essayer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, moi je sais pour qui je vote. A la présidentielle, je ne sais pas, mais dans &lt;i&gt;Hell's Kitchen&lt;/i&gt;, j'ai déjà mon chouchou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : j'avais plein de projets de billets pour expliquer mon absence de ces derniers jours... Je voulais parler de mon difficile recrutement au poste après lequel je courrais depuis des années, de mon expérience de femme scientifique en job précaire, de mon intégration en tant que femme féministe dans un laboratoire où je vais rester de longues années... mais je n'ai pas réussi à pondre un billet intéressant à partir de tout ça. Peut-être que, même si ces événements occupent mon esprit, ça ne mérite pas un message. C'est pas facile de prendre du recul et de faire la part des choses quand on est un peu chamboulée intérieurement.&lt;br /&gt;J'espère que mes nouvelles fonctions ne m'accapareront pas. Ce blog me tient à cœur ; sans avoir l'opportunité d'écrire et sans les messages pour la plupart sympathiques de mes lecteurs, je n'aurais peut-être pas aussi bien tenu le coup ces dernières années. En attendant, je continue à lire les blogs des copines et à parcourir &lt;a href="http://www.hellocoton.fr/mapage/kalista11" target="_blank"&gt;Hellocoton&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://twitter.com/#%21/Kalista11" target="_blank"&gt;Twitter &lt;/a&gt;et &lt;a href="https://www.facebook.com/KalistaJNB" target="_blank"&gt;Facebook &lt;/a&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-8420640132504631216?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/8420640132504631216/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/faute-morale.html#comment-form' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8420640132504631216'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8420640132504631216'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/faute-morale.html' title='Faute morale ???'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-8363295073508285123</id><published>2011-09-08T10:45:00.001+02:00</published><updated>2011-09-08T21:50:01.170+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Les harpies</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/32/William-Adolphe_Bouguereau_%281825-1905%29_-_The_Remorse_of_Orestes_%281862%29.jpg/679px-William-Adolphe_Bouguereau_%281825-1905%29_-_The_Remorse_of_Orestes_%281862%29.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="282" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/32/William-Adolphe_Bouguereau_%281825-1905%29_-_The_Remorse_of_Orestes_%281862%29.jpg/679px-William-Adolphe_Bouguereau_%281825-1905%29_-_The_Remorse_of_Orestes_%281862%29.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;On les appelle des fois les féministes &lt;i&gt;radicales&lt;/i&gt;. Des fois, les féministes &lt;i&gt;victimaires&lt;/i&gt; (ça fait toujours savant, les néologisme). Ou plus simplement, les féministes &lt;i&gt;extrémistes&lt;/i&gt;. Pour certaines personnes, par ignorance ou par pure mauvaise foi, elles sont &lt;i&gt;les féministes&lt;/i&gt;, tout simplement.&lt;br /&gt;Ce sont des &lt;i&gt;castratrices&lt;/i&gt;. Elles voudraient dominer les hommes. Elles voudraient les priver de leurs enfants. Elles les voient &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt;  comme des monstres. Elles ne perdent jamais une occasion de salir les  hommes. DSK serait leur dernière victime : bafouant la présomption  d'innocence, elles auraient profité de la situation pour lui faire  expier une faute incombant, dans leur délire, à l'ensemble des hommes.  Mères indignes, elles élèvent leurs enfants dans la haine et la peur, ou  au contraire dans un amour étouffant. &lt;br /&gt;On les compare aux Harpies, car elles harcèlent les hommes, ou les Érinyes, parce qu'elles cherchent avec acharnement la vengeance. Elles trimballent, scotché à leurs godasses, tout le bestiaire monstrueux des Grecs, de la Gorgone au regard pétrifiant à Lamia la dévoreuse d'enfants. Elles sont la fureur à face humaine, elles sont l'allégorie. On les craint, on les montre du doigt. On dit aux petites filles : voilà à quoi tu ressembleras si tu sors du rang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/refusons-lanti-feministe-mensonger.html" target="_blank"&gt;J'ai déjà relevé par ailleurs&lt;/a&gt; qu'on serait bien en peine de citer le nom d'une d'entre elles. Médiatiquement, elles ont quelque chose du dahu : on en parle souvent, mais personne ne les a vues. On envoie les pigistes à la chasse pendant la saison des marronniers et, bredouilles, ils racontent, pour ne pas perdre la face, des ramassis de lieux communs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est pas très difficile de les trouver, ces lieux communs. Ces femmes existent, du moins anonymement : le pigiste n'a qu'à aller discuter avec Tata Gertrude ou la femme du boucher. On a tous croisé certaines d'entre elles à un moment ou à un autre. On a tous entendu une femme dire "moi, je suis féministe, parce que les hommes sont des salauds" ou "moi, je suis féministe, parce que les femmes valent mieux que les hommes". On ne les voit pas à la télévision, elles n'écrivent pas de livres et, si elles sévissent sur la toile, leur Klout ne vole pas très haut.&lt;br /&gt;Qui sont-elles ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/00/Draper-Lamia.jpg/320px-Draper-Lamia.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/00/Draper-Lamia.jpg/320px-Draper-Lamia.jpg" width="170" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Le stéréotype engendre le stéréotype. Brisées par les efforts surhumains qu'elles ont accomplis pour entre dans des cases trop petites pour elles (tout le monde n'est pas &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/qui-suis-je.html" target="_blank"&gt;Batman&lt;/a&gt;), punies par leurs pairs pour leur échec, châtiées&amp;nbsp; pour avoir voulu vivre leur vie comme elles l'entendaient ou, au contraire, laminées par le sexisme qui tire profit des femmes qui ont consciencieusement intériorisé les stéréotypes, méprisées car pas assez jolies, frustrées par des carrières au ralenti, exploitées au foyer, violentées, violées, la douleur les étouffe et la haine envahit ces femmes.&lt;br /&gt;Elles ont pris conscience des inégalités sociales liées au sexe mais, inconscientes de l'origine des stéréotypes, elles se trompent de combat. Fuyant les cases "maman" et "putain", elles ont trouvé dans les médias un rôle sur mesure : celui de la féministe extrémiste. Toutes n'assument pas, d'ailleurs, cette appellation, mais toutes adoptent le comportement stéréotypé de la femme aigrie, bouffée par la haine, la jalousie, et les regrets. &lt;br /&gt;L'essentialisme a posé dans notre société comme principe un homme fort, conquérant, et une femme faible et douce ; le fort devant protéger le faible, la force étant valorisée, les inégalités sont le corollaire de l'essentialisme. Le féminisme remet en question les épithètes accolées aux hommes et femmes, et le rapport de forces est par conséquent caduc. Les femmes dont nous parlons ne vont pas si loin : elles ne remettent pas en cause l'essence des deux sexes, mais la valorisation de la force. Le force est, pour elles, méprisable, et la douceur est une qualité supérieure. Les hommes étant, dans cette conception de l'humanité, tous forts, ils sont tous méprisables, tandis que les femmes, toutes naturellement douces, sont des anges injustement brimés. Elles font non seulement perdurer les rôles sociaux, mais, en plus, elles tentent, en vain, d'en profiter à leur avantage. *Elles ont souffert parce qu'elles sont des femmes, et en retour, elles haïssent tous les hommes parce qu'ils sont des hommes.&lt;br /&gt;Elles ne connaissent pas le féminisme, elles n'ont même pas idée qu'il existe quelque chose au-delà d'une dénomination stéréotypée, *puisque personne ne leur a permis de le savoir. Elles ne sont pas, à proprement parler, féministes. *Je ne peux concevoir que la promotion d'une essence féminine et le retournement du rapport de forces soit un courant féministe. Ces femmes ne luttent pas pour l'égalité des sexes, mais pour leur propre survie ; *elles ne luttent pas, d'ailleurs, elles se laissent couler dans un moule qui leur permet des saillies verbales agressives voire insultantes pour la gent masculine. Elles ne voient pas un schéma social global, mais leur propre misère. Détruites par le sexisme, elles le nourrissent en croyant le combattre.&lt;br /&gt;**Sont-elles à blâmer ? Bien sûr que non. Il faut blâmer leurs agresseurs, leurs violeurs, les patrons qui les ont harcelées, sous-payées,&amp;nbsp; les maris qui les ont battues, humiliées, au point de leur interdire toute prise de recul sur leur condition.&amp;nbsp; Il faut blâmer la pensée qu'on nous a inculquée et qui&amp;nbsp; empêche d'envisager les&amp;nbsp; relations humaines sans rapport de forces. On se moque des "aigries", on les stigmatise, mais si elles peuvent faire souffrir leur entourage, elles sont plutôt à plaindre et la moindre des choses serait de leur tendre la main. Il faut blâmer, aussi, la mauvaise foi de ceux qui se servent de leur douleur pour décrédibiliser le féminisme. Il faut blâmer, enfin, ceux qui essairaient de nous faire croire que ces quelques femmes ont sur la société une influence comparable à celle des phallocrates, et que les conséquences de leur colère sont comparables aux effets du machisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dit qu'elles font du mal au féminisme. Il est vrai que, lorsqu'on rencontre une d'entre elles, on en ressort avec une piètre opinion du féminisme. Mais elles ne sont qu'un maillon de la chaîne : un cliché féminin de plus, un rôle proposé à celles qui ne veulent être ni nymphes ni déesses-mères, des victimes qui ont, au moins, le mérite d'avoir compris qu'il n'y avait rien de normal à être écrasée. Elles sont tombées dans le piège de l'image du féminisme, par une malchanceuse ignorance, ou par incapacité à voir plus loin que leur peine. &lt;br /&gt;Finalement, ce qui fait le plus de mal au féminisme, c'est les glands qui les présentent comme féministes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Edit : les phrases précédées d'une * et le paragraphe précédé d'un ** ont été ajoutées.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Illustrations&lt;/i&gt; :&lt;br /&gt;William-Adolphe Bouguereau, &lt;i&gt;Les Remords d'Oreste (&lt;/i&gt;1862)&lt;br /&gt;Herbert James Draper, &lt;i&gt;Lamia&lt;/i&gt; (1909). Elle a l'air sympa, mais elle bouffe les enfants, quand même.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-8363295073508285123?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/8363295073508285123/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/les-harpies.html#comment-form' title='18 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8363295073508285123'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8363295073508285123'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/les-harpies.html' title='Les harpies'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>18</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-8363639842600958156</id><published>2011-09-02T20:22:00.002+02:00</published><updated>2011-09-02T21:00:10.534+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Famille'/><title type='text'>Ces petites femmes</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/83/Pietro_Antonio_Rotari_%28workshop%29_Sewing_girl.jpg/521px-Pietro_Antonio_Rotari_%28workshop%29_Sewing_girl.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/83/Pietro_Antonio_Rotari_%28workshop%29_Sewing_girl.jpg/521px-Pietro_Antonio_Rotari_%28workshop%29_Sewing_girl.jpg" width="278" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;La colère gronde sur le net : &lt;a href="http://www.madmoizelle.com/mode-enfant-sexualisation-55294" target="_blank"&gt;la mode tente de faire de nos petites filles des objets sexuels&lt;/a&gt;. Sans aucune ironie ni arrière-pensée, je dois dire que ça me bouleverse et ça m'écoeure. Je ne comprends même pas que ce soit possible.&lt;br /&gt;La colère passée, je me suis demandée pourquoi la nausée&amp;nbsp; subsistait après avoir constaté l'indignation quasi générale soulevée par ces images. J'aurais dû être contente, être un peu calmée. Avoir retwitté les articles qui dévoilent le scandale pour contribuer à faire prendre conscience à tout le monde aurait dû me soulager. Mais non. Alors il faut que je vous raconte ce qui me passe par la tête. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Présenter les enfants comme des objets sexuels, c'est une horreur. Ca donne du grain à moudre aux pédophiles, ce qui est un argument suffisant pour coller des baffes aux (ir)responsables de ce désastre. Mais la question qui va inévitablement venir est : à partir de quel âge la représentation d'un être humain de sexe féminin passe de monstrueuse à normale, voire esthétique, artistique ? Par quelle magie la sexualisation des corps exhibés passe-t-elle, selon l'âge de la personne, d'ignoble à anodine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9e/Joaqu%C3%ADn_Sorolla_001.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9e/Joaqu%C3%ADn_Sorolla_001.jpg" width="308" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Cette dérive monstrueuse dont sont victimes les petites filles est  contemporaine d'un phénomène qu'on commence seulement à identifier : &lt;a href="http://www.huffingtonpost.com/shannon-kelley/post_2305_b_926159.html"&gt;la "pornification" des femmes dans les magazines&lt;/a&gt;. Les femmes sont passivement représentées &lt;a href="http://blog.plafonddeverre.fr/post/Poses"&gt;dans des poses suggestives jusqu'au ridicule&lt;/a&gt;. Est-ce un hasard du calendrier ou y at-til un lien ? Je penche pour la seconde réponse.&lt;br /&gt;A partir du moment où présenter une femme comme un objet sexuel est normal, commun, où ces images forment la majorité des représentations de notre sexe dans les médias, comment représenter une enfant ? Les images où les petites filles sont "comme les grandes" sont légions : catalogues de fringues, catalogues de jouets... Les petites filles veulent faire comme leurs mamans, c'est pas nouveau. Elles veulent apprendre à imiter ses gestes, elles veulent recevoir la considération, l'estime et la confiance qu'on accorde à l'adulte. Certains parents trouvent adorables les enfants grimés en adultes, comme une caricature d'eux-mêmes. Si l'on n'est plus choqué par les représentations des adultes, il ne faut pas s'étonner que cela rejaillisse sur les représentations des enfants. &lt;br /&gt;On dit que ces images encouragent les pédophiles. Elles présentent les enfants comme des objets sexuels, des objets que l'on peut manipuler à son aise. C'est aussi exactement ce que les médias proposent comme image des femmes adultes depuis des décennies. Vouer aux gémonies ceux qui proposent ces images est nécessaire, mais pas suffisant : d'autres les remplaceront si on ne lutte pas pour résoudre le problème qui est à la source du phénomène. Et ce problème, c'est le sexisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ed/William-Adolphe_Bouguereau_%281825-1905%29_-_T%C3%AAte_d%27Etude_l%27Oiseau_%281867%29.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ed/William-Adolphe_Bouguereau_%281825-1905%29_-_T%C3%AAte_d%27Etude_l%27Oiseau_%281867%29.jpg" width="254" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;C'est même une violence sexiste uniquement dirigée contre le sexe féminin : on ne voit pas, que je sache, de petits garçons présentés commes de conquérants ou des séducteurs, chemise ouverte sur un torse glabre. Et ça me met dans une colère noire de ne voir personne faire le lien. On forme déjà les petites filles à devenir de bonnes petites mamans, &lt;a href="http://anaismisfits.canalblog.com/archives/2011/08/15/21799212.html"&gt;si possible allaitantes&lt;/a&gt;, gentilles, sages, décoratives, alors pourquoi, si le sexe est désacralisé au point de perdre tout caractère spécifique, ne pas leur apprendre à devenir des objets sexuels ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evidemment, les petites filles sont innocentes. Elles font ce que leurs parents disent de faire, confiantes. On leur dit de poser, elles posent. On leur dit qu'avec ces fringues elles seront toutes mimis, elles les portent. Elles ne sont pas conscientes de l'impact que les images peuvent avoir, sur elles-mêmes comme sur les autres.&lt;br /&gt;Les adultes qui posent sont libres de le faire. Libres de tortiller du cul, libres de poser à poil, &lt;a href="http://www.sexactu.com/2011/08/27/le-strip-tease-peut-il-etre-feministe/"&gt;libres de faire du strip-tease&lt;/a&gt;.  Je ne leur nie pas cette liberté. Mais combien le font en connaissance  de cause, en connaissant la douleur qui peut être associée aux  représentations qu'elles promeuvent ? Ont-elles réfléchi à l'image des femmes, à la féminité, aux arguments fallacieux qui sont utilisés par les agresseurs ?&lt;br /&gt;Je ne dis évidemment pas qu'il faut bannir toute représentation d'une femme adulte qui pourrait, de près ou de loin, ressembler à une objetisation. Je dis juste qu'il faut le faire en connaissance de cause. Sinon, c'est la société entière qui paye pour les erreurs de quelques-uns. Et les enfants le payent bien plus cher que les adultes.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Illustrations&lt;/i&gt; :&lt;br /&gt;&lt;span class="nickname"&gt;Pietro Rotari, &lt;i&gt;Sewing Girl&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fn" id="creator"&gt;Joaquín Sorolla y Bastida, &lt;/span&gt;&lt;span class="fn"&gt;&lt;i&gt;Menina&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fn" id="creator"&gt;William-Adolphe Bouguereau, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="description"&gt;Tête d'Etude l'Oiseau&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="nickname"&gt; &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-8363639842600958156?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/8363639842600958156/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/ces-petites-femmes.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8363639842600958156'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8363639842600958156'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/09/ces-petites-femmes.html' title='Ces petites femmes'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-7990747386678000443</id><published>2011-08-23T10:12:00.003+02:00</published><updated>2011-12-14T10:53:12.487+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Ce qu'on m'a appris sur les hommes</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://mimiche59.m.i.pic.centerblog.net/yevn9l98.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="199" src="http://mimiche59.m.i.pic.centerblog.net/yevn9l98.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Il parait que les filles, quand elles sont entre elles, sont "pires que les hommes". Les filles entre elles, ça fait un peu fantasmer les hommes, ça les dégoûte un peu aussi. Plus vulgaires, plus directes, leurs discours seraient plus francs, plus intimes. Libérées du désir de plaire, elles se lâcheraient.&lt;br /&gt;Je n'ai jamais été dans ce genre de discussions. Les rares fois où j'ai eu des échos sur la sexualité de mes connaissances, c'était plutôt des plaintes gênées. En outre, jamais je n'ai pu dire de gros mots sans soulever l'indignation. Je n'ai jamais partagé de moments intimes, câlins, ou coquins avec mes copines. Par contre, je me suis souvent trouvé dans des discussions où les femmes se plaignaient des hommes.&lt;br /&gt;Messieurs qui rêvez de discussions débridées où nous célèbrerions vos performances sexuelles, déchantez. Voilà ce que j'ai entendu, voilà comment on vous voit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;D'abord, les hommes sont &lt;b&gt;tous&lt;/b&gt; les mêmes. Tous, sans exception. Leur comportement peut varier en surface, selon l'éducation qu'ils ont reçue, mais au fond, ils fonctionnent tous de la même manière. Quand une femme pense être tombée sur la perle rare, celui qui est spécial, il y aura toujours un moment où, déçue, elle réalisera qu'il ne l'est pas tant que ça, et elle trouvera une copine pour lui dire, en soupirant : "c'est les hommes !".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/db/Pig_USDA01c0116.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/db/Pig_USDA01c0116.jpg" width="232" /&gt;&lt;/a&gt;Tous les hommes, donc, présentent une caractéristique aisée à appréhender : ils ont tous besoin de fourrer leur bite fréquemment dans un trou joliment orné. Ils sont tous des &lt;b&gt;obsédés sexuels&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt;Fréquemment signifie que, s'il n'est pas satisfait par sa compagne, il ira forcément chercher ailleurs. En cas de tromperie, c'est forcément parce qu'il n'avait pas ce qu'il voulait à la maison : ce n'est pas qu'ils sont volages, c'est qu'ils ont des besoins, comme les animaux. Je dirai plus loin qu'ils sont insensibles, donc la satisfaction de leur besoin passe, chez eux, avant le désir de ne pas faire souffrir leur compagne. Les épouses sont donc perpétuellement en danger d'être trompées, et pour éviter cela, elles écartent les jambes, quitte à finir dégoûtées du sexe. Sinon, ben elles ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes. &lt;br /&gt;Quand ils voient une jolie femme, le désir les rend stupides. Ils sont donc faciles à manipuler mais, revers de la médaille, volages. Un pétasse bien gaulée peut aisément vous piquer votre mec, et d'ailleurs, puisque c'est dans sa nature, à lui, d'être un neuneu devant un décolleté, c'est pas lui qu'il faut blâmer, mais cette salope.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/01/Parmoexperience.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/01/Parmoexperience.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Ce sont, en plus, des &lt;b&gt;goinfres.&lt;/b&gt; On peut également les satisfaire en leur cuisinant des plats nourrissants en quantité raisonnable. Pas besoin, sauf pour quelques types d'esthètes un peu vantards, d'introduire des saveurs subtiles ni d'employer des moyens de cuisson compliqués : les choses simples et agréables suffisent, du moment que l'estomac est plein et que l'instinct du prédateur recherchant le sucre et le gras est satisfait. Ils ne peuvent pas apprécier la finesse d'une salade aux crevettes safranées et il vaut mieux leur servir des frites avec un bon steak (avec une sauce à l'échalotte qui leur donnera une excuser pour se bourrer de pain). Leurs besoins physiques les obnubilent et les empêchent d'apprécier les choses délicates. &lt;br /&gt;Ils sont, sauf quelques tapettes vantardes, &lt;b&gt;rustres&lt;/b&gt; dans leurs manières. La classe, la politesse, la douceur, leur sont étrangers. Ce n'est pas de leur faute, il sont &lt;b&gt;insensibles&lt;/b&gt;. Ils se fichent de l'effet qu'ils produisent sur les autres (sauf lorsqu'ils provoquent des rires ou autres réactions qui les mettent en valeur), ils sont indifférents au mal qu'ils peuvent faire.Ils sont indifférents aux sentiments en général. Ce n'est pas qu'ils ressentent rien, c'est qu'ils sont incapable de s'y laisser aller : ils fuent lâchement les sentiments et les complications qu'ils engendrent. Du coup, à la télé ou au cinoche, pas de films d'amour, pas de drames : il leur faut des explosions, des course-poursuites, des corps déchiquetés, du rire gras et des filles à poil, sinon ils ne ressentent rien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est moche, la violence à la télé, mais eux, ça leur plait. Au fond, ils sont tous un peu &lt;b&gt;violents&lt;/b&gt;. Il faut se méfier d'eux, la baffe peut toujours partir, le coup de bite un peu trop rude peut toujours arriver. Et puis les prédateurs rôdent dans les rues... La violence des hommes peut être pratique quand il s'agit de vous défendre, mais quand elle vous retombe dessus...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://simpson-sprigfield.allmyblog.com/images/simpson-sprigfield/simpson-sprigfield_20070613_201918.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://simpson-sprigfield.allmyblog.com/images/simpson-sprigfield/simpson-sprigfield_20070613_201918.jpg" width="317" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;L'insensibilité ajoutés à l'appétit de violence en fait des personnes peu fiables. A vrai dire, ils sont &lt;b&gt;irresponsables&lt;/b&gt; en ce qui concerne les choses qui comptent vraiment : la maison, les gosses. Ils ne réfléchissent pas, quand il s'agit de ces choses-là. A la maison, ils n'ont aucun sens de l'organisation. De toute manière, ça ne les intéresse pas. Faut rien leur confier, faut tout faire soi-même, sinon bonjour la catastrophe.&lt;br /&gt;Nuls pour prendre soin de leur logis et de leurs proches, ils sont aussi nuls pour prendre soin d'eux-mêmes. Ils sont &lt;b&gt;sales&lt;/b&gt;. Ils dégueulassent la maison sans faire gaffe, et leur hygiène corporelle peut être douteuse. Ils aiment rester dans leur propre puanteur.&lt;br /&gt;En fait, ils ne cherchent pas à plaire, ils ne cherchent pas à être beaux, agréables. C'est peine perdue : un homme, c'est &lt;b&gt;moche&lt;/b&gt;. Autant une femme, c'est joli (la preuve, les publicitaires en mettent partout pour décorer les rues), autant un homme, c'est laid. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes sont &lt;b&gt;orgueilleux&lt;/b&gt;, aussi. Pas en ce qui concerne leur physique, mais surtout en ce qui concerne leur force et leur habileté. Faut surtout pas qu'ils croient qu'on les prend pour des chochottes, ou des blaireaux. Faut surtout pas essayer de bricoler ou de dépanner la voiture : imaginez, si on y arrivait mieux qu'eux, ils seraient malheureux, ils se sentiraient menacés...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Edit : Je ne peux pas éviter de vous transmettre la réaction de mon époux à la lecture de ce post.&lt;br /&gt;"Je ne pense pas qu'à baiser et à bouffer, moi !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;- Ménon mon amour, je sais bien, c'était juste...&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;- Je pense à picoler, aussi, des fois !"&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Pardon mon ange pour avoir oublié cet aspect incontournable de ta personnalité qui, j'en suis sûre, est partagé par de nombreux hommes !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc voilà, si on récapitule, les hommes sont des obsédés sexuels, rustres, goinfres, irresponsables, lâches, violents, insensibles, sales, puants, orgueilleux. Sympa, hein ?&lt;br /&gt;Tous les aspects de la virilité qui rendent les phallocrates fiers sont aussi perçus ainsi par les femmes. Vous allez me dire qu'on se contrefout de l'avis de quelques greluches aigries. Toutes les femmes ne voient pas tous les hommes comme ça. Pourtant, cette vision est bien présente, bien ancrée dans l'esprit des femmes, et les petites filles reçoivent le message. On parle souvent de l'image des femmes, des stéréotypes qui nous empêchent d'avancer, mais l'image des hommes est aussi très handicapante, ne serait-ce que pour avoir le droit de s'épanouir avec ses enfants. &lt;br /&gt;C'est du sexisme. Ce sexisme-là ne tue pas autant que le machisme, mais il est bien là. Je me demande comment les hommes machos, si fiers de leur virilité, supportent d'être considérés comme des animaux par celles qu'ils méprisent tant. Je comprends, sans trouver juste, qu'un homme puisse soutenir le système sexiste s'il s'y sent en situation de supériorité, s'il se sent admiré, si le système flatte son orgueil. Mais il faut bien ouvrir les yeux : dans ce système, l'homme n'est qu'un porc, il n'y a pas de quoi être fier. "Les hommes, les vrais" sont redoutés et méprisés ; ils ne sont tolérés que parce que les femmes croient ne pas avoir le choix.&lt;br /&gt;On blâme le féminisme qui ferait de tous les hommes des agresseurs potentiels. C'est pourtant le système sexiste qui enferme les hommes ce rôle, en les présentant, tous, comme des bites sur pattes incapables de se contrôler, insensibles et irresponsables. C'est bien pratique pour violer des femmes de chambre en toute impunité, mais pas pour avoir une vraie relation constructive, basée sur la confiance et le respect, avec un autre être humain. Alors, merde, les mecs, si vous avez un peu d'estime de vous-même, arrêtez de vous accrocher &lt;a href="http://www.rue89.com/2011/08/22/au-secours-le-figaro-mag-veut-sauver-les-garcons-218732" target="_blank"&gt;à l'idée que votre pénis vous rend forts&lt;/a&gt; comme un bulot à son rocher. Ca ne vous rend pas plus désirable aux yeux des femmes. Battez-vous pour le droit d'être vous-mêmes, et pas un gorille croisé avec un porc.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-7990747386678000443?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/7990747386678000443/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/ce-quon-ma-appris-sur-les-hommes.html#comment-form' title='24 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7990747386678000443'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7990747386678000443'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/ce-quon-ma-appris-sur-les-hommes.html' title='Ce qu&apos;on m&apos;a appris sur les hommes'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>24</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-571833387246547187</id><published>2011-08-18T10:51:00.003+02:00</published><updated>2011-08-21T22:56:38.662+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Cinéma'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Les films incorrects</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voilà que je suis tagguée pour la deuxième fois, &lt;a href="http://blog.plafonddeverre.fr/post/3-films-politiquement-corrects" target="_blank"&gt;par Olympe&lt;/a&gt;. Continuez, j'adore, ça me donne l'impression que je compte, dans la blogosphère !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois, il s'agit de donner trois films qui vont à l'encontre de mes convictions mais que j'aime bien quand même. C'est du moins comme ça que j'interprète la chose...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si ce n'est pas difficile de trouver des films sexistes, ma culture ciné est vachement réduite ; elle est composée majoritairement de films pour enfants. Je ne vais pas reparler des films que j'ai déjà cités sur le blog (&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/cest-toi-lchampion-gaston.html" target="_blank"&gt;La Belle et la Bête&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/04/top-cheffe.html" target="_blank"&gt;Ratatouille&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2010/12/la-princesse-et-la-grenouille.html" target="_blank"&gt;La Princesse et la Grenouille&lt;/a&gt;). Je ne vais pas faire semblant de connaître des films confidentiels, alors faut assumer : ma réponse au tag sera spécial Disney et Pixar. Après tout, c'est ce qui contribue à formatter les mômes. Je tente aussi de rester sur les films relativement récents, puisqu'on peut toujours dire des films plus anciens que c'est "d'un autre âge". Exit donc Cendrillon et Blanche-Neige qui seraient tous de même des bons clients.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;En number one, un Pixar oscarisé, &lt;i&gt;Là-Haut&lt;/i&gt;. C'est beau, c'est poétique, c'est plein de fantaisie et d'humour, j'adore. Je ne vais pas trop parler de l'histoire : elle est pleine de surprises que je préfère préserver pour ceux qui ne l'ont pas vu. Disons simplement que, en gros, c'est l'histoire d'une amitié entre un pépé acariâtre (doublé en français par Charles Aznavour) et un gamin naïf.&lt;br /&gt;Dans ce film, il n'y a pas de personnage féminin caricatural, pas de femme-objet, pas de ménagère roucoulante, pas de princesse en mal de mariage, alors de quoi te plains-tu, vilaine féministe qui cherche la petite bête ? La réponse est presque dans la question : il n'y a pour ainsi dire pas de personnage féminin. La seule femme du film est Ellie. Amatrice d'aventure, travailleuse, Ellie me plait. Mais voilà, elle meurt dès les première minutes du film. Ellie, dans &lt;i&gt;Là-Haut&lt;/i&gt;, c'est une muse, un symbole, un principe. C'est une ficelle que les scénaristes emploient pour faire chialer et pour étayer le scénario, pas un personnage à part entière. Elle incarne l'aventure, le rêve, mais elle ne fait rien. Elle est tellement déshumanisée que le gamin croit un instant que Ellie, c'est le nom de la maison.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="345" src="http://www.youtube.com/embed/ZUk1EYhlN_M" width="420"&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En number two, &lt;i&gt;Le Roi Lion&lt;/i&gt; avec ses belles images et sa super musique.&lt;br /&gt;Vous me direz, c'est pas la faute du scénaristes si les lions sont phallocrates ! Mais alors, pourquoi avoir choisi de dépeindre des lions en glorifiant leur force ? Pourquoi ne pas avoir choisi de présenter des personnages qui remettent en cause cet ordre social ? Dans &lt;i&gt;Le Roi Lion&lt;/i&gt;, la domination des mâles sur les femelles est naturel, et le film fait tout pour que les enfant s'identifient aux personnages. Quelle conclusion en tireront-ils ?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;iframe frameborder="0" height="360" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x3dbpz" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En number three (merci Dora de m'avoir appris à compter en anglais !), &lt;i&gt;Aladdin&lt;/i&gt;. C'était un de mes Disney préférés quand j'étais môme, je le connaissais par coeur. Je suis fan du Génie !&lt;br /&gt;Je suis beaucoup moins fan de Jasmine. Quelle nouille ! Elle n'est même pas foutue de faire les courses ! OK, elle refuse d'épouser n'importe qui. Mais plutôt que de chercher un prince sympa qui deviendra sultan en l'épousant, elle ferait mieux de se former au gouvernement, si elle ne veut pas se marier avec un boulet.&lt;br /&gt;Allez, à la fin, elle fait preuve de courage en aidant Aladdin à défaire Jafar. C'est le moyen employé qui, enfant, m'a franchement mise mal à l'aise : elle lui roule un palot pour le distraire. Elle n'a vraiment pas d'autre moyen que jouer de ses charmes, pour lutter ? Elle ne peut pas se servir de sa tête au lieu de rouler des hanches ?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="345" src="http://www.youtube.com/embed/F6MpuYiIKlU" width="420"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Grâce à Disney, j'ai appris, quand j'étais petite, qu'il était naturel que je me soumette au mâle et que je lui fasse les courses. J'ai aussi appris que je ne pouvais pas gouverner par moi-même et qu'user de mes charmes était le seul moyen de lutter. Aujourd'hui, Pixar apprend à mon fils qu'une épouse est une source d'inspiration et que l'aventure se vit entre hommes. Heureusement qu'il y a Mulan pour apprendre aux enfant qu'on peut être brave et intelligent même sans pénis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je serais curieuse de voir quels films &lt;a href="http://entrees-en-lice.over-blog.com/" target="_blank"&gt;Gabrielle&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.working-mama.fr/" target="_blank"&gt;Working-Mama&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://antisexisme.wordpress.com/" target="_blank"&gt;antisexisme&lt;/a&gt; choisiront...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-571833387246547187?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/571833387246547187/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/les-films-incorrects.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/571833387246547187'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/571833387246547187'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/les-films-incorrects.html' title='Les films incorrects'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/ZUk1EYhlN_M/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-5691522524269339491</id><published>2011-08-17T15:28:00.004+02:00</published><updated>2011-08-21T22:57:27.606+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Voyages'/><title type='text'>Voyage au Vietnam - 5. Expériences gustatives</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-1-hanoi.html" target="_blank"&gt;Lien vers la première partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-2-sapa.html" target="_blank"&gt;Lien vers la deuxième partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-3-halong.html" target="_blank"&gt;Lien vers la troisième partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-4-hue-et-hoi.html" target="_blank"&gt;Lien vers la quatrième partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes arrivés à Hanoi dimanche 7 août en milieu d'après-midi. Mon Hobbit a été ravi de retrouver Viet à l'aéroport. Nous aussi d'ailleurs.&lt;br /&gt;Viet nous avait réservé deux surprises. Mamie lui avait téléphoné pour lui demander d'organiser un repas au cours duquel nous mangerions du serpent : mon mari et Tonton avaient parlé plusieurs fois d'en manger à l'occasion. Le repas avait été prévu pour le soir même. La seconde surprise concernait notre dernier jour à Hanoi : Viet nous a proposé de venir chez lui, d'y manger un tiet canh (plat que je ne connaissais pas mais dont j'avais beaucoup entendu parler) et de là, d'aller visiter la baie d'Halong terrestre qui était tout près. Ca ne se refuse pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Nous avons donc retrouvé Mamie, expédié nos derniers achats ce dimanche après-midi avant de partir pour un restaurant dans un village de la périphérie de Hanoi.&lt;br /&gt;J'ai une furieuse phobie des serpents. En manger, d'accord, à condition que ça ne ressemble pas trop à ce que c'est, et qu'on ne me le montre pas avant. Heureusement pour moi, je n'étais pas la seule du groupe, une des petites partageant mon effroi.&lt;br /&gt;Le restaurant est magnifiquement décoré, avec à l'entrée un salon de meubles traditionnels en bois massif sculpté et incrusté de nacre. Pour accéder à la salle à manger, on traverse une boutique proposant des bouteilles d'alcool où flottent des serpents (ma cousine et moi nous sommes serrées l'une contre l'autre pour passer sans regarder). Dans le couloir suivant s'alignent de grosses jarres fermées par de la toile (ne pas penser à ce qu'il peut y avoir dedans...). Nous sommes arrivés sur une terrasse où se trouvait déjà un groupe de Vietnamiens qui nous ont regardés d'un air moqueur (ah ! les touristes ! ils font flipper leur race !). Nous nous sommes attablés en rigolant gentiment de ma frousse.&lt;br /&gt;J'ai appris qu'effectivement, on nous montrerait la bête vivante, et le groupe m'a proposé d'aller me planquer aux toilettes en attendant qu'elle soit tuée. J'ai refusé, pas par bravoure, mais parce que j'ai retenu du visionnage de Scream que s'enfermer, c'est pas bien malin quand on est en danger mortel : je voulais pouvoir saisir mon fils et m'enfuir.&lt;br /&gt;Les serveurs sont arrivés avec deux sacs, l'un contenant le serpent que nous allions manger (un long et fin serpent noir qui ne m'a pas paru suffisant pour nourrir 11 personnes) et un cobra, histoire de nous faire flipper. Ils les ont posés sur le sol en les tenant pas la queue ; les bêtes ondulaient avec grâce sur le sol, tête dressée, et nous les regardions (enfin, les enfants et moi, on regardait de loin) avec une fascination glacée. Le cobra était particulièrement agressif : le serveur qui le tenait a failli se faire mordre. Il s'est amusé à le lâcher pour le reprendre, faisant crier une serveuse qui passait (là, les gosses et moi, on est montés sur les chaises, on ne sait jamais). Le manège a duré longtemps, et j'ai fini par penser à ma mère qui m'avait appris qu'on ne joue pas avec la nourriture. Franchement, ça commençait à être cruel.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-8WrNn0rFVRA/TktrAfOmbKI/AAAAAAAAAVM/9l14ioDjtF4/s1600/IMG_0878.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="149" src="http://4.bp.blogspot.com/-8WrNn0rFVRA/TktrAfOmbKI/AAAAAAAAAVM/9l14ioDjtF4/s200/IMG_0878.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;Cruel, l'exhibition des serpents ? Ce n'était rien en comparaison de la suite. Ils ont rangé le cobra (trop cher pour nous !) et ont saisi le serpent noir pour le préparer. Amis des animaux, abstenez-vous de lire ce paragraphe, reprenez au prochain saut de ligne. Ils ont d'abord pratiqué une incision sur le serpent et ont laissé couler son sang dans un bouteille d'alcool. (ci-contre, un verre de sang de serpent mélangé à de l'alcool) Une seconde incision a permis de lui arracher un organe (me demandez pas lequel) et de récolter de la bile dans une seconde bouteille d'alcool (ci-dessous, le liquide verdâtre). Là, mon Hobbit m'a demandé pourquoi le serpent bougeait encore, et je lui ai joué du pipeau : "c'est une sorte de réflexe, mon chéri, bien sûr qu'ils l'ont tué avant !". Le coup de grâce n'a cependant été donné qu'après, lorsqu'ils lui ont arraché le coeur et l'ont glissé, encore palpitant (si, si !) dans un verre qu'ils ont rempli d'alcool.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-i9REe9Q-g8c/TktrGhBDJMI/AAAAAAAAAVQ/SeNosOldork/s1600/IMG_0879.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="149" src="http://1.bp.blogspot.com/-i9REe9Q-g8c/TktrGhBDJMI/AAAAAAAAAVQ/SeNosOldork/s200/IMG_0879.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Je ne sais pas ce que boire cet alcool en gobant le coeur du serpent est censé apporter, mais ils nous l'ont proposé. Et c'est tombé sur Sam. Il l'a bravement avalé malgré les supplication du Hobbit qui croyait que le breuvage allait le transformer en serpent. La bête, enfin morte, a finalement été emmenée en cuisine. J'avoue que ce n'était pas la peur mais la pitié pour l'animal qui me serrait la gorge. J'ai beau haïr les serpents, je n'ai pas pris de plaisir à contempler la torture d'un représentant de l'espèce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-HeHl77r8YPo/TktrRfHjHUI/AAAAAAAAAVY/df1HQMufjy8/s1600/IMG_0882.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="149" src="http://1.bp.blogspot.com/-HeHl77r8YPo/TktrRfHjHUI/AAAAAAAAAVY/df1HQMufjy8/s200/IMG_0882.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;Nous avons repris place à table pendant qu'on nous servait l'alcool mélangé au sang et à la bile de serpent. Ne me demandez pas le goût que ça avait, je suis restée au Coca, prétendant que je ne supporterais pas de boire par cette chaleur (personne n'a été dupe). On nous avait amené des concombre pour l'apéritif, mais les assiettes avaient été vidées en douce par le Hobbit pendant que les adultes étaient occupés à contempler le serpent. La suite du repas a été arrosée par les bouteilles alcool contenant un serpent provenant de la boutique (photo ci-contre).&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-ahby0kwjL7A/TktrLTE5psI/AAAAAAAAAVU/-GWgyT9rfoI/s1600/IMG_0881.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/-ahby0kwjL7A/TktrLTE5psI/AAAAAAAAAVU/-GWgyT9rfoI/s320/IMG_0881.jpg" width="239" /&gt;&lt;/a&gt;Le génie de la cuisine vietnamienne, c'est de pouvoir proposer 5 plats pour 11 personnes à partir d'un serpent de taille respectable mais pas énorme quand même. On a commencé par une soupe délicieuse où flottaient des morceaux de serpent. La chair est d'une saveur délicate, mais je n'ai pas pu manger la peau, trop caoutchouteuse. Du serpent réduit en poudre et grillé a suivi : on le mange sur des espèces de crackers de riz, c'est succulent. Nous avons eu ensuite du serpent sauté à la citronnelle, du serpent haché grillé dans des feuilles aromatiques, et une soupe de serpent aux herbes médicinales. C'était très bon, quoique les morceaux de serpent soient restés un peu coincés dans ma gorge à la pensée de ce qu'on avait fait subir à la bête.&lt;br /&gt;Certains ont acheté une bouteille en repartant. J'ai catégoriquement refusé d'en ramener une : pas de serpent chez moi, même mort !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons retrouvé sans enthousiasme notre hôtel tout pourri de Hanoi. Nous y avons passé une bonne demi-douzaine de nuits, et ce soir-là, pour la première fois, j'ai pu y prendre une douche chaude. La climatisation fonctionnait convenablement, mais nous avons bien sûr eu droit à quatre coupures de courant pendant la nuit, histoire de réchauffer l'ambiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au matin, nous avons été accueillis par Viet accompagné de sa femme (guide et parfaitement francophone, comme son époux) et de son fils qui a le même âge que mon Hobbit. Nous sommes partis tous ensemble en minibus pour rejoindre la maison familiale de Viet, où vivent encore ses parents et son frère. Les routes du Vietnam ne sont généralement pas dans un état formidable, mais celle que nous avons empruntée était particulièrement cabossée, signe que nous avions quitté les grands axes touristiques pour rejoindre une zone plus authentique.&lt;br /&gt;La maison de famille de Viet est une bâtisse de bois vieille de 200 ans, ornée de poutres superbes. Comme chez mon grand-oncle, la cuisine et les sanitaires sont situés dans une annexe. La maison bénéficie en outre d'un jardin où poussent des jacquiers, d'un poulailler et d'une mare poissonneuse. &lt;br /&gt;Nous avons été reçus comme des rois par cette famille chaleureuse. Ils nous ont emmenés pêcher dans la mare. L'attente a été longue, sous le soleil, jusqu'à ce que mon mari pêche un poisson de... 5 cm. L'aînée des petites a pris la suite pour attrapper immédiatement un gros poisson, nananère. Pendant ce temps, les femmes de la famille cuisinaient de nombreux plats et les petits tentaient de jouer en dépassant la barrière de la langue.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-sfQKhuQCwDM/TktsEnBKOOI/AAAAAAAAAVk/1wYrdzK3TXY/s1600/IMG_0885.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="239" src="http://2.bp.blogspot.com/-sfQKhuQCwDM/TktsEnBKOOI/AAAAAAAAAVk/1wYrdzK3TXY/s320/IMG_0885.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;Viet nous avait promis un &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Ti%E1%BA%BFt_canh" target="_blank"&gt;tiet canh&lt;/a&gt;, c'est-à-dire un canard au sang. Le sang, ça ne me fait pas peur, j'adore le boudin. Nous sommes allés suivre la préparation du plat, et j'ai un peu déchanté : le canard est cuit, et servi dans le sang du canard assaisonné et... &lt;b&gt;cru&lt;/b&gt; ! Là, je me suis demandé si j'allais pouvoir y goûter.&lt;br /&gt;Nous sommes passés à table. Le tiet canh nous a été servi dans des bols et nous y avons ajouté, à notre convenance, des cacahuètes et du citron. Le sang fraîchement coagulé avait l'aspect d'une gelée ; j'y ai ajouté beaucoup de citron pour couvrir l'odeur du sang, trop selon Mamie qui a porté avec gourmandise une énorme cuillère de tiet canh à sa bouche. Honnêtement, les enfants, Sam et moi n'avons pas pu manger nos bols. C'est dommage, ils avaient préparé trois canards pour nous tous, mais quand on ne peut pas...&lt;br /&gt;On nous a servi également du poisson grillé, de la salade de méduse (c'est exquis !), des buns et un plat de viande et boudin qu'on nous a présenté comme étant du porc. Ce dernier plat avait une apparence étrange, j'ai songé qu'il devait s'agir d'abats ; on nous a indiqué de tremper la viande dans une sauce de&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A2te_de_crevettes" target="_blank"&gt; mam tom&lt;/a&gt; (chose que ma Mamie m'a appris à utiliser dans ma cuisine et que j'adore). La viande était fade, mais pas mauvaise, et le mélange avec le mam tom donne un heureux résultat ; j'ai surtout aimé le boudin. J'aurais dû me douter que ce n'était pas du porc : il a fallu un lapsus de Mamie pour que je comprenne que je mangeais de la viande de chien. Viet nous avait piégés, surtout Sam qui refusait d'y toucher (ça ne posait aucun problème au reste du groupe). Il a tout de même goûté, mais n'a pu apprécier le plat sachant ce que c'était. Il en aura goûté, des trucs pas très catholiques !&lt;br /&gt;Le repas s'est terminer par une dégustation de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacquier" target="_blank"&gt;jacques&lt;/a&gt; du jardin. Les enfants ont plus apprécié le fruit que les adultes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Edit : Il y a peut-être des choses zarbi dans la cuisine vietnamienne, mais il faut que je souligne que les repas que nous avons pris n'étaient par très gras et étaient équilibrés. Ajoutez à ça qu'on a pas mal bougé et qu'on n'a pas pris de cochonneries entre les repas vu qu'on était bien nourris. J'ai perdu mes derniers kilos de grossesse ! Le Vietnam, mieux qu'un régime Dukon !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir remercié chaleureusement la famille pour sa généreuse hospitalité, nous sommes partis pour la baie d'Halong terrestre.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-13IBTTwXQD4/Tktr-tcDr4I/AAAAAAAAAVg/IKiPi6eEEJU/s1600/100_7672.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/-13IBTTwXQD4/Tktr-tcDr4I/AAAAAAAAAVg/IKiPi6eEEJU/s320/100_7672.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Cet ensemble rocheux prend des formes proches de celles de la baie d'Halong, mais les pics de calcaire sont situés sur terre, d'où le nom de la formation. Une rivière traverse le site, et nous nous sommes embarqués sur trois barques, en laissant Mamie aux bons soins de Viet dans le minibus climatisé.&lt;br /&gt;Notre barque était mue par un couple de rameurs, une dame qui parlait quelques mots de français, et un homme qui ramait avec ses pieds à l'arrière. Ramer avec les pieds est une technique que je n'avais jamais vue auparavant mais qui est très répandue sur cette rivière.&lt;br /&gt;Les paysages de la baie d'Halong terrestre sont enchanteurs. La rivière couverte de lotus sert de support à des élevages de canards immaculés (oh ! du tiet canh ! s'est écrié mon mari qui, lui, avait fini son bol) qui fuyaient notre barque en cancanant, pour la plus grande joie de mon Hobbit. Quelques gouttes de pluie ridaient la surface de l'eau, attiédissant l'atmosphère jusque-là étouffante. Nous nous avancions entre les roches immenses comme dans un labyrinthe grandiose.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-W2mJp4mTqlo/TktsHNj62CI/AAAAAAAAAVo/5ZoqalI26uA/s1600/100_7673.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-W2mJp4mTqlo/TktsHNj62CI/AAAAAAAAAVo/5ZoqalI26uA/s320/100_7673.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Au bout de quelques minutes, nous avons cru atteindre un cul-de-sac. La rivière s'engageait dans une grotte basse et obscure dans laquelle nous nous sommes engagés, incrédules. Nous avons tenté de conserver un air dégagé pour ne pas effrayer le Hobbit, mais nous n'en menions pas large. L'obscurité était totale, et je me répétais que les rameurs y passaient par dizaines tous les jours et que tout allait bien. Enfin, l'autre extrémité de la grotte est apparue après un virage ; l'apparition des rochers couronnés de nuages gris et bas à l'issue du tunnel obscur était époustouflante.&lt;br /&gt;Alors que nous continuions notre avancée entre les rochers, passant sous des grottes avec une confiance croissante, la pluie s'est intensifiée. Les rameurs ont sorti des parapluies qui se sont vite révélés insuffisants à nous protéger de la pluie battante qui ruisselait le long des baleines et du manche et qui, tombant sur la rivière, éclaboussait nos jambes. La rameuse a même dû écoper à mi-parcours. Sur les autres bateaux, des ponchos à l'imperméabilité fragile ont été fournis au reste du groupe. Des passants ont donné des feuilles de lotus aux enfants pour compléter leur abri. Nous avons croisé des marchands de fruits qui s'abritaient sous les grottes.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-PmKmPXuFSD8/TktsJAYuFXI/AAAAAAAAAVs/p8O1d6eRAJ4/s1600/100_7674.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://3.bp.blogspot.com/-PmKmPXuFSD8/TktsJAYuFXI/AAAAAAAAAVs/p8O1d6eRAJ4/s320/100_7674.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons fait demi-tour. J'ai tenté de profiter malgré tout des paysages, tout en protégeant le plus possible mon petit bonhomme qui râlait sous la pluie. Nous ne sommes pas allés jusqu'au bout : le minibus nous attendait sur un chemin longeant la rivière et les barques ont accosté tant bien que mal sur la berge boueuse. Nous nous sommes mis à l'abri, avons débarrassé les enfants de leurs vêtements trempés malgré nos soins et avons effectué le dernier geste que je m'attendais à faire dans ce bus : nous avons coupé la climatisation ! Nous sommes repartis pour Hanoi en riant.&lt;br /&gt;Et bien sûr, a peine avions-nous démarré que la pluie s'arrêtait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à Hanoi, nous nous sommes séchés et nous avons commencé nos bagages. Nous avons pris notre dernier repas de pho et des bahn cuon dans le hall de l'hôtel de Mamie, sous le regard attentif de la louve. Et puis nous nous sommes dit au revoir : Mamie, Tonton, Tata et leurs filles sont restées une semaine de plus à Hanoi, pendant que nous rentrions, Sam, mes hommes et moi, à Paris.&lt;br /&gt;Le retour s'est bien passé. Nous sommes repassés par Moscou et nos bagages ont bien suivi malgré le peu de temps dont nous disposions d'un avion à l'autre (la faute à un retard pris lors des enregistrements poussifs à l'aéroport d'Hanoi).&lt;br /&gt;J'ai retrouvé mon Lutin dès le lendemain de notre retour. Tata m'avait prévenue qu'il me ferait sans doute la tête, et je me suis dit que, mon bébé ayant un excellent caractère, il ne bouderait peut-être pas. J'avais raison. Il a mis une heure ou deux à se réhabituer à moi, je lui ai laissé le temps, et depuis il me fait des sourires, des câlins et des bisous comme si je n'était jamais partie. Le reste du groupe est retourné voir la baie d'Halong, mais je ne regrette pas d'être rentrée, j'ai mon bébé dans les bras, et mon Hobbit a gardé plein de bons souvenirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons fait un beau voyage et nous sommes rentrés, pleins d'usage et de raison, vivre avec nos enfants le reste de l'année.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-5691522524269339491?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/5691522524269339491/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-5-experiences.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/5691522524269339491'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/5691522524269339491'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-5-experiences.html' title='Voyage au Vietnam - 5. Expériences gustatives'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-8WrNn0rFVRA/TktrAfOmbKI/AAAAAAAAAVM/9l14ioDjtF4/s72-c/IMG_0878.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-4317651945695658220</id><published>2011-08-16T15:28:00.003+02:00</published><updated>2011-08-21T22:58:02.711+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Voyages'/><title type='text'>Voyage au Vietnam - 4. Hué et Hoi An</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-1-hanoi.html" target="_blank"&gt;Lien vers la première partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-2-sapa.html" target="_blank"&gt;Lien vers la deuxième partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-3-halong.html" target="_blank"&gt;Lien vers la troisième partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes arrivés à Hué vers 21h. Les enfants étaient épuisés. &lt;br /&gt;Viet ne nous avait pas accompagnés pour nous éviter d'avoir à ajouter son billet d'avion aux frais que nous lui devions. Il nous a confiés à un de ses collègues, M. Dung (prononcez "Zung"), qui nous attendait à la sortie de l'aéroport.&lt;br /&gt;M. Dung nous a conduits sur le parking à la recherche du minibus qui devait nous transporter à l'hôtel. Hélas, le véhicule était introuvable : il avait été victime d'une crevaison. La situation s'est arrangée rapidement, mais le temps nous a paru long, sur le parking d'une ville inconnue avec les enfants au bout de leurs forces. Je crois que M. Dung a eu peur de nous faire mauvaise impression, mais nous ne lui en avons bien sûr pas voulu pour ce contretemps absolument impossible à prévoir !&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.tripadvisor.fr/Hotel_Review-g293926-d633695-Reviews-Thanh_Lich_Hotel-Hue_Thua_Thien_Hue_Province.html" target="_blank"&gt;L'hôtel&lt;/a&gt; où nous avons dormi à Hué était vraiment superbe. C'était la première fois que je n'avais rien à redire. Même la salle de bains était nickel. Seule ombre au tableau : nous sommes arrivés tard pour partir tôt le lendemain et nous n'avons pas eu le temps d'en profiter !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Après un petit déjeuner gargantuesque et excellent pris dans une salle surplombant la ville, nous nous sommes rassemblés et avons pris la direction de la rivière des parfums pour une croisière de 24h.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0e/Th%C3%A1p_Ph%C6%B0%E1%BB%9Bc_Duy%C3%AAn_ch%C3%B9a_Thi%C3%AAn_M%E1%BB%A5.jpg/450px-Th%C3%A1p_Ph%C6%B0%E1%BB%9Bc_Duy%C3%AAn_ch%C3%B9a_Thi%C3%AAn_M%E1%BB%A5.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0e/Th%C3%A1p_Ph%C6%B0%E1%BB%9Bc_Duy%C3%AAn_ch%C3%B9a_Thi%C3%AAn_M%E1%BB%A5.jpg/450px-Th%C3%A1p_Ph%C6%B0%E1%BB%9Bc_Duy%C3%AAn_ch%C3%B9a_Thi%C3%AAn_M%E1%BB%A5.jpg" width="240" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;L'embarcadère était situé au pied de &lt;a href="http://www.vietnamvoyages.com/guide_des_villes/hue/pagode_de_la_dame_celeste_vietnamvoyagesdotcom.htm" target="_blank"&gt;la pagode de la Dame Céleste&lt;/a&gt; (photo Wikimedia à gauche) que nous avons visitée avant de monter à bord. Dans un Vietnam ravagé par les guerres successives, les bâtiments anciens sont rares, et la visite de cette pagode m'a émue. Un petit monastère est situé derrière la pagode. Nous avons visité le temple où Hobbit a imité les bouddhistes pour prier (il a demandé au Bouddha de le ramener chez lui, mais ça n'a pas marché, comme c'est bizarre !). Les jardins du monastère sont d'une harmonie reposante. Dans un bassin de nénuphars, les enfants m'ont demandé la différence avec le lotus : j'ai pu leur parler de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_lotus" target="_blank"&gt;l'effet lotus&lt;/a&gt; et introduire certaines notions scientifiques (j'ai pas l'habitude de donner des leçons de sciences aux petits, et j'ai kiffé grave !). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La visite terminée, nous avons rejoint &lt;a href="http://www.perfumeriveremotion.com/" target="_blank"&gt;le sampan sur lequel nous allions passer 24h&lt;/a&gt;. L'embarcation, qui devait circuler sur la rivière des parfums, était bien sûr beaucoup plus petite que la jonque que nous avions occupée sur la baie d'Halong. Une petite terrasse précédait une salle commune où s'alignaient, le long des murs, six espaces avec des bancs et des chaises transformables en lits surplombés par six autres lits. Au fond de la salle, deux salles de bains étaient disponibles. A l'arrière du bateau et au-dessus de notre salle, des espaces étaient prévus pour le personnel de bord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps de nous installer, nous avons eu droit à un petit repas constitué d'une soupe (ah non, pas encore ! pas par cette chaleur !) de nouilles lyophisiées (beuh...) suivies d'un succulent ragoût (ça fait un peu bizarre de manger un ragoût avec des patates et des carottes au Vietnam, mais c'était bon, alors...).&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-AcYPvUqf4l8/TkoC7QyV44I/AAAAAAAAAUQ/2BTMfYtMKTA/s1600/100_7585.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://4.bp.blogspot.com/-AcYPvUqf4l8/TkoC7QyV44I/AAAAAAAAAUQ/2BTMfYtMKTA/s320/100_7585.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Personnellement, j'adore les paysages de rivières. Quand on roule sur les routes de France, quand on traverse un cours d'eau, je jette toujours un oeil charmé sur le serpentin argenté bordé de végétation ou de cailloux. Alors imaginez mon plaisir lorsque j'ai pu naviguer sur la rivière des Parfums, contemplant les bananiers, les roseaux, les jacinthes d'eau (ouais, bon, je fais ma maligne, mais c'est Tata qui m'a dit que c'en était, moi j'y connais rien !)...&lt;br /&gt;Nous nous sommes arrêtés pour faire une balade à vélo. Devinez qui c'est le boulet qui ne sait pas faire de vélo ? Jeune, ça me terrorisait, adulte, personne n'a eu la patience de m'apprendre. Du coup, ben, j'ai dû rester sur le bateau. Une des petites n'a pas trouvé de vélo à sa taille et a préféré rester avec moi plutôt que se tanner l'arrière-train sur le porte-bagage de son père. Moi, ça me faisait plaisir de ne pas être seule, mais j'étais sur tout transportée à l'idée de passer un peu de temps avec cette petite puce que j'adore (les autres aussi, hein, j'ai pas de préférence !).&lt;br /&gt;Nous sommes donc restées sur le bateau. Le personnel du bateau a mis en place sur le pont des chaises pour nous et nous a servi un thé exquis. Je les ai entendus nous appeler entre eux "ladies" avec une certaine affection, et ça m'a fait un drôle d'effet. Nous sommes restées à causer en contemplant les paysages fantastiques. Je n'ai même pas pensé à prendre de photos tellement j'étais bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres sont revenus rouges comme des tomates d'avoir pédalé sous le soleil brûlant, mais heureux. N'empêche, je n'aurais pas échangé ma place !&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-ggG1kMP6TQ4/TkoDkmlutFI/AAAAAAAAAUo/i7_mrJl-ONE/s1600/100_7577.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/-ggG1kMP6TQ4/TkoDkmlutFI/AAAAAAAAAUo/i7_mrJl-ONE/s320/100_7577.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous sommes descendues du bateau pour aller visiter une fabrique traditionnelle d'estampes avec les autres. On nous a montré comment fabriquer les estampes : on frotte une éponge sur une pierre couverte d'encre, on étale, à l'aide de cette éponge, l'encre sur une sorte de tampon géant, on pose une feuille sur le tampon et on appuie doucement. Nous avons tous essayé, les enfants en premier, d'imprimer nos signes chinois. Les ouvriers nous ont fourni des rouleaux de bambou pour ranger nos "oeuvres". Je ne suis pas fan des motifs proposés, mais l'animation était vraiment sympathique.&lt;br /&gt;En retournant sur le bateau, mon hobbit a glissé et a mis un pied dans l'eau de la rivière. Rien de grave, pour nous, il suffisait de retirer chaussettes et chaussures pour les faire sécher, ce qui serait rapide vu la chaleur. J'ai néanmoins été surprise de voir M. Dung se précipiter vers mon petit, lui retirer ses chaussures en quatrième vitesse, le prendre dans ses bras pour l'emporter dans la salle de bains et lui rincer les pieds. L'eau n'est pas propre, il faut rincer vite parce que des fois, ça pique, m'a-t-il expliqué avec flegme. Ca casse un peu le charme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons continué notre croisière sur la rivière. J'ai profité de ce moment de calme pour écrire des cartes postales que j'ai perdues par la suite !&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-7WUFEO_lyb8/TkoDAo1iZbI/AAAAAAAAAUU/zE5h9W8Gt5E/s1600/100_7586.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-7WUFEO_lyb8/TkoDAo1iZbI/AAAAAAAAAUU/zE5h9W8Gt5E/s320/100_7586.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Quand Tata était petite, Mamie l'avait initiée à &lt;a href="http://trictrac.net/index.php3?id=jeux&amp;amp;rub=detail&amp;amp;inf=detail&amp;amp;jeu=9759" target="_blank"&gt;un jeu de cartes vietnamien, le tam cuc&lt;/a&gt;. Viet nous avait trouvé des cartes sur le marché de Hai Phong, ce qui n'était pas simple car le jeu est démodé au Vietnam. Mamie nous avait réappris à jouer sur la baie d'Halong. Tata, Sam et les filles étaient devenus fous de ce jeu qui dose parfaitement le hasard et la stratégie. M. Dung les a vus jouer avec étonnement : il y jouait quand il était petit mais ne se rappelait plus des règles. Tata s'est fait un plaisir de les lui rappeler et M. Dung s'est joint aux joueurs avec un enthousiasme communicatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous sommes finalement arrêtés pour la nuit le long de la berge. Pendant que les sportifs partaient faire un second tour à vélo, je suis restée sur le sampan avec mon Hobbit qui faisaient la sieste et les deux petites qui n'avaient pu rester avec moi la fois précédente. Chacune son tour ! Le personnel de bord nous a fait rentrer dans la salle commune où ils venaient d'allumer la climatisation. Ce moment de bonheur avec les petits anges a été de courte durée. Le Hobbit s'est réveillé gentiment et les autres sont revenus. Nous sommes descendus passer la soirée sur la terrasse d'un restaurant.&lt;br /&gt;Nous avons été accueillis sur une rotonde où étaient alignés des bacs d'eau brûlante parfumée aux plantes médicinales et des chaises. Nous nous sommes assis les pieds dans l'eau et un masseur aveugle nous a massé les pieds. Je suis &lt;b&gt;très&lt;/b&gt; chatouilleuse des pieds, et les autres ont bien rigolé en voyant mes grimaces ! Le massage a fini par les épaules, et là, c'est le bonheur.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-o-LwX-N9ajs/TkoDSPudM2I/AAAAAAAAAUg/MsNW3SWwzPQ/s1600/100_7606.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://3.bp.blogspot.com/-o-LwX-N9ajs/TkoDSPudM2I/AAAAAAAAAUg/MsNW3SWwzPQ/s320/100_7606.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons ensuite eu droit à un cours de cuisine. Tata est un cordon-bleu, j'apprends à cuisiner, le Hobbit et une de ses cousines se destinent à une carrière de cuisiniers : nous attendions ce moment avec impatience. Nous n'avons pas été déçus. Nous avons commencé par rouler des nems de Hué (photo ci-contre) : pas trop difficile, même les petits ont réussi avec brio (comme ils étaient fiers !). &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A1nh_x%C3%A8o" target="_blank"&gt;Des crêpes vietnamiennes&lt;/a&gt; ont suivi, ce qui demande un peu plus de technique. Nous avons terminé le cours par une salade de figues vertes étonnante. Le tout avec la traduction et les explications de M. Dung qui possède en français un vocabulaire dont je suis admirative. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-B1Pyd2K7JgY/TkoDW9QZtEI/AAAAAAAAAUk/dWpaK92iJgs/s1600/IMG_0864.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="239" src="http://2.bp.blogspot.com/-B1Pyd2K7JgY/TkoDW9QZtEI/AAAAAAAAAUk/dWpaK92iJgs/s320/IMG_0864.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Le meilleur moment de la soirée a évidemment été celui où nous avons dégusté ce que nous avions cuisiné devant le soleil couchant sur la rivière. Les plats étaient tout de même passés en cuisine pour les finitions. Un tout petit chaton s'ébattait près de nous, pour la plus grande joie des enfants qui ont vite abandonné la table pour le poursuivre.&lt;br /&gt;Nous sommes enfin retrounés à bord du sampan pour dormir. Le personnel de bord avait préparé les couchettes que nous nous sommes réparties. Quelle aventure, pour les enfants, de dormir tous ensemble sur des couchettes aménagées sur un bateau !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de la nuit, j'ai été réveillée par mon téléphone. Je n'ai pas pu répondre mais j'ai pu voir un numéro français s'afficher. J'ai calculé qu'il était minuit à Paris et je me suis étonnée. A mon retour, j'apprendrais que ma voisine avait entendu du bruit et s'était inquiétée pour rien. Peu importe, il était cinq heures au Vietnam, et j'ai discrètement poussé un rideau pour contempler le lever de soleil sur la rivière. Inoubliable !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au matin, pendant que nous prenions un petit déjeuner conclu, à notre grande surprise, par des choux à la crème dont la recette était vraisemblablement héritée des colons, nous avons fait demi-tour pour regagner l'embarcadère. J'ai dévoré des yeux une dernière fois la rivière des Parfums et je me suis laissée embarquer dans le minibus, sous une chaleur écrasante, pour visiter les monuments de Hué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-zA7QOWAlGAc/TkoRQZv2FUI/AAAAAAAAAUs/z_ytcLs_axI/s1600/100_7614.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/-zA7QOWAlGAc/TkoRQZv2FUI/AAAAAAAAAUs/z_ytcLs_axI/s320/100_7614.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;Hué est l'ancienne capitale des empereurs du Vietnam. &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Imperial_City,_Hu%E1%BA%BF"&gt;La Cité Impériale&lt;/a&gt;, classée par l'UNESCO, a été bâtie par l'empereur Gia Long, fondateur de la dynastie des Nguyen. Elle ressemble fortement à la Cité Interdite de Pékin, mais elle a malheureusement été en grande partie détruite au cours des guerres du XXème siècle. La restauration est en cours.&lt;br /&gt;La porte passée, un chemin bordé de bassins remplis de lotus mène à la salle de réception de l'Empereur. A l'intérieur, un trône sublime semble attendre le royal séant. M. Dung nous a expliqué l'architecture et le choix des couleurs : la pièce est décorée de jaune et de rouge, comme le drapeau vietnamien, mais ces couleurs n'ont pas la même signification. Le jaune impérial est symbole de richesse et de pouvoir, le jaune du drapeau est celui de la peau du peuple vietnamien. Le rouge impérial est symbole de bonheur, le rouge communiste rappelle le sang versé pendant la Révolution. Il nous a rappelé, aussi, l'existence du jaune colonial. Ces simples couleurs peuvent avoir tant de significations différentes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-nh3SOdntEUI/TkoRX0f80SI/AAAAAAAAAU0/8pXdRgilZGs/s1600/100_7623.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://4.bp.blogspot.com/-nh3SOdntEUI/TkoRX0f80SI/AAAAAAAAAU0/8pXdRgilZGs/s320/100_7623.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;Dans la Cité Impériale, des pavillons restaurés alternent avec des espaces vides voire des ruines calcinées. Ce que l'ont voit (le théâtre, les allées couvertes...) donne envie de revenir dans 30 ans, quand la restauration sera achevée ! &lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-gcTLOyag17k/TkoRamrZ0TI/AAAAAAAAAU4/EuHn2bKDyiE/s1600/100_7626.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-gcTLOyag17k/TkoRamrZ0TI/AAAAAAAAAU4/EuHn2bKDyiE/s320/100_7626.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;L'un des espaces les mieux restaurés est le palais de la Reine-Mère (ci-contre). Un vaste espace dallé ornementé de bonzaïs donne sur un petit palais jaune. Sur la droite, un espace de détente est prévu pour la mère de l'Empereur. Là encore, un bassin rempli de lotus se déploie avec grâce (les filles étaient frustrées : un bassin, par cette chaleur, c'est une bonne idée, mais rien n'est prévu pour s'y baigner !). Un petit pavillon de bois s'élève à côté du bassin : c'est là, nous a informé M. Dung, que la Reine-Mère jouait aux cartes (tiens, comme nous !) avec ses suivantes. Nous avons pénétré dans le pavillon, des étoiles dans les yeux, pour y trouver une paroi de bois sculpté incrusté d'ivoire et de nacre absolument splendide. A-t-il été soigneusement restauré ? A-t-il traversé les âges ? Impossible de le savoir. &lt;br /&gt;Moins glamour, les enfants sont passés aux toilettes ensemble et mon Hobbit a été choqué par leur état. "C'est la faute de l'Empereur !" a-t-il déclaré, outré. De la graine de démocrate, mon petit chou !&lt;br /&gt;La visite s'est terminée trop vite à mon goût, mais il faut bien partir, on avait encore des choses à voir avant le déjeuner !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/52/Hue,_tombeau_de_Tu_Duc.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/52/Hue,_tombeau_de_Tu_Duc.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Parmi les empereurs de la dynastie Nguyen, &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tu_Duc" target="_blank"&gt;l'empereur Tu Duc&lt;/a&gt; a laissé un souvenir très fort. Il a régné longtemps et a vu arriver les colons français. Impuissant face à eux, il s'est réfugié dans le rêve et la poésie. Nous avons visité le palais d'été où il oubliait les malheurs de son règne et qui est devenu&lt;a href="http://www.vietnamtourism.com/hue/f_pages/lt_ltuduc.htm" target="_blank"&gt; son mausolée&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;Là encore s'étend un bassin de lotus (photo Wikimedia, à droite). Alors que M. Dung nous racontait comment Tu Duc se faisait faire un thé de lotus avec la rosée prélevée sur les feuilles, les filles ont expérimenté l'effet lotus en jetant de l'eau sur la plante. Je ne suis pas peu fière de mes petites scientifiques !&lt;br /&gt;Le mausolée est un vaste complexe où l'on trouve l'habitation devenue temple  et une tombe vide, l'Empereur étant enterré quelque part dans le  palais, mais personne ne sait où. Une grande stèle raconte le règne de  Tu Duc, avec une certaine objectivité : d'après M. Dung, Tu Duc  souhaitait laisser à l'histoire le soin de le juger. Il me plait bien, cet Empereur. J'aurais souhaité passer des heures à parcourir son domaine, voir ce qu'il a vu, rêver sous les arbres qui l'ont vu passer, fouler les pierres qu'il a effleurées, mais le temps manquait, encore, et la chaleur assommait le reste du groupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-a6YoCaZPcRk/TkoRp8JNmcI/AAAAAAAAAVI/ruH69TWBU24/s1600/IMG_0868.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-a6YoCaZPcRk/TkoRp8JNmcI/AAAAAAAAAVI/ruH69TWBU24/s320/IMG_0868.jpg" width="239" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;A notre arrivée au restaurant où nous devions déjeuner, Tata a prié M. Dung d'intervenir auprès de la cuisine pour qu'on ne nous serve pas l'incontournable soupe qui débute tous les repas : il faisait trop chaud ! M. Dung s'est exécuté avec zèle : le cuisine nous a fait grâce de la soupe et l'a remplacée par du rab de nems, alléluïa. En dessert, nous avons pu découvrir les ramboutans, une merveille.&lt;br /&gt;Ce repas a été l'occasion pour Sam de découvrir les "&lt;a href="http://vi.wikipedia.org/wiki/%C3%94_mai" target="_blank"&gt;o mai&lt;/a&gt;". Mamie et Tata en sont friandes et M. Dung nous avait entendu en parler : il nous en a ramené un paquet. Il s'agit de fruits (prunes d'après Mamie, abricots d'après Wikipedia, moi je crois ma Mamie, hein !) séchés et salés. Nous sommes nombreux à détester ça, et Sam a voulu tester. Il a ainsi pu nous faire profiter de sa connaissance parfaite du champ lexical alimentaire. Je crois que "immonde" est le qualificatif qui a le plus fédéré les avis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons passé l'après-midi dans le minibus (climatisé, c'est un détail qui a une énorme importance !) pour rejoindre Hoi An par le col des Nuages et Danang. Les paysages étaient enchanteurs, et nous avons croisé de nombreuses plages sublimes quoique dépeuplées par la chaleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b4/Cau_Nhat_Ban_%282%29.jpg/800px-Cau_Nhat_Ban_%282%29.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="170" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b4/Cau_Nhat_Ban_%282%29.jpg/800px-Cau_Nhat_Ban_%282%29.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%E1%BB%99i_An" target="_blank"&gt;Hoi An&lt;/a&gt; est une ville qui a perdu son importance avant les guerres. Elle a donc été épargnée par les destructions et a conservé ses maisons d'architecture historique. La ville est classée par l'UNESCO.&lt;br /&gt;A notre arrivée nous avons visité une fabrique de soie. Les enfants ont pu découvrir les vers à soie, la fabrication du fil, du tissu... Et la boutique valait le détour.&lt;br /&gt;Nous avons ensuite déambulé jusqu'au crépuscule dans les rues de Hoi An , visité une maison vieille de 200 ans, traversé le pont couvert (photo Wikimedia, à droite)... Je me suis sentie un peu comme à Disneyland : un décor enchanteur, et des boutiques partout, toutes avec les mêmes articles emblématiques du lieu.&lt;br /&gt;M. Dung nous a conduit dans un restaurant sympatoche et nous y a fait ses adieux : avec notre plein accord et nos encouragements, il rentrait chez lui pour passer son permis de conduire le lendemain. Je ne sais pas s'il l'a eu, mais je le lui souhaite de tout coeur. Nous sommes rentrés tôt, trop tôt pour profiter de la nuit dans Hoi An éclairée par des milliers de lampions, mais les enfants n'en pouvaient plus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://phuocanriver.com/" target="_blank"&gt;L'hôtel que nous avons occupé à Hoi An&lt;/a&gt; était simplement parfait. Après deux semaines de visites non stop, une nuit suivie d'une matinée de détente dans un hôtel assez luxueux, c'était trop tentant. Nous avons profité d'un petit déjeuner délicieux (avec plein de plats asiatiques, j'aime mieux ça qu'une tartine de beurre !), de la piscine et du salon de massage.&lt;br /&gt;Nous sommes partis peu après prendre un repas au pas de course pour ne pas rater notre avion à Danang. Direction Hanoi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-5-experiences.html" target="_blank"&gt;La suite ici !&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-4317651945695658220?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/4317651945695658220/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-4-hue-et-hoi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4317651945695658220'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4317651945695658220'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-4-hue-et-hoi.html' title='Voyage au Vietnam - 4. Hué et Hoi An'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-AcYPvUqf4l8/TkoC7QyV44I/AAAAAAAAAUQ/2BTMfYtMKTA/s72-c/100_7585.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-6405693072394643446</id><published>2011-08-14T10:36:00.003+02:00</published><updated>2011-08-21T22:58:30.175+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Voyages'/><title type='text'>Voyage au Vietnam - 3. Halong</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-1-hanoi.html" target="_blank"&gt;Lien vers la première partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-2-sapa.html" target="_blank"&gt;Lien vers la deuxième partie.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une journée tranquille à Hanoi, nous avons repris la route, le matin du mardi 2 août, pour le village où ma Mamie est née et où vit encore un de ses frères. De là, nous devions rejoindre Hai Phong, puis la baie d'Halong.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Viet nous a embarqués dans un minibus en direction du village. Nous avons passé deux heures sur la route, deux heures où j'ai laissé mon excitation monter. J'allais rencontrer mon grand-oncle, sans doute une partie de sa famille, et peut-être voir les tombes de mes ancêtres. Ce dernier point me motivait moins que les autres, les cimetières, c'est pas mon truc, mais le reste de la famille avait l'air de trouver ça super important, alors...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Nous sommes arrivés en fin de matinée dans le village sous une pluie diluvienne. Une partie du groupe était déjà venu plusieurs fois et avait promis au chauffeur de lui indiquer le chemin ; le village avait cependant tellement changé, tant de maisons avaient été construites, qu'on a eu du mal à s'y retrouver. Mamie m'avait parlé pendant toute mon enfance d'un village miniscule et misérable perdu dans les rizières, et je trouvais une ville aux rues bordées de maisons flambant neuves, avec des boutiques bien achalandées et une circulation dense. Ca m'a fait réaliser, enfin, que le temps avait passé depuis que Mamie avait quitté le Vietnam.&lt;br /&gt;Trouver la bonne rue n'a pas été simple, mais trouver la maisonnette de l'oncle a été facile : celui-ci nous attendait sous un parapluie sur le pas de sa porte, avec son fils et son gendre. Nous nous sommes retrouvés immédiatement entourés d'une chaleureux groupe de Vietnamiens qui nous abritaient sous leurs parapluies. Mamie, Tonton et Tata, relativement familiers du lieu, sont entrés dans la maison sans perdre de temps, et nous les avions suivis en hésitant un peu. Ils avaient beau être de ma famille, je ne les connaissais pas et ne voulais pas les froisser en envahissant leur espace vital de manière cavalière.&lt;br /&gt;La maison était petite, mais meublée avec élégance et décorée avec soin. Nous sommes entrés par l'atelier de réparation de vélos qui fournissait la subsistance de la famille. Après l'atelier, nous avons retiré nos chaussures comme la famille, laquelle a protesté pour que nous les gardions ; nous nous sommes déchaussés quand même, nos grolles étaient trempées de pluie. La pièce à vivre est divisée en quatre espaces : un salon constitué de meubles incrustés de motifs nacrés, une salle à manger avec une table en inox et les incontournables tabourets en plastique, un escalier et des rangements à l'arrière menant à une mezzanine où, je suppose, se trouvaient les lits. Une porte, à l'arrière de la maison, conduit vers des annexes à la maison, avec la cuisine, les toilettes, la porcherie et le poulailler. Dans la cour, des bananiers ondulaient sous la pluie.&lt;br /&gt;J'ai eu du mal à identifier les personnes qu'on me présentait. J'avais vu l'oncle en photo, et de toute manière il ressemble tellement à Mamie que je n'aurais pas pu me tromper. Il a eu 7 filles et un seul fils. Le fils était présent avec sa femme, ainsi que deux de ses filles avec leurs maris. Un petit-fils de l'oncle était présent avec son bébé, une petite fille de 19 ans était là aussi. J'ai été frappée par leur beauté.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-sBfQrdOE6eU/TkeDfKRIG4I/AAAAAAAAAT0/YLE2oW19SAQ/s1600/100_7451.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-sBfQrdOE6eU/TkeDfKRIG4I/AAAAAAAAAT0/YLE2oW19SAQ/s320/100_7451.JPG" width="240" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Mamie a fait les présentation, mais il a fallu du temps pour que la famille vietnamienne puisse tous nous identifier. Peu importe, nous avons été accueillis comme la famille qui vient de loin mais qu'on adore revoir, avec un repas digne d'un mariage. L'un des gendres est cuisinier, et nous avons pu apprécier son art à se juste valeur. Les plats se sont succédés à un train soutenu, et vidés rapidement. La famille avait tué des poulets du poulailler, et croyez-moi, c'est autre chose que nos poulets de batterie rachitiques vendus en supermarché sous cellophane. Il y avait des crevettes, de la soupe... Au Vietnam, on ne perd rien. Même les tripes du poulet ont été utilisées dans la soupe. J'avoue que, si je peux manger plein de trucs bizarres, les tripes, c'est au-dessus de mes forces. En dessert, une montagne de pastèque a été pillée par les enfants.&lt;br /&gt;L'un de mes cousins s'est éclipsé pour acheter aux enfants quelques jouets. Ces quelques babioles ont ravi les petits qui n'ont cessé de les tripatouiller. Hobbit a reçu un pistolet (arg !) lumineux et sonore (aaaaaaarg !) qui l'a plus enthousiasmé que ses parents.&lt;br /&gt;La pluie n'a pas cessé et une mare profonde s'est constituée dans la cour. Aller aux toilettes est devenu une expédition. Une tante m'a munie de chaussures en plastique et d'un chapeau cônique en bambou tressé et j'y suis allée avec ma Mamie. Elle en a profité pour inspecter la cour et vérifier que son petit frère ne manquait de rien. Je suis restée un certain temps pour contempler les bananiers, le chapeau me protégeant parfaitement de la pluie toujours soutenue.&lt;br /&gt;Mamie nous a servi d'interprète pour causer avec la famille, ce qui n'était pas simple vu qu'elle est à moitié sourde. Le sujet principal de conversation que j'ai eu avec les Vietnamiens, c'est les enfants. Mamie leur a expliqué que j'étais la fille du couple qu'ils avaient vu six ans auparavant (ils s'en souvenaient bien et m'ont demandé avec affection de leurs nouvelles), que le Hobbit qui tuait tout le monde avec son pistolet en plastique derrière était à moi, et qu'un bébé (snif !) m'attendait chez mes parents.&lt;br /&gt;La conversation a continué sur le chapitre des enfants. D'après ce que j'ai compris des explication traduites par Mamie, c'est que le Vietnam met en place un politique de contrôle des naissances : les familles doivent être limitées à deux enfants. Mon cousin, le cuisinier, a eu un troisième enfant et a dû le cacher. Il devait s'acquitter d'une amende de 50€ (c'est lourd, pour un Vietnamien pauvre !) pour régulariser sa situation. Nous étions déjà en train de parler entre nous, en français, de lui donner l'argent, quand il nous a annoncé qu'il avait presque fini les formalités et l'aurait bientôt près de lui.&lt;br /&gt;C'est le genre de choses qu'on lit dans la presse en se félicitant de vivre dans un pays "civilisé" ; la frontière avec la fiction est floue. Mais être face à une personne qui vit ce genre de situation, qui plus est une personne de sa famille, même éloignée, ça fait bizarre. Je n'étais pas au bout de mes surprises.&lt;br /&gt;Nous avons commencé à parler de la jeune cousine qui tripatouillait son téléphone portable au bout de la table. Elle avait envie de se marier, ce qui provoquait les virulentes protestations de toute la famille qui l'encourageait à faire des études d'abord. Au Vietnam, les mère s'occupent de leurs enfants pendant un an au moins, et il doit être difficile de travailler dans ces conditions. Cependant, la famille avait peur pour elle : les disparitions de jeunes filles de son âge, enlevées sur la route de l'école, étaient nombreuses. Un trafic avait été organisé pour fournir des épouses aux Chinois : "ils n'ont plus de femmes, là-bas" a traduit Mamie. Tata s'est étonnée et je lui ai parlé du &lt;i&gt;gender gap&lt;/i&gt; en Inde et en Chine sous le regard approbateur des cousines qui, sans comprendre les mots, partageaient ma colère. Je suis toujours scandalisée de constater à quel point &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/04/le-sexisme-nest-pas-lapanage-du-pauvre.html"&gt;ce drame&lt;/a&gt; est méconnu des Occidentaux malgré son ampleur. Et là encore, j'ai eu un choc. J'ai regardé cette jolie fille au bout de la table, ma cousine, qui partageait son patrimoine génétique avec moi, qui partageait en héritage l'histoire d'une partie de ma famille avec moi, et j'ai réalisé que cette fille, qui aurait pu être moi si Mamie n'avait pas suivi Papy au bout du monde, était en danger. J'ai regardé ses beaux bras ronds à la chair ferme et j'ai songé avec effroi que ce corps charmant risquait à tout moment d'être vendu et exploité pour du pognon, à cause de cette culture de merde, ce patriarcat qui gangrène aussi notre société occidentale bien-pensante, qui conduit les parents à préférer les garçons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pluie n'a pas cessé de la journée. Nous n'avons pas pu aller au cimetière, puisqu'il était situé au sommet d'une colline ; pour y accéder, il faut emprunter un chemin boueux rendu impraticable par la pluie. Tant pis, j'ai vu les vivant, c'est l'essentiel !&lt;br /&gt;Ils nous ont raccompagnés au bus avec leurs parapluie. J'aurais aimé les serrer tous dans mes bras, mais je me suis abstenue, car je ne sais pas s'ils l'auraient apprécié. Je ne sais pas si je le reverrai un jour, mais, toute ma vie, je me rappellerai que, dans une petite ville du Vietnam, il y a une famille, ma famille, qui m'a accueillie comme une cousine perdue de vue, pas comme une étrangère débarquant chez eux, une famille qui élève des porcs et des poulets, qui répare des vélos, qui mange les bananes du jardin (chuis moins fière de mes fraisiers, du coup), et pour qui les drames du 20h ne sont pas de la fiction. Ce sont des gens francs, honnêtes et modestes, que j'ai aimés, tout naturellement, dès les premières secondes passées avec eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps de rattacher les enfants dans le bus et de faire comprendre au Hobbit que son pistolet faisait un bruit d'enfer que nous n'avions pas envie d'entendre en boucle pendant le trajet, nous étions déjà loin. &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%E1%BA%A3i_Ph%C3%B2ng"&gt;Hai Phong&lt;/a&gt; nous attendait.&lt;br /&gt;C'est la troisième ville de pays, après Ho-Chi-Minh Ville et Hanoi. C'est aussi un des ports les plus importants du pays. A l'époque coloniale, les Français s'y étaient massivement installés et avaient donné à la ville une grande importance stratégique. Mais tout ça a peu d'importance à mes yeux : Hai Phong est surtout la ville où Mamie a vécu la fin de son adolescence, où elle a rencontré mon Papy, et d'où elle s'est embarquée avec lui pour la France.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-wI76fDrQEOg/TkeELaRackI/AAAAAAAAAT4/ViNIm1IbDCQ/s1600/100_7474.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/-wI76fDrQEOg/TkeELaRackI/AAAAAAAAAT4/ViNIm1IbDCQ/s320/100_7474.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous nous sommes installés dans un &lt;a href="http://duyenhaihotel.com/news/scripts/about_us.asp"&gt;hôtel très sympa&lt;/a&gt;. Bon, là encore, les crépis avaient souffert et la salle de bains n'était pas belle à voir, mais on y était bien. Laissant Mamie se reposer, nous sommes sortis nous promener dans les rues aux trottoirs larges bordées de demeures coloniales et d'immeubles modernes. Nous sommes passés devant l'opéra, puis devant une église catholique devant laquelle des jeunes Vietnamiens jouaient au football. Sur la place de l'église, une fontaine ornée de dragon contrastait avec les statues d'ange sur l'escalier menant à une école catholique.&lt;br /&gt;Nous sommes ensuite allés dîner dans un restaurant à l'allure classe situé juste en face de notre hôtel. C'était visiblement un restaurant destiné aux groupes d'affaires en visite dans la ville, pas une gargotte à touristes. La moitié des plats étaient sur commande et ils ont eu l'air paniqué quand nous avons demandé un plat par personne, à la française. Le service a été chaotique, avec une partie des plats oubliée. Je soupçonne que certains plats ont été faits avec les moyens du bord, et pas suivant la recette conventionnelle, pour ne pas montrer qu'ils n'avaient pas su honorer toutes leurs commandes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une bonne mais trop courte nuit, et un petit déjeuner sympathique (un pho au réveil, c'est que du bonheur ! avec en prime la tête du reste du groupe qui me demande comment je peux manger &lt;i&gt;ça&lt;/i&gt; au petit déjeuner), nous avons repris la route.&lt;br /&gt;Le chauffeur a d'abord fait une halte devant l'église que nous avions trouvée la veille. Il s'avérait que cette église était celle que ma grand-mère a fréquenté dans sa jeunesse ! Son émotion était presque palpable, et, malgré mon agnosticisme, j'ai lâché ma petite larmette. &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-WCKw0mHv2Ws/TkeETgi6L3I/AAAAAAAAAT8/MUOfGiREa18/s1600/100_7476.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-WCKw0mHv2Ws/TkeETgi6L3I/AAAAAAAAAT8/MUOfGiREa18/s320/100_7476.JPG" width="240" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons fait un second arrêt au marché de Hai Phong. Si le marché de Hanoi est dans un bâtiment de plusieurs étages, le marché de Hai Phong est dans les rues. On y trouve principalement des denrées alimentaires (à gauche, un assortiment de pâtes), et surtout des fruits de mer et poissons en tout genres baignant dans des bassines en plastique. Les enfants ont adoré déambuler entre les crabes, les anguilles et les palourdes, malgré la chaleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, nous sommes partis pour la baie d'Halong.&lt;br /&gt;D'après notre guide, Ha Long signifie "le dragon descendu". La baie aurait été créée par un dragon descendu du ciel pour combattre un monstre marin. Les deux mastodontes auraient écrasé les rochers qui se trouvaient là pour laisser le paysage que l'on peut encore contempler aujourd'hui. Le dragon a bien sûr été victorieux ! Scientifiquement, a ajouté Viet, les rochers ont été créés par l'érosion. C'est nettement moins glamour, mais quand même impressionnant quand on y pense : quelle puissance, quel temps il a fallu pour sculpter ces formes ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons embarqué dans le port d'Halong sur une jonque privée à midi. La jonque était sur trois niveaux : en bas, trois cabines avec salle de bain, à l'étage, une petite terrasse avec quelques chaises, une salle de restaurant et deux cabines, et en terrasse, un petit salon avec des chaines longues. Nous avons été accueillis avec un jus d'ananas qui nous a fait un bien fou par cette chaleur.&lt;br /&gt;Après avoir pris possession de nos cabines (confortables, jolies, et climatisées), nous avons eu droit à un magnifique repas, principalement constitué de fruits de mer et de poisson. On ne leur a pas laissé beaucoup de restes.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-G5vIwq7DeRY/TkeFO9gGwYI/AAAAAAAAAUA/FCREysgO1Mw/s1600/100_7525.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-G5vIwq7DeRY/TkeFO9gGwYI/AAAAAAAAAUA/FCREysgO1Mw/s320/100_7525.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Pendant que nous mangions, le bateau s'est engagé entre les rochers. J'avoue avoir été un peu déçue par ma première vision de la baie : c'est des rochers, ils sont joli, mais on les a déjà vus sur des cartes postales... Et puis, au bout de quelques minutes, j'ai compris. C'est n'est pas seulement la beauté des rochers qui fait la splendeur de la baie, mais son immensité. On avance au milieu des rochers, puis d'autres, et encore d'autres, puis encore d'autre... jusqu'à perdre tout repère. On passe dans un autre monde, dans un monde où, à chaque mètre gagné, la perspective sur les rocs change et ceux-ci ont une apparence différente : rien n'est permanent, dans la baie d'Halong. A y regarder de plus près, les rochers sont creusés à leur base par les flots : c'est l'eau de mer qui, peu à peu, grignotté le calcaire pour sculpter de petites grottes où pourraient se nicher je ne sais quels animaux fantastiques.&lt;br /&gt;Le bateaux de touristes étaient nombreux, mais pas autant que je l'aurais imaginé (c'était peut-être la mauvaise saison ?). Nous avons croisé des barques de pêcheurs et des habitations flottantes où l'on garde les poissons dans des filets sous la maison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas combien de temps nous avons navigué avant d'accoster sur un des rochers. De nombreux bateaux étaient déjà amarrés et d'autres arrivaient derrière nous. Un escalier bondé de touristes nous a permis d'escalader le roc. Dans la foule, notre rythme était limité, et la montée est restée tranquille.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-VQ_fITcEdgo/TkeFibOtbhI/AAAAAAAAAUE/eWEo4NGY6JM/s1600/IMG_0837.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="239" src="http://2.bp.blogspot.com/-VQ_fITcEdgo/TkeFibOtbhI/AAAAAAAAAUE/eWEo4NGY6JM/s320/IMG_0837.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous sommes parvenus à une grotte creusée dans la roche. Dans une première salle, un petit lac aux reflets de saphir sommeillait. Un étroit boyau (gloups, faut pas être claustro !) nous a menés dans une seconde salle ornée de stalagmites et stalagtites de calcaire aux angles acérés. Un dernier couloir nous a permis d'atteindre la troisième salle, la plus grande. L'immensité de cette salle est inattendue si l'on songe aux dimensions du rocher que l'on perçoit del'extérieur. Du fond de la salle, on peut voir un rayon de lumière caresser la roche. Près de la sortie, une formation de calcaire prend la forme d'une tortue auprès de laquelle des offrandes en dongs ont&amp;nbsp; été déposés.&lt;br /&gt;La grotte était fraîche, mais à l'extérieur, il faisait très chaud. Un second escalier permet de rejoindre l'embarcadère : cette descente, bien que rapide, a été suffisamment longue pour que nous arrivions en sueur au bateau. Le personnel de bord nous attendait avec des serviettes humides pour nous rafraîchir : ce genre de petites attentions est sans prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-N8LMbFs308U/TkeIPsggfQI/AAAAAAAAAUI/WV7FQSVZkpk/s1600/100_7503.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://4.bp.blogspot.com/-N8LMbFs308U/TkeIPsggfQI/AAAAAAAAAUI/WV7FQSVZkpk/s320/100_7503.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons été ensuite conduits dans une crique où nous avons débarqué sur une plage. Nous nous sommes baignés dans cette eau à 27° dont les reflets verts rappellent vaguement Venise. Les enfants ont trouvé de petits débris de coraux dans le sable. J'ai eu une pensée pour ceux qui, au même moment, tentaient de se baigner sur les plages de France où il faisait si froid !&lt;br /&gt;A notre retour au bateau, le personnel avait encore prévu une petite attention qui fait mouche : une bassine d'eau pour nous rincer les pieds. C'est pas grand-chose mais ça fait vraiment plaisir. Nous sommes repartis, et j'ai pris ma douche dans la salle de bains de ma cabine, devant une petite fenêtre où je regardais défiler les paysages changeants de la baie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-g0ccvj2cOUE/TkeItLjHgdI/AAAAAAAAAUM/wzYuREObuEM/s1600/100_7521.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-g0ccvj2cOUE/TkeItLjHgdI/AAAAAAAAAUM/wzYuREObuEM/s320/100_7521.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Lorsque je suis sortie de la salle de bains, le bateau s'était arrêté dans la crique magnifique où nous devions passer la nuit. Je suis montée avec les enfants sur la terrasse pour profiter du crépuscule. Les adultes nous ont rejoints peu à peu et l'idée d'un cocktail s'est imposée comme une évidence. Nous avons pris une pina colada devant le soleil couchant.&lt;br /&gt;Le dîner a suivi, avec des crustacés et poissons accomodés différemment de ceux du repas de midi. Nous avons couché les enfants avant de nous installer sur le pont, dans la nuit seulement percée par les lumières des bateaux autour de nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains ont pu se lever à 5h du matin pour profiter du soleil levant sur la baie. J'ai préféré éviter, de peur de ne pas pouvoir me recoucher ensuite : une très longue journée nous attendait !&lt;br /&gt;Après un petit déjeuner somptueux, nous avons pris nos quartiers sur la terrasse pour profiter une dernière fois des paysages enchanteurs.&lt;br /&gt;A onze heures, tout était fini. Nous avons visité une usine de perles : quelques explications nous ont été données sur la récolte des perles et nous avons eu un quartier libre... dans la boutique. Nous avons ensuite mangé dans un restaurant un peu médiocre, avant de partir pour Hanoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux haltes nous ont été proposées sur la route.&lt;br /&gt;Nous avons d'abord fabriqué une fabrique de poteries traditionnelles. Près de l'entrée, des ouvrières peignaient des petits vases et ont donné aux enfants de la peinture et des vases. Plus loin, nous avons assisté au démoulage de pots en terre cuite : de l'argile encore souple a été donnée aux enfants pour qu'ils la manipulent. Nous sommes passés devant les fours sans oser nous y attarder (il faisait encore horriblement chaud !) et nous avons assisté à la peinture d'énormes pots. La dextérité des ouvrières, qui peignent des paysages merveilleux en 10 minutes, nous a stupéfiés. Là, Mamie a causé avec des ouvrières. J'aime la voir parler vietnamien avec tout le monde, avec délectation, et les gens l'accueillir avec une tendresse respectueuse (là où un Français froncerait les sourcils d'un air de se demander quand "la vieille" va le lâcher). Les ouvrières avaient reçu en cadeau par des touristes des pièces en euros et ne savaient qu'en faire : Mamie les a échangés contre des dongs. Nous avons fini la visite par la boutique où j'ai trouvé un chouette service à liqueur pour l'équivalent de 5€. Les enfants sont retournés à l'entrée de la fabrique pour rendre l'argile qu'on leur avait donnée et dont ils avaient fait des petits vases maladroits. A leur retour, ils m'ont annoncé fièrement que leurs vases avaient été mis au four. Les Vietnamiens sont vraiment adorables avec les enfants !&lt;br /&gt;La seconde halte nous a permis de déambuler dans une sorte de supermarché d'artisanat vietnamien. Vêtements en soie, sculptures sur bois, tableaux laqués, bijoux en jade, tout y était. On aurait sans doute pu trouve moins cher ailleurs, mais quand on trouve des choses qui plaisent...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes arrivés à Hanoi, mais nous ne sommes pas passés par la ville. Nous nous sommes directement rendus à l'aéroport d'où nous devions nous partir pour Hue. Nous avons laissé Mamie aux bons soins de Viet et nous somes engagés dans l'aéroport.&lt;br /&gt;Mon Hobbit s'est débrouillé comme un petit baroudeur aux contrôles de sécurité. Malheureusement pour lui, on lui a confisqué son pistolet lumineux et sonore : interdit dans l'avion ! J'ai eu du mal à le consoler, après tout c'était un cadeau de sa famille du Vietnam ! Décidément, au cours de ce voyage, il n'a pas eu de chance avec ses jouets...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-4-hue-et-hoi.html" target="_blank"&gt;La suite ici !&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-6405693072394643446?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/6405693072394643446/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-3-halong.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/6405693072394643446'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/6405693072394643446'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-3-halong.html' title='Voyage au Vietnam - 3. Halong'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-sBfQrdOE6eU/TkeDfKRIG4I/AAAAAAAAAT0/YLE2oW19SAQ/s72-c/100_7451.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-8316746768371951076</id><published>2011-08-13T11:07:00.006+02:00</published><updated>2011-08-21T22:58:50.134+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Voyages'/><title type='text'>Voyage au Vietnam - 2. Sapa</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voici la suite durécit de mon voyage au Vietnam. Pour la première partie, c'est &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-1-hanoi.html" target="_blank"&gt;* ici *&lt;/a&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes partis jeudi 28 juillet au soir pour Sapa, au nord du Vietnam. Il s'agissait de prendre un train de nuit pour Lao Cai, une ville frontalière, puis un bus pour Sapa, par une route de montagne au milieu des rizières. Le lendemain, nous devions reprendre le bus, cette fois pour Bac Ha, où s'installe un très grand marché. Le dimanche soir, nous devions reprendre le train de nuit de Lao Cai à Hanoi. La bonne nouvelle, c'est que Sapa étant en altitude, il y ferait plus frais qu'à Hanoi. Mamie est restée à Hanoi, pour ne pas être fatiguée par l'excursion. Ses amis ont bien pris soin d'elle ; je sais qu'ils sonnent régulièrement à sa porte avec des victuailles diverses et de quoi faire du thé, veillant à ce qu'elle mange et boive bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;Le train de nuit a été une excellente surprise. Nous disposions de trois cabines à quatre couchettes, propres, solides et confortables. Elles étaient exigües, mais puisqu'on allait dormir et pas faire un match de tennis, c'était suffisant. Pour l'anecdote, notre billet indiquait que nous disposions de "couchettes molles". J'ignore à quoi ressemblent les "couchettes dures" si elles existent, mais j'imagine des planches de bois et je plains les usagers.&lt;br /&gt;Malgré une installation optimale des cabines, la nuit a été difficile. Le train nous a rudement secoués et faisait régulièrement des arrêts brutaux. La climatisation était réglée à fond, nous avions froid (ce dont je ne me suis pas trop plainte, vu comme j'avais eu chaud à Hanoi). Et puis je me suis mise à penser à mon Lutin, et mon coeur s'est serré. Les retrouvailles étaient loin.&lt;br /&gt;Le réveil a été difficile. Une musique vietnamienne a été diffusée dans les haut-parleurs grésillants du train et les contrôleurs ont ouvert les cabines pour nous pousser à nous préparer. Nous avons remballé nos affaires, un peu stressés, et nous nous sommes rassemblés dans le couloir en faisant gaffe de ne pas perdre les gamins dans la cohue.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-M9aQAqyTAb8/TkY1Z9T29fI/AAAAAAAAATE/zL7hmSOnxkU/s1600/100_7330.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://3.bp.blogspot.com/-M9aQAqyTAb8/TkY1Z9T29fI/AAAAAAAAATE/zL7hmSOnxkU/s320/100_7330.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Viet nous a embarqués dans un minibus et nous avons immédiatement pris la direction de Sapa. Les paysage que nous voyions de la route étaient grandioses. Les montagnes aigües, les vallées encaissées, les rizières en terrasse bordées de canne à sucre... Il était 5h du matin, nous étions fatigués de notre nuit, les enfants s'endormaient doucement à l'arrière du bus.&lt;br /&gt;Et puis là, j'ai réalisé que nous avions oublié Doudou dans le train. Arg. Hobbit nous a entendus en parler sans réagir : il était trop fatigué. Moi, j'ai craqué et fondu en larmes. C'était la goutte d'eau qui fait déborder le vase. J'avais dans les pattes trois années professionnellement difficiles, le stress des concours de recrutement, le stress de ma prise de poste, la peine d'avoir laissé mon bébé, le stress du départ, les deux jours alitée sans pouvoir profiter du voyage et une nuit très difficile. Doudou faisait un peu partie de la famille, mon Hobbit l'aimait énormément et je craignais sa réaction lorsqu'il comprendrait qu'il ne reverrait jamais son Doudou. A titre personnel, je m'étais attachée à cette peluche que je câlinais en l'absence de mon fils. Depuis 4 ans, il nous avait accompagnés partout, on avait failli le perdre plusieurs fois, et là, c'était fini. Je me maudissais et j'étais inconsolable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes arrivés finalement à Sapa. Comme celles de Lao Cai,&amp;nbsp; les rues de Sapa m'ont frappée par leur caractère propre et net, contrairement à Hanoi où les façades sont passablement défraîchies et peu entretenues. &lt;a href="http://royalviewsapa.vn/Trang-chu.vtn" target="_blank"&gt;Notre hôtel &lt;/a&gt;était bien mieux qu'à Hanoi, de décoration sobre pour ne pas dire minimaliste, mais confortable. Nous sommes allés prendre une douche dans une salle de bains un peu défraîchie. Le Hobbit a alors réalisé la perte de son Doudou et a pleuré à fendre l'âme. Nous lui avons raconté nos propres pertes et nous lui avons promis une montagne de cadeaux (ce que mon porte-monnaie regrette aujourd'hui). Nous sommes ensuite allés un excellent petit déjeuner au cours duquel nous avons lutté pour  faire prendre au Hobbit une pilule de Malarone (anti-paludisme). C'était une bien dure journée qui commençait pour mon petit loup !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes partis en randonnée. Je ne suis pas sportive du tout mais la marche ne me fait pas peur. Je craignais un peu d'avoir été affaiblie par mon malaise des jours précédents, mais la matinée s'est bien passé.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/Black_hmong_women_sapa_vietnam_1999.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="221" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/Black_hmong_women_sapa_vietnam_1999.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Sapa est le territoire des Hmongs "noirs". Cette ethnie doit son nom au costume bleu marine traditionnel des femmes Hmong (photo Wikimedia à droite).&lt;br /&gt;A notre descente du bus, nous avons été accueillis chaleureusement par des femmes Hmong en costume. La route descendait rapidement vers leur village et elles sont descendues avec nous, veillant à ce que nous ne butions pas sur les pierres, nous causant dans un français approximatif mais fort compréhensible. C'était très sympathique, mais pas gratuit : à la première halte, elles nous ont assaillis pour nous vendre des produits d'artisanat : sacs teintés et brodés par leurs soins, bracelets, housses de coussin... Toutes nous entouraient en répétant d'un air geignard "buy to meeeee". J'ai acheté deux bracelets à l'une d'entre elle (celle qui avait un bébé dans le dos, tant qu'à choisir) et nous sommes reparties. Une femme est restée à marcher près de moi en m'appelant "copine". Elle ne m'a pas quittée et sa ténacité m'a convaincue : je lui ai acheté un sac qui, finalement, m'a servi tout au long du voyage. &lt;br /&gt;Nous voyions des femmes, des filles, quelques vieillards dans les boutiques, mais pas d'hommes. Mon mari a donc demandé à Viet où ceux-ci se trouvaient, et où ils travaillaient. Viet a éclaté de rire : "Ils travaillent au bistrot !". &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-kVZpqd2AR8Y/TkY1rlPJzpI/AAAAAAAAATI/CsffXeH3TQM/s1600/100_7342.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://4.bp.blogspot.com/-kVZpqd2AR8Y/TkY1rlPJzpI/AAAAAAAAATI/CsffXeH3TQM/s320/100_7342.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons traversé des rizières pour parvenir au village Hmong. Nous avons croisé des bufles et des porcs. Sur le côté de la route, un ruisseau faisait ingénieusement basculer périodiquement un pilon pour la farine de riz. Des boutiques d'artisanat Hmong bordaient la route, mais le rythme imposé par Tonton nous interdisait de nous y arrêter. Après avoir traversé un pont suspendu, nous avons fait une pause dans un bar surplombant une rivière où se baignaient des enfants. Un bufle les a rejoints et mon Hobbit a contemplé, sidéré, les enfants à la peau brunie par le soleil montés sur le dos ruisselant de la bête qui cheminait benoîtement. Mon gamin, qui a peur de l'eau et des animaux, avait l'air de découvrir un autre monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-xA4q8DVnMkA/TkY3Y6zyacI/AAAAAAAAATY/-K9jNDTBF2g/s1600/IMG_0772.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="239" src="http://1.bp.blogspot.com/-xA4q8DVnMkA/TkY3Y6zyacI/AAAAAAAAATY/-K9jNDTBF2g/s320/IMG_0772.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous sommes revenus à Sapa pour le déjeuner. Notre guide nous a emmenés dans un restaurant où un menu était déjà prévu : une demi-douzaine de plats étaient placés au milieu de la tablée, chacun se servant selon ses envies. On a commencé par une soupe de potiron, suivie de nems, puis de trois plats de poisson et viande accompagnés de riz blanc et de légumes. Le repas s'est terminé par un assortiment de fruits exotiques. Tout était très bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons ensuite rejoint notre hôtel pour une courte sieste (Hobbit a de nouveau pleuré son Doudou) avant de repartir pour une seconde randonnée. La précédente s'étant très bien passée, je me suis jointe au groupe avec confiance, bien qu'on m'aie annoncé une marche avec montée et descente. Monter et descendre, c'est quand même pas la mer à boire, et je n'ai pas peur de me fatiguer.&lt;br /&gt;Nous avons d'abord traversé le marché. Dans la pénombre de l'espace couvert s'étalaient pêle-mêle des fruits et légumes que j'aurais bien été en peine d'identifier, des articles de vannerie charmants (ah, si les valises avaient été assez grandes !)... Au milieu des viandes, nous avons vu du chien, ce qui ne nous a guère surpris car nous en avions déjà entendu parler. Ce qui m'a secouée, c'est de voir la tête du chien, figée dans une expression horrifiante, exposée à côté du panier contenant le reste de son corps. Bouffer du chien, d'accord, mais exposer son cadavre comme une curiosité, je ne peux pas l'accepter.&lt;br /&gt;A la sortie du marché, la route descend en pente abrupte vers la vallée. Le goudron laisse vite la place à la terre battue cabossée par les lourds véhicules de construction qui font pousser les hôtels de luxe. Mes jambes ont vite commencé à me faire mal, mais peu importe, c'était si beau ! J'ai marché lentement, à mon rythme, me laissant distancier : il vaut mieux marcher seule que forcer l'allure et ne pas pouvoir finir.&lt;br /&gt;Au bout de quelques minutes, nous avons tourné pour prendre un escalier. J'ai alors réalisé que le "ça monte et ça descend pas mal" qu'on m'avait annoncé n'était qu'un euphémisme masquant une descente vertigineuse sur plusieurs centaines de mètres, par un escalier aux marches hautes et inégales constitué de pierres arrachées par endroits. Les sportifs de la famille étaient déjà loin devant, hors de portée de voix. Nous avons traversé un village, aperçu des boutiques vendant l'artisanat local, des buvettes, sans pouvoir s'arrêter. Et assez rapidement, je me suis retrouvée bloquée, les deux mollets tétanisés, au bord de tomber de l'escalier. C'était assez déprimant : quoique je fasse, malgré mes nombreuses tentatives pleines de bonne volonté (en général, quand je le dis, on ne me croit pas, mais c'est vrai, pourtant !), mon corps ne suit pas, et je me retrouve éternellement dans le rôle du boulet gémissant au milieu d'un groupe qui arrive à tout sans effort, dont certains lèvent les yeux au ciel, excédés par mes demandes d'aide qu'on prend pour des simagrées de feignante, comme si je faisait exprès de ne pas y arriver pour emmerder le monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-irgp4ma6JjM/TkY2HwqScEI/AAAAAAAAATQ/gPx6X63QSTc/s1600/100_7358.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-irgp4ma6JjM/TkY2HwqScEI/AAAAAAAAATQ/gPx6X63QSTc/s320/100_7358.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Viet est venu à mon secours en me donnant un bâton de bambou pour conserver mon équilibre. J'ai donc pu descendre jusqu'en bas, lentement. Là, les enfants s'ébattaient dans un ruisseau qu'on traverse par un pont suspendu. D'habitude, j'ai la trouille de ce genre de pont, mais là, j'avais autre chose à penser. J'ai pu m'asseoir devant une sublime cascade en attendant les enfants. Un vrai bonheur. &lt;br /&gt;Nous sommes repartis, j'étais à peu près requinquée. J'ai pris soin d'adopter un rythme de marche régulier, tout en profitant quand même un peu du paysage. Nous longions le torrent qui déroulait ses rubans argentés en contrebas. Des rochers brisaient le flux du torrent, donnant naissance à des tourbillons écumeux étincelant au milieu de la végétation luxuriante.&lt;br /&gt;Après un second pont suspendu très haut au-dessus du torrent (ne pas penser, ne pas hésiter, ne pas regarder en bas, ne pas glapir, t'as déjà été assez ridicule !), nous avons trouvé des motos qui nous attendaient pour nous faire remonter en ville. J'ai beau être trouillarde, détester la vitesse, et avoir un très mauvais équilibre, j'adore faire de la moto. Pour une fois, je n'ai pas fait mon boulet, je suis montée sur la bécane derrière un conducteur inconnu (mais à la conduite très souple, c'est très agréable) pour remonter à pleine vitesse sur un sentier longeant un précipice. Nous avons été déposés au marché que nous avons traversé de nouveau pour regagner l'hôtel.&lt;br /&gt;Mes hommes ont pris leur douche et j'ai eu la merveilleuse surprise de trouver, en entrant dans la salle de bains pour me laver à mon tour, un bain préparé pour moi par mon mari adoré. Ah ! Si je pouvais épouser cet homme plusieurs fois ! J'ai mariné comme un sachet de thé avant de rejoindre le groupe sur la terrasse de l'hôtel où ils prenaient un cocktail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons dîné dans un restaurant à l'extrémité de la ville. Le repas a commencé par un petit fou rire : on nous a servi, en premier plat, une soupe de potiron, comme à midi. Il en faut peu pour faire rire un groupe fatigué. Le reste du repas s'est déroulé comme à midi, avec de nombreux plats, du riz, des légumes sautés, et des fruits. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'appréhendais la première nuit sans Doudou, mais ça s'est bien passé : Hobbit a pleuré au début, mais j'ai fini par comprendre qu'il en rajoutait pour ne pas avoir à dormir. Après une petite remontrance, il est tombé dans les bras de Morphée.&lt;br /&gt;Au matin, après le petit déjeuner au cours duquel mon Hobbit a pris bravement sa Malarone, le groupe est parti pour une nouvelle balade dans un jardin perché au-dessus de la ville. Pour y accéder, il fallait gravir un long escalier, ce que mes jambes perclues de courbatures refusaient d'envisager. Je suis restée à l'hôtel, tentant de dormir un peu, entre mes crises de déprime en pensant à mon bébé loin de moi, à Doudou, et à ma profonde nullité.&lt;br /&gt;Le groupe est passé me prendre pour manger. Il semble que le jardin aie été superbe et qu'ils aient assisté à un spectacle de danse très sympa. Faut toujours que je loupe les trucs cool.&lt;br /&gt;Le troisième repas de Sapa a, de nouveau débuté par une soupe au potiron. Cette fois, on n'a plus ri du tout. La suite, cependant, était aussi bonne et variée que d'habitude.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-cWOGgsZLIjY/TkY2vBLm2jI/AAAAAAAAATU/6qw7hxpqu1g/s1600/IMG_0779.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="239" src="http://3.bp.blogspot.com/-cWOGgsZLIjY/TkY2vBLm2jI/AAAAAAAAATU/6qw7hxpqu1g/s320/IMG_0779.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons rendu les chambres et sommes repartis en bus pour Bac Ha, en passant par Lao Cai et les splendides routes de montagne. Le trajet a duré trois heures, et nous avons fait une pause dans un bar où un singe en cage a beaucoup amusé les enfants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Viet n'aime pas trop Bac Ha. A l'entendre, c'est sans intérêt. Nous n'étions là que pour le marché qui a lieu le week-end : c'est le plus grand marché de la région. Il nous a emmené dans &lt;a href="http://letoilevietnam.com/fr/hotels/detail/hotel-cong-fu/" target="_blank"&gt;notre nouvel hôtel&lt;/a&gt;, un très bel établissement pour ses deux étoiles. Nous y avons pris notre repas du soir : une soupe de pommes de terre (ah ! enfin de la variété !), des frites (les adultes ont un peu râlé, on n'est pas venus jusque là pour manger comme à Lille, mais les gosses étaient ravis), des brochettes de boeuf enveloppé dans des feuilles délicieuses, du poisson, du porc, du riz, des légumes sautés et des fruits. Après une bonne douche (oh ! un fil électrique dénudé qui pend au-dessus de la baignoire !), la nuit a été douce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-ske4AgfXk1o/TkY4PQtPCgI/AAAAAAAAATc/X4LYDUjo5Ss/s1600/100_7391.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://3.bp.blogspot.com/-ske4AgfXk1o/TkY4PQtPCgI/AAAAAAAAATc/X4LYDUjo5Ss/s320/100_7391.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;A Bac Ha, on croise aussi des Hmongs en tenue traditionnelle qui tentent de vendre leurs colifichets, mais ce sont les Hmongs "fleuris". Les costumes sont brodés de motifs multicolores exécutés au point de croix. Elles déambulent dans les rues et entre les étals du marché, chargées comme des mulets de marchandises à refiler aux touristes.&lt;br /&gt;Le marché est immense. Les vendeurs sont regroupés par zone : une zone de boucherie, une zone de fruits et légumes, une zone droguerie... Les marchands d'animaux, eux aussi, étaient regroupés : une zone pour les poules, une pour les porcs, une pour les canards, une pour les chiens, une pour les bufles (ci-contre, des Hmongs fleuris au milieu des buffles à vendre), une pour les chevaux... Déambuler au milieu des bêtes est impressionant. Les petits animaux (volaille et porcelets) sont emportés dans des cages de bambous qui sont fixées sur le porte-bagage des motos. Les porcs couinent et ce débatent, ce qu'on ne peut pas leur reprocher en songeant à ce qui les attend. A la sortie du marché, nous avons trouvé une zone artisanale où nous avons acheté des nappes, des tentures, et un dragon brodé pour le Hobbit qui a eu un coup de foudre. Après une courte mais violente averse au cours de laquelle une vendeuse nous a accueillis sous sa bâche, nous avons repris le chemin de l'hôtel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-4zQGMX7m_GM/TkY4Yh_HvQI/AAAAAAAAATg/ikwlDJOiZqg/s1600/100_7400.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/-4zQGMX7m_GM/TkY4Yh_HvQI/AAAAAAAAATg/ikwlDJOiZqg/s320/100_7400.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons de nouveau mangé à l'hôtel (un repas débutant par une soupe au maïs qui n'a pas vraiment eu de succès) avant de partir. Nous nous sommes arrêtés pour visiter &lt;a href="http://www.lotussia-travel.com/le-palais-de-hoang-a-tuong-roi-des-hmong-a-bac-ha/"&gt;le palais du roi des Hmongs&lt;/a&gt;, bâti par les colons français pour s'assurer sa coopération. Le palais est magnifique bien que la peinture jaune (le jaune colonial que l'on retrouve partout) s'écaille. Cette décrépitude donne paradoxalement un air magique au lieu, on se sent invité dans un palais perdu, caché, et ça fait rêver : si je l'achetais, si je le redécorais, si j'y vivais, si j'en faisais un hôtel...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-RpmoobtoKPo/TkY4k2X_eKI/AAAAAAAAATk/n81XGvGtZnQ/s1600/100_7404.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-RpmoobtoKPo/TkY4k2X_eKI/AAAAAAAAATk/n81XGvGtZnQ/s320/100_7404.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons ensuite repris la route pour un village où nous devions embarquer pour une courte croisière sur une rivière. Le bus nous a déposés à 2 km du village. En chemin, nous avons croisé des habitations isolées d'où des enfants nous interpelaient avec une joie ingénue : "Hello ! Hello !". Il y avait des bufles (et plein de bouses sur la route) et Tata nous a fait découvrir la sensitive, une petit plante qui ne paie pas de mine mais qui se replie quand on l'effleure du doigts. Les enfants étaient fascinés (et moi aussi d'ailleurs). Les petits ont ramassé une feuille de bananier qu'ils ont agitée comme un drapeau. Il en faut peu pour s'amuser ! &lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-_qKItjke0pk/TkY4ve5PxnI/AAAAAAAAATo/8IZrlIt87LI/s1600/100_7415.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/-_qKItjke0pk/TkY4ve5PxnI/AAAAAAAAATo/8IZrlIt87LI/s320/100_7415.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Lorsque nous sommes arrivés au village, il s'est mis à tomber des cordes. Le guide nous a conduits au centre culturel local (une petite maison avec des chaises et une table, quoi) pour nous abriter. La pluie est passée vite : les averses de l'été sont violentes, mais brèves. Nous sommes donc repartis sur la route maintenant boueuse vers la rivière. Nous avons croisé, au passage, un temple charmant (je kiffe les dragons sur les toits), une mare pleine de lotus superbes mais malheureusement entourée d'un chemin carrelé rendu glissant par la pluie, et des rizières où travaillaient des Vietnamiennes qui n'ont pas trop apprécié qu'on les regarde.&lt;br /&gt;Après une descente acrobatique sur une pente boueuse au cours de laquelle nous avons pu voir un buffle nous doubler avec une dextérité épatante, nous avons atteint l'embarcadère. Nous sommes montés dans deux bateaux actionnés par des moteurs qui émettaient un bruit de tondeuse à gazon. La traversée m'a paru courte tant elle était agréable.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-3aIIj40teL0/TkY5P_O7gRI/AAAAAAAAATs/8mGtKzE__RI/s1600/100_7443.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://3.bp.blogspot.com/-3aIIj40teL0/TkY5P_O7gRI/AAAAAAAAATs/8mGtKzE__RI/s320/100_7443.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous sommes descendus dans un autre village, et nous avons retrouvé le bus sur le parking du bar où, à l'aller, nous avions vu le singe en cage. Il était toujours là, à la grande joie des enfants.&lt;br /&gt;Nous sommes repartis pour Lao Cai. Sur la route, nous nous sommes arrêtés pour visiter une plantation de thé vert, puis, à Lao Cai, nous avons jeté un oeil sur la Chine, juste de l'autre côté d'une rivière qui marque la frontière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes arrivés très tôt à Lao Cai. Nous avions de longues heures à tuer avant de reprendre le train de nuit pour Hanoi. Nous les avons passées dans un restaurant, avec des bières et un bon repas. Les enfants ont beaucoup joué, et mon Hobbit a profité de son dragon tout neuf qu'il a commencé à appeler son nouveau Doudou.&lt;br /&gt;Nous avons repris le train, dans la même cabine qu'à l'aller. Mon mari a tenté de chercher Doudou, sans succès : trois jours s'étaient écoulés, il ne fallait pas trop rêver...&lt;br /&gt;Le retour en train m'a paru moins pénible qu'à l'aller. Peut-être qu'il n'y avait pas de surprise, que j'avais pu un peu lâcher la pression... Nous sommes arrivés à l'aube à Hanoi où il faisait plus frais qu'à notre départ : un typhon était passé par là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-Fw70n3OPeHc/TkY5zbW3AeI/AAAAAAAAATw/njO5Ec0JXSQ/s1600/IMG_0810.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="239" src="http://4.bp.blogspot.com/-Fw70n3OPeHc/TkY5zbW3AeI/AAAAAAAAATw/njO5Ec0JXSQ/s320/IMG_0810.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;Viet nous a ramenés à l'hôtel en taxi. L'hôtel, le même que nous avions quitté, a eu du mal à nous donner les chambres que nous avions réservées, et nous nous sommes retrouvés, mon mari, mon Hobbit et moi, dans une chambre pour deux personnes en attendant. Nous y avons pris une douche dans une salle de bains dans un état parfait (sans doute la seule de l'hôtel) et avons dormi entassés. La climatisation fonctionnait et nous étions si fatigués que ça n'a posé aucun problème. &lt;br /&gt;Nous avons ensuite retrouvé Mamie pour manger. Elle était en forme, et nous a raconté la violence du typhon. La journée s'est déroulée tranquillement, avec une balade au marché de Hanoi (c'est immense !). Au menu du midi : tofu aux noix de cajou ; au menu du soir : bahn cuon (photo ci-contre) pris chez une cuisinière de rue et dégustés dans le hall de l'hôtel de Mamie. Le tout arrosé de Tiger beer, bien sûr !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-3-halong.html" target="_blank"&gt;La suite ici !&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-8316746768371951076?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/8316746768371951076/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-2-sapa.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8316746768371951076'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8316746768371951076'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-2-sapa.html' title='Voyage au Vietnam - 2. Sapa'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-M9aQAqyTAb8/TkY1Z9T29fI/AAAAAAAAATE/zL7hmSOnxkU/s72-c/100_7330.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-592315338487404765</id><published>2011-08-11T15:25:00.004+02:00</published><updated>2011-08-21T22:59:17.421+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Voyages'/><title type='text'>Voyage au Vietnam - 1. Hanoi</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Me voilà de retour de mon voyage au Vietnam et, comme promis, voilà le récit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e2/Vm-map.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e2/Vm-map.png" width="185" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous sommes partis en famille, à 10.&lt;br /&gt;Il y avait d'abord Mamie. Ma grand-mère adorée est née au Vietnam il y a bientôt 80 ans. Après une enfance et une jeunesse mouvementée, elle a épousé mon grand-père, un militaire français, et l'a suivi en France après la débâcle de Dien Bien Phu. Mon grand-père n'est maintenant plus de ce monde. Mamie a mis au monde 6 enfants, et elle a maintenant 11 petit-enfants et 4 arrière-petits-enfants. Elle veille sur sa smala comme une louve tendre et protectrice. Il est impossible de ne pas l'aimer ! Elle retourne au Vietnam régulièrement et elle a des copains à Hanoi comme dans la ville où elle est née.&lt;br /&gt;Il y avait aussi Tonton et Tata. Tata est la dernière fille de Mamie, la soeur de ma mère. Elle est une mère de famille attentive qui adore les petits, et elle est très attachée à ses racines vietnamiennes. Tonton est un &lt;i&gt;pater familias&lt;/i&gt; alliant d'excellentes qualités sportives à un esprit brillant. C'était leur quatrième voyage au Vietnam et c'est eux qui l'avaient organisé.&lt;br /&gt;Les 3 filles de Tonton et Tata, mes cousines germaines si vous avez bien suivi, étaient aussi du voyage. Ces adorables petites filles ont de 5 à 11 ans, et je les aime de tout mon coeur.&lt;br /&gt;Tonton a emmené son petit frère Sam, un artiste à l'humour décapant. Nous le connaissons depuis quelque temps déjà et nous étions ravis de le voir se joindre à nous.&lt;br /&gt;Nous n'avons pas emmené le Lutin, pour lui éviter un voyage long et éprouvant dont il ne garderait pas vraiment de souvenir : nous l'avons laissé chez mes parents. Ceux-ci étaient allés au Vietnam quelques années auparavant et en avaient gardé un souvenir ému. Nous n'étions donc que 3, Chéri, Hobbit et moi. J'ai violemment étouffé ma peine en laissant mon bébé pour deux longues semaines et je suis partie, comme anesthésiée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='more'&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-uF4I2THZ8zc/TkPR-8h-fYI/AAAAAAAAASs/ioLcyHNHO4I/s1600/IMG_0759.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-uF4I2THZ8zc/TkPR-8h-fYI/AAAAAAAAASs/ioLcyHNHO4I/s320/IMG_0759.jpg" width="239" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Nous avons donc laissé Paris derrière nous, lundi 25 juillet. C'était la première fois que mon Hobbit prenait l'avion (Doudou aussi - voir la photo ci-contre), et il en rêvait : il a passé tous les contrôles avec sérieux et application. Nous avons volé avec Aeroflot, avec escale à Moscou, et j'ai beaucoup apprécié les services de la compagnie. &lt;br /&gt;Nous sommes arrivés à Hanoi mardi matin, après une nuit dans l'avion plutôt difficile, sauf pour le Hobbit qui a dormi&amp;nbsp; 9 heures, soit pendant tout le vol Moscou-Hanoi. J'étais fatiguée, j'avais envie de descendre, et je ne pensais à me dégourdir les jambes, pas au voyage. Les écrans vidéos, au cours de l'atterrissage, montraient tous les images capturées par les caméras situées autour de l'avion pour nous permettre de suivre la manoeuvre. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que j'ai réalisé que le paysage que j'avais sous les yeux étaient ma première vision du Vietnam. Ma gorge s'est serrée. Enfin, j'y étais, je voyais et je survolais ce pays dont j'entendais parler depuis toujours. C'était là où ma Mamie chérie était née, là où mon Papy l'avait aimée, là où mes ancêtres reposent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous savions qu'en été, il faisait un temps très chaud et humide à Hanoi, mais la descente de l'avion a été rude. Entre le savoir et le vivre, il y a une différence ! A la sortie de l'aéroport, Viet, un guide que Tonton et Tata connaissent bien, nous attendait. Il nous a immédiatement embarqués dans un minibus climatisé (béni soit l'inventeur de la clim). Le trajet entre l'aéroport et Hanoi dure une petite heure. J'ai dévoré le paysage des yeux : les bananiers, les reflets rosés du Fleuve Rouge, les habitations étroites, hautes et profondes, les motos, les rizières, les chapeaux côniques et les paniers portés sur un bâton sur l'épaule (ci-contre). Tata a remarqué que la circulation était légère et Viet lui a répondu que les Vietnamiens restaient chez eux pour éviter la chaleur. Ben oui, il n'y a que ces imbéciles de touristes pour se balader par ce temps, ai-je songé avant de m'endormir.&lt;br /&gt;Je me suis réveillée devant l'hôtel. Sur &lt;a href="http://www.hanoiroyalhotel.com/Hanoi-Royal-1-Hotel" target="_blank"&gt;leur site&lt;/a&gt;, le Royal Hôtel était alléchant, mais nous avons vité déchanté. L'attribution des chambres a été très longue, car l'hôtel n'arrivait pas à donner des chambres où les petites seraient proches de leurs parents. Les chambres étaient loin d'offrir les prestations vantées sur le site internet. La peinture était défraîchie, la décoration vieillotte, les meubles usés, les draps tachés et déchirés par endroits, les rideaux un peu arrachés, la climatisation poussive (lorsqu'elle daignait fonctionner), les salles de bains peu fonctionnelles avec un carrelage aux joints brunis. Nous nous sommes douchés vite fait sans eau chaude avant de nous coucher dans les chambres étouffantes où la climatisation n'avait pas encore pu chasser la chaleur.&lt;br /&gt;Mamie, elle, avait appelé la veille de notre départ &lt;a href="http://newhanoian.xemzi.com/en/venue/show/626/Thang-Long-Hotel-I" target="_blank"&gt;l'hôtel où elle avait ses habitudes&lt;/a&gt;. Il était dans la même rue que le nôtre, à 100 mètres, mais comme il n'offrait pas de petit-déjeuner, nous avions tenté l'autre (ce que je commençais déjà à regretter). L'hôtel était propret, tenu par des gens adorables qui avaient viré un client d'une chambre au premier étage pour la donner à Mamie. Au Vietnam, on respecte et on prend soin des aînés, et le personnel de l'hôtel chouchoutait ma grand-mère.&lt;br /&gt;Nous l'avons laissée se reposer (elle n'avait presque pas dormi dans l'avion) et nous nous sommes réunis à 14h dans le hall de l'hôtel (enfin, le couloir de l'entrée où le bureau d'accueil avait été placé). Nous sommes sortis profiter de Hanoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-rbod6dWjzvg/TkPUfy_NtsI/AAAAAAAAAS8/fA9reuvErzo/s1600/100_7318.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/-rbod6dWjzvg/TkPUfy_NtsI/AAAAAAAAAS8/fA9reuvErzo/s320/100_7318.JPG" width="240" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Il n'y avait toujours pas grand-monde dans les rues écrasées de chaleur. Quelques Vietnamiens attendaient les clients sur le seuil de leurs boutiques pour touristes, installés avec des ventilateurs pussiéreux sur des tabourets en plastique. Les maisons sont décrépies, et des odeurs pas très agréables s'échappent des portes ouvertes. Par endroits, les rues sont surplombées de paquets de câbles électriques emmêlés et connectés de manière peu orthodoxe.&lt;br /&gt;Nous avons traversé quelques rues pour nous rendre à la banque. La traversée d'une rue à Hanoi, au milieu des motos, c'est une aventure à part entière. Il faut connaître le truc : malgré la peur paralysante à l'approche d'un véhicule lancé à plein vitesse, il faut avancer à allure constante. Les conducteurs peuvent ainsi anticiper le trajet du piéton et l'éviter. Un concert de klaxons se fait entendre, signifiant à celui qu'on croise qu'on l'a vu. Le klaxon est plus proche d'un salut que de l'avertissement rageur qu'on Parisien émettrait. Les conducteurs vietnamiens sont calmes et ne râlent pas. Ca change.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-L6X1OGIRj6U/TkPSmX7rrlI/AAAAAAAAASw/nL4o9FxDQ3c/s1600/100_7251.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-L6X1OGIRj6U/TkPSmX7rrlI/AAAAAAAAASw/nL4o9FxDQ3c/s320/100_7251.JPG" width="240" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Après avoir changé nos devises à la banque (youhou, on est millionnaires !... en dongs...), nous nous sommes dirigés vers un restaurant climatisé, l&lt;a href="http://www.tripadvisor.com.au/Restaurant_Review-g293924-d2067958-Reviews-City_View_Cafe-Hanoi.html" target="_blank"&gt;e City View&lt;/a&gt;, qui surplombe le quartier. Nous ne pouvions plus rester dehors ! Nous n'avions pas mangé et avons pris quelques plats malgré l'heure tardive. J'ai goûté des crevettes au curry, un peu trop piquantes à mon goût (j'aurais dû y penser avant des commander !) mais délicieuses. On a goûté à la Tiger beer (photo à gauche), qui restera notre favorite jusqu'à la fin du séjour. Les enfants se sont amusés à regarder l'aquarium qui ornementait la pièce sous le regard attendri des serveuses. Les Vietnamiens adorent les enfants et craquent devant les petits Européens comme nous pouvons devenir gâteux devant un bébé asiatique. Ils manisfestent leur affection par des câlins et des caresses qu'ils prodiguent aux petits même s'ils ne les connaissent pas, ce qui surprend au début. J'ai trouvé le moyen de m'endormir sur la table. Je commançais à me sentir franchement mal : frissons, courbatures, maux de tête, vertiges... Nous sommes de nouveau rentrés à l'hôtel pour profiter de sa relative fraîcheur avant le dîner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes passés chercher Mamie pour dîner. Pas question de nous fourvoyer dans les gargottes à touristes, nous voulons manger comme les Vietnamiens. Ceux-ci mangent quand ils peuvent, à toute heure. D'innombrables vendeurs de plats variés sont installés dans les rues à même le trottoir. Il y a aussi beaucoup de petits restaurants, proposant un plat unique ou en nombre réduit, dont un en face de l'hôtel de Mamie où nous nous sommes attablés. Dans ce restaurant à l'apparence crasseuse et aux murs lépreux, nous avons dégusté un succulent bun tranh (impossible de retrouver l'orthographe exacte). Il s'agit d'une soupe de buns (vermicelles de riz), avec des raviolis, de la viande, et des crevettes. Mamie a commandé pour nous en vietnamien avec sa voix d'ancienne respectée et s'attendant à être immédiatement obéie. Elle a veillé à ce que tout le monde soit servi et puisse manger jusqu'à satiété, nous couvant de son regard de louve., alors que la serveuse remuait ciel et terre pour la satisfaire. Avec la chaleur et mes maux de tête, j'avais du mal à manger. Le restaurant nous a fourni du Coca et des bières qui n'étaient pas frais, ça n'a pas aidé. La patronne nous a proposé des glaçons, mais nous avons craint que notre organisme ne puisse pas tolérer les glaçons issus de l'eau du robinet vietnamienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-UG3uKDeyEg4/TkPSp0iyaMI/AAAAAAAAAS0/IRURPrUbNME/s1600/100_7261.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="150" src="http://2.bp.blogspot.com/-UG3uKDeyEg4/TkPSp0iyaMI/AAAAAAAAAS0/IRURPrUbNME/s200/100_7261.JPG" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;S'il y a &lt;b&gt;une&lt;/b&gt; adresse à connaître à Hanoi, c'est celle de chez &lt;a href="http://www.tripadvisor.fr/Restaurant_Review-g293924-d1124637-Reviews-Kem_Fanny-Hanoi.html" target="_blank"&gt;&lt;i&gt;Fanny&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Ce glacier a été ouvert au centre de Hanoi par un français, ancien élève de Lenôtre. Les glaces sont évidemment exceptionnelles, et servies pour un prix qu'un Européen trouvera modique (1€ la boule) par un personnel pas vraiment efficace. La carte propose les parfums classiques (chocolat, fraise...) mais aussi des parfums moins conventionnels (cacahuète, avocat...). On s'est régalés, les enfants étaient ravis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1c/Hoan_Kiem.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="189" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1c/Hoan_Kiem.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Pour se rendre de &lt;i&gt;Fanny&lt;/i&gt; et l'hôtel, il faut faire le tour du lac Hoan Kiem (la photo ci-contre n'est pas de moi, hélas). C'est la promenade vespérale favorite des habitants de Hanoi. Ils s'y promènent, y font du sport, ou s'y installent, assis sur les incontournables tabourets en plastique. La bruit de la circulation est assourdissant. Le lac est bordé d'arbres dont les branches tourmentées s'étendent avec grâce vers l'eau, dans la nuit éclairée par des lanternes multicolores des des panneaux publiciaires.&lt;br /&gt;Nous avons retrouvé l'hôtel plongé dans l'obscurité par une coupure d'électricité. Nous sommes rentrés à tâtons dans nos chambres. Non seulement il y faisait noir, ce qui terrorisait mon hobbit, mais sans électricité, la climatisation ne pouvait fonctionner ! Nous nous sommes couchés en espérant que l'électricité reviendrait vite. Effectivement, l'électricité a pu être remise rapidement. Néanmoins, quatre coupures ont troublé notre nuit. A chaque fois, le courant n'a pas pu être remis rapidement et les chambres ont eu le temps de se réchauffer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes maux de tête s'étaient aggravés. Je suis descendue péniblement prendre le petit déjeuner. La nourriture était tout à fait satisfaisante à mon goût (le riz cantonais et les nouilles sautées au réveil, j'adore !), mais il a fallu se battre pour avoir des verres : le serveur chargé de la vaisselle était bien trop occupé sur internet pour les laver. C'est là que nous avons découvert le café vietnamien, très fort, avec un arrière-goût qu'aucun d'entre nous n'a pu supporter. Nous sommes restés au thé.&lt;br /&gt;Je me sentais vraiment mal, un coup de chaud, sans doute. Il était clair que je ne pourrais pas participer aux activités du jour (et pourtant, j'en mourrais d'envie). Nous devions visiter Hanoi : le mausolée de Ho Chi Minh, le temple de la littérature,&amp;nbsp; le musée, le théâtre de marionnettes sur l'eau. Je suis passée voir Mamie pour la prévenir que je restais et que je mangerais avec elle, puisqu'elle zappait aussi la visite, puis je suis allée me recoucher dans ma chambre enfin rafraîchie.&lt;br /&gt;J'ai rejoint Mamie à son hôtel à midi et demi. Elle était installée dans le hall de son hôtel avec trois employées. Elles mangeaient ensemble un plat que j'ai identifié depuis comme étant le &lt;a href="http://passionduvietnam.over-blog.com/article-cuisine-vietnamienne-bun-cha-79760975.html" target="_blank"&gt;bun cha&lt;/a&gt;, sur les canapés et tables basses qui se trouvaient là. Mamie m'a présentée, et je l'ai entendu prononcer en vietnamien avec affection le nom de ma mère qui avait logé dans leur hôtel. Elles m'ont invitée à partager leur repas en parlant de mon malaise en vietnamien. Elles m'ont touché le bras au lieu du front pour mesurer ma fièvre et m'ont proposé de rester avec elles plutôt que seule dans mon hôtel. Elle ont désigné une porte au fond du couloir en m'expliquant que c'était là que mes parents avaient dormi et que je pouvais y aller si je voulais. J'ai préféré retourner dans ma chambre, avec mes livres et mon téléphone connecté au wifi, et je les ai remerciées d'une manière que j'espère assez chaleureuse pour exprimer ma reconnaissance infinie.&lt;br /&gt;A l'hôtel, une nouvelle coupure d'électricité a coupé la climatisation, mais cette fois, elle ne s'est pas remise en route toute seule dès le retour du courant.&amp;nbsp; J'ai lutté avec la télécommande, sans succès. J'étais trop petite pour atteindre la climatisation, et j'ai dû me résoudre à rester allongée sous le ventilateur qui brassait un air de plus en plus chaud.&lt;br /&gt;A son retour, mon mari a réussi, on ne sait pas par quel miracle, à rallumer la clim en la tripatouillant avec ses bras plus longs que les miens. Ouf, je commençais à fondre. Hobbit a raconté sa journée avec enthousiasme. &lt;a href="http://www.vacanceo.com/albums_photos/fiche-album_8803.php" target="_blank"&gt;Le théâtre de marionnettes sur l'eau&lt;/a&gt; lui a laissé un excellent souvenir. J'aurais tellement voulu être là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir venu, nous sommes allés dîner tous ensemble.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-Gu__PhKIG80/TkPTJBBa6BI/AAAAAAAAAS4/8r-6vQSg1Hs/s1600/IMG_0767.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="239" src="http://4.bp.blogspot.com/-Gu__PhKIG80/TkPTJBBa6BI/AAAAAAAAAS4/8r-6vQSg1Hs/s320/IMG_0767.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;On ne peut pas venir à Hanoi sans manger un &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ph%E1%BB%9F"&gt;pho&lt;/a&gt;. Mamie nous en fait souvent, c'est un délice. Le bouillon mijotte pendant des heures. A la demande, le bouillon est versé dans un bol contenant des pâtes de riz, et on ajoute de la viande, des oignons et des herbes. Nous nous sommes installés chez une vendeuse de pho dans la rue, sur les tabourets en plastique et les tables en formica. Le pho ayant mijotté toute la journée dans la marmitte cabossée d'une vendeuse vietnamienne a une saveur unique, celle de l'authenticité, que n'ont pas les pho des grands restaurants. Nous avons pris la précaution d'acheter nos boissons à la supérette du coin, où elles étaient fraiches, et avons en outre commandé des &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A1nh_cu%E1%BB%91n" target="_blank"&gt;bahn cuon&lt;/a&gt; chez une autre cuisinière de rue (photo ci-contre) pour la plus petite des gamines qui en est friande (enfin, juste un peu plus que jes autres !). Les touristes passaient en nous regardant d'un air étonné : hé oui, on peut manger sans crainte dans la rue, la bouffe est bonne et ça ne rend pas malade ! Oui, la casserole est cabossée, vu que la cuisinière est pauvre, mais elle est propre. Les jours suivants, nous avons vu de plus en plus de touristes attablés dans notre rue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seconde nuit a été moins agitée. L'électricité a tenu le coup et je me sentais mieux le lendemain. Nous avons laissé les enfants à Mamie et nous sommes allés dans la célèbre Rue de la Soie, à deux pas de là, pour acheter des fringues.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-TxabEc8osb0/TkPddaQUFdI/AAAAAAAAATA/uG84Dt_bjEA/s1600/IMG_0809.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-TxabEc8osb0/TkPddaQUFdI/AAAAAAAAATA/uG84Dt_bjEA/s320/IMG_0809.jpg" width="239" /&gt;&lt;/a&gt;On y trouve beaucoup de robes et de costumes traditionnels vietnamiens et chinois en soie, pour des prix assez modiques (dans les 70$, négociable). Je me serais bien laissée tenter, mais comme je n'aurais jamais l'occasion de les porter, j'ai renoncé. Nous avons cependant acheté un t-shirt brodé pour le Hobbit qui en mourait d'envie, et deux t-shirts de geeks mangeurs de pho. Nous avons enfin trouvé &lt;a href="http://www.petitfute.com/guide/143684-viet-nam-hanoi-duc-loi-silk" target="_blank"&gt;une boutique pas chère&lt;/a&gt;, climatisée (ça joue beaucoup sur l'envie d'acheter, mine de rien), avec des vendeurs parlant français, où mon mari a commandé un costume sur mesure pour 160$. On a fait le plein de cravates en soie et je me suis trouvé une robe et un chemisier adorables.&lt;br /&gt;Nous sommes rentrés retrouver les enfants et manger. Nous avons, cette fois, opté pour une gargotte proposant une demi-douzaine de plats. J'y ai mangé des crevettes aux champignons délicieuses et les groupe a englouti des kilos de porc au caramel.&lt;br /&gt;Nous devions partir le soir même pour Sapa. Notre guide nous avait dit que nous pourrions garder nos chambres jusqu'au soir, mais le personnel de l'hôtel a insisté pour que nous partions à midi. Nous avons déposé nos bagages à l'hôtel de Mamie qui ne participerait pas à l'excursion.&amp;nbsp; J'avais confiance, le personnel de l'hôtel prendrait bien soin d'elle. &lt;br /&gt;L'après-midi, je n'ai pas voulu tenter le diable. Je suis restée au frais dans la chambre que mes parents avaient occupée dans l'hôtel de Mamie. Les enfants ont souhaité rester avec moi, ils ont joué calmement devant la télé. Voir les dessins animés en vietnamien ne les a pas dérangés plus que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous sommes hâtés d'aller manger avant de partir en excursion. Nous avons trouvé un petit restaurant coquet dans la rue d'à côté, pas très cher et avec une carte en anglais. L'endroit été visiblement prévu pour les touristes, et proposait des hamburgers autant que de la cuisine vietnamienne. Nous avons cependant très bien mangé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, notre guide Viet nous a rejoints pour apprendre que notre hôtel nous avait littéralement jetés dehors. Il s'y est immédiatement rendu pour les enguirlander. Vu la tête qu'il faisait, j'aurais pas aimé être à leur place. Il nous a ensuite embarqués dans deux taxis pour le départ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La suite &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-2-sapa.html" target="_blank"&gt;* ici *&lt;/a&gt; !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-592315338487404765?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/592315338487404765/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-1-hanoi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/592315338487404765'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/592315338487404765'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/08/voyage-au-vietnam-1-hanoi.html' title='Voyage au Vietnam - 1. Hanoi'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-uF4I2THZ8zc/TkPR-8h-fYI/AAAAAAAAASs/ioLcyHNHO4I/s72-c/IMG_0759.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-6102929297362323793</id><published>2011-07-25T07:32:00.001+02:00</published><updated>2011-07-25T07:46:18.910+02:00</updated><title type='text'>Tag de l'aéroport</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;p&gt;Je viens d'&amp;#234;tre taggu&amp;#233;e par Euterpe. Je vais tenter de r&amp;#233;pondre depuis mon t&amp;#233;l&amp;#233;phone. Je suis en effet &amp;#224; l'a&amp;#233;roport, en partance pour Hanoi. J'emm&amp;#232;ne le meilleur guide : ma grand-m&amp;#232;re qui est n&amp;#233;e au Vietnam. J'y rencontrerai d'ailleurs son fr&amp;#232;re! :-)&lt;br&gt;Je dois donc donner 7 bonheurs, un par jour de la semaine. Alors...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lundi. J'arrive enfin &amp;#224; d&amp;#233;bugger mon programme. Victoire de la femme sur la machine. Satisfaction du travail accompli. Paix en voyant r&amp;#233;gner la logique et l'ordre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mardi. Je fais des lasagnes et c'est tr&amp;#232;s bon. Hobbit a les yeux qui brillent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mercredi. J'obtiens enfin de mon mari qu'il accepte de regarder un film que j'adore, les Liaison Dangereuses (Frears). Il adore. C'est g&amp;#233;nial de le voir vibrer. Il faut que je relise le livre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jeudi. Incroyable show de catch! Enfin du changement &amp;#224; la WWE...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vendredi. C'est les vacances! 4 semaines sans entendre parler du Tr&amp;#244;ne de Fer est des filles &amp;#224; poil dedans...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Samedi. Je d&amp;#233;pose b&amp;#233;b&amp;#233; chez mes parents. La s&amp;#233;paration est dure, mais Papa me console d'un d&amp;#233;licieux r&amp;#244;ti dont il a le secret. Je m'offre des livres avec MES sous que J'ai gagn&amp;#233;s.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche. Je r&amp;#233;alise que je vais enfin voir la terre de mes anc&amp;#234;tres. Le Vietnam, enfin. Toute ma vie ma Mamie ch&amp;#233;rie m'en a parl&amp;#233;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voil&amp;#224; ce qui me vient &amp;#224; l'esprit depuis la salle d'embarquement. Je vous raconterai le voyage, promis! Je twitterai peut-&amp;#234;tre un peu...&lt;br&gt;A dans 2semaines! Bises.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-6102929297362323793?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/6102929297362323793/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/tag-de-l.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/6102929297362323793'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/6102929297362323793'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/tag-de-l.html' title='Tag de l&amp;#39;aéroport'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-2741104097574175753</id><published>2011-07-22T20:27:00.000+02:00</published><updated>2011-07-22T20:27:02.178+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Famille'/><title type='text'>Deux frères</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://image.toutlecine.com/photos/t/r/o/trois-freres-1995-02-g.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://image.toutlecine.com/photos/t/r/o/trois-freres-1995-02-g.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Je suis fille unique.&lt;br /&gt;C'est pas un drame, mais des fois, je me sens un peu seule. J'aurais bien aimé avoir un grand frère ou une grande soeur pour me guider. Un petit frère ou une petite soeur, curieusement, ça ne m'a jamais attiré, mais j'aurais certainement appris à l'aimer. Maintenant que je suis adulte, des fois, je me dis que j'aimerais bien avoir quelqu'un qui aurait grandi avec moi, qui aurait reçu une éducation proche de la mienne, et à qui je pourrais écrire. Je posterais des conneries sur son mur Facebook avec plein de "lol" et de ";-)" dedans (ouais, je suis lourde, sur Facebook), je lui enverrais des diaporamas à la con sur sa boîte mail pro... On échangerait des photos de nos enfants, on leur réserverait une pièce pour qu'ils jouent ensemble pendant les longs dîners de famille. On les regarderait jouer en nous souvenant de notre propre enfance, en échangeant un clin d'oeil complice et ému. Je lui poserais plein de questions sur son job, j'apprendrais plein de choses que je pourrais ressortir fièrement au boulot à la machine à café.&lt;br /&gt;Enfin, c'est comme ça, je ne suis pas malheureuse et la situation a ses avantages. J'ai eu Papa et Maman pour moi toute seule. Et puis, peut-être qu'on s'entendrait pas, peut-être que je me serais retrouvée avec un beau-frère ou une belle-soeur débile. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les frères et soeurs, pour moi, c'est une grande inconnue. J'ai beau observer les fratries, je n'arrive pas à établir une vision des frères et soeurs qui ne soit ni stéréotypée, ni fantasmée. Et puis les parents, comment ils s'organisent avec deux gosses ou plus en même temps ? Je n'ai jamais vu les miens faire, je n'ai pas de modèle. Je suis dans le flou total. &lt;br /&gt;Je n'ai réalisé que j'étais un peu perdue que pendant ma seconde grossesse. Je me suis lancée dans la conception du lutin sans réfléchir, parce que moi, si je réfléchis, je ne me lance jamais. Et là, terrassée par des nausées incessantes et un épuisement total, j'ai réalisé que je ne savais absolument pas à quoi m'attendre. J'ai paniqué. Est-ce que j'arriverais à gérer les deux enfants en même temps ? Est-ce que je saurai faire cesser les inévitables chamailleries, les jalousies ? Est-ce que je saurai comprendre ce qui leur passe par la tête quand ils sont ensemble ? Et surtout, est-ce qu'ils vont s'aimer ?&lt;br /&gt;On me disait que, forcément, il y aurait des jalousies, des bagarres. Qu'il ne fallait pas m'en faire, que c'était normal. Normal ou pas, l'idée de les voir se déchirer me brisait le coeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon hobbit réclamait depuis des mois un petit frère. Nous n'avons pas voulu lui annoncer ma grossesse dès le début, de peur qu'il soit déçu en cas de fausse couche. Par contre, nous souhaitions lui permettre de profiter de ma grossesse : assister aux échographies, sentir bébé bouger, lui parler... S'il le souhaitait, évidemment, sinon, on ne l'aurait pas embêté avec tout ça.&lt;br /&gt;Le matin de la première échographie, nous lui avons annoncé que j'avais "un bébé dans le ventre" et qu'on allait le voir en photo dans la journée. Il savait parfaitement que les enfants grandissent dans le ventre des mamans : un de ses copains, chez sa nounou, avait eu un petit frère l'année précédente, et il avait vu grossir la mère qui a fini par venir avec le bébé dans les bras. Il a compris tout de suite ce qu'on lui expliquait (&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/le-blues-des-intellos.html"&gt;je vous ai dit qu'il était malin !&lt;/a&gt;). Dans les premières secondes, il n'a manifesté ni joie, ni contrariété. Il est resté les bras ballants, étonné, perdu. J'ai eu peur, et je lui ai dit la première chose qui me venait à l'esprit :" Tu veux faire un bisou au bébé ?". Son visage s'est éclairé, et, fou de joie, il s'est jeté des mes bras, plaquant un énorme baiser sur mon ventre encore plat.&lt;br /&gt;Il est venu à toutes les échographies, malgré un panneau de l'hôpital qui interdisait la présence des moins de 8 ans. Les praticiens l'ont toujours fait entrer quand même et lui ont montré celui qu'il appelait déjà "MON bébé". Avec sérieux, il a écouté les conseils de la famille : faire des gestes doux avec le bébé, bien se laver les mains, ne pas lui prêter ses jouets de grand. Il nous a aidé à aménager la chambre, à acheter ce qui nous manquait ; il a fouillé dans ses affaires pour retrouver ses jouets de bébé qu'il a presque tous rangés lui-même dans la chambre de son frère à venir (je lui avait expliqué qu'il aurait toujours le droit de jouer avec, quand même). Avec tendresse, il a pris soin de moi, sans qu'on lui demande rien. Nous avons discuté du prénom tous ensemble et avons, tous les trois, craqué sur le même. Un vrai rêve.&lt;br /&gt;Parallèlement, c'est à cette époque qu'il a commencé à se sentir mal à l'école. La maîtresse était inflexible : l'arrivée imminente du bébé le dérangeait forcément. Pourtant, il était si fier, si heureux, si pressé de voir bébé ! Je ne l'ai pas écoutée, je connaissais mon gamin, quand même. Je m'effrayais de cette prise en charge inadaptée du problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51VQXKYSX6L._SL500_AA300_.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51VQXKYSX6L._SL500_AA300_.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Le 1er mars dernier, mon lutin est venu au monde. Fils de deux adeptes du smartphone, bébé a été photographié dès ses première minutes de vie, et ces photos ont été envoyées à mon père, qui gardait le hobbit. On m'a raconté la voix attendrie de mon bonhomme lorsqu'il répétait le prénom du bébé, son sourire, son impatience en attendant les heures de visite.&lt;br /&gt;Il est entré dans ma chambre pendant que je donnais le biberon. Il n'a rien dit, lui qui est plutôt bavard. Il a regardé le bébé, puis s'est jeté sur les sacs que mon père transportait pour en sortir les cadeaux prévus. Il nous a couverts de présents, simplement. J'ai compris qu'il était embarrassé, qu'il ne savait pas comment faire connaissance avec son petit frère. Alors je lui ai dit qu'il pouvait l'embrasser, le caresser, le toucher, lui parler. Il l'a embrassé tout doucement, en faisant attention (lui qui est un vrai bolide imprudent, un briseur de vases impénitent). Et puis il s'est ennuyé, et il a demandé à partir. Mes parents l'ont emmené : avoir un petit frère, c'est pas être forcé à rester dans des endroits où on s'ennuie.&lt;br /&gt;Nous sommes rentrés à la maison. Mes garçons ont appris à se connaître. Mon hobbit se précipitait pour redonner au bébé sa tototte quand il la lâchait. Il lui disait "ne t'inquiète pas, bébé, je suis là, je serai toujours avec toi". Il a appris à imiter nos gestes, notre ton. Nous l'avons encouragé, lui avons montré que son petit frère l'aimait : ses premiers areu, ses premiers sourires ont été pour lui, et bébé le regarde avec admiration. Nous avons veillé à ne pas trop le responsabiliser non plus : à chaque fois qu'on lui demande un coup de main, nous lui rappelons qu'il n'était pas obligé de le faire. Il s'est senti libre de refuser et ne s'en est pas privé.&lt;br /&gt;Et pendant ce temps, à l'école, c'était toujours l'enfer. Il ne voulait plus y aller, il se roulait par terre de colère, se cachait derrière les arbres... La faute du bébé, bien sûr ! Mais quand j'ai repris le travail, ça s'est calmé, comme par magie, du jour au lendemein. Ce n'était pas l'arrivée du bébé, en tout cas pas directement, qui modifiait son comportement : il voulait rester à la maison avec moi ! Le diagnostic de précocité a suivi, la maîtresse a fini par s'adapter à lui, tout en continuant à penser que l'arrivée du Lutin avait servi de catalyseur. Elle est têtue... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://ecx.images-amazon.com/images/I/61FCD8Q0SPL._SL500_AA300_.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/61FCD8Q0SPL._SL500_AA300_.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Je ne nie pas qu'il aie pu se poser des questions. Il m'a demandé une fois si je l'aimais toujours autant, et je l'ai rassuré. Il a eu l'air convaincu et m'a dit, quelques jours plus tard "on est tes fils, tu nous aimes &lt;u&gt;tous les deux&lt;/u&gt;".&lt;br /&gt;Nous avons reçu en cadeau des livres pour enfant où le petit héros voyait arriver un petit frère ou une petite soeur. Nos généreux donateurs ont voulu aider mon hobbit à passer le cap. Partant du principe que la naissance d'un bébé est un bouleversement et que ça lui a forcément fait quelque chose, j'ai été très contente de recevoir ces livres dont je comptais me servir pour lancer un dialogue. Alors que je lui en lisait un, Hobbit m'a demandé :&lt;br /&gt;"Maman, c'est quoi, être jaloux ?&lt;br /&gt;- C'est vouloir quelque chose qu'un autre a. Là, Hugo voudrait que sa maman passe plus de temps avec lui, vu qu'elle s'occupe beaucoup du bébé."&lt;br /&gt;La réponse a été rapide, spontanée, scandalisée : "Mais il est BETE !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, le lutin apprend à jouer sous le regard ému, attendri et fier de son grand frère. Je lui explique comment fonctionnent les bébés, je lui dis qu'il apprend peu à peu à se servir de ses mains, de ses pieds... Hobbit m'a un jour sauté au cou en hurlant de joie : "Maman ! Il a réussi à attrapper son doudou !" Grand frère fait d'immense câlins à son bébé, et râle quand bébé lui bave sur les joues : "c'est pas comme ça, les bisous !". Quand on rencontre quelqu'un, il lui présente toujours lui-même son petit frère, avec solennité : "Ca, c'est mon petit frère, il s'appelle Lutin". Il rayonne de fierté quand on lui dit que bébé est costaud, mais quand on dit qu'il est mignon il hausse les épaules : "ben oui, hein, il est beau, mon petit frère". C'est tellement évident. ;-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://image.ifrance.com/cinema/film/0/3/3130-5-la-vie-est-un-long-fleuve-tranquille.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="133" src="http://image.ifrance.com/cinema/film/0/3/3130-5-la-vie-est-un-long-fleuve-tranquille.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Oui, l'arrivée du bébé a été un bouleversement pour mon bonhomme. Je ne savais pas à quoi m'attendre, et tout le monde m'a annoncé de la jalousie, de la violence, de la colère. J'avais peur. Finalement, ce que j'ai vu, c'est la naissance d'un amour immense, d'une complicité attendrissante qui m'étonne et me charme.&lt;br /&gt;Je ne sais pas ce que ça donnera plus tard. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, tout ne sera pas parfait. Leurs rapports futurs ne seront sans doute pas aussi beaux que ceux dont je rêve, mais quand même, ça promet. C'est la preuve, s'il en fallait encore une, qu'il ne faut pas croire les clichés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : je pars en vacances dans quelques jours, je tenterai de passer pour répondre aux commentaires, s'il y en a, mais je ne vous promets rien ! :-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-2741104097574175753?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/2741104097574175753/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/deux-freres.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/2741104097574175753'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/2741104097574175753'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/deux-freres.html' title='Deux frères'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-8934621397989754026</id><published>2011-07-15T16:55:00.004+02:00</published><updated>2011-07-19T10:28:44.349+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Littérature'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Famille'/><title type='text'>L'Amour en Plus</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/4/4/9782253029441.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/4/4/9782253029441.jpg" width="123" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Je n'ai jamais cru en l'instinct maternel, même avant d'avoir mes enfants. Cet instinct ressemble plus à un fantasme de pouvoirs surnaturels qu'à une caractéristique aux causes physiologiques établies. A la naissance de mes enfants, je n'ai pas gagné de capacités extrasensorielles. Si, quelquefois, j'ai réagi plus vite que mon mari, c'était clairement par habitude des poupons et des discussions sur les bébés avec les mamans. Je n'avais donc aucun doute quant à l'inexistence de l'instinct maternel quand j'ai ouvert &lt;i&gt;L'Amour en plus&lt;/i&gt; d'Elisabeth Badinter. Je cherchais des arguments et des faits pour casser les machos qui sous-entendent toujours que mon intérêt pour mes enfants est instinctif (pas besoin d'instinct pour aimer mes merveilles !). Et puis j'étais curieuse de lire Badinter ; je ne sais pas à quoi ressemblent ses autres livres même si j'en ai beaucoup entendu parler (pas en bien !), mais celui-ci, je l'ai bien aimé.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;Badinter ne parle pas d'instinct maternel, mais d'amour, cet amour absolu, naturel, de la mère pour son enfant. S'il est naturel, s'il apparaît automatiquement dès la naissance de l'enfant, il a dû se manifester chez toutes les mères, tout au long de l'histoire. Et s'il est absolu, toutes les mères ont dû se sacrifier pour le bien-être et la sécurité de leur enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/33/Anne_of_Austria_with_the_Dauphin_and_Queen_Marie_Th%C3%A9r%C3%A8se.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="182" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/33/Anne_of_Austria_with_the_Dauphin_and_Queen_Marie_Th%C3%A9r%C3%A8se.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;La première partie de l'ouvrage démontre, chiffres et témoignages d'époque à l'appui, que sous l'Ancien Régime les mères ne se sont pas sacrifiées pour leurs petits. Peu désireuses de pouponner (dans cette société, les enfants font peur, ils sont méprisés, traités comme des jouets), elles les ont massivement abandonnés à des nourrices chez qui ils étaient en grand danger de mort, et en toute connaissance de cause. Les jeunes survivants étaient, selon les moyens des parents, éduqués par des précepteurs, des gouvernantes, des collèges, des couvents, mais rarement par leurs parents, et donc pas par leurs mères.&lt;br /&gt;Ceci ne veut pas dire que l'amour maternel n'existe pas, mais qu'il n'est pas absolu. Ceci étant, on pourrait croire que l'amour maternel a été étouffé sous l'Ancien Régime : l'abandon étant la norme sociale, les conditions n'étaient pas propices à la naissance de sentiments, quelqu'ils soient. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/Firmin_Baes_-_Doux_r%C3%AAves.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/Firmin_Baes_-_Doux_r%C3%AAves.jpg" width="160" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;La seconde partie de l'ouvrage montre comment les hommes politiques de la fin de l'Ancien Régime ont réalisé la situation dramatique des enfants mis en nourrice. Pour diminuer la mortalité infantile, il était clair que les enfants devaient rester auprès de leurs parents. On a donc choisi de responsabiliser les mères, et une grande campagne de sensibilisation a été menée. L'amour maternel a été érigé en valeur féminine par excellence. Les philosophes du siècle des Lumières, Rousseau en tête, a promis aux "bonnes mères" des joies inégalées, et une catastrophe familiale pour les autres.&lt;br /&gt;Si l'amour maternel est naturel et naît automatiquement quand la mère  tient son nourrisson dans les bras, si l'on n'arrache pas les  nourrissons aux bras de leurs mères, l'amour devrait triompher. Il ne  devrait pas avoir besoin d'être encouragé, valorisé ; les mères ne  devraient pas avoir besoin de manuel, ni de modèles. S'il est naturel d'aimer son enfant à la folie et de tout  sacrifier pour lui, pourquoi ce penchant a-t-il dû être autant  encouragé ? Pourquoi le résultat n'a-t-il pas été immédiat ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/79/Pierre-Auguste_Renoir_-_La_Jeune_M%C3%A8re.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/79/Pierre-Auguste_Renoir_-_La_Jeune_M%C3%A8re.jpg" width="165" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;La troisième partie expose comment les conseils de Rousseau et les théories de Freud ont permis de mettre en place une image de la mère idéale et de culpabiliser toutes celles qui ne collaient pas parfaitement au modèle.&lt;br /&gt;Pour Rousseau et ses successeurs, la Nature, qui est belle et parfaite (les virus, les bactéries, les ouragans, c'est top), a donné à la femme toutes les ressources pour être une bonne mère. Tourner le dos à son destin de mère, c'est tourner le dos à sa nature, c'est être un monstre. Et pour ne pas tenter la Femme de tourner le dos à sa Nature, on lui donne une éducation spécifique, lui du raisonnement, des sciences, on lui donne le goût du sacrifice...&amp;nbsp; C'est à peine contradictoire. Si l'amour maternel est naturel, il n'y a pas besoin de l'encourager par des moyens lourds comme l'éducation donnée à Sophie ni de menaces les mères comme le fait Ida Sée qui promet aux femmes qui travaillent que leur famille sera détruite, parce qu'elles ne peuvent pas faire cuire la soupe à petit feu !&lt;br /&gt;On en vient à Freud. Et là, arg. La "mauvaise mère" n'est plus seulement dénaturée, elle est malade. Contagieuse, si elle ne se plie pas à la psychanalyse, ses enfants seront malades aussi. La description de la psychologie féminine fait vraiment froid dans le dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ouvrage se termine sur des constatations sur l'évolution de la famille dans les années 70. Les choses changeaient, les pères commençaient à s'impliquer dans les tâches familiales, les mères à&amp;nbsp; s'émanciper...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5b/African_Lion_with_Cubs.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="134" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5b/African_Lion_with_Cubs.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Depuis l'Ancien Régime, la philosophie et la psychanalyse se sont succédés pour inciter les femmes à se complaire dans un rôle de mères-courage. Et aujourd'hui ? Ces discours forment une trame diffuse dans nos esprits, ils nous influencent toujours, mais ils sont tempérés par notre désir de travailler, de produire, d'être des individus productifs à part entière. Sommes-nous libérées ? Je ne crois pas. Je crains que nous ne tombions sous un nouveau joug : celui de la biologie. Le lait maternel est bien meilleur pour l'enfant, mais culpabiliser celles qui ne peuvent ou ne veulent pas allaiter, parce qu'elles privent leurs enfants de ce lait est un abus. Porter son enfant est naturel, imposer* aux femmes de l'avoir tout le temps dans les bras, handicapant leur mobilité, ne l'est pas. Je n'ai pas le sentiment que la pression exercée sur les mères soit immense, mais je crois qu'il faut rester vigilants pour qu'elle ne le devienne jamais.&lt;br /&gt;Comprenons-nous bien : tout n'est pas à jeter dans la philosophie rousseauiste, tout n'est pas à jeter dans la psychanalyse, tout n'est pas à jeter dans la biologie. Dans ces trois cas, des vérités ont été mises à jour et un réel progrès humain en est ressorti. Néanmoins, les idées ressortant de ces disciplines ont été utilisées par &lt;b&gt;certains&lt;/b&gt; spécialistes pour enfermer les femmes dans leur rôle de mère.&lt;br /&gt;Qu'une mère aime ses enfants, c'est bien normal. Etre forcée à les aimer jusqu'à s'oublier ne l'est pas : comment un enfant peut-il être épanoui avec une mère épuisée ? Se voir nier un quelconque autre rôle ne l'est pas. Nier le rôle du père ne l'est pas. En revanche, allaiter ou porter son enfant si on le souhaite, quand on le souhaite,&amp;nbsp; comme on le souhaite, en étant correctement informés, sans encourir de jugement, en collaboration étroite avec le père qui supporte 50% de l'effort, dans le respect, là, j'aurais rien à redire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assez de mères courage ! Vivent les parents bonheur ! Les enfants ont tout à y gagner...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Attention à la signification du mot "imposer". Personne n'a la baïonnette dans le dos, mais tout le monde est soumis à des images idéalisées, imposées, qui orientent nos choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edit : Ma copine Working-Mama vient de sortir l'article dont elle nous parlait dans les commentaires : &lt;a href="http://www.working-mama.fr/working-mama-sinterroge/mais-cest-quoi-linstinct-maternel"&gt;Mais c'est quoi, l'instinct maternel ?&lt;/a&gt;&amp;nbsp;Un article très chouette !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;Illustrations&lt;/u&gt;&lt;/i&gt; :&lt;br /&gt;La couverture de &lt;i&gt;L'Amour en plus&lt;/i&gt; d'Elisabeth Badinter, paru au Livre de Poche en 1980.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Anne d'Autriche avec le Dauphin et la reine Marie-Thérèse&lt;/i&gt;, auteur inconnu, 1662. &lt;br /&gt;Firmin Baes, &lt;i&gt;Doux rêves&lt;/i&gt;, date inconnue.&lt;br /&gt;Pierre-Auguste Renoir, &lt;i&gt;La jeune mère&lt;/i&gt;, 1898.&lt;br /&gt;Une lionne et ses petits (&lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:African_Lion_with_Cubs.jpg" target="_blank"&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-8934621397989754026?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/8934621397989754026/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/lamour-en-plus.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8934621397989754026'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8934621397989754026'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/lamour-en-plus.html' title='L&apos;Amour en Plus'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-4228628253304013479</id><published>2011-07-13T23:41:00.000+02:00</published><updated>2011-07-13T23:41:07.106+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Famille'/><title type='text'>Ces choses que je n'aurai jamais à dire...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n'ai que des (adorables) garçons. Comme je ne souhaite pas me reproduire de nouveau (et je vous préviens, quand on remet en question mon choix qui est mûr et réfléchi, ça m'éneeeeerve !),&amp;nbsp; normalement, je n'aurai jamais de fille. Et je n'aurai jamais à dire des choses du genre :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais bien sûr que tu peux jouer avec le garage de ton frère !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"J'aimerais trouver une robe qui ne soit pas rose, pour changer..."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Il t'a dit "t'es qu'une fille" ? C'est pas une insulte !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Oui, &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=l8Wd2jad3wI" target="_blank"&gt;Barbie&lt;/a&gt; princesse a une chouette robe, mais tu es sûre que tu ne préfères pas &lt;a href="http://youtu.be/ZyhrYis509A" target="_blank"&gt;Barbie&lt;/a&gt; pédiatre ? Elle a un job, elle, au moins..."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Pourquoi tu appelles ton frère pour déplanter l'ordinateur ? &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Complexe_de_Cendrillon" target="_blank"&gt;Tu ne peux pas le faire toi-même&lt;/a&gt; ?"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Hé ouais, ça fait mal au bide, et ça tache... Bienvenue dans la vraie vie des femmes, ma grande ! Causons &lt;a href="http://www.minutebuzz.com/2011/07/08/une-publicite-pour-serviettes-hygieniques-qui-bouleverse-les-codes/" target="_blank"&gt;protections hygiéniques&lt;/a&gt;, maintenant..."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais il est con ce conseiller d'orientation ! Si tu veux faire des sciences, tu peux ! Et ne me reparle pas de &lt;a href="http://www.tedxparis.com/catherine-vidal-le-cerveau-a-t-il-un-sexe" target="_blank"&gt;leurs élucubrations sur le cerveau&lt;/a&gt;..."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Si tu veux apprendre à te maquiller, &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/peau-de-peche-et-oeil-de-biche.html" target="_blank"&gt;c'est pas moi qui vais pouvoir t'aider&lt;/a&gt;, hein."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Tiens, &lt;a href="http://blog.plafonddeverre.fr/post/D%C3%A9fense-du-poil" target="_blank"&gt;je te prête mon épilateur&lt;/a&gt;. Respire bien profondément..."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais non, t'es pas grosse ! Mange !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Même si ton copain a envie, si toi tu veux pas, tu veux pas, et il n'a qu'à aller se palucher tout seul. T'as pas à lui servir de dégorgeoir à foutre hein."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais si, tu en es capable." &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Sortir toute seule le soir ? En théorie, tu devrais avoir le droit. En pratique, aucun effort n'est fait par l'Etat et la collectivité pour veiller sur ton intégrité physique. Donc il va falloir trouver un gentil couillon pour t'accompagner... Désolée."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"N'écoute pas ces crétins qui ne jurent que par Freud et le porno à deux balles. &lt;a href="http://www.osezleclito.fr/" target="_blank"&gt;C'est le clitoris qui compte&lt;/a&gt; !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Non mais même si tu t'habilles comme un sac, il y aura toujours des types louches pour te suivre, t'aborder ou t'insulter dans la rue. C'est pas de ta faute. Sors, si tu en as envie, ne les laisse pas t'enfermer à la maison." &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Voilà le numéro d'une &lt;a href="http://www.cfcv.asso.fr/" target="_blank"&gt;association d'aide aux femmes victimes de viol&lt;/a&gt;, pour ta copine. Rassure-moi, c'est bien d'une copine, qu'on parle ?..."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Sois gourmande, quand tu négocieras ton salaire. Tu le mérites."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"On ne te donne pas la main de notre fille, parce que c'est à elle de choisir. Et si tu la traites mal, je t'éclate. Ah, et bienvenue dans la famille, quand même."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"N'arrête pas de bosser ! J'ai horreur de devoir dire ça, mais tu feras quoi, s'il te quitte ?"&lt;br /&gt;"Mais si, tu vas l'aimer, ton bébé. Laisse-toi le temps de faire connaissance. L'instinct maternel ? C'te blague !"&lt;br /&gt;"Nan mais forcément, si tu passes ton temps à sourire bêtement en réunion au lieu de causer, ils ne vont jamais te trouver crédible !" &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais vous l'avez fait à deux, ce môme, il peut s'en occuper, aussi !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Un type moins compétent que toi &lt;a href="http://insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&amp;amp;ref_id=NATCCF04103" target="_blank"&gt;est mieux payé que toi&lt;/a&gt; ? Je vais crever les pneus de ton patron."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Si vous aimez &lt;a href="http://www.marmiton.org/recettes/recette_risotto-ai-funghi-porcini-risotto-aux-cepes_40477.aspx" target="_blank"&gt;mon risotto&lt;/a&gt;, je vous donnerai la recette, cher gendre. Vous n'aurez pas besoin de demander à ma fille de vous le faire."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne pense pas que ça me manquera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y aurait certainement beaucoup de joies, aussi. Avec les garçons , j'aurai certainement des phrases pas marrantes à prononcer, et des idées reçues à combattre. Mais laissez-moi m'aveugler un peu. Je ne veux pas avoir de regrets.&lt;br /&gt;En tout cas, ce qui est sûr, c'est que comme belle-mère, je serai infecte. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-4228628253304013479?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/4228628253304013479/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/ces-choses-que-je-naurai-jamais-dire.html#comment-form' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4228628253304013479'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4228628253304013479'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/ces-choses-que-je-naurai-jamais-dire.html' title='Ces choses que je n&apos;aurai jamais à dire...'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-94554046937115502</id><published>2011-07-01T09:26:00.000+02:00</published><updated>2011-07-01T09:26:34.173+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Lucrèce et Catherine M.</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Catherine Millet a encore frappé.&lt;br /&gt;Dans une &lt;a href="http://www.rue89.com/2011/06/24/dix-ans-apres-catherine-millet-vous-reparle-de-sexe-et-damour-210817"&gt;interview publiée sur Rue89&lt;/a&gt;, elle dit : "Je risque de choquer, mais je ne comprends pas les femmes qui se disent traumatisées, sévèrement traumatisées par un viol. Une agression, c'est toujours traumatisant, bien sûr si le viol s'est  fait avec violence, si vous risquez de perdre votre intégrité physique.  Mais s'il n'y a pas eu ce genre d'agression, de menaces avec une arme,  de coups, c'est un traumatisme qu'on peut surpasser comme n'importe  quelle violence ordinaire." Cette sortie a provoqué avec justesse des réactions choquées de &lt;a href="http://sandrine70.wordpress.com/2011/06/28/la-rhetorique-du-moi-universel-a-propos-de-catherine-m/"&gt;Sandrine Goldschmidt&lt;/a&gt; et de &lt;a href="http://www.sexactu.com/2011/06/27/vivre-dans-son-corps/"&gt;Maïa Mazaurette&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Catherine Millet n'est pas la seule à soutenir idée d'un viol non traumatisant et dont les conséquences seraient exagérées par la société. &lt;a href="http://www.lexpress.fr/culture/livre/femmes-sous-emprise-antimanuel-d-education-sexuelle-betes-et-victimes_810191.html"&gt;Marcela Iacub&lt;/a&gt; nous a gratifiés d'une réflexion du même tonneau : "Marcela Iacub reconnaît que le viol, atteinte majeure au consentement,  doit être sanctionné. Mais elle affirme qu'il faut sortir du scénario  supposé de la «mort psychique» de la femme violée. Non, dit-elle, c'est  une pure supputation/construction des enquêteurs, des juges et experts  «psy» pour justifier la sévérité du châtiment. Cette vie intérieure qui  serait meurtrie n'est qu'une fiction à balayer."&lt;br /&gt;Au Etats-Unis, &lt;a href="http://www.msmagazine.com/spring2011/rapeisrape.asp"&gt;FBI ne compte les viols&lt;/a&gt;  que s'ils concernent une pénétration vaginale commise avec violence : c'est le concept de &lt;i&gt;forcible rape&lt;/i&gt; &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/02/rape-ished.html"&gt;dont j'ai déjà parlé par ailleurs&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.worldmovies.net/_uploads/Images/movies/128454521485223958.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="158" src="http://www.worldmovies.net/_uploads/Images/movies/128454521485223958.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;Dans le monde entier, celles qui n'ont pas été tabassées avant le viol sont d'office discréditées : c'est le cas de victimes présumées de &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2010/12/feministe-quand-ca-marrange.html"&gt;Julian Assange&lt;/a&gt; et de DSK. Si elles n'ont pas été violentées, de quoi se plaignent-elles ? &lt;br /&gt;Le viol en lui-même n'est pas considéré comme grave, puisque &lt;a href="http://www.madmoizelle.com/fantasme-du-viol-48340"&gt;c'est un sujet de fantasme&lt;/a&gt;. Sans violence préalable, c'est considéré comme embêtant, mais pas dramatique. Pas de film, ni d'épisode de série policière, ni de fait divers suscitant l'émotion, où la victime d'un viol n'a pas été torturée et/ou tuée. La Kika d'Almodovar est moins ébranlée par son viol que par la diffusion des images. On rentre dans une femme comme dans un moulin ouvert aux quatre vents, il n'y a pas de quoi foutter un chat, mais si on frappe cette petite chose fragile, là, on trouve du monde pour la plaindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Catherine Millet et Marcela Iacub se présentent comme défenseures d'une vision moderne de la sexualité, libérée du carcan des préjugés anciens. Mais en vérité, cette vision d'un viol non traumatisant, d'un corps féminin dans lequel on pénètre comme dans un moulin sans dommages est terriblement archaïque.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bd/Almeida_J%C3%BAnior_-_Tarqu%C3%ADnio_e_Lucrecia_%28c%C3%B3pia_de_Victor_Meirelles%29.JPG" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="245" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bd/Almeida_J%C3%BAnior_-_Tarqu%C3%ADnio_e_Lucrecia_%28c%C3%B3pia_de_Victor_Meirelles%29.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;La Rome Antique nous a laissé l'histoire de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucr%C3%A8ce_%28dame_romaine%29"&gt;Lucrèce&lt;/a&gt;. Cette dame de la famille royale, épouse de Collatin, a été violée par Sextus Tarquin, le fils du dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe, connu pour être un tyran immoral. D'après &lt;a href="http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/I.html#9.Superbe"&gt;Tite-Live&lt;/a&gt;, Sextus Tarquin et Collatin étaient ensemble à la guerre, et ont participé à une soirée&amp;nbsp; avec leur bande de potes vraisemblablement ronds comme des queues de pelle. Ils ont fini par lancer un pari pour savoir qui c'est qu'avait la plus chouette des épouses. Ils sont rentrés en douce pour voir ce qu'elles faisaient : toutes étaient au palais pour participer à un "repas somptueux" (elles étaient bourrées, quoi), sauf Lucrèce qui se tenait à carreau, "occupée, au fond du palais, à filer de la laine,       et veillant, au milieu de ses femmes, bien avant dans la nuit". Collatin a donc gagné le pari, pendant que Sextus pétait une durite : "S. Tarquin conçut l'odieux       désir da posséder Lucrèce, fût-ce au       prix d'un infâme viol. Outre la beauté de cette       femme, une réputation de vertu si éprouvée       piquait sa vanité." Il revient quelques jours plus tard voir Lucrèce, en pleine nuit, et la menace de son épée. "Tandis       qu'éveillée en sursaut et muette       d'épouvante, Lucrèce, sans défense, voit       la mort suspendue sur sa tête, Tarquin lui déclare       son amour; il la presse, il la menace et la conjure tour       à tour, et n'oublie rien de ce qui peut agir sur le       coeur d'une femme. Mais, voyant qu'elle s'affermit dans sa       résistance, que la crainte même de la mort ne peut       la fléchir, il tente de l'effrayer sur sa       réputation. Il affirme qu'après l'avoir       tuée, il placera près de son corps le corps nu       d'un esclave égorgé, afin de faire croire qu'elle       aurait été poignardée dans la consommation       d'un ignoble adultère. Vaincue par cette crainte,       l'inflexible chasteté de Lucrèce cède       à la brutalité de Tarquin, et celui-ci part       ensuite, tout fier de son triomphe sur l'honneur d'une femme."&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/36/Veronese.Lucretia01.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/36/Veronese.Lucretia01.jpg" width="266" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Lucrèce fait alors revenir son père et son mari de la guerre pour tout leur raconter : "À       l'aspect des siens, elle pleure; et son mari, lui demandant si       tout va bien&amp;nbsp;: "Non, répond-elle; car, quel bien       reste-t-il à une femme qui a perdu l'honneur&amp;nbsp;?       Collatin, les traces d'un étranger sont encore dans ton       lit. Cependant le corps seul a été       souillé; le coeur est toujours pur, et ma mort le       prouvera. Mais vous, jurez-moi que l'adultère ne sera       pas impuni. C'est Sextus Tarquin, c'est lui qui, cachant un       ennemi sous les dehors d'un hôte, est venu la nuit       dernière ravir, les armes à la main, un plaisir       qui doit lui coûter aussi cher qu'à       moi-même, si vous êtes des hommes." " Les tentatives de sa famille pour la consoler restent vaines : "Pour moi, si je m'absous du crime, je ne       m'exempte pas de la peine. Désormais que nulle femme,       survivant à sa honte, n'ose invoquer l'exemple de       Lucrèce&amp;nbsp;!" Et Lucrèce se suicide. Cet acte met le feu aux poudres et Rome se révolte contre les Tarquin. La République est proclamée peu après. &lt;br /&gt;Sextus Tarquin ne prend pas Lucrèce par la force : il la persuade de se laisser violer. L'épée était juste là pour l'empêcher de hurler. La souffrance physique de Lucrèce n'est à aucun moment évoquée. C'est sa souffrance psychologique qui la mène au suicide : la honte d'avoir cédé, la souillure de son honneur. En ravissant son honneur, Sextus Tarquin a détruit la possibilité pour Collatin d'avoir avec Lucrèce un enfant dont on ne pourrait contester la paternité : c'est donc sa maternité potentielle qui a été écrasée. Lucrèce est une maison dans laquelle on est entré par tromperie, sans même péter la porte. Lucrèce, en femme romaine vertueuse, se considérait comme un objet, une mère en devenir, vecteur de la descendance légitime de son mari. Un objet brisé, inutile, on le jette. De plus, elle a cédé, non pas contre la violence qui aurait rendu son viol vraiment grave, mais contre la persuasion. Elle n'a pas veillé convenablement sur son honneur, ce qui appelle, &lt;a href="http://www.leprogres.fr/actualite/2011/06/28/encagoule-et-arme-il-faisait-la-morale-aux-joggeuses-dans-les-bois"&gt;encore aujourd'hui&lt;/a&gt;, un châtiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut, et on doit, s'insurger contre la dimension honteuse du viol. Il faut débarrasser les victimes de leur culpabilité. Lucrèce aurait dû crier sa rage, soulever Rome elle-même, au lieu de se châtier. Mais nier cette honte ne doit pas, par extension, nier le traumatisme infligé aux personnes violées. La légende de Lucrèce et la vision de Catherine Millet sont de la même nature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Illustrations :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Capture d'écran de Kika, de Pedro Almodovar&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Tarquin et Lucrèce, Almeida Junior, 1874&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lucrèce, Véronèse, 1580.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-94554046937115502?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/94554046937115502/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/lucrece-et-catherine-m.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/94554046937115502'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/94554046937115502'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/07/lucrece-et-catherine-m.html' title='Lucrèce et Catherine M.'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-3827438839376111399</id><published>2011-06-23T13:52:00.001+02:00</published><updated>2011-06-23T21:12:17.379+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Actions pour les femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Osez le clitoris et ses représentations crues !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toute à &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/un-long-processus-qui-peut-etre.html" target="_blank"&gt;mon billet d'hier&lt;/a&gt;, j'ai repoussé la rédaction de mon billet sur la campagne d'&lt;a href="http://www.osezlefeminisme.fr/" target="_blank"&gt;Osez le Féminisme&lt;/a&gt;, intitulée &lt;a href="http://osezleclito.fr/" target="_blank"&gt;Osez le Clitoris&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;J'attendais cette campagne avec impatience. Le silence autour du clitoris, sa fonction, sa forme, et sa position, me hérisse. Je me demandais quelle forme l'association allait donner à cette campagne. Je suis fanatique du site &lt;a href="http://www.viedemeuf.blogspot.com/" target="_blank"&gt;Vie de Meuf&lt;/a&gt;, j'ai soutenu avec enthousiasme &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2010/11/campagne-nationale-contre-le-viol.html" target="_blank"&gt;la  campagne contre le viol&lt;/a&gt;, j'ai été plus critique quant à &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/04/les-nouvelles-salopes.html" target="_blank"&gt;la campagne sur  l'avortement&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://a1.l3-images.myspacecdn.com/images02/139/2c26e9d04c4646949ad79b15c7b227d5/l.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://a1.l3-images.myspacecdn.com/images02/139/2c26e9d04c4646949ad79b15c7b227d5/l.jpg" width="225" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;J'ai l'impression que tout le monde est à peu près d'accord sur le fond (sauf que certains trouvent qu'il y a des sujets plus urgents à traiter), mais la forme fait furieusement débat, surtout l'affiche. &lt;br /&gt;&lt;a href="http://fcomme.blogspot.com/2011/06/ce-petit-bout-de-bonheur.html" target="_blank"&gt;Hélo&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://femininlemporte.blogspot.com/" target="_blank"&gt;Emelire&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://patricjean.blogspot.com/2011/06/le-clitoris.html" target="_blank"&gt;Patric Jean&lt;/a&gt; relaient la campagne avec enthousiasme et c'est sûrement cette voie que j'aurais empruntée si je n'avais pas lu de nombreuses critiques qui m'ont fait hésiter.&lt;br /&gt;Sandrine &lt;a href="http://sandrine70.wordpress.com/2011/06/20/revoici-osez-le-clito-autour-dune-affiche-et-dune-belle-campagne/" target="_blank"&gt;relaie la campagne en émettant des réserves quant à l'affiche&lt;/a&gt;. Elle défend le fond de la campagne &lt;a href="http://sandrine70.wordpress.com/2011/06/21/dire-etre-et-jouir/" target="_blank"&gt;dans un autre billet&lt;/a&gt;. Olympe, elle aussi, est &lt;a href="http://blog.plafonddeverre.fr/post/Notre-sexe-et-nous" target="_blank"&gt;peu enthousiaste sur la forme de la campagne&lt;/a&gt;. &lt;a href="http://www.sexactu.com/2011/06/22/la-forme-du-clito-peut-elle-tuer-le-fond/" target="_blank"&gt;L'article de Maïa Mazaurette&lt;/a&gt; est dans la même veine (avec ce style toujours génial qui fait le succès du blog).&lt;br /&gt;D'autres, comme &lt;a href="http://anaismisfits.canalblog.com/archives/2011/06/21/21453167.html" target="_blank"&gt;Anaïs&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/95518;feministe-je-ne-me-reconnais-pas-dans-la-campagne-osez-le-clito.html" target="_blank"&gt;Sophie Gourion&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://circe45.over-blog.com/article-campagne-osez-le-clito-consternation-c-est-a-le-feminisme-en-2011-77372672.html" target="_blank"&gt;Circé&lt;/a&gt;, sont franchement hostiles, sur le fond et sur la forme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parlons d'abord du fond. L'association semble être tombée dans tous les pièges de la communication féministe.&lt;br /&gt;Le problème du clitoris prend de nombreuses formes, à plusieurs degrés : simplement ignoré par un manque d'éducation sexuelle, évité par ceux qui refusent aux femmes le droit au plaisir, &lt;a href="http://www.federationgams.org/msf.php" target="_blank"&gt;mutilé&lt;/a&gt; par ceux qui cherchent à détruire les femmes. Peut-on tout mettre dans le même panier ? Peut-être que oui, si l'on considère que tous ces effets ont la même cause, le patriarcat. Mais dans ce cas, la communication autour du sujet doit être l'objet de sévères précautions, ne serait-ce que par respect envers les victimes de mutilations génitales dont les douleurs ne peuvent être mises sur le même plan que la frustration des femmes à la recherche d'un point G au fond du vagin. L'articulation entre les manifestations du sexisme à plusieurs degrés n'a pas été bien gérée, visiblement, vu qu'on lit "il n'y a pas plus important que ça ?".&lt;br /&gt;Autre sujet casse-gueule : dénoncer les discriminations et les violences subies par les femmes sans tomber dans la victimisation, sans paraître misandre. Pour les critiques les plus virulentes de la campagne, là, c'est loupé. Je n'ai pas eu ce ressenti, sans doute parce que j'ai pris les textes du site comme ayant une valeur statistique. Vu le nombre de personnes qui dénoncent ce travers d'OLF, il aurait fallu travailler ce point de la communication.&lt;br /&gt;A propos de statistiques, tout baser sur une enquête faite auprès des internautes est très cavalier. Des études ont été faites depuis des années, et j'ai pas vraiment l'impression que les chiffres d'OLF soient du même ordre de grandeur.&lt;br /&gt;Je suis franchement gênée de voir, sur le site, que la masturbation est tant mise en avant. Je suis persuadée que l'onanisme permet de mieux connaître son corps et qu'il n'y a pas de raison de réfréner ces activités. Mais la véritable urgence, en matière de sexualité, me parait être reconnaitre le rôle du clitoris dans les rapports hétérosexuels, pour relativiser le pilonnage qui est la norme dans la pornographie. La campagne donne plus l'impression d'une  promotion de la masturbation féminine dans tout ce que la chose a  d'organique, que d'une campagne informative, qui éviterait les injonctions, sur la sexualité féminine. Je n'ai pas peur d'avoir les doigts qui puent, mais ma sexualité ne se résume pas à ça !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, passons à la forme, en particulier à l'affiche.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://frederika.canalblog.com/images/Bernini_L_extase_de_Sainte_Th_r_se.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://frederika.canalblog.com/images/Bernini_L_extase_de_Sainte_Th_r_se.jpg" width="243" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;L'affiche est choquante, et c'est sans doute le but. Il faut attirer  l'oeil, faire le buzz, pour que les gens aillent voir le site qui  contient des infos utiles. Il n'y a pas de mal à faire le buzz, si c'est  pour la bonne cause. A moins de voir OLF comme un moyen pour le PS de  gagner des voix... On ne peut pas accuser l'association sans preuve,  même si ça semble fort probable. Si c'est le cas, j'aimerais qu'OLF  l'assume : il n'y a pas de mal à avoir une opinion politique ni à  militer ! &lt;br /&gt;On a reproché à l'affiche l'absence de visage : on a suffisamment de femmes décapitées et deshumanisées dans les pubs, pas besoin que les féministes en rajoutent. Ceci dit, pour une campagne sur le clito, ça me parait normal qu'on insiste dessus. &lt;br /&gt;Peut-être que certaines personnes (je ne vise personne en particulier, j'imagine ce que peut penser le macho lambda) sont choquées de voir une affiche présentant Lafâme sous un jour peu flatteur : une femme c'est beau, faut pas montrer ce qui n'est pas charmant chez elle.&lt;br /&gt;Je crois, en fait, que la réaction de chaque femme face à cette affiche est conditionnée par le rapport qu'elle entretient avec son corps. Pour des raisons qui me sont propres et que je ne développerai pas, j'apprécie l'exhibition de la partie cachée du clitoris. Je ne me permettrais pas de chercher les raisons personnelles qui ont poussé les blogueuses à encenser ou critiquer la campagne, et encore moins de porter un jugement. J'émets simplement une hypothèse pour expliquer la disparité d'opinions.&lt;br /&gt;Finalement, j'en viens à penser que personne n'a tort ou raison sur cette affiche.&amp;nbsp; Chacun a un ressenti différent lié à sa propre expérience, à sa propre façon de considérer le corps féminin. Ce ressenti peut être influencé par l'extérieur, mais aussi très personnel. Cette constatation pourrait sans doute être faite pour la plupart des sujets qui divisent les féministes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;Illustrations :&lt;br /&gt;L'affiche de la campagne&lt;br /&gt;Détail de l'extase de Sainte Thérèse, par le Bernin.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-3827438839376111399?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/3827438839376111399/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/osez-le-clitoris-et-ses-representations.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/3827438839376111399'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/3827438839376111399'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/osez-le-clitoris-et-ses-representations.html' title='Osez le clitoris et ses représentations crues !'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-8686649306780246402</id><published>2011-06-22T21:37:00.000+02:00</published><updated>2011-06-22T21:37:42.067+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>"Un long processus qui peut être douloureux"</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a une semaine, une interview de &lt;a href="http://www.unige.ch/etudes-genre/Equipe-1/Bachmann.html" target="_blank"&gt;Laurence Bachmann&lt;/a&gt; a été publiée sous le titre &lt;a href="http://www.lecourrier.ch/on_ne_nait_pas_feministe_on_le_devient_0" target="_blank"&gt;"on ne naît pas féministe, on le devient"&lt;/a&gt;. Rares sont les personnes qui ont pu recevoir une éducation suffisamment peu genrée pour n'avoir pas intégré l'identité qu'on impose communément aux gens de leur sexe. La plupart des féministes ont ainsi dû rejeter leurs certitudes et leur éducation pour accepter le genre comme un fait. Laurence Bachmann s'est donc demandé : "&lt;i&gt;Qu’est-ce qui fait que certaines femmes développent un regard critique sur les rapports sociaux de sexe?&lt;/i&gt;" Le verdict est sans appel : "&lt;i&gt;Toutes avaient également vécu une situation discriminante durant leur vie.&lt;/i&gt;" Elle souligne cependant une différence notable entre les féministes : "&lt;i&gt;Quelques femmes, filles de féministes, sont des héritières; elles bénéficient déjà de mots pour parler de la domination masculine. Pour les autres, c’est un long processus qui peut être douloureux.&lt;/i&gt;"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51DY31XWF4L._SL500_AA300_.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51DY31XWF4L._SL500_AA300_.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;J'ai la chance d'être une fille de féministe. Même si elle ne connaissait pas le vocabulaire dont parle Laurence Bachmann, ma mère m'a transmis des idées qui m'ont permis d'aborder facilement le féminisme. Lorsque j'ai rencontré une situation discriminante, j'ai eu, grâce à elle, le réflexe de questionner la société qui permettait cette discrimination au lieu de m'enfermer dans la culpabilité. C'est la chance qui m'a permis de trouver les mots : mon chéri, que je venais de rencontrer (c'était en 2000/2001, le Fouquet's interdisait son restaurant aux femmes non accompagnées par un mâle), m'a appelée affectueusement sa "petite Chienne de Garde". Je ne connaissais l'&lt;a href="http://www.chiennesdegarde.com/" target="_blank"&gt;association&lt;/a&gt; que de nom, je me suis donc renseignée sur elles, sur leur message, sur leurs idées. Le reste a suivi ; d'Isabelle Alonso je suis passée à Simone de Beauvoir et je n'ai jamais arrêté de me passionner pour le féminisme. Grâce à ma mère qui m'a donné l'habitude de remettre en question les idées et valeurs communes de la société, l'évolution n'a pas été douloureuse.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai donc longtemps ignoré à quel point il peut être douloureux de remettre en question ses croyances pour comprendre et accepter l'idée du genre. Au contraire, je ressentais un certains mépris pour les personnes qui refusent de réfléchir à ces questions quand on leur présente des faits. Jusqu'à ce que je rencontre D.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D. est un homme mûr, père de trois filles, avec lequel j'ai travaillé. C'est un homme curieux et qui possède une certaine culture (malheureusement incomplète, ce qui le conduit à proférer des énormités qui le font passer pour un imbécile) qu'il tente d'étendre par ses lectures. Il est aussi très gentil, aimant et très compréhensif ; il ne peut pas s'empêcher de prendre soin des autres et d'être protecteur avec ceux qui lui paraissent affaiblis (le chercheur en dépression, la stagiaire enceinte et stressée...). On peut compter sur lui, et s'il promet quelque chose, on peut être sûrs qu'il s'y tiendra. Les inégalités salariales entre les femmes et les hommes lui paraissent impensables, il ne comprend pas que ça existe ; il ne tolèrerait en aucun cas qu'on discrimine une femme enceinte. Il est en revanche très peu sûr de lui, très timide, et naïf dans sa vision de la société. Ses filles, qui ont entre 5 et 10 ans, sont la prunelle de ses yeux. Il ne sacrifie pas le temps passé avec elles pour son travail, et il se démène pour leur offrir tout ce dont elles ont besoin. Quand il parle d'elles, il a des étincelles dans les yeux. Son air hésitant et sa gentillesse le font passer pour un imbécile heureux, mais la tendresse dont il peut faire preuve m'a faite fondre ; sa capacité d'empathie a emporté mon respect.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je développe peu mes idées féministes au boulot, une partie de l'équipe étant très peu réceptive avec des tendances agressives. Avec D., je n'ai pas peur de parler. Un jour il m'a dit, avec naturel, dans une discussion sur les clubs de jeux (échecs, cartes...) où, selon lui (et je pense qu'il a raison), il y a peu de filles : "&lt;i&gt;les filles sont naturellement plus sérieuses que les garçons&lt;/i&gt;". Je n'ai pas pu le laisser croire cela. J'ai parlé du genre, de l'éducation, des jouets qu'on impose aux filles... J'ai parlé des &lt;i&gt;gender studies&lt;/i&gt;, des études peu médiatisées mais solides qui soutiennent ces théories... Un de nos collègues, qui nous écoutait, a trouvé ma démonstration convaincante (ce qui m'a fait vachement plaisir, vu qu'à l'oral je suis beaucoup moins sûre de moi qu'à l'écrit...). Mais D. s'est buté, son visage d'habitude si avenant s'est fermé. Il répétait "tu as peut-être raison, mais je &lt;i&gt;crois&lt;/i&gt; qu'il y a un truc naturel quand même". J'ai fini par comprendre ce qui le tracassait : il pensait à ses filles. Si le sérieux des filles n'est pas naturel, cela signifie que les filles chéries de D. ont été conditionnées pour l'être, par l'éducation. D. se sent responsable de tout se qui touche à ses filles, et dans sa vision manichéenne des choses, accepter la notion de genre revenait à admettre qu'il avait lobotomisé ses trois petits anges. Son amour passionné le rendant hypersensible et lui faisant perdre tout sens de la mesure, j'aurais tout aussi bien pu l'accuser d'avoir castré mentalement les petites, ou d'avoir arraché sauvagement à leur esprit l'amour du jeu, et pas là même leur innocence. J'ai tenté de corriger le tir en lui explicant que les coupables étaient la société, les pubs, l'école, et pas forcément les parents (il a toujours cru bien faire !)... Trop tard. Pour un homme aussi investi physiquement et émotionnellement dans l'éducation des ses filles, l'idée était insupportable.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il a coupé court à la conversation et il a regagné son bureau. Peu de temps après, je partais en congé maternité et quand je suis revenue, il avait été muté. Nous n'avons pas eu l'occasion d'en reparler. J'aurais aimé trouver les mots pour le convaincre sans le blesser. Est-ce seulement possible ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a tant d'obstacles à surmonter pour s'assumer en tant que féministe, surtout si l'on a grandi et vécu en croyant&amp;nbsp; fermement à une société bipolaire, voire même en trouvant que c'est cool qu'il y aie des hommes forts et des femmes belles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se déclarer féministe implique de prendre le risque d'être sévèrement jugée par l'entourage. Pour une femme, on sera vue comme une personne aigrie, une hystérique, qui voit le mal partout, une emmerdeuse, &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/feministe-et-feminine.html" target="_blank"&gt;pas féminine&lt;/a&gt;, moche, pas épilée... Pour un homme, les stéréotypes manquent, mais j'imagine que le mot "tapette" doit planer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/138279.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/138279.jpg" width="276" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Plus difficile encore, il faut remettre en cause ses croyances. On perd ses repères. Il faut cesser de mettre les gens dans des cases, et considérer chaque personne comme un individu et non plus comme un homme ou une femme. Les possibilités se démultiplient à l'infini. Les qualificatifs perdent leur sens et la perception du monde se modifie.&amp;nbsp; Les statues tombent avec fracas de leur piédestal : Maman n'est plus une sainte, Papa n'est plus le plus fort, Chérie n'est plus la plus douce, Chéri n'est plus le plus solide. On ne peut plus avoir confiance en rien, même le langage est miné. La télé, les pubs, les livres, les oeuvres d'art, tout ce qu'on trouvait drôle et beau est contaminé par le sexisme.&lt;br /&gt;Perdre ses repères permet d'en trouver d'autres. Les repères féministes (le vocabulaire, la philosophie...) sont finalement sécurisants, et offrent une sensation de fierté. On se sent clairvoyant. Mais la colère et l'indignation remplacent vite la peur. Le sexisme est partout, les enfants innocents sont formattés, des femmes sont violentées. Chacun est lésé par ce système, mais tout le monde tient à le sauvegarder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://img5.cherchons.com/marchand/pmcdn.priceminister.com/photo/422399530.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://img5.cherchons.com/marchand/pmcdn.priceminister.com/photo/422399530.jpg" width="204" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est le plus dur, c'est de devoir changer la manière dont on se voit.&lt;br /&gt;Une femme devra cesser de se considérer comme une princesse ou comme une mère sanctifiée par les soins qu'elle prodigue à sa progéniture. Elle prendra conscience de ses possibilités multiples, certes, mais aussi de tout ce qui la freine, et de la petite voix insidieuse qui sussure aux femmes qui prennent des responsabilités "tu n'en est pas capable, tu n'y arriveras pas...". Elle est parfaitement capable de lire une carte et de brancher seule un ordinateur : elle n'aura plus d'excuses pour ne pas le faire, ne pas réfléchir, ne pas apprendre. Elle réalisera qu'elle n'est pas naturellement douce et gentille et devra admettre qu'elle est un peu méchante, comme tout le monde, qu'elle pourrait faire souffrir ses enfants car il n'existe pas d'instinct maternel pour l'en empêcher par magie. Un homme réalisera qu'il n'est pas naturellement plus solide psychologiquement, qu'il est en danger de craquer autant qu'une gonzesse.&lt;br /&gt;A chaque fois qu'un homme ou une femme féministe entreprendra une activité convenant à son genre, il ou elle se demandera si son choix est influencé ou non. Fini la tranquilité d'esprit ! Il faut s'examiner sans mauvaise foi pour détecter les comportements stéréotypés, et, si l'on choisit de rejeter certains d'entre eux, lutter contre soi-même. Une femme devra lutter pour cesser de se mettre en retrait, un homme devra lutter pour cesser de se mettre en avant.&lt;br /&gt;Se remettre en question, c'est aussi assumer sa responsabilité dans la reproduction des stéréotypes. Il est facile de se considérer comme une victime du système, il est aisé de dire : "j'ai été discriminé-e parce que la société est sexiste, j'ai été privé-e de certaines activités par mon entourage". Mais il peut être insupportable de penser qu'on a discriminé les autres, qu'on a privé des être innocents qu'on aime de certaines activités. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté est précieuse.&lt;br /&gt;Mais être libre de choisir entre une myriade de voies, c'est aussi devoir les identifier toutes, les soupeser, prendre la responsabilité de s'engager dans l'une d'elles en entraînant sa famille dans son sillage, oser user de sa liberté et assumer ses choix.&lt;br /&gt;La liberté est précieuse, mais chère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-8686649306780246402?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/8686649306780246402/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/un-long-processus-qui-peut-etre.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8686649306780246402'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8686649306780246402'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/un-long-processus-qui-peut-etre.html' title='&quot;Un long processus qui peut être douloureux&quot;'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-8907537881161734129</id><published>2011-06-18T20:49:00.001+02:00</published><updated>2011-06-23T07:32:31.664+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Féministe et féminine...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;... est-ce possible ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://s4.e-monsite.com/2011/04/20/6178866117565-awesome-kong-448877a-jpg.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://s4.e-monsite.com/2011/04/20/6178866117565-awesome-kong-448877a-jpg.jpg" width="229" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Parce que, c'est bien connu, &lt;b&gt;toutes&lt;/b&gt; les féministes sont des femmes qui s'habillent comme des sacs, ne s'épilent pas, ne se maquillent pas et qui pètent au lit. En plus, elles veulent que tout le monde se ressemble, que tous les hommes et toutes les femmes s'habillent pareil, tous en pantalon pas beau. Elles nient les différences hommes/femmes et veulent tout uniformiser. Elles veulent faire comme les hommes, annihiler tout ce qu'il y a de féminin. Elles veulent pendre Valérie Damidot par les pieds pour avoir peint des chambres de petite fille en rose.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Comme d'habitude, lorsque ces attaques contre les féministes sont prononcées, on ne cite pas de noms ni d'exemples. Serait-ce que ces féministes n'existent pas ? Serait-ce que le message du féminisme est méconnu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est quoi, les différences hommes/femme ? &lt;a href="http://antisexisme.wordpress.com/2011/05/20/petits-rappels-sur-le-genre-reminders-on-genders/" target="_blank"&gt;Une construction sociale, pour l'essentiel&lt;/a&gt;. A part une force physique en moyenne différente et la différence de forme et de fonction des organes génitaux (&lt;a href="http://www.osezleclito.fr/" target="_blank"&gt;nous, on a un clitoris&lt;/a&gt;, nananèreuh !), tout nous est imposé par l'éducation. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En disant cela, on ne nie pas l'&lt;b&gt;existence&lt;/b&gt; des différences hommes/femmes, on nie qu'elles soient &lt;b&gt;naturelles&lt;/b&gt;. Nous clamons notre liberté : notre nature ne nous impose pas d'être féminines ou pas, selon notre envie, et nous refusons d'être jugées ou punies pour avoir adopté un comportement qui n'est pas féminin. C'est pareil pour les mecs : pas besoin d'être viril, vous pouvez passer la serpillière en tutu si ça vous chante, personne n'a le droit de vous en empêcher. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D'où vient ce fantasme sur l'uniformisation que les féministes voudraient imposer ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les militants anti-racistes veulent-il peindre tout le monde en blanc, noir ou à carreaux ? Les militants contre l'antisémitisme veulent-ils circoncire tout le monde ou faire repousser les prépuces ? Les militants anti-homophobie veulent-ils créer un monde bisexuel ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous ne voulons pas l'uniformisation, nous voulons au contraire détruire l'uniformité du modèle binaire féminin/masculin (merci à Euterpe pour la formulation dans les commentaires de mon &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/petit-bateau-pour-grand-naufrage.html" target="_blank"&gt;billet précédent&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;Il y a du bon et du mauvais dans ce que nous regroupons artificiellement dans les cases "féminin" et "masculin". Pourquoi ne pourrions-nous pas prendre ce qui nous plait dans les deux cases ? Il n'a jamais été question d'atomiser une case au profit de l'autre, mais de faire sauter la séparation entre les cases pour permettre la circulation dans un grand espace où tout le monde trouverait sa place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/27/Emilie_du_Ch%C3%A2telet.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/27/Emilie_du_Ch%C3%A2telet.jpg" width="271" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Je suis féministe, et quand j'ai envie, je suis féminine. Il m'arrive de me comporter en "vraie femme", quelquefois en cédant à la pression extérieure, quelquefois parce que j'en ai envie. Tous mes centres d'intérêts ne sont pas virils.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'adore porter des jupes longues, juste pour le plaisir de sentir danser les volants autour de mes chevilles. Quand je ne suis pas en jupe, je porte des pantalons moulants et des chemisiers qui mettent en valeur ma silhouette. Je ne m'habille pas comme un sac. Je tiens en outre à mes cheveux longs.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'aime plaire, séduire, être courtisée. Tant que c'est respectueux !&lt;br /&gt;J'aime materner mes étudiants, quand j'en parle, je les appelle "mes petits".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai découvert il y a peu que j'adorais cuisiner. Peut-être que c'est en voyant &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/04/top-cheffe.html"&gt;Ratatouille&lt;/a&gt; pour la 600ème fois que j'ai eu un déclic. Je cuisine toujours en grande quantité, faudrait pas que mes hommes aient faim ! Je fais même mes yaourts.&lt;br /&gt;En revanche, je ne me maquille pas, je ne porte pas de talons, et j'ai un langage de camionneur. Je n'ai jamais eu peur de faire le premier pas pour draguer. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne dis pas qu'il faut que tout le monde fasse comme moi (j'ai parlé de moi parce que je suis la féministe que je connais le mieux), je dis qu'il faut que tout le monde fasse comme il le sent. Homme ou femme, chacun doit être &lt;b&gt;libre&lt;/b&gt; d'adopter un comportement féminin ou masculin quand il en a envie, &lt;b&gt;sans subir de pression&lt;/b&gt; (surtout si cette pression est exercée à un âge tendre), &lt;b&gt;sans être puni&lt;/b&gt; pour avoir affiché un comportement correspondant trop ou pas assez au comportement attendu pour son sexe (c'est ce qui ressort du phénomène des &lt;i&gt;slutwalks&lt;/i&gt;).&lt;br /&gt;Et pour pouvoir choisir librement, il faut se servir de sa tête pour repérer les stéréotypes, comprendre d'où ils viennent et ce qu'ils signifient, identifier les mécanismes utilisés pour imposer les stéréotypes, remettre en question ses croyances, douter de soi. et affronter le regard des autres. C'est dur, ça fait peur, ça fait mal, mais la liberté est à ce prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Illustrations :&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Capture d'un match de catch entre la fantastique Awesome Kong et Gail Kim à la TNA.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Emilie_du_Ch%C3%A2telet.jpg" target="_blank"&gt;Portrait&lt;/a&gt; d'Emilie du Châtelet (1706-1749) par Maurice Quentin de la Tour. Une femme exerçant des activités masculines, ce qui ne l'empêchait pas de porter des p*tains de chouettes robes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edit au 20/06/2011 : l'article que &lt;a href="http://entrees-en-lice.over-blog.com/" target="_blank"&gt;Gabrielle&lt;/a&gt; nous avait promis dans les commentaires &lt;a href="http://entrees-en-lice.over-blog.com/article-egalite-des-sexes-uniformite-77092205.html" target="_blank"&gt;vient d'être publié&lt;/a&gt; !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-8907537881161734129?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/8907537881161734129/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/feministe-et-feminine.html#comment-form' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8907537881161734129'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/8907537881161734129'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/feministe-et-feminine.html' title='Féministe et féminine...'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-7268305204232955074</id><published>2011-06-16T22:53:00.001+02:00</published><updated>2011-06-23T07:32:31.664+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Petit Bateau pour grand naufrage</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai commencé au moins trois fois un billet sur &lt;a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/2337;petit-bateau-la-guerre-des-sexes-aura-t-elle-lieu.html" target="_blank"&gt;le buzz Petit Bateau&lt;/a&gt;, j'ai supprimé ma production à chaque fois. Ce qui me touche, dans cette affaire, ce n'est pas le fond (des vêtements genrés, il y en a depuis longtemps) mais le fait que la plupart des réactions que j'ai vues prouvent que leurs auteurs ne voient pas où est le problème. J'ai donc voulu l'expliquer, mais j'ai trouvé que ma production était de piètre qualité et enfonçait des portes ouvertes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je réessaye aujourd'hui pour répondre à &lt;a href="http://unechambreamoi.blogspot.com/2011/06/je-suis-feministe-mais.html" target="_blank"&gt;ce billet&lt;/a&gt; qui est construit, réfléchi, et sans noms d'oiseaux (ça nous change !) : l'auteure mérite une réponse construite, réfléchie, et argumentée. Promis, je n'utiliserai pas de noms d'oiseaux non plus !&lt;br /&gt;J'aime ce texte car il reprend posément pas mal d'idées qui me semblent partagées par une bonne partie de nos concitoyens. Je vais répondre point par point à ce qui me parait être les phrases-clé. Evidemment, c'est mon opinion que j'exprime, ma vision du féminisme qui peut être contestée (ne vous gênez pas dans les commentaires). Je ne suis malheureusement pas sociologue&amp;nbsp; ni philosophe et j'emploie peut-être mal certains termes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez, c'est parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...quand je vois que certaines essayent de mettre du féminisme partout, même concernant les plus anodins des sujets, ça me gonfle."&lt;br /&gt;Hélas, le féminisme dénonce un &lt;b&gt;système&lt;/b&gt; sexiste et patriarcal. C'est-à-dire que le sexisme vient se nicher partout et que rien n'est anodin. Tout est lié : les mots qu'on utilise, les vêtements et les jouets des enfants, jusqu'aux violences sexistes les plus sévères. &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/rien-de-grave.html" target="_blank"&gt;Les détails sexistes ont de grands effets&lt;/a&gt;. Il faut donc réfléchir à tout ce qu'on dit ou fait, tout remettre en cause. C'est chiant, fatigant, stressant, mais on a la satisfaction de fouler aux pieds les oeillères que notre éducation nous a greffées (et il y a &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/ces-feministes-mal-baisees-qui-naiment.html" target="_blank"&gt;quelques autres avantages&lt;/a&gt;...). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"des féministes [...] ressortent des études du CNRS sur l'influence que les images sexistes peuvent avoir sur les nourrissons... etc..."&lt;br /&gt;Oui, des études (qui n'émanent pas que du CNRS : c'est un phénomène mondialement connu) prouvent que les nourrissons sont influencés par le comportement des adultes. Quand on les habille "en garçon" ou "en fille", le comportement des adultes envers les enfants change, et les enfants le ressentent. Ils apprennent vite à adopter des comportements suscitant notre approbation : une fille adoptera un comportement "de fille" et une garçon "de garçon". C'est un &lt;b&gt;fait&lt;/b&gt; qu'il me parait important de rappeler. Citer des études permet, en outre, de montrer qu'il ne s'agit pas d'une opinion ni d'une marotte de vieille peau mal épilée, mais d'une vision étayée de la société basée sur une théorie mûre et éprouvée (&lt;a href="http://www.egalite-infos.fr/2011/06/01/christine-boutin-contre-l%C2%AB-ideologie-du-genre-%C2%BB-enseignee-au-lycee/" target="_blank"&gt;n'en déplaise à Christine Boutin&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Franchement... les associations féministes n'ont pas des causes plus importantes à défendre?"&lt;br /&gt;Si, mais les associations s'en occupent aussi, ne vous inquiétez pas. C'est pas parce que les médias n'en parlent jamais que rien n'est fait (par exemple, tout récemment, &lt;a href="http://www.egalite-infos.fr/2011/06/16/campagne-contre-le-viol-conjugal-du-collectif-feministe-contre-le-viol/" target="_blank"&gt;une campagne a été lancée contre le viol conjugal&lt;/a&gt;). Mais dénoncer les pires violences (en France comme à l'étranger) n'est pas contradictoire avec dénoncer les &lt;b&gt;outils&lt;/b&gt; utilisés pour reproduire le système qui permet ces violences.&lt;br /&gt;Ici, l'outil, c'est le vêtement. Il a été prouvé que les jeunes gens reproduisent les stéréotypes, ça s'appelle &lt;a href="http://antisexisme.wordpress.com/2011/04/07/effet-pygmalion-les-dangers-des-stereotypes-et-des-preconcus-pygmalion-effect-the-dangers-of-stereotypes/" target="_blank"&gt;l'effet Pygmalion&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Que je sache, c'est une marque qui propose des vêtements sexués, comme plein d'autres.&amp;nbsp; "&lt;br /&gt;Oui, c'est pour ça que personnellement je n'ai pas gueulé. Je suis blasée par ce que je vois dans les magasins et les boutiques en ligne (chez Vert Baudet par exemple : le pyjama &lt;a href="http://www.vertbaudet.fr/pyjama-bebe-velours-du-naissance-au-18-mois-rose-poudre.htm?ProductId=700130003&amp;amp;FiltreCouleur=6630&amp;amp;t=6" target="_blank"&gt;fille&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.vertbaudet.fr/pyjama-bebe-velours-du-naissance-au-18-mois-beige.htm?ProductId=700130003&amp;amp;FiltreCouleur=6330&amp;amp;t=6" target="_blank"&gt;garçon&lt;/a&gt;, et &lt;a href="http://www.vertbaudet.fr/pyjama-bebe-velours-du-naissance-au-18-mois-ecru.htm?ProductId=700130003&amp;amp;FiltreCouleur=6310&amp;amp;t=6" target="_blank"&gt;bébé à venir&lt;/a&gt; dont le sexe n'est pas encore connu). Je n'ai pas été étonnée de l'existence de ces bodies, mis à part le fait qu'ils ont des manches longues, ce qui n'est pas des plus confortable en été.&lt;br /&gt;Je crois que Petit Bateau a payé pour les autres. Ca s'est vu (il faut dire que le modèle est particulièrement gratiné) et la réaction a été épidermique. Le fait que ça touche les bébés a aussi ajouté à l'émotion. Une action réfléchie touchant toutes les marques (et pourquoi pas touchant aussi les jouets et la littérature enfantine...) serait plus logique. Mais aurait-elle été relayée par les médias ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On est en démocratie, on n'est pas obligé d'acheter si on n'aime pas!"&lt;br /&gt;Je n'aime pas la clope, je n'en achète pas, mais je dénonce ses effets. Je n'aime pas ces bodies, je ne les achète pas, mais je dénonce leurs effets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Parce qu'on est dans un pays libre, les filles peuvent être des "garçons manqués", les garçons "efféminés". C'est cool.&lt;br /&gt;Mais l'inverse est encore possible!"&lt;br /&gt;Etre une garçon manqué ou un garçon efféminé, c'est quand même mal vu. J'ai le souvenir d'un camarade d'école qui faisait de la danse classique, il a pris cher. &lt;br /&gt;Nous ne sommes pas libres d'être ce que nous voulons être : on nous impose des codes, et si nous sortons des clous, nous le payons. Voilà ce que le féminisme dénonce. A cela s'ajoute le contenu des codes : les qualificatifs attachés au féminin ne sont pas des plus flatteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" C'est quoi le but? qu'on finisse tous en uniforme, et que les bébés soient tous en body gris unisexe à col Mao? Qu'on leur rase tous le crâne jusqu'à leurs 18 ans pour masquer leurs différences de sexe?"&lt;br /&gt;Justement non. Le but est d'être &lt;b&gt;libres&lt;/b&gt; de &lt;b&gt;choisir&lt;/b&gt; d'adopter un comportement sans influence extérieure et sans encourir de jugement. Que les garçons comme les filles puissent porter des jupes ou des pantalons si ça leur chante, par exemple, et que personne ne puisse les juger. Personnellement, je porte des jupes, et je ne me maquille pas malgré une pression extérieure pesante (à ce sujet, j'ai écrit &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/peau-de-peche-et-oeil-de-biche.html" target="_blank"&gt;un billet&amp;nbsp; tout récemment&lt;/a&gt; et le fond de ma pensée a été donné dans les commentaires).&lt;br /&gt;Ceci dit j'aime beaucoup les cols Mao.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Moi je préfère que les féministes luttent CONTRE l'uniformisation... et tant pis si cette liberté a pour conséquence de laisser libre-champs à la création de fringues un peu nunuches à fleu-fleurs! Cet excès-là vaut mieux que l'inverse, non?"&lt;br /&gt;Si les fringues à fleu-fleurs sont disponibles pour les deux sexes, il n'y a pas de problème (sauf que mon mari et moi aurions du mal à nous fringuer, on préfère les têtes de mort, vous voyez...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On va leur retirer la garde de leurs enfants pour cause d'éducation sexiste? Les envoyer en camp de rééducation de parents, les forcer à recourir à un coach en choix de garde-robe pour bébé féministement correcte?"&lt;br /&gt;Faudrait pas exagérer. Nous demandons que les fabricants et les parents pensent aux conséquences de leurs actes en leur fournissant des informations qu'ils n'ont pas forcément. Forcer les gens à penser, c'est si méchant que ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis sincèrement choquée par les jouets idiots provoquant une sexualisation précoce des enfants (comme les barres de pole-dance pour petites filles, ou les concours de mini-pouffes)... mais franchement, ces bodies, à côté, me paraissent bien inoffensifs."&lt;br /&gt;Je suis d'accord. Mais les accessoires de mini-pouffe ont &lt;a href="http://owni.fr/2011/03/23/erotisation-soutiens-gorge-ampliformes-taille-huit-ans-enfant/" target="_blank"&gt;aussi fait gueuler&lt;/a&gt;. Les médias, encore une fois, en ont peu parlé. Je soupçonne que les journalistes aient relayé le buzz pour faire passer les féministes pour des gourdes qui luttent pour des points de détails. C'est faux : nous luttons contre les détails dont nous soulignons l'importance (faits à l'appui : les fameuses études sont là pour ça) ainsi que contre les choses graves. Mais dans ce dernier cas, c'est bizarre, les médias ne disent pas grand-chose...&lt;br /&gt;Oui, j'accuse beaucoup les médias. Ils sont responsables à la fois d'une &lt;a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/editorial/39-editorial/55-editorial" target="_blank"&gt;représentation sexiste des femmes&lt;/a&gt; mais aussi d'une vision caricaturale du féminisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai pour projet de mettre ma fille à la danse classique et mon fils au tennis... (je sais c'est furieusement tradi). Est-ce que je mérite moins d'être féministe?"&lt;br /&gt;Ca dépend, le choix de la discipline leur a-t-il été imposé par l'extérieur ? Votre fille sait-elle qu'elle a le droit de faire du tennis ? Votre garçon sait-il qu'il a le droit de faire de la danse ? Si c'est un choix libre, je ne vois pas où est le problème. Sinon, je ne vous jetterais pas la pierre, d'une part parce que je n'ai pas à juger des choix d'une autre famille, d'autre part parce que ce n'est pas facile de pousser ses enfants à transgresser les règles sociales non écrites, pour les voir subir brimades et moqueries de la part de leurs camarades. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si on foutait un peu la paix aux gens, aussi?"&lt;br /&gt;Tout à fait d'accord. J'aimerais que Petit Bateau nous foute la paix au lieu de m'imposer ainsi qu'à mes enfants des qualificatifs sexués.&lt;br /&gt;Parce que les caractéristiques sexuées ne sont pas, pour le plupart, naturelles. Elles sont imposées par l'éducation à travers des outils comme ces bodies. Et au nom de ces caractéristiques, des femmes sont moins payées, frappées, violées, tuées. &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/p/statistiques.html" target="_blank"&gt;Le sexisme tue&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Ah! et puis, ma fille, il y a quelques jours, m'a demandé un jouet aspirateur... "pour faire comme papa" (ben oui).&lt;br /&gt;Enigme: Dois-je refuser, sous prétexte qu'une petite fille ne doit pas être éduquée de manière sexiste? Pourrais-je, en revanche, l'offrir à mon fils, sous les "houra" des féministes, applaudissant à la vue de mon éducation correspondant si bien aux nouveaux codes stricts du féministement correct?"&lt;br /&gt;Si vous leur offrez à chacun un jouet qui leur fait plaisir, en leur transmettant par ailleurs une vision égalitaire de la société, là je dirai hourra. Si votre fille veut un aspirateur, pourquoi pas, à condition de lui expliquer qu'elle n'est pas obligée de le passer parce qu'elle n'a pas de pénis (l'exemple de son papa devrait suffire, de toute façon).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est ridicule... un peu comme celles qui s'acharnent à vouloir féminiser tous les mots, auteure, ingénieure, basketteure... en confondant "genre" (grammaire) et "sexe" (vraie vie). On peut être féministe et se présenter comme "écrivain", non?"&lt;br /&gt;Je ne suis pas certaine qu'il y aie consensus sur la question chez les féministes. Il me semble que la plupart d'entre nous (moi incluse) soit pour la féminisation des noms de métiers pour que les enfants n'acquièrent pas une vision sexuée de ces métiers. Par exemple, mon fils aîné a reçu un camion Playm*bil à Noël, avec deux p'tits pompiers dedans : un homme et une femme. Il m'a demandé ce que la femme faisait là, si elle aidait le pompier. Je lui ai répondu que non, elle était pompier. Il m'a alors demandé comment on disait : pompière, pompiette ? Ca lui a vraiment posé problème. J'ai beau dire, Mme Pompier a fini sur le siège passager et ne tient jamais la lance à incendie. Les mots sont importants ! Ils sont le reflet de notre pensée et cette pensée est forgée sur les mots. C'est un cercle vicieux qu'il faut bien briser à un moment ou à un autre.&lt;br /&gt;Par ailleurs, le "genre" n'est pas qu'une notion grammaticale. Il s'agit aussi d'une notion sociologique (voir &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Genre_%28sciences_sociales%29" target="_blank"&gt;là&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://antisexisme.wordpress.com/2011/05/20/petits-rappels-sur-le-genre-reminders-on-genders/" target="_blank"&gt;surtout là&lt;/a&gt;). Peut-être qu'en apprendre plus sur le sujet (si ce n'est fait) vous permettrait de mieux comprendre pourquoi nous trouvons que ces notions sont importantes. Cette notion est au coeur du féminisme dit "&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_vague_f%C3%A9ministe" target="_blank"&gt;de troisième vague&lt;/a&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il y a tellement de luttes féministes plus importantes! Il faudrait mieux hiérarchiser les problèmes."&lt;br /&gt;Il faudrait surtout que le grand public soit au courant de ce qui se passe réellement dans les milieux féministes... Vous verriez que les grands problèmes sont aussi combattus que la myriade de détails qui les causent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Je suis -très- féministe, mais....&lt;br /&gt;... ce ne sont pas des mouvements comme ceux-ci qui vont me donner envie d'adhérer à une quelconque association féministe."&lt;br /&gt;Ce mouvement anti-Petit Bateau ne me semble pas être le fait s'associations, mais d'individus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je serais curieuse de savoir ce que c'est, pour vous, être féministe. Etre pour la parité ? L'égalité des salaires ? Lutter contre les violences conjugales ? C'est tout cela, bien sûr, mais c'est aussi, à mon sens, être conscient des questions de genre, remettre perpétuellement en question ses croyances et ses habitudes et lutter pour faire cesser la reproduction du système sexiste. &lt;br /&gt;Si on emmerde le monde, il y a une raison... On a mieux à foutre de notre temps que troller la page Facebook de Petit Bateau !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Edit : Je rappelle que les commentaires de ce blog sont impitoyablement modérés. Je suis ouverte à la contradiction, à condition qu'elle soit argumentée et exprimée posément. Un commentaire du type "Beuarf c'est ridicule", par exemple, sera rejeté par la modération.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-7268305204232955074?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/7268305204232955074/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/petit-bateau-pour-grand-naufrage.html#comment-form' title='15 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7268305204232955074'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7268305204232955074'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/petit-bateau-pour-grand-naufrage.html' title='Petit Bateau pour grand naufrage'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>15</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-6512528216242287631</id><published>2011-06-13T21:38:00.000+02:00</published><updated>2011-06-13T21:38:12.113+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Cinéma'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><title type='text'>C'est toi l'champion, Gaston !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous avons profité du long week-end pour revoir "La Belle et la Bête" de Disney. C'est un film que j'aime bien depuis sa sortie, quand j'étais une petite fille (les mauvaises langues diront que j'ai pas beaucoup grandi depuis...). Mon hobbit l'aime bien aussi, vu qu'il aime bien les trucs de fille en général.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.mesdessinsanimes.com/photos/images-belle-bete-disney-g.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://www.mesdessinsanimes.com/photos/images-belle-bete-disney-g.jpg" width="178" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Le personnage de Belle change un peu des princesses Disney. Elle est jolie, dévouée et gentille, d'accord, mais elle est aussi courageuse, cultivée et intelligente. Bon, ses lectures se bornent à des romans, Belle est une rêveuse, pas une philosophe. N'empêche qu'au moins, elle sait lire, je ne suis pas certaine qu'Aurore puisse en dire autant.&lt;br /&gt;J'aime aussi le fait qu'elle ne se laisse emmerder ni par Gaston ni par la Bête. On pourrait trouver qu'elle est têtue et querelleuse, mais c'est surtout une femme de caractère. &lt;br /&gt;Elle n'a pas peur de sortir seule en pleine forêt et elle n'attend pas qu'on vienne la sauver. Elle vole au secours de son père, et la Bête. Elle s'enfuit seule en pleine nuit du château où elle se sent menacée. Elle lutte contre les loups, avec peu de succès, certes, mais au moins elle ne se couche pas dans la neige en attendant qu'un autre mette une branlée aux bestiaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://storage.canalblog.com/23/90/803416/59407370_m.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="112" src="http://storage.canalblog.com/23/90/803416/59407370_m.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Face à ce personnage étonnant, nous trouvons Gaston. Il a tout pour plaire, celui-là. Dès sa première apparition, il descend un canard : Gaston est un chasseur, un carnivore invétéré qui avouera plus tard, au détour d'une chanson, gober les oeufs par douzaine depuis l'enfance. Il picole. Il dédaigne la connaissance et balance le livre favori de Belle dans une flaque de boue. Pour couronner le tout, il est monstrueusement poilu et fier de l'être (ça pique les yeux).&lt;br /&gt;Gaston est sûr de lui et de son pouvoir de séduction. Il a jeté son dévolu sur Belle, la seule qui le dédaigne. Il est donc dans une logique de conquête plus que de séduction. Pour parvenir à ses fins, tout est bon, même le chantage. Le refus de Belle l'encourage à faire preuve d'une extrême violence. Pour être un homme et retrouver sa virilité, il ressent le besoin de se battre, et de tuer des animaux. Il est possessif, et considère que Belle lui appartient.&lt;br /&gt;Ce qui est glaçant, c'est que son assurance de beauf reçoit l'approbation de la communauté. On l'admire, on l'applaudit. Belle est considérée comme bizarre, Gaston est un homme, un vrai. Comme dit la chanson, "c'est toi l'champion, Gaston !". Ah ouais, c'est un vrai winner, que Disney nous a pondu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.dessinsdisney.com/photos/fonds-ecran-belle-bete.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="150" src="http://www.dessinsdisney.com/photos/fonds-ecran-belle-bete.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;La Bête, au début du film, est un peu dans le même délire viril. Il retient Belle captive, il veut la forcer à dîner avec lui. Mais lui, au contraire de Gaston, accepte de se civiliser, par le contact tendre et respectueux avec les animaux (il nourrit les petits oiseaux avec l'aide de Belle), en se tenant correctement à table, en réapprenant à lire (scène de la version longue), et en retrouvant une hygiène corporelle. L'amour le conduit à libérer Belle : c'est en égaux, et non pas en tant que geôlier et prisonnière, qu'ils pourront finalement s'aimer. Au final, la Bête sacrifie par amour sa chance de redevenir un humain, avant d'épargner la vie de Gaston, lequel est qualifié de "monstre" par Belle. Le monstre est humanisé par ses rapports respectueux avec les autres tandis que l'humain se comportant en mâle dominant devient le véritable monstre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce film m'a donné l'occasion d'aborder un sujet sensible avec mon fils : on ne force pas une fille à passer un moment romantique si elle ne le veut pas. Un moment romantique, pour mon petit bout qui ne sait pas précisément comment on fait les bébés, c'est un baiser, un câlin, une danse : ce n'est pas encore la sexualité, mais le respect commence déjà là. Gaston veut épouser Belle sans se soucier de son consentement, tandis que la Bête, au début du film, veut l'obliger à dîner avec lui. Mon mari et moi avons bruyamment exprimé notre dégoût devant le comportement de Gaston et la Bête et le message est passé facilement. Gaston s'est pris des insultes de la part de notre petit bonhomme tout le long du film ("crotte de nez" et "caca boudin"). Les manières impeccables de la Bête à la fin du film ont reçu son approbation.&lt;br /&gt;C'est quand même pas sorcier, elle a dit NON, la dame, un gosse de 4 ans  comprend ça très bien ! Mieux que certains énarques, en tout cas. Je ne vais pas briser son innocence en lui expliquant que ce genre de choses peut arriver dans la réalité. Je me borne à ancrer dans son esprit l'importance du respect du consentement, avant que les médias et la société n'interviennent. Par les temps qui courent, ça me parait primordial et tous les outils sont bons à prendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-6512528216242287631?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/6512528216242287631/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/cest-toi-lchampion-gaston.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/6512528216242287631'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/6512528216242287631'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/cest-toi-lchampion-gaston.html' title='C&apos;est toi l&apos;champion, Gaston !'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-4080639687729852394</id><published>2011-06-09T20:19:00.000+02:00</published><updated>2011-06-09T20:19:05.323+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Peau de pêche et oeil de biche</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce matin, Olympe nous a rapporté l'existence de &lt;a href="http://blog.plafonddeverre.fr/post/Journee-sans-maquillage" target="_blank"&gt;la journée sans maquillage au Québec&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a5/Make-up_make-down.jpg/385px-Make-up_make-down.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a5/Make-up_make-down.jpg/385px-Make-up_make-down.jpg" width="128" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Personnellement, je ne me maquille jamais. Quand je dis jamais, c'est bien &lt;u&gt;jamais&lt;/u&gt;. Quand j'ai déménagé, il y a un an, j'ai retrouvé mes vernis à ongles et rouges à lèvres séchés dans mon armoire : j'ai tout balancé. Je n'ai plus qu'une palette qu'on m'a offerte (j'aime pas jeter les cadeaux) et que j'ai gardée au cas où. Je ne me maquille jamais pour les conférences, je ne me suis même pas maquillée quand j'ai soutenu ma thèse.&lt;br /&gt;Je hais le maquillage. Ca fait perdre un temps précieux dans la salle de bains, c'est chiant à mettre (je ne suis pas très adroite), ça prend de la place dans les armoires, ça coûte chez si on veut de la bonne camelotte, on ne peut pas se frotter les yeux ou se gratter comme on veut, on n'a pas le droit de pleurer, et le mascara fait des traces sur les lunettes. Bref, c'est un immense gâchis de temps, d'argent et d'énergie.&lt;br /&gt;Et puis je vis bien avec ma tronche, je ne ressens pas le besoin de la modifier. Quand je vois des photos de moi maquillée, j'ai l'impression de voir une caricature. Je peux comprendre une femme qui me dirait qu'elle aime bien se voir maquillée, mais je ne pourrai pas m'empêcher de me demander pourquoi et d'imaginer qu'elle est influencée par une norme nauséabonde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://imworld.aufeminin.com/dossiers/d20071204/d2823i59417h160407.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="133" src="http://imworld.aufeminin.com/dossiers/d20071204/d2823i59417h160407.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;Pourquoi devrait-on se maquiller ?&lt;br /&gt;Je reste persuadée que l'idéal féminin est lié à l'idée qu'on se fait de la nature.  &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/il-y-quelque-temps-euterpe-cite-comme.html" target="_blank"&gt;J'ai esquissé cette idée à partir de mythes grecs&lt;/a&gt; et je continuerai de développer ma théorie. Les humains projettent sur le corps des femmes leur rapport à la nature ; en tant que porteuse de l'enfant à naître, la femme est ambassadrice de la Nature, de la Terre.&lt;br /&gt;La nature est, par certains aspects qui nous procurent du plaisir, belle ; elle est aussi, par d'autres aspects, dangereuse, désagréable, laide. Il faut donc, pour en profiter sans crainte, qu'elle soit domestiquée : on dresse et parque les bêtes, on sélectionne les races les plus agréables au sein d'une espèce, on crée des jardins d'où ce qui est laid ou dangeraux est banni et où ce qui reste de la nature est taillé, entretenu. Le corps féminin doit, dans le même élan, être débarrassé des ses attibuts de bête fauve (épilation), ce qui reste en elle de naturel doit être domestiqué et entretenu (coiffure), et ce qu'il y a de charmant en lui doit être mis en évidence (maquillage et tenue à la mode).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c5/Colours_-_make_up.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="133" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c5/Colours_-_make_up.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Les yeux sont maquillés pour rappeler &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C5%92il_de_biche" target="_blank"&gt;le regard d'un animal&lt;/a&gt; dont la conquète est un trophée pour le chasseur. Le &lt;a href="http://beaute.notrefamille.com/maquillage-soins/maquillage/yeux/pour-le-soir-faites-vous-un-regard-de-velours--o13848.html" target="_blank"&gt;regard de velours&lt;/a&gt; ainsi obtenu rappelle &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Velours" target="_blank"&gt;la fourrure de la bête&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Les lèvres prennent, grâce aux rouges à lèvres, une couleur et un aspect pulpeux rappelant les &lt;a href="http://www.sephora.fr/Maquillage/Levres/Rouge-a-Levres/Volupte-Sheer-Candy/P540018" target="_blank"&gt;fruits&lt;/a&gt;. L'aspect humide procuré par un gloss évoque un pétale de fleur couvert de rosée. Vous pensiez à autre chose, grands dégoûtants ! ;-)&lt;br /&gt;Les ongles vernis de rouge (traditionellement) évoquent les griffes ensanglantées d'une bête féroce. Bête qui est évidemment domestiquée, comme le rottweiler des voisins.&lt;br /&gt;Les fond de teint et soins donnent l'aspect d'une &lt;a href="http://www.tasante.com/article/lire/2696/" target="_blank"&gt;peau de pêche&lt;/a&gt;, avec des coloris rappelant le sable, ou encore les fruits (abricot, noisette...) et les fleurs (rosé...).&lt;br /&gt;Les &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Parfum#Principales_mati.C3.A8res_utilis.C3.A9es" target="_blank"&gt;parfums&lt;/a&gt; ont des touches florales (rose, jasmin...), animales (musc, civette, ambre gris...), de fruits (citron...). &lt;br /&gt;La mode est aux produits "naturels" (on ne va pas vous dire que vous étalez  sur votre peau des produits chimiques testés sur de culs de singe, quand même !), avec des composants minéraux et végétaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce qui compte, c'est l'apparence : il faut se montrer, plaire, et en plus on est censées aimer ça... Le marketing des marques en profite. Regardez la vitrine d'une parfumerie que j'ai vue récemment...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-BMOxxTrQbjU/TfEJR8yQpDI/AAAAAAAAASo/a0EmanrTUfE/s1600/2011-04-20+19.02.34.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://2.bp.blogspot.com/-BMOxxTrQbjU/TfEJR8yQpDI/AAAAAAAAASo/a0EmanrTUfE/s400/2011-04-20+19.02.34.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;Illustrations :&lt;br /&gt;Jeune suédoise de 19 ans avec du maquillage (&lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Make-up_make-down.jpg" target="_blank"&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;Photo © Bourjois (&lt;a href="http://www.joyce.fr/mag/beaute/d2823/x16751.html" target="_blank"&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Colours&lt;/i&gt; (&lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Colours_-_make_up.jpg" target="_blank"&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;Devanture d'une boutique Sephora (©une tof de moi)&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-4080639687729852394?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/4080639687729852394/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/peau-de-peche-et-oeil-de-biche.html#comment-form' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4080639687729852394'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4080639687729852394'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/peau-de-peche-et-oeil-de-biche.html' title='Peau de pêche et oeil de biche'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-BMOxxTrQbjU/TfEJR8yQpDI/AAAAAAAAASo/a0EmanrTUfE/s72-c/2011-04-20+19.02.34.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-3395196736866324143</id><published>2011-06-08T21:16:00.001+02:00</published><updated>2011-06-12T10:37:44.735+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>L'après-DSK, le rapport Grésy : des espoirs</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les choses bougent. L'actualité nous fournit des raisons de croire en une amélioration significative de la condition des femmes. Pourtant, je suis pessimiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.francesoir.fr/sites/default/files/dynimagecache/0/2570/1824/210-0-2570-1824-494-351/sipa_ap21055565_000002.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="227" src="http://www.francesoir.fr/sites/default/files/dynimagecache/0/2570/1824/210-0-2570-1824-494-351/sipa_ap21055565_000002.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Bien qu'elle soit sordide, l'affaire DSK pourrait forcer les gens à réaliser à quel point notre société est machiste. On rêve donc d'un "après-DSK".&lt;br /&gt;Après l'affaire DSK, les gens reconnaîtront enfin que le viol, c'est grave.&lt;br /&gt;Après l'affaire DSK, les journalistes parleront enfin des affaires de harcèlement sexuel commis par les politiques.&lt;br /&gt;Après l'affaire DSK, le grand public aura saisi l'ampleur du sexisme ordinaire.&lt;br /&gt;Après l'affaire DSK, les femmes victimes de viol oseront porter plainte, même si leur agresseur est riche, et puissant.&lt;br /&gt;Grâce à l'affaire DSK, "&lt;a href="http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/Chantal-Jouanno-et-le-machisme-des-hommes-politiques-Interview-324857/?from=cover" target="_blank"&gt;Beaucoup de certitudes ont volé en éclats&lt;/a&gt;", d'après Chantal Jouanno.&lt;br /&gt;L'affaire DSK aurait rendue possible une&lt;a href="http://www.europe1.fr/France/Ce-que-l-affaire-DSK-a-change-574029/" target="_blank"&gt; prise de conscience de la gravité et de la fréquence du harcèlement sexuel&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.egalite-infos.fr/2011/06/07/omerta-brisee-sur-laffaire-maheas-un-effet-de-lapres-dsk/"&gt;Les politiciens harceleurs et violeurs sont menacés d'exclusion par leurs partis&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, il y a eu beaucoup d'articles dans les journaux, sur le web, à la télé. Des femmes politiques ont pu s'exprimer sur leur vécu quotidien. Les blogs ont relayé. Les &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/p/statistiques.html" target="_blank"&gt;chiffres&lt;/a&gt; ont été redits. 75000 viols par an, en France. 10% des viols entraînent une plainte et peu de plaintes entraînent un procès aux Assises. &lt;a href="http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/05/19/le-viol-aspects-sociologiques-dun-crime/" target="_blank"&gt;Les violeurs appartiennent à toutes les classes sociales, mais les prolos sont majoritaires parmi les accusés aux Assises&lt;/a&gt;. On ne peut que se réjouir de voir la loi du silence brisée, et la réalité du viol enfin exposée.&lt;br /&gt;C'est des choses qu'on sait depuis longtemps mais que les médias semblent découvrir. Alors, comme viol et agression sexuelle sont des sujets susceptible de faire vendre (bah oui, il y a du sexe et de la violence !), ils en parlent. Et après ?&lt;br /&gt;Après, les médias parleront d'autre chose. Une catastrophe écologique ? La famine ? Un accident ? Un attentat ? C'est pas les occasions qui manquent. Et les chiffres, on les oubliera. Ce ne sont que des chiffres. Tant que l'une des victimes n'est pas une personne qu'on connait, les violences restent abstraites. Evidemment, il y a les victimes qui pleurent à la télé, mais ce qui passe à la télé est toujours exceptionnel, c'est pas la vraie vie. On entendra encore le "rhoooo, tu te rends compte, quand même ?" de Germaine à la machine à café, mais elle parlera d'autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les inégalités salariales sont connues, mais rien ne bouge. L'ampleur des violences conjugales sont connues, des lois passent, mais cessent-elles pour autant ? Les lois antiracistes et la médiatisation des faits divers liés au racisme ne l'ont pas éradiqué. La loi du silence a été momentanément brisée, mais il ne faut pas se leurrer, il en faudra plus pour que le système sexiste soit ébranlé. En parler, c'est bien, sévir contre les agresseurs, c'est nécessaire, mais pour que cela cesse, nous avons besoin d'une réflexion de fond, d'une prise de conscience collective. Il faut que chacun se sente concerné. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.france-info.com/IMG/jpg/3/6/2/Brigitte_Gresy.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://www.france-info.com/IMG/jpg/3/6/2/Brigitte_Gresy.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Le &lt;a href="http://www.liberation.fr/vous/01012341935-25-points-pour-promouvoir-l-egalite-des-sexes"&gt;rapport de Brigitte Grésy&lt;/a&gt; génère, lui aussi, des espoirs.&lt;br /&gt;Le congé d'accueil de l'enfant est le point le plus commenté du rapport. Les papas auront un mois à passer avec leur enfant. Ceci devrait créer un lien plus fort entre le père et l'enfant, lien qui perdurera et permettra d'atteindre l'égalité de partage des tâches. Je connais énormément de pères (dont mon cher et tendre époux) qui auraient aimé avoir plus de temps avec leur bébé, aussi je me réjouis de cette proposition. C'est une bonne nouvelle et je crois fermement qu'il faut suivre le conseil de Brigitte Grésy.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En revanche, je refuse de croire que cette mesure résoudra comme par magie le problème de l'égalité hommes-femmes au travail et celui du partage des tâches domestiques. C'est pas parce que les papas passeront un mois à la maison avec leurs enfants qu'ils passeront plus l'aspirateur. Je suis même prête à parier que, chez les couples ne partageant pas les corvées, pendant le congé de papa, maman rentrera le soir pour trouver papa jouant à la Playstation, et devra ranger le bordel qu'il aura semé pendant toute la journée, faire la vaisselle de midi, s'occuper du gamin dont la couche est restée pleine, et faire le ménage. En moyenne, peut-être que les pères auront créé un meilleur lien avec leurs enfants et passeront un temps de meilleure qualité avec eux (c'est toujours ça de gagné !). Mais pour que le partage des tâches soit égalitaire, il faut rééduquer les hommes et les femmes : que les femmes oublient leurs réflexes inculqués à coup de dînette et de poupons, que les hommes apprennent à avoir ces réflexes. Là encore, nous avons besoin d'une réflexion de fond, à laquelle doit participer la société dans son ensemble. C'est tout un conditionnement qu'il faut détruire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que chacun se sente concerné par les violences sexistes, pour que les conditionnements soient détruits, on a besoin d'une volonté forte des gouvernements. Il faut informer, éduquer, par un matraquage médiatique s'il le faut. Ca passe par une éducation à l'école, par une responsabilisation du marketing (jouets, cadeaux pour la fête des mères ou la fête des pères...). On n'a pas conditionné et déresponsabilisé les foules facilement : c'est tout un système qu'il a fallu mettre en place. C'est un système alternatif, plus juste, qu'il faut aujourd'hui créer et installer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edition du 12 juin : &lt;a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/" target="_blank"&gt;Les Nouvelles News&lt;/a&gt; viennent de publier une chronique de Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre, sur les conséquences de l'affaire DSK.&lt;br /&gt;"Il serait sage de tempérer l’enthousiasme de ceux qui pensent que la  triste affaire DSK va changer du jour au lendemain la place des femmes  dans notre société. En effet, pour que la féminité soit enfin prise au  sérieux, il faudrait un véritable bouleversement des mentalités, une  révolution au sens littéral du terme. Cela signifierait un changement  radical des repères et donc un effort considérable de la part personnes  qui les véhiculent et les valorisent. Cela vaudrait pour la politique,  mais également dans la vie quotidienne aussi bien professionnelle que  privée. Les habitudes sont bien trop solidement ancrées pour que cette  mutation soit rapide."&lt;br /&gt;La suite &lt;b&gt;&lt;a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/chroniques-articles-section/chroniques/1179-chronique-les-affaires-et-apres-?" target="_blank"&gt;* ici *&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;i&gt;Illustrations :&lt;br /&gt;Des femmes de ménage venues huer DSK (&lt;a href="http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/dsk-favorise-protection-des-femmes-menage-108263.html"&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;Brigitte Grésy (&lt;a href="http://www.france-info.com/chroniques-femmes-d-influence-2009-11-07-brigitte-gresy-au-service-des-femmes-366133-81-120.html"&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-3395196736866324143?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/3395196736866324143/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/lapres-dsk-le-rapport-gresy-des-espoirs.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/3395196736866324143'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/3395196736866324143'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/lapres-dsk-le-rapport-gresy-des-espoirs.html' title='L&apos;après-DSK, le rapport Grésy : des espoirs'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-4241435199687211702</id><published>2011-06-05T09:54:00.000+02:00</published><updated>2011-06-05T09:54:11.156+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Média'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Clichés sexistes'/><title type='text'>Qui suis-je ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis un être avec un double personnalité. Une pour le jour, une pour la nuit. Un être mi-humain, mi-animal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.movies-wallpapers.net/Movies/Batman/Batman-01.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="150" src="http://www.movies-wallpapers.net/Movies/Batman/Batman-01.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Le jour, je suis une personne reconnue pour son charme et son élégance.&lt;br /&gt;Je travaille beaucoup, je cumule plusieurs postes, en fait. Je gère un groupe de personnes. Même si on me prend fréquemment pour un imbécile, on me confie des tâches variées. Mais il faut avouer que, pour les choses vraiment sérieuses, je laisse ma place à des personnes plus compétentes que moi. Ce n'est pas moi qui prends les décisions les plus importantes pour le groupe, en fait.&lt;br /&gt;Je prête beaucoup d'attention à ma tenue. Mon apparence est toujours plus commentée que ce que je fais. On me prête volontiers un caractère frivole.&lt;br /&gt;Je passe aussi pour quelqu'un de fragile, qui ne peut pas se débrouiller tout seul. &lt;br /&gt;On me tient pour une personne gentille et généreuse. Je protège les faibles en exploitant mes propres ressources pour assurer leur confort matériel. Comme tout le monde sait que je possède ces ressources, on attend naturellement de moi que je prenne soin des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://images1.fnac.com/aQ-PAf_9LhgYTNW62t7bfsC4Iy_GqKmxYFBQNY5YxdY.image" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://images1.fnac.com/aQ-PAf_9LhgYTNW62t7bfsC4Iy_GqKmxYFBQNY5YxdY.image" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;La nuit, je me transforme. La part d'animal qui sommeille en moi se réveille. &lt;br /&gt;Ma tenue change alors. Je porte volontiers du noir, du cuir, du latex, du vinyle.&lt;br /&gt;Je porte un masque, car j'incarne un principe. Je n'ai plus d'identité propre, je ne suis plus qu'un corps agissant pour la liberté des autres.&lt;br /&gt;Quand mon talent ne suffit pas, j'utilise des gadgets. &lt;br /&gt;Mes actes sont influencés par les traumatismes de mon enfance. Je me mets en danger pour rendre service aux autres. Je m'oublie pour eux. Je me damne pour leur rédemption. Mais je ressens quand même un frisson lorsque je suis en pleine action, j'aime l'aventure, j'aime tenter de nouvelles choses. Je tente, par mes actes toujours plus fous, toujours plus dangereux, de combler un vide ; mais quand tout est fini, le vide est toujours là, alors il faut recommencer... A chaque fois, j'y crois, à chaque fois, je crois que ça suffira à me combler. A chaque fois je suis déçu, et un peu plus abîmé, à chaque fois, le vide se creuse.&lt;br /&gt;Je suis sans cesse menacé par des être diaboliques. Ils sont déjantés, ils n'ont rien d'humain, bien sûr. La violence ne peut être qu'exercée par des fous furieux, pas par des gens normaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://unrealitymag.com/wp-content/uploads/2009/09/lego_batman1.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="144" src="http://unrealitymag.com/wp-content/uploads/2009/09/lego_batman1.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Je n'existe pas. Je suis un personnage de fantasme créé par les humains.&lt;br /&gt;Je suis érigé en exemple éducatif. Certains veulent me ressembler, d'autres veulent m'avoir à leurs côtés. J'ai été décliné en jouets, en poupées, en figurines.&lt;br /&gt;On m'a souvent dessiné. Les acteurs les plus cotés m'ont incarné au cinéma et à la télévision. J'ai même inspiré des musiques, quelquefois déjantées. Mon côté caricatural, exagéré, a été exploité autant que mon côté grandiose.&lt;br /&gt;Mon image est utilisée couramment pour vendre des objets. Mon apparence est massivement exploitée dans le commerce. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://th582.photobucket.com/albums/ss264/Heyyouguys2/th_kidman-and-batman.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://th582.photobucket.com/albums/ss264/Heyyouguys2/th_kidman-and-batman.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Non, je ne suis pas Batman.&lt;br /&gt;Je suis la femme parfaite. Lafâme, comme dirait &lt;a href="http://entrailles.fr/index.php?" target="_blank"&gt;Mademoiselle&lt;/a&gt;. Celle qui est maman le jour, putain la nuit. Celle qui est perpétuellement menacée par le &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/02/craignez-le-grand-mechant-loup.html" target="_blank"&gt;Grand Méchant Loup&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Comme Batman, je n'ai pas de super-pouvoirs, mais j'ai de grandes responsabilités. On lui demande de veiller sur la ville, on me demande de veiller sur ma famille.&lt;br /&gt;Comme les citoyens de Gotham n'arrivent pas à imaginer Bruce Wayne en costume de Batman, on a du mal à concilier l'image de la gentille Maman et de la vilaine Putain qui pimente les nuits de Papa. Pourtant, comme le dit Val Kilmer à la fin de Batman Forever, je suis les deux.&lt;br /&gt;Je suis comme Batman : une créature imaginaire. Mais, alors que tout le monde s'accorderait pour reconnaître qu'un homme qui se prendrait pour Batman serait fou, nous nous accordons pour penser qu'une femme qui ne me ressemble pas est folle. On ne demande pas aux enfants de ressembler à Batman, alors qu'on demande aux petites filles de me ressembler, et aux petits garçons de me rechercher. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette comparaison est tordue ? Oui. Mais faut avouer que le modèle féminin qu'on nous impose est tordu aussi. Il n'a rien à envier à Batman, si on y réfléchit. La différence, c'est qu'on a appris à ne pas le remettre en question.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-4241435199687211702?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/4241435199687211702/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/qui-suis-je.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4241435199687211702'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4241435199687211702'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/qui-suis-je.html' title='Qui suis-je ?'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-7298773212711390466</id><published>2011-06-01T14:38:00.002+02:00</published><updated>2011-06-01T18:37:50.972+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Nos amis les politiques'/><title type='text'>Rien de grave</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De quoi se plaint-on ? On a le droit de vote, on peut travailler, gérer notre argent comme nous l'entendons, on a la contraception, l'avortement, des lois qui nous protègent contre les violences... Alors pourquoi les femmes politiques viennent-elles pleurnicher pour &lt;a href="http://www.leparisien.fr/politique/le-machisme-ordinaire-a-l-assemblee-nationale-30-05-2011-1472812.php" target="_blank"&gt;quelques blagues&lt;/a&gt; ? On a le droit de rigoler, quand même ! Et même quand la vanne clairement insultante, une blague n'a jamais tué personne. &lt;a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5h3GgJhE9trkcZaIk5yQ9zPDbjQkA?docId=CNG.91261b27c07eb55c49208baf7547f79b.a41" target="_blank"&gt;Les petites remarques&lt;/a&gt; ? C'est jamais méchant, un peu lourd, d'accord, mais faut pas se formaliser pour si peu. Les femmes françaises ont de la chance, regardez les Afghanes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait penser que cette ambiance est propre à la classe politique. Les politiciens ne sont pour la plupart plus tout jeunes, ils fonctionnent encore avec une mentalité d'un autre âge ; les hommes craignent de partager le pouvoir, les femmes de pouvoir font peur ; les hommes politiques sont connus pour leur libido dévorante, ils deviennent cons quand une nana leur passe sous le nez. Pour &lt;a href="http://www.libelyon.fr/info/2011/06/najat-vallaud-belkacem.html" target="_blank"&gt;Najat Vallaud-Belkacem&lt;/a&gt;, si le sexisme en politique est "plus insidieux qu'ailleurs", il est surtout l'expression d'"un des travers les mieux partagés de la société française". Le succès du &lt;a href="http://livre.fnac.com/a3480130/Collectif-Vie-de-meuf-le-sexisme-ordinaire-illustre" target="_blank"&gt;livre&lt;/a&gt; et du &lt;a href="http://viedemeuf.blogspot.com/" target="_blank"&gt;site&lt;/a&gt; &lt;i&gt;Vie de Meuf&lt;/i&gt; soutiennent cette affirmation. Les petites vannes, les petites phrases, c'est tous les jours, et pour toutes les femmes. Avec le temps, on ne s'en rend même plus compte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà un petit florilège de ce que j'ai pu entendre dans mon milieu professionnel. Les auteurs de ces petites phrases sont tous titulaires d'un diplôme d'ingénieur et/ou d'un doctorat. Des gens intelligents, quoi. Ils sont jeunes, ils font partie des hommes qui sont censés partager les tâches ménagères et tout ; ce sont ces "nouveaux pères" dont nous parlent les médias. En crochets, j'ajoute ce que j'aurais répondu si je n'étais pas restée muette comme une conne (ben oui, j'ai beaucoup plus de gueule à l'écrit, chez moi, qu'à l'oral sur le coup, bizarre, non ?).&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ? Tu ne collectionnes pas les sacs à mains ???" &lt;br /&gt;"Tu fais ta valise ? Ca va être lourd, avec toutes les chaussures que tu vas prendre !" [J'ai qu'une paire, et elle va bientôt atterir dans tes roubignoles]&lt;br /&gt;"Femme au volant, mort au tournant !" &lt;br /&gt;"Nesp*esso a sorti une capsule rose, t'es contente ?"&lt;br /&gt;"Regarde, il y a un troupeau de meufs à la table d'à côté !"[meuh !]&lt;br /&gt;"Pourquoi tu ne mets pas une jupe ? C'est plus joli !"[t'as un pot de fleurs sur ton bureau, ça te suffit pas ?]&lt;br /&gt;"Les femmes entre elles, c'est l'horreur, toujours à se tirer dans les pattes !" [dixit le mec qui n'hésite pas à marcher sur la gueule des collègues]&lt;br /&gt;"Tu sais à quoi on reconnait qu'une blonde a utilisé un ordinateur ?" [elle te l'a déplanté ?]&lt;br /&gt;"Ah non, je ne prends pas de sucre dans le café, chuis pas une gonzesse !" &lt;br /&gt;"Ma femme va s'arrêter de bosser pour s'occuper des gamins. Comment ça, pourquoi pas moi ? Tu te fous de ma gueule ?"&lt;br /&gt;"Les femmes, vous voulez l'égalité, faut commencer par porter les packs d'eau !"&lt;br /&gt;"Ah ! Les hormones !" [Tu veux qu'on cause des effets de la testostérone ?]&lt;br /&gt;"Maintenant qu'on a trois femmes dans le service, elles vont vouloir discuter pipole !" [dit dans une service de 15 personnes par un mec qui impose quotidiennement des discussions sur le foot]&lt;br /&gt;"Hé, les filles, pourquoi vous ne faite jamais de gâteau ?"[et pourquoi tu te sors pas les doigts ?]&lt;br /&gt;"Pourquoi tu ne lui offres pas une dînette, à ta nièce ? C'est bien, une dînette, pour une fille..."&lt;br /&gt;"Tu vas offrir un PC portable à ta femme ? C'est cher, comme cadeau, quand même, surtout pour ce qu'elle va en faire !"&lt;br /&gt;"Ta fille a 13 ans ? Tu vas voir, elle va bientôt te ramener des garçons !" [trop jeune pour être maman, elle sera putain, forcément !]&lt;br /&gt;"Tu sais lire une carte ??? C'est pas possible !"&lt;br /&gt;"T'as vu comment elle est habillée, aujourd'hui, Claudine ? Elle le cherche ! Mais avec sa tronche..."&lt;br /&gt;"Salut la &lt;i&gt;[nom de métier de l'interlocuteur mis au féminin]&lt;/i&gt; !" &lt;br /&gt;"Faut balayer le bureau..." Il me tend le balai.&lt;br /&gt;"Ton mec part bosser à *** ? Il n'y a pas de boulot pour toi, là-bas ! Prépare-toi à faire femme au foyer !" [ouaf ! ouaf ! elle va le suivre comme une bonne petite chienne !]&lt;br /&gt;"Attends, qu'est-ce qu'elle faisait dehors à 4h du matin, aussi ?" [il y a un couvre-feu, pour les femmes ?]&lt;br /&gt;"Tu pars 3 jours ? Ce sera le bordel, quand tu vas rentrer chez toi !" [justement, pour une fois, ce sera rangé. Mais toi, c'est le bordel dans ta tête.]&lt;br /&gt;"Mets une jupe quand tu présenteras ton travail !"&lt;br /&gt;"T'as pas beaucoup bronzé, cet été !" [c'est pas dans les musées qu'on bronze, par contre, toi, t'es toujours aussi con !] &lt;br /&gt;"Le football féminin, c'est nul, c'est lent. Par contre, c'est bien quand elles enlèvent le maillot à la fin !" [dédicace spéciale à &lt;a href="http://entrees-en-lice.over-blog.com/"&gt;Gabrielle&lt;/a&gt; !]&lt;br /&gt;"Tu prends &lt;i&gt;encore&lt;/i&gt; des frites ? Mais tu ne fais pas attention à ta ligne ?" [j'ai aussi pris du chou et du Coca, tu vas être content qu'on bosse en open space !]&lt;br /&gt;"Tiens, j'ai ramené le journal ! Pour les filles, il y a un supplément féminin !"&lt;br /&gt;"Ah, les gonzesses ! Vous voulez absolument un jardin, mais quand il faut tondre il n'y a plus personne !"&lt;br /&gt;"T'as trois filles ! La vaaaaaaaaache ! C'est pas trop dur, pour toi, à la maison ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et puis il y a ces comportements.&lt;br /&gt;Ces réunions au cours desquelles les femmes sont silencieuses pendant que les hommes parlent ; quand elles ouvrent la bouche, c'est pour poser une question, quelquefois en s'excusant. Ces discussions à la machine à café où seules les hommes parlent, plastronnant, pendant que les femmes écoutent en souriant. Ces dialogues où, quoi qu'elle dise, la femme qui a donné son avis est contredite sur un ton péremptoire. Ces hommes qui donnent des conseils non sollicités. Ces hommes qui courent littéralement régler les appareils électroniques avant vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de grave.&lt;br /&gt;Juste des petites remarques faites par des beaufs.&lt;br /&gt;Juste des photos de femmes à poil accrochées au-dessus de la machine à café, "pour déconner".&lt;br /&gt;Juste des petites blagues, pas toujours très drôles.&lt;br /&gt;Juste des types qui veulent rendre service, pour aider la petite dame.&lt;br /&gt;Juste des petits surnoms.&lt;br /&gt;Juste des petites généralisations.&lt;br /&gt;Juste le sexisme ordinaire. &lt;br /&gt;Rien de grave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais au bout du compte, vous souffrez. Pas parce qu'on a été violent un jour avec vous, mais parce que la violence a été distillée patiemment, tous les jours, pendant des années. Votre résistance est sapée, votre moral est usé.&lt;br /&gt;Alors vous la mettez, cette foutue jupe. Vous le faites, ce foutu gâteau. Vous ne parlez plus en réunion. Vous l'achetez, ce GPS qui lira la carte que vous n'avez pas le droit de savoir lire, et vous le faites régler par votre compagnon, parce que vous ne pouvez pas savoir utiliser un appareil électronique. Vous perdez confiance en vous. Vous vous écrasez. Vous allez faire du shopping et vous commencez un régime pour que les remarques sur votre physique et votre tenue s'arrêtent. Vous évitez les sujets où on vous contredira (politique, économie, actualité...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de grave.&lt;br /&gt;Juste du shopping, juste un régime.&lt;br /&gt;Juste un léger changement de comportement.&lt;br /&gt;Juste quelques concessions.&lt;br /&gt;Juste quelques arguments pas exprimés, juste quelques silences.&lt;br /&gt;Juste votre fierté ravalée, juste votre orgueil piétiné.&lt;br /&gt;Rien de grave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous êtes solide. C'est pas parce que vous faites un régime que vous finirez anorexique. C'est pas parce que vous perdez un peu confiance en vous que vous finirez dépressive. C'est pas parce que vous vous mettez un peu en retrait que votre carrière en prendra un coup. &lt;br /&gt;Et celles qui s'écroulent pour si peu, c'est de leur faute, pas de celle des beaufs triomphants qui les ont minées. Ne changeons rien, surtout, on risquerait de ne plus avoir le droit de blaguer.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-7298773212711390466?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/7298773212711390466/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/rien-de-grave.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7298773212711390466'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7298773212711390466'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/06/rien-de-grave.html' title='Rien de grave'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-7522120932003572756</id><published>2011-05-28T22:27:00.000+02:00</published><updated>2011-05-28T22:27:23.918+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Famille'/><title type='text'>Mots d'enfant pour la fête des mères</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Demain, c'est la fête des mères ! En attendant de recevoir mon premier cadeau fabriqué à l'école, j'ai décidé de fêter ça en faisant une petite rétrospective des petites phrases et tranches de vies les plus savoureuses que mon hobbit m'a offertes ces 4 dernières années.&lt;br /&gt;Les voici, de la plus récente à la plus ancienne dont je puisse me rappeler.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;---&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_6aPAC-breNo/SlyWZMIJt2I/AAAAAAAACV4/MDHqjlNVRD4/s320/737069393.gif" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://4.bp.blogspot.com/_6aPAC-breNo/SlyWZMIJt2I/AAAAAAAACV4/MDHqjlNVRD4/s200/737069393.gif" width="182" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Logique enfantine :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"T'inquiète pas, Maman, les monstres, ça n'existe pas !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah bon ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ben non, ils sont méchants.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah ? Et les fées, ça existe ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ben oui ! Mais c'est bizarre, j'en ai pas encore vu..."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans la rue, devant tous les voisins :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Maman, je me suis fait mal au doigt !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh ? Montre-moi ça !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et il me montre son majeur...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Premier essai de ma yaourtière toute neuve, c'est loupé, mais hobbit est content et se précipite sur mes yaourts : "On peut même les boire !" &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand il m'a demandé des "bas de laine et du peau de corne comme chez Mamie", j'ai mis du temps à comprendre qu'il voulait des madeleines et du pop corn. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il joue avec son poupon pendant que je change la couche de son petit frère. Le poupon se retrouve enfermé dans le placard.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Regarde, Maman, je l'ai mis dans son bain. Il fait tout seul, il sait faire. Maintenant, je vais prendre l'apéro !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jeux d'imitation, qu'ils disent... Oups. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après mon accouchement, dès que j'ai retrouvé un tour de taille dont je n'ai pas à avoir honte, j'ai remis un vêtement moulant. Hobbit s'est exclamé en me voyant : "Oh, Maman, tu as remis tes seins !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://medias.doctissimo.fr/medias-factory/m/mediabox/media/7/8/8/198887/198887.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://medias.doctissimo.fr/medias-factory/m/mediabox/media/7/8/8/198887/198887.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Bébé hurle, c'est la panique. Je lui propose la totote, il n'en veut pas. Après avoir presque tout essayé, je le mets dans son transat et file à la cuisine lui faire un biberon. Lorsque je reviens de la cuisine, biberon en main, je trouve mon bébé tout calme, totote en bouche, avec son grand frère tout sourire acroupi devant lui.&lt;br /&gt;"Tu vois, Maman, il voulait juste sa totote !" &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Heure  du goûter, nous faisons un gâteau au chocolat. Il mélange la  pâte, je la mets au four et je cours voir bébé qui pleure. Je reviens, je  retrouve mon hobbit la tête littéralement dans le bol de pâte vide, du  chocolat plein la figure, dans les cheveux... Et il me sort : "Maman,  c'est dur la pâtisserie !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A la fin de ma grossesse, sachant que j'avais très mal au dos, hobbit se précipitait pour m'aider à ramasser ce qui tombait par terre. Peu de temps après mon accouchement, il continue.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Tu sais, poussin, c'est plus la peine, je n'ai plus de bébé dans le ventre, maintenant je peux me baisser."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et lui, me regardant d'un oeil critique :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais t'as encore un gros ventre, hein !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://izaak.jellinek.com/tuxes/images/mickey%20tux.png" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://izaak.jellinek.com/tuxes/images/mickey%20tux.png" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;En visite chez un médecin qu'il voit pour la première fois, hobbit regarde partout, tout étonné, avant de demander au praticien :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais il est où, ton ordinateur ?"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Fils de geek... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Fin de journée, fatiguée, pas envie d'aller cuisiner...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais Maman, tu n'as pas besoin de faire à manger, on n'a qu'à aller au restaurant !" &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Entendant le mot "macho", hobbit me demande ce que c'est. Bien embêtée  de devoir lui expliquer une notion pas forcément simple, je tente :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Ben, il y a des hommes qui n'aiment pas les femmes, c'est des machos."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Réponse spontanée de mon poussin, les yeux écarquillés d'étonnement :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Ils sont rikiki !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Entendant parler de "belle-maman", il se demande de qui on parle, puis se tourne vers moi :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Mais c'est toi, Maman !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Hein ? Moi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ben oui ! Tu es belle, Maman !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"T'as été sage, on va aller chez McDo !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, je ne veux pas, Maman. Si je mange trop chez McDo, je deviendrai  gros et on ne voudra plus me faire de bisou. Je veux aller chez Quick !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://static.skynetblogs.be/media/44600/dyn001_original_428_561_jpeg_2656757_6b7efc18a7e5a224e3288d2396f53828.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://static.skynetblogs.be/media/44600/dyn001_original_428_561_jpeg_2656757_6b7efc18a7e5a224e3288d2396f53828.jpg" width="152" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Il a eu une période où il changeait les noms de tout le monde. J'étais Mamouille, son père Papouille, et Mickey...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Moment de solitude chez au supermarché lorsqu'il a chanté le générique de "la Maison de Mickey" modifié à sa façon. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;En balade, il est sur les épaules de son père. J'entends ce dernier crier de douleur et gronder le petit.&lt;br /&gt;"Arrête de me tirer les cheveux !"&lt;br /&gt;Et Hobbit, de bonne foi :&lt;br /&gt;"Mais je fais comme dans Ratatouille !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce  soir, on lit Blanche-Neige (ouais, je sais, c'est pas le top du point de vue éducation non genrée...). Hobbit me dit "Je veux que la sorcière  TUE Blanche-Neige !" Je lui demande pourquoi, bien étonnée, et il me  répond avec désinvolture "Ben, ce serait marrant". Quelques jours avant, il voulait que le crocodile bouffe le capitaine Crochet. J'ai enfanté  un psychopathe...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hobbit a 3 ans et je viens delui dire que je suis enceinte. A l'école, un soir, je croise l'ATSEM.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Ah, il vous a réclamée. Tu l'aimes, ta Maman, hein !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ben oui, il y a mon bébé dedans !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En attrapant un truc sous l'escalier, je me cogne très fort la tête. Aïeuh ! Hobbit est inquiet : "Attention Maman, tu vas casser l'escalier !" &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Préparation du programme du week-end :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Tu veux aller visiter un musée ? Un zoo ? Un château ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, je veux aller chez AUCH*N !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis seule avec lui à la maison, et bien fatiguée. C'est l'heure du dodo. Je lui lis son histoire, je lui fais un gros câlin, et comme d'habitude il essaie de me retenir plus longtemps en discutant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Maman, tu vas faire quoi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- La vaisselle, mon chéri...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh noooon ! Ne fais pas la vaisselle, va te coucher, plutôt !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est tentant, ma foi...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jour de déménagement. Hobbit tient à nous rappeler de ne pas oublier la télé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_tkU-bu8FcSE/TU8ZvPSPYjI/AAAAAAAABN4/M5hTgsUPM-M/s1600/FlashMcqueen-21976.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="133" src="http://4.bp.blogspot.com/_tkU-bu8FcSE/TU8ZvPSPYjI/AAAAAAAABN4/M5hTgsUPM-M/s200/FlashMcqueen-21976.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Feuilletant un prospectus d'un magasin de jouets, il prend sa voiture fétiche Flash MacQueen dans la main, lui montre les images de produits dérivés Cars en lui disant : "Tu as vu ? C'est toi !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je rentre à la maison où il m'attendait avec son père. Je ramène le pain.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Tu es allée à la bougie ?"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hobbit fait des siennes, je n'en peux plus, je ne sais plus quoi faire. Je menace d'appeler Super Nanny (paix à son âme). Même pas peur, il m'apporte le téléphone.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ouvre devant lui un pot de glace, une première.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"C'est au chocolat ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, mon chéri, c'est à la vanille et aux noix de pécan.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais ça fait mal, les piquants !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je le rassure et lui fait goûter. Grimace.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Il faut la réchauffer !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Premier labyrinthe dans un livret de jeux. Son père lui montre comment faire et trouve le chemin devant lui. Hobbit hoche la tête, approbateur :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"C'est bien, papa !"&lt;br /&gt;Et il range son livret. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://31.img.v4.skyrock.net/317/dora-une-passion/pics/1791749986_small_2.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://31.img.v4.skyrock.net/317/dora-une-passion/pics/1791749986_small_2.jpg" width="155" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Merci à Dora, Diego, Manny et Kai Lan, hobbit me demande de lui montrer comment compter en anglais, espagnol,&amp;nbsp; et chinois. Jusque-là, tout va bien, j'ai dû réviser, mais c'est bon. Par contre, le jour où il m'a demandé de compter "en éléphant", j'ai pas su quoi dire.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le lendemain, j'ai réussi à savoir comment Dora compte "en éléphant" : "one elephant, two elephants..."&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;2 ans et demi, juste avant Noël. Il m'impressionne avec une phrase bien construite, incluant COD et  COI  parfaitement utilisés, plus une formule de politesse. Il ne  manquait que  la conjugaison du verbe. La phrase était : "Maman acheter  un nouveau  jouet à Hobbit, s'il te plait". Fichues pubs de Noël...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est l'été de ses 2 ans, il fait chaud, hobbit n'aime pas ça. Je tente de lui expliquer que je n'y peux rien, c'est l'été, c'est comme ça. Alors, d'un ton de reproche, il s'écrie : "Maman, arrête l'été !"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;---&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après tout ça, s'il m'offre un collier de nouilles tout pourri, je le mettrai avec fierté, na !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-7522120932003572756?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/7522120932003572756/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/mots-denfant-pour-la-fete-des-meres.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7522120932003572756'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/7522120932003572756'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/mots-denfant-pour-la-fete-des-meres.html' title='Mots d&apos;enfant pour la fête des mères'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_6aPAC-breNo/SlyWZMIJt2I/AAAAAAAACV4/MDHqjlNVRD4/s72-c/737069393.gif' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-1599451723826796019</id><published>2011-05-27T18:51:00.001+02:00</published><updated>2011-06-23T07:32:59.807+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : Violences sexistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noir : A propos du féminisme'/><title type='text'>Refusons l'anti-féminisme mensonger</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec les "petites phrases" assassines de Jack Lang et Jean-François Kahn, entre autres, on a cru avoir touché le fond. Maintenant on en trouve qui cherchent du pétrole.&lt;br /&gt;Ce matin, le Monde nous a gratifié d'un point de vue d'une certaine Hélé Béji, écrivaine, intitulé "&lt;a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/26/refusons-le-feminisme-victimaire_1527716_3232.html" target="_blank"&gt;Refusons le féminisme victimaire&lt;/a&gt;". &lt;br /&gt;Nous n'en sommes plus au temps où on cassait les féministes dès qu'elles ouvraient la bouche. Non, il y a les "bonnes féministes" (celles qui se battent pour les "vraies" causes, majoritairement les maltraitances à l'étranger, pas de ça chez nous, hein !), et les "mauvaises féministes" (celles qui n'acceptent même pas qu'on trousse tranquillement sa boniche). Les "mauvaises féministes" verraient &lt;b&gt;toutes&lt;/b&gt; les femmes comme des victimes, et &lt;b&gt;tous&lt;/b&gt; les hommes comme des agresseurs. Evidemment, quand on parle de ces "mauvaises féministes", on ne cite pas de noms, d'associations, de mouvements, ni d'ouvrages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://04.img.v4.skyrock.net/042/feministe-anti-macho/pics/2810720570_1.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://04.img.v4.skyrock.net/042/feministe-anti-macho/pics/2810720570_1.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Hélé Béji dénonce le fait que DSK s'en prenne plein la tronche, alors qu'on n'est même pas sûrs qu'il soit bien coupables. Les féministes ne la contrediraient pas, puisqu'elles prennent soin, à chaque intervention, de préciser qu'on ne sait pas se qui s'est passé (par exemple, relisez l'&lt;a href="http://www.osezlefeminisme.fr/article/sexisme-ils-se-lachent-les-femmes-trinquent" target="_blank"&gt;appel contre le sexisme&lt;/a&gt;). Personnellement j'ai lu peu d'articles condamnant DSK : ce qui fait scandale, c'est le &lt;b&gt;traitement médiatique&lt;/b&gt; de l'affaire, centré sur l'accusé et sous-entendant constamment que la victime n'est pas de bonne foi. Les femmes qui sont accusées, qui lui font "honte", restent anonyme. Autant les sorties de Lang, JFK et BHL ont été soigneusement citées par leurs détracteurs, autant Mme Béji ne cite personne. Cet article pourrait parler de sa concierge, il ne serait pas écrit différemment. En tout cas, je ne sais pas de qui elle parle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"L'acharnement des médias, obsédés par le féminisme antisexiste, condamne les protagonistes du drame à une exhibition qui les place l'un comme l'autre sous une lumière obscène." Obsédés ? on ne doit pas consulter les mêmes médias. Et puis s'ils l'étaient, ce serait mal, le féminisme antisexisme (oh, le beau pléonasme !) ?&lt;br /&gt;"L'inculpation de M. Strauss-Kahn lui promet plus de soixante-dix ans de cachot. Presque autant que pour un génocide !" Il semble que Mme Béji regrette qu'on punisse lourdement un viol. Serait-ce que le viol n'est pas si grave à ses yeux ? Allez, je lui prête des intentions qu'elle n'a peut-être pas, disons que la formulation est maladroite...&lt;br /&gt;"Le diable, caché sous la beauté insolente des femmes, a changé de sexe, il n'est plus femelle, il est mâle, synonyme de satyre poilu, bouc difforme, bourreau des sexes." C'est vrai que le violeur est diabolisé, dans les médias. Mais seulement le violeur des parkings, le &lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/02/craignez-le-grand-mechant-loup.html" target="_blank"&gt;Grand Méchant Loup&lt;/a&gt;, si vous voulez. Le viol n'est médiatisé que s'il correspond à l'image fantasmée que les journaleux en ont, sinon c'est un "&lt;a href="http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/03/quand-le-grand-mechant-loup-faim.html"&gt;drame de la passion&lt;/a&gt;".&lt;br /&gt;"Allons-nous, chaque fois qu'un homme cède au péché, nous transformer en Erinyes (déesses grecques de la vengeance) sans pitié ?" En disant qu'il a "cédé", on sous-entend que c'est pas de sa faute, que c'était une pulsion. De plus, parler de "péché" renvoie à la morale religieuse, celle qui est considérée comme entravant la liberté de jouir. L'auteure nous parlera plus loin du "Jugement Dernier", de "miséricorde", de "morale", de "siècles puritains". Mais il n'est pas question de liberté ni de puritanisme ici, il est question de viol, et le viol est un crime qui n'est pas dénoncé comme il devrait. Donc, oui, les féministes se transforment en Erinyes sans pitié lorsqu'un viol est avéré et que le coupable n'est pas condamné comme il le devrait. Si la petite dame veut se joindre à nous, elle est la bienvenue.&lt;br /&gt;L'auteure nous parle de "race féminine", du "sexe fort", et du "propre de la femme". Serions-nous tombés sur une essentialiste ? "Il est naturel que l'émotion des femmes bénéficie d'abord à la victime." D'abord, on dit victime &lt;b&gt;présumée&lt;/b&gt;, merci. Paille, poutre, toussa. Et puis je ne vois pas en quoi ça serait naturel pour une femme et pas pour un homme. Les humains se rangeraient-ils dans deux clans ? Va-t-on imprimer des T-shirts "Team agressor" et "Team victim" ? Serait-ce que l'auteure ne peut concevoir que les femmes puissent être solidaires des hommes (et vice-versa) ? Dans ce cas, c'est elle qui est victime des travers qu'elle dénonce, pas les hypothétiques féministes qu'elle est incapable de citer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://www.image-drole.eu/wp-content/uploads/2011/05/femme-homme.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="302" src="http://www.image-drole.eu/wp-content/uploads/2011/05/femme-homme.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Les féministes veulent que les victimes de violences sexistes soient reconnues comme des victimes. Ceci est interprété comme une volonté de faire de toutes les femmes des victimes, et par conséquent de tous les hommes des coupables. L'accusation de misandrie n'est pas loin.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Accuse-t-on quelqu'un qui lutte contre le racisme d'être anti-blanc ? Accuse-t-on quelqu'un qui lutte contre l'homophobie d'être anti-hétérosexuels ? Accuse-t-on quelqu'un qui lutte contre la discrimination dont souffrent les handicapés d'être anti-valide ? &lt;br /&gt;Comment une femme misandre peut-elle vouloir l'égalité des sexes ? C'est viser bien bas...&lt;br /&gt;Je ne dirai pas que je n'aime pas les hommes. Je ne dirai pas non plus que j'aime les hommes. J'aime les gens bien, hommes ou femmes. Pourquoi vouloir à toute force que les féministes mettent les gens dans des cases alors que c'est strictement ce que nous dénonçons ? Si lorsque je dis "je n'aime pas les machos", vous en déduisez que je n'aime pas les hommes, cela veux dire que vous considérez que tous les hommes sont des machos : &lt;b&gt;vous&lt;/b&gt; êtes misandre, pas moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le féminisme n'est pas ce "machisme à l'envers" où l'on présenterait tous les hommes comme des porcs et toutes les femmes comme des anges déchirés. Les détracteurs du féminisme pourraient avoir l'honnêteté intellectuelle de se renseigner sur le mouvement, avant de baver sur des concepts qu'ils n'ont pas compris.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-1599451723826796019?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/1599451723826796019/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/refusons-lanti-feministe-mensonger.html#comment-form' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/1599451723826796019'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/1599451723826796019'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/refusons-lanti-feministe-mensonger.html' title='Refusons l&apos;anti-féminisme mensonger'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-4726262601229701113</id><published>2011-05-25T20:05:00.001+02:00</published><updated>2011-05-26T22:09:51.852+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Blanc : Famille'/><title type='text'>Le blues des intellos</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai longtemps hésité à publier ce billet. D'une part parce qu'il ne parle pas de DSK (désolée de parler d'autre chose !), d'autre part parce que j'ai peur qu'on pense que je me vante ou que je me lamente sur quelque chose qui n'est pas vraiment grave. Je le publie quand même en comptant sur votre compréhension, car il raconte des choses qui me minent depuis des années, et qui viennent de me péter à la gueule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon fils aîné, le hobbit de presque 4 ans, a profité de mon congé maternité pour péter une durite. Il a bien vécu l'arrivée du petit frère, il n'a jamais montré de contrariété vis-à-vis de "son" bébé et il ne me reproche pas de moins m'occuper de lui (au contraire, si je laisse bébé pleurer plus de vingt secondes il m'engueule : mauvaise mère, va !). C'est ma présence à la maison qui a tout déclenché : il ne voulait plus aller à l'école, il voulait rester avec moi. Ca parait normal, qu'il préfère être à la maison avec Maman au lieu d'être à l'école. Mais sa réaction a été très violente, et au bout de quelques semaines j'ai compris qu'il s'agissait bien d'un rejet de l'école. Depuis mon retour au boulot ça va un peu mieux car il sait qu'il n'a pas le choix, mais son comportement reste difficile comme il l'est depuis la rentrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://s1.e-monsite.com/2008/08/28/88492753lisasimpson-gif.gif" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://s1.e-monsite.com/2008/08/28/88492753lisasimpson-gif.gif" width="190" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Quand je suis rentrée dans la salle de classe le jour de la rentrée en petite section, en septembre dernier, j'ai tout de suite vu que ça n'allait pas le faire. Les puzzle faciles, les activités pour petits, c'est des choses que mon hobbit maîtrisait depuis longtemps, vu que la nounou lui en avait fait faire (ben oui, il adorait ça !). J'ai rien dit, je ne voulais pas qu'il sente mon manque d'enthousiasme, mais j'ai eu peur qu'il s'ennuie. Je me suis dit qu'avec des copains et la maîtresse, il trouverait l'école chouette. J'ai vite déchanté.&lt;br /&gt;Ca a commencé par des gestes violents envers ses camarades. Il courait partout, répondait à la maîtresse, n'écoutait que quand ça l'arrangeait (c'est-à-dire pas souvent). Pas un jour ne s'écoulait sans punition. Avec nous aussi il était impertinent, mais pas violent... Quand la maîtresse parlait de lui, on aurait cru qu'elle parlait d'un déliquant juvénile... J'ai fini par comprendre, en discutant avec les mamans du quartier, qu'elle était connue pour ne pas savoir gérer les enfants turbulents. "C'est l'arrivée du bébé qui le trouble", a-t-elle décidé, malgré les dénégations véhémentes du petit qui soutient adorer son petit frère. Côté scolaire, mon hobbit excelle dans les exercices intellectuels mais il est beaucoup moins doué dans les exercices de motricité fine. Il peut compter mais il écrit comme un sismographe islandais, il connait son alphabet mais n'arrive pas à rattraper une balle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai la chance d'avoir une voisine qui a deux enfants précoces chez elle. Elle a reconnu les traits caractéristiques de la précocité chez mon fils (les difficultés motrices sont aussi un signe : si j'ai bien compris, le cerveau ne contrôle pas bien le corps), et m'a conseillée d'être vigilante. C'est elle qui, la première, a utilisé ce mot que je ne connaissais pas, et la pédiatre puis la maîtresse ont suivi.&lt;br /&gt;D'accord, ai-je pensé, mais maintenant je fais QUOI ? Je fais QUOI quand il se roule par terre pour pas aller à l'école ? Je fais QUOI quand il me dit que ses camarades se moquent de lui, le bousculent et l'insultent ? Je fais QUOI quand, sur le pas de la porte de l'école il me dit "je t'en supplie, Maman, ne m'abandonne pas" ? Je fais QUOI quand, malgré mes tentatives pour le rassurer, il affirme qu'il est "nul", qu'il est "méchant" ?&lt;br /&gt;Google est ton ami. Chéri ne s'est pas laissé démonter, il a trouvé les coordonnées d'une association de parents d'enfants précoces, obtenu par eux l'adresse d'une psy spécialisée, pris rendez-vous pour un test de QI. &lt;br /&gt;Le verdict est tombé vendredi dernier : mon hobbit est bien précoce. C'est un soulagement de pouvoir mettre un mot sur son désarroi. Je n'en suis pas fière, il est ce qu'il est ; je ne lui demande pas de cumuler deux doctorats, je veux juste qu'il soit heureux. Il est câblé cérébralement pour une bonne réussite scolaire, mais ce n'est pas ça qui fera de lui une personne de qualité. Mes diplômes ne font pas de moi une personne meilleure et je connais des gens qui ont bien réussi à l'école et restent des personnes détestables. Je connais aussi énormément de personnes admirables qui ont à peine le bac. Enfin, je parle de moi, mais je ne prétends pas être une ex-enfant précoce : je n'en sais rien, et je m'en fous. Ce que je sais, c'est qu'on m'a toujours classée dans la catégorie "intello" (à lunettes) avec les conséquences que ça implique. A l'école, j'en ai chié, à côté aussi d'ailleurs. J'espérais que mon fils ne vivrait pas ça, j'ai tout fait pour ne pas angoisser en l'emmenant à l'école et pour qu'il ne sente pas que j'avais peur (je me suis tellement bien blindée qu'il a refusé de me parler, au début, crant que je m'en foutais). Mais quand j'ai vu le score de mon hobbit au test de QI, quand il m'a raconté les attaques dont il était l'objet de la part de ses camarades dès la petite section, la petite bulle d'espoir que j'entretenais soigneusement a explosé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://uppix.net/7/3/7/b11394145d78944f3afb2a5ad638b.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://uppix.net/7/3/7/b11394145d78944f3afb2a5ad638b.jpg" width="304" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;La mode est aux personnages de &lt;i&gt;nerds&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;geeks&lt;/i&gt; à la télé, on rigole de ces personnages asociaux et lunaires. Ils sont un peu perdus dans la vie mais finissent toujours par sauver le monde / trouver le coupable / coucher avec la jolie blonde. C'est pas vraiment comme ça dans la vraie vie, en tout cas c'est pas du tout comme ça que je l'ai vécu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'école maternelle, à l'école élémentaire, on vous force à anonner pendant des heures des choses que vous maîtrisez depuis longtemps. Pas le droit d'aller plus vite, ça s'appelle de la discipline. Vous comprenez vite que l'instituteur-trice n'a pas envie de faire un effort pour vous offrir ce dont vous avez besoin. Vous gênez. Alors vous anonnez consciencieusement en espérant recevoir l'approbation des adultes.&lt;br /&gt;Vous avez certaines difficultés à communiquer avec les enfants de votre classe. Les adultes parleraient de différence de maturité. Vous aimez passer du temps avec les plus grands, mais ceux-ci vous rejettent durement. La seule échappatoire, c'est de s'occuper des plus petits. Ils sont si contents qu'on leur accorde de l'attention !&lt;br /&gt;Vous vous lancez avec enthousiasme dans les exercices de motricité, pour échouer lamentablement. Vous écrivez un texte dont vous êtes fier, on vous reproche votre écriture. Ces échecs sont soulignés par les enseignants à vos parents qui ont l'air de se demander ce qui ne va pas chez vous. C'est tellement simple, pourtant ! Vous ne comprenez pas ce qu'on vous explique, et l'incompréhension est une sensation avec laquelle vous n'êtes pas familier : vous paniquez. Votre corps sera votre ennemi pendant toute votre vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.serieslive.com/img/galerie/serie/malcolm_18.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.serieslive.com/img/galerie/serie/malcolm_18.jpg" width="256" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Au collège, au lycée, c'est pire. Quand vous réussissez à l'école, en particulier dans les matières scientifiques qui sont valorisées par la société, on vous jalouse, même si vous ne la ramenez pas. Quand vous lisez avec plaisir le livre que le prof de français vous a ordonné de lire, quand vous racontez que pendant vos vacances vous avez lu du Euripide sur la plage, vous êtes un extraterrestre, voire un lèche-cul. Quand vous proposez votre aide à un camarade juste pour être sympa, ça passe pour de la condescendance. Vous n'avez pas le droit d'aimer étudier, vous n'avez pas le droit d'aimer l'art et la littérature, vous n'avez pas le droit d'avoir de bonnes intentions. &lt;br /&gt;Vous vous exprimez sans peine, et vous ne vous sentez pas limité par des tabous illogiques. Vous prenez volontiers du recul et aimez discourir de sujets sociaux, décortiquer les idées et placer les gens devant leurs contradictions, pour qu'ils abandonnent leurs idées reçues : la vérité est si belle ! Votre intransigeance intellectuelle passe pour de l'indélicatesse, voire de la méchanceté. Quand vous avez raison, on vous fait taire d'un "oh, toi, l'intello, hein !" Comme si c'était une insulte. Pourtant vous ne pouvez pas être autrement.&lt;br /&gt;Le cours de sport est le pire moment de la semaine : les profs de sport vous laissent de côté avec un mépris à peine dissimulé, les nuls en maths se vengent de toutes les vexations qu'ils subissent (fort injustement, d'ailleurs, vous le reconnaissez !) en confondant votre appareil dentaire et la cage des buts, pendant que les surveillants font semblant de ne rien voir. Vous songez quelquefois à vous casser volontairement quelque chose pour éviter le cours de sport.&lt;br /&gt;Toute la famille est fière de votre réussite scolaire mais vous, curieusement, en avez honte. Vous avez le sentiment confus de ne pas mériter leurs louanges, car les exercices et les devoirs ne sont pas si durs, surtout quand ils sont effectués avec plaisir. De toute manière, vous vivez un échec permanent dans un domaine qui parait pourtant être maîtrisé naturellement par tout le monde : se faire des amis... Et puis à côté, il y a ces enfants doués, mais surtout poussés par leurs parents, qui possèdent une culture générale bluffante tout en restant populaires auprès des autres. Vous vous sentez nul, vous avez le sentiment d'être un imposteur. C'est pour ça que vous ne vous plaignez pas aux surveillants des moqueries des autres : elles sont méritées. De toute manière, vous êtes certain que les surveillants ne vous aiment pas non plus et sont ravis de vous voir humilié.&lt;br /&gt;Et ne parlons pas d'amour ! Comment plaire quand ce corps qui ne vous apporte nulle joie n'est pas mis en valeur par vos vêtements choisis pour leur confort ? Qui voudrait se taper une encyclopédie ?&lt;br /&gt;Oui, c'est vrai, c'est une période difficile pour tout le monde, les enfants sont cruels... On n'a pas de droit de se plaindre, quand on est promis à un bel avenir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis vous commencez vos études. On vous a orienté plus ou moins contre votre gré vers les sciences, et vous avez bien sûr cédé (je me place dans ce cas pour ne parler que de ce que je connais, les littéraires et autres sont les bienvenus en commentaires). Vous vous retrouvez avec des gens qui vous ressemblent. Vous vous renfermez, vous vivez avec eux dans une bulle, avec votre propre vocabulaire, vos petites blagues à vous. L'esprit de corps, ça s'appelle. Et si vous êtes un cas désespéré, même au sein du corps vous êtes toujours un extraterrestre : celui qui lit de la littérature russe entre deux cours de physique, celle qui apprend par coeur la solution du Rubik's Cube avant d'attaquer son devoir de maths. Mais comme on vous serine que vous êtes "l'élite de la nation" (elles est mal barrée, la nation !), que vous n'êtes pas trop mal classé aux concours que vous passez (quand votre habitude de vous considérer comme une merde ne vous paralyse pas), vous finissez par croire que vous allez avoir un bon job, du pognon, un PC avec plein de RAM, et que vous allez vous rapprocher du bonheur. Peut-être même que vous finirez par avoir des amis.&lt;br /&gt;Ceux qui ne font pas d'études ou qui font des études dans des domaines moins prestigieux sont sur la défensive, avec vous. Ils semblent craindre qui vous ne tentiez de les regarder de haut. Pourtant, vous qui êtes incapable de tracer un trait droit à main levée crevez d'admiration devant la dextérité de votre coiffeuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://media.zoom-cinema.fr/photos/news/3444/sean-murray.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://media.zoom-cinema.fr/photos/news/3444/sean-murray.jpg" width="236" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Enfin, c'est le diplôme. Vous avez prévu de vous payer l'intégrale de votre auteur favori dans la Pléïade pour fêter votre premier salaire. Encore faut-il avoir un salaire. "Il y a toujours du boulot, pour les gens qui ont plein de diplômes comme toi !" qu'elle disait, Maman. Ben non. Vous avez bossé comme un dingue pendant 5-8-10 ans, vous avez laissé votre vie de côté pour assurer votre avenir, vous espériez une récompense... Bienvenue dans le monde réel !&lt;br /&gt;Vous cherchez un job dans l'ingénierie ? Votre vous voyez comme un incompétent, et comme vous êtes franc, en entretien ça risque de se voir. Lorsque vous réussirez à intégrer une entreprise, vous réaliserez bien vite que la cafétéria ressemble à une cour d'école, avec des gens sympas, et les autres.&lt;br /&gt;Vous êtes allé jusqu'au doctorat et vous cherchez un job dans le privé ? C'est bien connu, les docteurs sont tous des savants fous hyper spécialisés qui sont incapables de s'insérer dans un milieu d'entreprise. On ne prends même pas la peine de vous envoyer une lettre de refus quand vous envoyez un CV, Pôle Emploi vous prend pour un feignant.&lt;br /&gt;Vous êtes allé jusqu'au doctorat et vous cherchez un poste académique ? Pauvre fou. Il y a un poste pour 40 candidats, et les élus ne sont pas les meilleurs, mais ceux que la politique des labos aura favorisé. Vous cumulerez les emplois précaires pendant 5 ans, et si vous décrochez finalement un poste, vous serez payé moins qu'un ingénieur avec une charge de travail écrasante. Le gouvernement, lui aussi, méprise les gens comme vous. On ose même vous dire que vous êtes à votre poste (précaire à 1200€ par mois) parce qu'"il y a de la lumière et c'est chauffé".&lt;br /&gt;L'enchaînement de périodes de chômage et d'emplois précaires que vous traversez, alors que vos vieux camarades de classe (retrouvés par Facebook) ont trouvé des jobs en or super facilement, termine de vous convaincre que vous n'êtes qu'un âne. Vous avez plus d'amis sur internet que dans la vraie vie et vous contemplez leurs photos de famille et de fêtes sur votre fil d'actualités Facebook en mangeant de la glace achetée en hard discount. Se reconvertir pour s'en sortir ? Pour faire quoi ? Vous ne savez rien faire de vos dix doigts... D'ailleurs, si vous ne vous en sortez pas avec ce métier, c'est pas avec un autre que ça ira mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://kikou29.bloxode.com/images/121959021393.jpeg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="243" src="http://kikou29.bloxode.com/images/121959021393.jpeg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;J'ai eu du bol : j'ai trouvé rapidement l'homme de ma vie. Je l'ai épousé et nous avons eu deux magnifiques enfants. Je me suis sentie aimée et acceptée par ma famille proche, ça a compensé la sensation d'être rejetée que je ressentais autrefois. J'ai aussi des amis fantastiques, pas beaucoup, mais je ne les échangerais pas contre un groupe dix fois plus nombreux. Professionnellement j'ai traversé quelques galères, mais tout semble s'arranger aujourd'hui. J'ai vraiment pas à me plaindre, la période difficile est derrière moi.&lt;br /&gt;Et juste quand je sors la tête de l'eau, quand j'arrive trouver un peu d'estime pour moi-même, quand je commence à digérer tout ça, je vois que tout recommence... mais pour mon fils. Evidemment, pour lui, ça se passera peut-être différemment, et puis je suis à ses côtés avec mon expérience. Mais ça me fait mal, tellement mal...&lt;br /&gt;Je ne sais pas encore ce que je peux faire, mais des solutions doivent exister. Il y a des associations qui peuvent nous conseiller. Je ne pourrai pas protéger mon fils comme je le voudrais, il souffrira un jour ou l'autre, je dois m'y faire. Mais je vais me battre pour lui. J'ai jamais eu autant envie de me battre de toute ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Illustrations : quelques surdoués de la télé (dur de trouver des femmes !)&lt;br /&gt;Lisa Simpson, des &lt;i&gt;Simpson&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Leonard Hofstadter et Sheldon Cooper, de &lt;i&gt;Big Bang Theory&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Malcolm, de &lt;i&gt;Malcolm in the Middle&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Timothy McGee, de &lt;i&gt;NCIS&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Samantha Carter, de &lt;i&gt;Stargate : SG-1&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1431290801733008529-4726262601229701113?l=journalennoiretblanc.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/feeds/4726262601229701113/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/le-blues-des-intellos.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4726262601229701113'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1431290801733008529/posts/default/4726262601229701113'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journalennoiretblanc.blogspot.com/2011/05/le-blues-des-intellos.html' title='Le blues des intellos'/><author><name>Kalista</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11054781481773901210</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='31' src='http://2.bp.blogspot.com/__itWVpHfDts/TR2vxyEbVII/AAAAAAAAARw/OXU_6FY3o2Y/S220/Mondrian.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1431290801733008529.post-3346215985544642219</id><published>2011-05-21T18:29:00.002
